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Bleached: « Don’t You Think You’ve Had Enough? »

Aux côtés de Death Valley Girls et de The Coathangers, Bleached arrivait à  se faire entendrer avec un second album Welcome The Worms ympathique mais qui faisait pâle figure. Le combo féminin reviennent ici avec un troisième disque, Don’t You Think You’ve Had Enough ? dont le but est de se faire une place dans la scène californienne.

Pour ce faire, Bleached a décidé d’effectuer un grand virage musical ; finis donc les aspects garage-pop teintés de stoner sentant bon le désert californien pour une musique beaucoup plus pop et plus aseptisée comme le montrent des influences dignes de Two Door Cinema Club sur les funky « Hard To Kill » et « I Get What I Need ». Plus flagrant encore, le désormais duo s’enfonce dans les clichés FM à l’écoute de « Somebody Dial 911 » ou les allures disco-funk (vraiment pas nécessaires) de « Kiss You Goodbye ».

Cela n’empêche pas pour les deux sœurs Jennifer et Jessie Clavin de revenir aux sources de temps à autre avec des moments plus électriques comme « Heartbeat Away », « Daydream » et « Valley To LA » mais la verve des débuts semble bien lointaine. Il peut y arriver d’avoir quelques bonnes surprises malheureusement rares comme « Rebound City » ou la conclusion faussement acoustique nommée « Shitty Ballet » qui s’emballe sur les dernières secondes avec ses riffs fuzzy toujours de bel effet.

Toujours est-il que Bleached des débuts qui dominait la scène musicale du désert californien n’est plus et que Don’t You Think You’ve Had Enough? ne rse résume qu’à un jukebox pop quelconque manquant d’originalité.

**1/2

15 juillet 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Grace Lightman: « Silver Eater »

Grace Lightman pourrait s’inscrire, au même titre que d’autres (Self Esteem, Pixx, SOAK, Rosie Lowe, She Drew The Gun…) dans ce qu’on nomme la « British Girl Invasion ». Son premier album, Silver Eater, en porte, en effet, toutes les marques dans cette démarche qui constitue à casser tous les codes et de caser sur son disque rock, électro, hip-hop ou pop.

Grace Lightman nous offre quand même un petit plus ; des claviers vintages, tout droit sortis de Stranger Things et une mélodie légèrement dissonante qui peut rappeler Kate Bush.

Plus loin, « Zero Impact » et « Aztec Level » s’avèrent des « singles » dansants, efficaces et avec un zeste de bizarrerie suffisant pour garder le tout intéressant. Quant aux ballades, les très réussies « An Ordinary Life », « Silver Eater » ou « Faultless » viennent également cueillir l’auditeur par leurs arabesques mélodiques et leurs arrangements aventureux.

Proposer une musique immédiatement accessible mais artistiquement ambitieuse. Elle mêlera sans complexe des mélodies pop et soul à des sonorités modernes et expérimentales : synthés, boucles rythmiques, percussions à gogo… De l’efficacité à défaut d’avoir une âme.

***

10 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Band Of Skulls: « Love Is All You Love »

Une question s’impose d’emblée pour ceux quiont beaucoup aimé le premier album de Band Of Skulls, Baby Darling Doll Face Honey, mais qui n’ont pas trouvé leur compte dans leurs productions suivantes : revient-on, avec Love Is All You Love, au blues-rock cru et énergique, sorte de rencontre entre The Bvlack Keys et Led Zeppelin, qui caractérisait le groupe à l’origine ? Eh bien, non. Si c’est que l’on cherche de la part du groupe britannique, ce nouvel opus risque peu de satisfaire ; par contre, si on apprécie le rock aux accents plus pop, les radios commerciales tout comme l’auditeur desdites musiques y trouveront leur compte tant Love Is All You Love flirte en grande partie avec ce second genre et y inscrit même ses meilleurs moments.

Dès son deuxième album, Band of Skulls avait pris un virage hard rock, taillant sa musique très années 1970 pour s’assurer quelques tubes radiophoniques. Avec Love Is All You Love, le groupe prend un nouveau tournant : les guitares deviennent moins incisives, la batterie est plus carrée, les synthétiseurs occupent plus d’espace, et les refrains prennent toute la place, insistant systématiquement sur des lignes courtes, répétitives, mais très accrocheuses. En résulte un album techniquement irréprochable, mais inégal, péchant par un manque flagrant d’originalité.

Le disque s’ouvre sur « Carnivorous », morceau qui tente péniblement d’exploiter des sonorités arabisantes. S’articulant autour d’un riff de guitare très stéréotypé, la voix n’arrive pas à prendre sa place, les meilleurs moments du morceau étant les puissants punchs qui le ponctuent. Dès le second titre, on reviendra toutefois en territoire un peu plus familier avec un « That’s My Trouble » qui prendra une tangente plus rock et investira le type de rythmique un peu molle qui caractérisait le groupe à l’origine.

Il faudra donc attendre le troisième morceau avant que l’album décolle véritablement avec un la chanson-titre qui est assurément l’un des moments forts de l’album. On reste ici en terrain rock. Les harmonies vocales du refrain confèreront à la mélodie très accrocheuse une légèreté et une certaine richesse harmoniques qui redonneront du souffle à l’auditeur.

On continuera, lors des titres suivants, dans cette même lancée hard rock, pour, ensuite, enchaîner avec la très radiophonique « Cool Your Battles » et sa batterie qui martèle les temps, ses larges accords de synthétiseurs et son refrain classique constitué de « ouh ouh », nous faisant entrerdans un territoire résolument pop qui établira le ton pour la suite de l’album, et le rock bluesy étant définitivement mis en retrait.

Ponctué seulement par la balade « Sound of You », le reste du disque installera une pop aux accents rock qui s’avèrera d’intérêt variable et constellés de clichés comme « Speed of Light ». Nettement plus intéressante, « We’re Alive » sera traversée par un rythme et des harmonies de voix simple et efficace et « Gold » qui fera montre d’un riff de guitare un peu plus élaboré.

Love Is All You Love constitue un album plutôt inégal. Il met de l’avant les grandes qualités vocales de Russel Marsden et Emma Richardson. Ceux-ci arrivent à déployer quelques mélodies fort accrocheuses qui peuvent valoir le détour, malgré des compositions généralement très stéréotypées. C’est peut-être là ce qui manque à Love is All You Love : des interprétations un peu plus profondes, qui auraient donné un supplément d’âme à un album plutôt conventionnel.

**1/2

9 juillet 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Paul Den Heyer: « Everything So Far »

Autrefois aux commandes de Fishmonkeyman, formation oubliée du début des années 90 qui connut un bref et relatif moment de gloire avec le « single » « I Told You Once » , Paul Den Heyer avait plus ou moins disparu du circuit de la pop britannique. Ce n’est qu’à partir de 2011 que le nom de cet enfant des sixties, grandi au son des Beatles, de Bowie ou de King Crimson, recommence à circuler dans les milieux autorisés. A cette époque, le musicien de Liverpool est en effet devenu membre de Red-Sided Garter Snakes (projet d’ex-Chameleons, Puressence et Inspiral Carpets), et il a surtout commencé à produire les disques d’un jeune groupe local baptisé Sumstack Jones. Partageant avec ses jeunes concitoyens une obsession pour les arpèges cristallins des Byrds et la langueur du psychédélisme West Coast, Paul Den Heyer a donc fait logiquement appel à eux en les invitant à lui servir de backing band lors de l’enregistrement de ce qui sera son premier album solo.

Paul Den Heyer qualifie sa musique de « Britanicana ». Les neuf titres de Everything So Far lui donnent raison, en se situant précisément à la jonction du folk britannique et de la pop US hallucinogène des années 60 et 70. Logiquement, on se remémore ici les merveilleux londoniens américanophiles de Mojave 3, pour cette capacité à donner corps à la rencontre fantasmatique de Nick Drake et des Flying Burrito Brothers. C’est particulièrement vrai pour une première partie d’album à l’atmosphère cotonneuse, qui pourrait être l’oeuvre de shoegazers déguisés en cowboys, contemplant leurs  boots poussiéreuses en s’attaquant au répertoire de Neil Young (« Technicolor Summer Sunshine »). Ce ne sera qu’à partir de « Money Cloud » que le naturel pop de Paul Den Heyer commencera à refaire surface, trahissant les origines géographiques de ce beau disque de saison. Il va même jusqu’à titiller le grand Michael Head (The Pale Fountains, Shack), champion toute catégorie du songwriting de Liverpool, sur l’accueillant « Home Song ». Captivant et paisible comme une aube estivale, Everything So Far s’ajoute alors à la très longue liste des pépites discographiques charriées par les eaux troubles de la Mersey.

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5 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Kim Churchill: « I AM »

Kim Churchill est un explorateur inlassable et insatiable — sa quête continue à chaque album. C’est encore vrai pour I AM, enregistré à Berlin avec le producteur Vincent Kottkamp et premier d’une série de quatre micro-albums issus d’une multitude de voyages. Il n’y a pas à dire, l’environnement de ce sixième album est très loin du monde sauvage, des mélodies tranchées et des arpèges onsciencieux qu’on a connus de la part du musicien australien

Avec ses airs pop suaves et colorés, ses nouveaux rythmes profonds entre hip-hop et R & B (« After the Sun ») et son fond de folk increvable (brutale « All I Remember »), I AM laisse un étonnant sentiment de peau neuve où percerait un soi ancien.

Vocalement, Kim Churchill est toujours aussi léger, habile, même sensible sur « Fallen Rainbows », la plus métissée des compositions. Si on peut reprocher à I AM de manquer de philosophie nette, ce brouillage de frontières laisse aussi envisager un autre Kim Churchill, peut-être encore plus libre, celui qu’il n’a toujours pas rencontré.

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1 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Nev Cottee: « River’s Edge »

Révélé au grand public et surtout à la critique en 2017 grâce à Broken Flowers, son deuxième album, Nev Cottee revient avec River’s Edge. Les dix chansons de ce nouvel album reprennent plus ou moins la même formule magique que son prédécesseur et nous envoie dans les confins de la discographie de Scott Walker.
En 2001,
Nev Cottee et son groupe Proud Mary avaient déjà été l’objet de toutes les attentions en particulier celle de Noel Gallagher qui avait produit un Same Old Blues, pas déshonorant du tout mais qui fut cloué au pilori.

Dix huit ans plus tard, Nev Cottee revient avec un opus propre à faire rêvertous les orphelins de Lee Hazelwood. Avec sa voix sculptée par la cigarette et ses chansons dessinées par ses voyages en Inde, Nev Cottee écrit en effet un de ces disques qui se suffisent à eux-mêmes.
Enregistré par Mason Neely
(Wilco, Edwyn Collins), avec Nick McCabe (The Verve) et Chris Hillman (Ethan Johns / Billy Bragg), River’s Edge est un piège qui se referme assez rapidement sur n’importe quel quidam qui se met à l’écouter. En quelques secondes, la voix de Cottee faera son office et hypnotisera au point de vouloir acheter ou réécouter
les deux précédents
si on ajoute Strange News From The Sun, paru en 2013.

***1/2

29 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Day: « Midnight Parade »

Ce duo allemand présente nombre de qualités pour qu’on s’en entiche avec gourmandise. C’est typiquement le genre de groupe discret et sans prétention qui parvient à toucher sans artifice. Déjà, alors que la plupart des duos masculin-féminin se contentent d’une formule « producteur autiste aux machines » et « belle qui roucoule », The Day sonne comme un véritable groupe de rock. Ils balaient d’un revers de main l’imagerie « pop à guitares fleur bleue » ou dreampop qu’on pourrait facilement leur accoler sur la foi d’une photo de presse : elle, les traits fins, un air distancié de femme fatale et lui, nous fixant de ses grands yeux bleus avec un air d’amoureux éconduit.

Pour trouver une filiation à The Day, il faudrait plutôt aller chercher du côté des groupes américains qui savent se mettre à nu sans que ce soit indécent. C’est toujours sur le fil, car il ne faudrait pas grand chose pour que le pathos prenne le dessus et que cela vire au grossier, au pompier.

Mais, même si parfois les refrains sont mus par un souffle adolescent, que la production alterne entre un son clinquant (en particulier sur « Grow » ) et des plans en ligne directe formatés pour les college-radios, que les guitares peuvent être bavardes comme aux plus heures du rock héroïque si on y prête attention, Laura Loeters et Gregor Sonnenberg sont d’une spontanéité confondante, d’une sincérité jamais prise en défaut. Au final, The Day pourrait prétendre à reprendre le flambeau de L’Altra avec la velléité de séduire le public de Death Cab For Cutie. C’est reconnaître là que derrière un patronyme qui lui ouvre les portes de l’anonymat, The Day distille un fort pouvoir de séduction qui motivera l’écoute de Midnight Parade – de préférence en solitaire, en bagnole de nuit. Et si on doit bien avouer qu’il y aurait mille et une raisons rationnelles pour dénigrer ce projet qui s’efforce à occuper un espace « middle of the road », au contraire, on s’en délecte.

***1/2

27 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Bedouine: « Bird Songs of a Killjoy »

Bedouine avait charmé avec un premier opus teinté d’indie-folk onirique ; elle tente de récidiver aujourd’hui avec un Bird Songs of a Killjoy dans lequel la chanteuse et musicienne d’origine arménio-syrienne nous propose douze nouvelles compositions radieuses et voyageuses qui prolongent le périple entamé deux ans plus tôt.

A l’écoute des enivrants « Under The Night » qui ouvre le disque mais encore d’autres perles de la même trempe à l’image de « Sunshine Sometimes » qui suit, « One More Time » et « Matters of The Heart » on fera comme plonger dans la discographie de Nick Drake, Joni Mitchell ou bien même du regretté Leonard Cohen mais avec la grâce californienne qui va avec.

Son indie folk teinté de soft-rock californien du début des années 1970 qui habille les sublimes arrangements de la triptyque « Bird », « Bird Gone Wild » et « Hummingbird » sans oublier sa bouleversante interprétation ira bercer plus d’un. Même lorsqu’elle entreprend des allures jazzy sur le somptueux « Dizzy », Bedouine étonne plus d’un en allant chercher vers des sonorités music hall pour un résultat éblouissant tout comme sur la conclusion complètement rêveuse intitulée « Tall Man » qui nous mettra sur un petit nuage.

Comme pour son album précédent, Bedouine continue ses péripéties toujours aussi passionnantes avec une pointe de douceur et de mélancolie qui se profile pas loin. Avec Bird Songs of a Killjoy toujours aussi orchestral, elle reste dans sa lignée sans jamais tomber dans la redondance et c’est à cela que l’on reconnaît la grâce.

***1/2

25 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Haybaby: « They Get There »

2015, le trio Haybaby a fait une entrée plutôt discrète avec leur premier album nommé Sleepy Kids. Venu de Brooklyn, le groupe mené par la chanteuse et guitariste Leslie Hong est venu mettre les pendules à l’heure avec leur indie rock noisy digne des années 1990 et un soupçon sludge que n’auraient reniés feu Sonic Youth.

Les voici de retour quatre ans plus tard avec They Get There. Quatre longues années se sont écoulées et tout laisse à penser que le combo a pu acquérir un peu plus de maturité. On les découvre pus sages et plus maîtrisés mais jamais apaisés pour autant. Des titres comme « Total Bore » et « Monster » placés en tout début d’album dévoilent une nouvelle facette plus audacieuse et chaleureuse que jamais. Mais ils n’oublient pas de faire crier leurs guitares fuzzy et de convoquer les rythmiques déchaînées avec « Witch Like Me » où le chant guttural de Leslie Hong se fait sentir.

A mi-chemin entre shoegaze et noise-pop, Haybaby redouble d’ambition sur ce They Get There avec des œuvres plus entêtantes comme « Animosity », « Home » et autres « You Got It, Steve! » et la plume sarcastique de Leslie Hong. On y décèlera aussi des sonorités Americana sur « Empathy » montrnt ainsi que, par comparaison à des moments plus rentre-dedans comme « My Mother Tells Me » et « Get Down », ils sont capables de versatilité et d’une assez appréciable marge de progression.

**1/2

22 juin 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

The Jonas Brothers: « Happiness Begins »

Les Jonas Brothers sont de retour. Après près de dix ans sans avoir sorti d’albums et pratiquement six ans de séparation, ils ont surpris tout le monde en annonçant la réformation du groupe et la sortie d’un cinquième album : Happiness Begins ,titre qui sonne comme un espoir et un vœuxdont il appartient de savoir si il sera pieux.

Le trio surprend par sa maturité et le moins que l’on puisse dire c’est que les années de séparation leur ont fait du bien. Ils sont heureux de se retrouver musicalement et cela s’entend. Plus sûrs que jamais, les Jonas Brothers nous offrent des morceaux colorés et fleurant bon.

Happiness Begins est le disque parfait pour s’évader ; « Every Single Time » surprend par son rythme, « Stranger »” séduit avec son refrain accrocheur et « Sucker », comme « Only Human », donnent envie de danser. « Love Her » et « Hesitate » sont les parfaites ballades pop alors que « Don’t Throw It Away » et « Rollercoaster » seront faites pour un road trip.

Au niveau des textes, le bonheur, emprunt de positivité et un peu naïf, règne avec un « Comeback » conclusif qui sonne comme un message d’amour inconditionnel.

Happiness Begins est un disque de retrouvailles entre les musciens et leurs fans ; il délivre ce qu’il promet avec panache et en grande pompe. Un bon et sympathique album pop pour ceux qui demandent sourire et fraicheur.

***1/2

22 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire