No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Joseph: « Good Luck, Kid »

Joseph ce sont trois sœurs qui se sont réunies pour capitaliser sur leur patrimoine génétique en faisant de la musique. Good Luck, Kid est leur troisième album après une sorte de conseil de famille qui a duré 5 ans puisque elles se sont réunies en 2014.

Ll’ensemble louvoie entre pop rock et variété pop, donc ce disque est à réserver aux plus ouverts d’entre-vous aux mélodies chantantes. Les Joseph se sont distribués quelques titres chacune, histoire que ceux-ci gagnent en personnalité et nuancent un album qui aurait peut-être été trop homogène sans ça.

Le résultat, contre toute attente, reste extrêmement lisible. Des titres enlevés, d’autres plus intimistes et posés, le tout chargé de choeurs spectaculaires à trois voix et d’une beauté typée folk country des grands espaces, à l’américaine. Même cliché, cet album s’avèrera être un bien joli road trip plein de sensibilité et de couleurs.

**1/2

21 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

MUNA: « Saves The World »

MUNA avait fait ses premiers pas avec un album intitulé About U il y a deux années de cela. Aujourd’hui, ce trio de dark pop californien veut continuer à faire parler de lui avec son style bien particulier et son nouvel opus, Saves The World.

Dès le titre introductif, « Grow », MUNA ira élargir sa palette musicale délaissant le côté dark et en privilégiant la facette pop de sa musique.Il est évident qu’elles veulent ratisser large en cumulant morceaux bien fiévreux comme « Number One Fan », « Who » aux synthés vibrants et autres « Navy Blue » plus mélancolique. Moins torturées et avec plus de compassion, Katie Gavin, Naomi McPherson et Josette Maskin prendront, toutefois, du recul à travers « Stayaway » et « Never ».

En racontant les histoires de rupture, de drogue et de pensées suicidaires sur des morceaux purement pop, MUNA réussit à établir un contraste plutôt saisissant. Et c’est le cas pour des pièces dignes de Carly Rae Jepsen comme « Good News (Ya Ya Song) » ou de « Pink Light » ainsi que des moments plus cinématiques avec la conclusion nommée « It’s Gonna Be OK, Baby ». Avec Saves The World, le trio californien prend les devants avec un univers à la fois sombre et plus mainstream.

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17 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Charli XCX: « Charli »

A 27 ans, cette jeune femme de Cambridge signe ici son quatrième album, opus censé lui faire prendre une nouvelle dimension.  Le premier « single » de ce nouvel effort étant sorti début octobre 2018 (« 1999 » avec Troye Sivan), autant dire que les fans ont su se montrer patients. Six « singles » supplémentaires plus tard, voici donc Charli, quatrième album de Charli XCX.

Les hostilités débutent avec « Next Level Charli », idéal pour entrer dans l’univers de XCX ; aller vite et ne pas regarder en arrière. Arrive ensuite le tube « Gone », une vraie pépite pop où les voix des deux artistes (elle et Chris) se mêlent idéalement et dont le résultat est une rencontre qui fait mouche.

Deuxième gros duo et pas des moindres, « Cross You Out » avec l’aide de Sky Ferreira. Les synthés pop sont encore et toujours bien présents, et ce titre plus calme permet de faire redescendre la température. Il confirme un bon usage du vocoder. « 1999 » accompagné de Troye Sivan reviendra donner le rythme ; ce sera un des meilleurs morceaux du projet et il raconte l’envie des deux artistes de revenir à la fin du XXème siècle.

On continue avec « Click  » et l’aide de Kim Petras et Tommy Cash qui pourra bizarrement faire penser Big Sean, Jay-Z et Kanye West, bien sûr en plus pop. Petras s’insère plus que bien tandis que Cash apporte toute sa rage pour clôturer. Arrivera alors « Warm » avec les soeurs HAIM, une des collaborations les plus attendues mais quelque peu décevante.

« Thoughts » va alors démontrer que Charli peut très bien se débrouiller toute seule, même si l’on peut regretter que le rythme soit resté si calme. De plus, on se perd un peu sur la fin et ses vocalises. Mais « Blame It On Your Love » avec la confirmée Lizzo nous rappelle le talent de XCX a confectionner des bombes pop, non pas ici en soutien mais en contrôlant les trois quarts.

Un enchaînement de quatre titres en solo arrive alors. » White Mercedes » nous fait entendre une petite guitare qui nous rappelle son passé, et de beaux violons qui sont plus qu’appréciés. « Silver Cross » a des allures de gros son taillé dance-floor qui n’est pas sans rappelé toutes les collaborations de Charli avec de grands noms de l’électro et

« I Don’t Wanna Know » sera déal pour nous apaiser. On l’entend peu chanter ainsi, avec une voix douce et si belle, et il sera difficile de ne pas admettre qu’elle manie l’exercice fort bien. « Official » clôturera ces quatre titres avec une nostalgie dans les paroles et des rimes assez bien trouvées qui ne pourront que toucher tant ils s’inscrivent en conformité avec l’élan artistique qui caractérise désormais la chanteuse.

***1/2

16 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Noel Wells: « It’s So Nice ! »

Peu, hormis pour ses talents d’actrice, connaissent Noel Wells comme musicienne ; voilà pourtant qu’elle présente son tout premier album, It’s So Nice!.

Le titre est plutôt bien trouvé tant Noël Wells s’aventure vers une indie pop douce et candide complètement à l’image de sa personne. La comédienne, humoriste et scénariste prouve qu’elle est plus que cela. Inspirée par une année 2016 bien éprouvante aussi bien sur le plan physique que moral (tournages éreintants, élections américaines, etc…), It’s So Nice! montre une jeune femme qui a besoin de vider son sac à travers ces morceaux plutôt agréables à l’écoute comme « Played For Keeps » en guise d’introduction mais également « Sad Girl Blues » et « Star ».

Il est clair que sa voix et ses compositions chatoyantes auront de quoi cajoler son auditeur. Que ce soit sur « Silverlake » ou sur « Follow Me », il ne suffit que l’interprétation doucereuse de Noël Wells pour que la magie opère. et c’est ce qui rend ce premier album si agréable à l’écoute (notamment ce petit chef-d’oeuvre su’est « Brighter Day ») malgré sa courte durée.Ce n’est pas tous les jours qu’une actrice et scénariste sait aussi bien se débrouiller dans la musique ; une bonne raison pour ne pas faire la fine bouche.

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9 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Brijean: « Walkie Talkie »

Derrière Brijean se cache une sacrée percussionniste venue tout droit d’Oakland qui avait collaboré aux côtés de Toro Y Moi et de Poolside dans le passé. La chanteuse et musicienne a décidé de faire équipe avec un autre musicien répondant au nom de Doug Stewart afin de mettre en boîte ce premier album bien fiévreux nommé Walkie Talkie.

Brijean Murphy officie au chant, aux congas, aux percussions, aux claviers et à la batterie tandis que Doug Stewart occupe à la basse, au chant et aux claviers. Walkie Talkie se veut être un mélange entre disco des années 1970 et house des années 1990 avec une sensibilité pop digne de Moloko pour une explosion de saveurs en tous genres.

Cette fusion fera son effet sur « Like You Do » et sur « Fundi » où les congas retentissent sur des compositions bien groovy qui font bouger tout comme sur l’excellent et enivrant « Show and Tell ».

Avec ce premier album, Brijean arrive à tisser son univers musical de façon efficace sur le morceau-titre et sur la conclusion bien rafraîchissante nommée « Meet Me After Dark ». A mi-chemin entre la rêverie et le terre à terre, Walkie Talkie est une des œuvres les plus originales où disco, house et indie pop arrivent à se mêler pour une expérience musicale inouïe tant elle est inattendue.

***1/2

8 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Lana Del Rey: « Norman Fucking Rockwell »

La vie, en un mot, n’est pas une illustration nostalgique de Norman Rockwell. « Goddamn, man-child / You act like a kid even though you stand six foot two / Self-loathing poet, resident Laurel Canyon know-it-all », chante Lana dans la chanson-titre. Dans le baba, le poète maudit sur lit de piano triste. Plus loin, c’est Lana qui s’attendrit sur un souvenir comme si c’était une illustration de qui-vous-savez : « Oh God, miss you on my lips / It’s me, your little Venice bitch / On the stoop with the neighborhood kids. »

Contradiction ? Mais oui, ce cinquième album est tout et son contraire. Et les contraires se repoussant autant qu’ils s’attirent, Lana Del Rey se prend exprès au jeu de la séduction et du mépris, assume l’abandon (« Fuck It I Love You ») tout en contrôlant ses dérapages. (« Bartender »). Et c’est chanté de son habituel ton lascif et désabusé de New-Yorkaise dans un film noir californien. Ah ! Lana ! Délicieusement inventée, adorablement fausse. À notre corps défendant ; on lui dit oui… et non.

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6 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Beach Baby: « Songs From The Limbo Lounge »

Beach Baby serait-il le groupe le plus sous-estimé du Royaume de Sa Majesté ? Ils viennent en tous cas de signer une perle pop-rock qu’il serait dommage de voir filer tout droit vers la case oubliettes. Déjà, sur No Mind, No Money, son premier album, le groupe enchaînait les pépites énergiques devant autant aux Strokes qu’aux Smiths. Et pourtant, Beach Baby demeurait largement confidentiel. Que reste-t-il aujourd’hui de ce talent à pondre des pop songs ignorées de tous ?
Songs From The Limbo Lounge explore de nouveaux territoires sonores. Les guitares passées au chorus laissent la place à un son très seventies avec orgue vintage, percussions et cuivres. Les mélodies ensoleillées se font tortueuses. Dans ce grand chambardement, reste le don d’Ollie Pash et Lawrence Pumfrey à pondre des chansons aux mélodies mémorables et musicalement ambitieuses. Pas sûr pour autant, hélas, que cela leur ouvre les portes des charts.

L’amateur de pop bien troussée serait en revanche inspiré d’y laisser traîner une oreille curieuse. Car, à l’écoute de ces chansons échappées du Limbo Lounge, on pense à des cousins anglais de Twin Peaks ayant croisés la route d’Elvis Costello en costumecintré (« Human Remains » et « Lovin’ Feeling »). Cette power pop excentrique propulsée à coup de riffs lourds fait aussi penser à Supergrass période In It For The Money (ce riff sur  « Lonesome Jim « qui n’est pas sans rappeler Cheapskate, la bluesy Big Wow, la soul-pop de « Cherries For My Sundae »). Les ballades ne sont pas en reste, comme la nostalgique « Big School », dont la mélodie colle au cerveau comme un chewing gum sous un bureau de bois. Ou cette « Candy Thunder « qui évoque les tribulations nocturnes new-yorkaises de Lou Reed. « Babe Rainbow » est une autre réussite dans une veine 1980ies chère à Mac DeMarco, quand la bastringue « Limbo Lounge » rappellera The Coral.

Pourtant, l’album n’a pas été enregistré dans les meilleures conditions. Bien loin des prestigieux studios de Maida Vale où avait été mis en boîte No Mind, No Money en tous cas. C’est que, après avoir tourné pendant de longs mois, le groupe s’est trouvé largué par son label puis par son bassiste. Sans le sou, enchaînant les boulots alimentaires, Ollie Pash, Lawrence Pumfrey et Josh ‘Shep’ Hodgson ont donc improvisé un studio de fortune dans l’abri de jardin du dernier nommé, avant d’être rejoint par Kit Jennings à la basse. Les quatre anglais y ont imaginé un lieu, le Limbo Lounge, peuplé de freaks et autres beautiful losers entre crise existentielle et dérive amoureuse. Ils livrent aujourd’hui cet album hors du temps, bourré de chansons tordues, entre glam, cabaret, power pop et new wave.
Le charme capiteux de Songs From The Limbo Lounge n’est pas sans rappeler celui de Len Parrot’s Memorial Lift de Baxter Dury, en bien plus énergique. Celui d’une pop un peu étrange, décantant avec le temps mais restant toujours tapie derrière des volutes mystérieuses. Pourtant, bien qu’à l’aise dans ce clair-obscur, les chansons de Beach Baby mériteraient de recevoir la lumière tant le groupe défend avec ferveur une certaine idée du pop-rock où la poésie et la mélodie priment. Chaudement recommandé aux amateurs de ces plaisirs désuets.

***1/2

31 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Oso Oso: « Basking In The Glow »

Oso Oso fut révélé il n’y a pas si longtemps avec sa supposée mixtape nommée The Yunahon Mixtape (Le projet musical de Jade Lilitri a, depuis ,créé un certain émoi avec ses influences power-pop/emo des années 1990-2000. Cette année, il présente son premier album officiel nommé Basking In The Glow.

Pour cet exercice, le natif de Long Beach abandonne les esthétiques lo-fi pour un véritable album de studio. Cela a fonctionné pour d’autres actes comme Car Seat Headrest et (Sandy) Alex G ; en conséquence, restait à savoir si Oso Oso arriverait à relever le niveau. Dès les premières secondes de l’introduction acoustique et onirique, on est surpris d’apprendre qu’il n’a rien perdu de son savoir-faire.

C’est à coup de titres accrocheurs et légèrement doux-amers qu’Oso Oso nous concocte une sensibilité qui est sienne tout au long de Basking In The Glow. On appréciera les riffs entraînants des titres à l’image de « the view », « dig » ou bien encore de l’élégant « morning song ». Le one-man-band a aussi bien écouté de l’emo à l’ancienne façon The Get Up Kids sur « priority change » et sur l’efficace « impossible game » que Death Cab For Cutie  sur l’épique conclusion a renommée « charlie ».

Ce sera justement cette diversité et cette envie de se dévoiler à l’auditeur qui fera de ce Basking In The Glow un véritable album studio d pour lquel on applaudira Oso Oso de réussir ce pari de nous divertir.

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23 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

City Come Down: « Television »

Les Australiens de City Come Down semblent s’être figés sur le Blur de la période Modern Life Is Rubbish. Alors que sur leur effort précédent ils sonnaient comme un croisement de Nick Cave et de post-punk, Television, leur nouvel opus, a abandonné cette attitude crypto new wave en faveur d’une approche nettement plus pop.

Finie donc l’émulation de Joy Division, place maintenant aux jeux de rôles et à la fantaisie. Avec une instrumentation qui demeure dépouillée et une insitance mise sur le rythme et le groove l’ensemble sonne plus mature et confiant. Il ne s’agit pas, ici, de se débarasser de son vieil exemplaire de OK Computer et d’abandonner la prose misérabiliste, juste de se rappeler que, parfois, chanter à tue-tête sous la douche peut faire du bien qu sortir d’une dure journée.

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22 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Armstrong: « Under Blue Skies »

L’histoire de la pop renferme une foultitude de trésors perdus ayant sombré dans l’oubli pendant plusieurs décennies avant de finir par bénéficier, pour les plus chanceux d’entre eux, d’une miraculeuse réhabilitation. Il convient alors de saluer l’initiative du label qui vient de redonner vie sans plus attendre au premier album d’Armstrong, un projet mené en solitaire par le chanteur-songwriter gallois Julian Pitt.

Initialement sorti en CDr en 2007 et rapidement devenu introuvable, Under Blue Skies a pour cette nouvelle édition été remasterisé et augmenté de huit bonus tracks et autres versions alternatives, ce qui porte notre plaisir à un total de vingt chansons. Les amateurs de chansons pop marquées du sceau de l’intemporalité seraient inexcusables de ne pas saisir cette seconde chance.

Considérant sans doute que l’on est jamais mieux servi que par soi-même, Armstrong prend un malin plaisir à citer nombre de groupes et d’artistes pour le moins engageants, revendiquant pêle-mêle des influences telles que The Pale Fountains, Edwyn Collins, The Lightning Seeds, Aztec Camera, The Beautiful South ou encore Prefab Sprout. Un name-dropping à faire tourner la tête et qui a le mérite d’annoncer clairement la teneur de cette merveille de sunshine pop bucolique. Mélodiste hors-pair (« Crazy World », « September Skies »), Julian Pitt pourrait bien former avec le Suédois David Myhr et l’Ecossais David Scott (The Pearlfishers) une nouvelle Sainte Trinité du songwriting pop doré à l’or fin (« Love Hate Passion And War », « Ralph and Gustav », « Gratitude) ».

Depuis ce premier essai confidentiel enfin révélé au grand jour, Julian Pitt a réalisé deux autres disques passés à peu près aussi inaperçus, Songs About the Weather (2009) et Fragments and Curiosites (2017). Alors qu’un nouvel album intitulé Happy Graffiti arrivera prochainement, gageons que la mise en lumière tardive de son coup de maître inaugural permettra de placer la suite des aventures d’Armstrong sous des cieux plus cléments.

***1/2

22 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire