Wilsen: « Ruiner »

En deux albums et deux EP, le trio de Brooklyn, Wilsen, a généré une impression captivante et étonnante par son agencement de dream-pop, alt-pop et dream-folk. Il n’est pas surprenant qu’une fois qu’ils ont annoncé leur troisième LP, l’attente s’est faite impatience.

La curiosité est désormais satisfaite et, dès le premier titre, « Ruiner », la capacité inégalée de Wilsen à exploiter les grands moments pour s’opposer aux moments de calme es tà nouveau révélée avec un morceau capable d’altrener avec fluidité climats tempêtueux et simple chant adossé à une guitare tranquille. « Align » mettra à nouveau en scène un magnifique travail à la six cordes avec une construction lente et une apogée progressive et explosive.« NTOO » commencera également avec une guitare modeste, mais au fur et à mesure qu’elle se façonne, elle devient presque écrasante voire plaisamment envahissante.

Il ne s’agit pas seulement de la construction de chansons individuelles, l’album est structuré de manière à ce que chaque morceau ait un punch incroyable et le passage de « Birds » à « Wedding » et à « Birds II » est un véritabletur de force. « Birds » est un morceau choisi avec soin ; il n’est pas très long, mais il a une construction abrupte et discordante. « Wedding » suit immédiatement, et c’est une autre piste luxuriante et somptueuse, avec la voix de Wilson au premier plan. Lorsqu’il plonge dans « Birds II », il relie toute cette partie de l’album de façon magnifique, mais avec une déclaration forte.

Viendra ensuite un morceau comme « Down », qui comporte un rythme de batterie étonnant et un refrain contagieux. Il y aura aussi l’excellent groove de « Feeling Fancy », sans aucun doute le morceau le plus optimiste de Ruiner. Il est accompagné d’une guitare au son lourd, qui s’apparente aux vastes paysages sonores de la Beach House et d’Azure Ray. C’est un titre qui se démarque et qui arrive au bon moment, au moment où l’album se termine. Le disque se terminera avec le saisissant « Moon », qui ne comporte que la guitare et la voix de Wilson.

Ruiner est un immense album comporte des moments de calme, des temps forts, des passages de tristesse et de joie. C’est un disque qui défie beaucoup de conventions si on considère les artistes auxquels ils sont généralement comparés. Au final, Ruiner est leur album le plus complet et le plus mature à ce jour.

***1/2

Lee Ranaldo and Raül Refree: « Names of North End Women »

En 40 ans et à travers son travail avec Sonic Youth, Glenn Branca, William Hooker et d’autres, Lee Ranaldo a montré qu’il est capable de faire bouger les choses à la guitare. Sur Names of North End Women, le musicien de New York montre qu’il est également capable de faire quelque chose de plus aventureux que « n’importe quoi ». Conçu à l’origine comme son prochain album solo, Ranaldo est entré en studio avec le producteur/musicien espagnol Raül Refree derrière les platines (qui a produit les deux derniers albums de Ranaldo). Les huit titres qui en résultent ont tellement transformé l’art de Ranaldo que la contribution de Raül Refree devait être reconnue.

Le LP du duo prend des chemins détournés à chaque tournant, alors que Ranaldo expérimente avec le chant parlé rythmique (« Alice, Etc. »), les vibrations internationales (« Humps (Espriu Mix) »), l’ambiance et les percussions éparses (« Names of North End Women »), l’électronique et l’Auto-Tune (« The Art of Losing »), et le chant le plus sincère jamais venu de la scène noise rock (« At the Forks »).

Mélangeant un picking acoustique songeur, des synthés à la volée et des rythmes à peine perceptibles, Raül Refree permet à Lee Ranaldo de retrouver un son audacieux, sans peur et carrément expérimental sur Names of North End Women.

***1/2

Too Free: « Love In High Demand »

Too Free est un combo natif de ashington, D.C. composé de Awad Bilal (chant), Carson Cox (batterie électronique) et Don Godwin (guitare). Ses trois ont une façon particulière  d’entrelacer le R&B, la dance-pop, le rock, le rap, l’électronique, la synthé-wave et une foule d’émotions fortes dans un tissage fin avec des voix progressives et toutes sortes d’instruments – organiques et électroniques – dans chaque piste. Neuf titres accompagnent ce premier album dansant, et la diversité sonore que chaque membre apporte scintille tout au long de Love in High Demand.

La voix nostalgique du premier morceau, « Gold », rappelleront les débuts de Brian McKnight au début des années 90. Le morceau est expérimental, léger et rêveur. Les vibrations R&B ne s’arrêtent pas là, et ce son se retrouve également sur le morceau « Elastic », qui a toute l’attitude qu’il faut et des mots de type « I’m not a clown », ce son « no bullshit»   stransparaît dans le chant de Bilal ou des phrase comme «  I could be the one you like / I can’t be around all night » (Je pourrais être celui que tu aimes / Je ne peux pas être là toute la nuit) ajouteront à ce compostement « no bullshit » qui accompagne le combo et qui est renforcé par la guitare électrique de Godwin traversant le morceau avec un solo impressionnant qui rappelle le bon vieux temps du rock’n’roll.

Une forte sensation de confiance s’est toutefois emparée de moi dès la première écoute de « ATM ». C’est le premier « single » de l’album et un excellent choix – il montre un côté espiègle et sûr de soi du groupe. La basse lourde et le chant risqué introduisent le titre avant qu’un kaléidoscope de touches intrigantes n’entre en jeu avec la batterie électronique. La voix de Bilal est sensuelle, délivrant des paroles telles que « Baby, catch me in color / Luxury notice / All you could ask for ». L’effet de vogue que dégage la chanson ne fait qu’ajouter à l’intensité de l’envie de danser et de déverser ses émotions. Il y a un sentiment de vouloir être visible, que ce soit pour quelqu’un que vous trouvez attirant, comme le chante Bilal ; « I want to be seen by you / I want to be noticed / Oh, to be seen by you. » (Je veux être vu par toi / Je veux être remarqué / Oh, n’être vu que par toi).

Un titre comme « X2 » déstabilisera en raison de son chant ; avec un sens de spiritualité brute qui est différent de tout autre morceau de l’album. La variété des chants graves qui coïncident avec les tambours de Cox donne l’impression d’être en plein milieu d’un ancien rituel dans la jungle avec une sensation de bain vectrice de calme et de soulagement qui traverse le corps durant l’écoute et « The Void » sera un morceau, à cet égard, ne pourra que grandir à l’inétrieur de soi. Peu à peu d’ailleurs on sera amené à analyser les différents sons qui composent l’ensemble. Le chant et la basse se mettent en place avec des changements de rythme différents, et tous deux sont intimidants. C’est un morceau qu’on apprend à apprécier et qui peut très bien devenir un titre-phare pour qui est ouvert à la démarche du groupe.

« Breathing Underwater » fera voyager de manière introspective, effet que l’on peut attribuer aux ondes hypnotiques et à la respiration lourde qui démarrent la chanson. C’est le seul morceau qui contient du rap, et la performance n’est pas à dédaigner. Le rythme apaisant de la voix de Bilal correspond au flux onirique du morceau et le rap ajoutere un sentiment de nervosité qui vous ramène dans la chanson. Quelque chose dans « Wanna Let Me Know », par la suite, donnera l’impression de nous transporter dans un souvenir au loin. Le chant semble lointain et, quand, Bilal parle de faire quelque chose pour un amant, un sentiment de mélancolié ne peut que s’échapper de la suppliqu ainsi verbalisée.

Il est peu de dire que la musique de Too Free nous emporte là où elle veut et dicte là où l’on se sent capable d’aller. Ainsi on ressentira et on libèrera variétés d’émotions ; danser où petdre la tête. Cependant, chaque morceau offre une excellente façon de regarder à l’intérieur de soi. Le mélange subtil de différents genres est ce qui rend l’album parfait pour un premier jet ; Love in High Demand est une image polyvalente de ce que le trio qu’est Too Free apporte à la musique.

***1/2

Best Coast: « Always Tomorrow »

Les Californiens de Best Coast sont de retour avec leur quatrième album, le plus introspectif à ce jour : Always Tomorrow. La chanteuse Bethany Cosentino continue de fouler les thèmes de l’insécurité et du doute de soi, mais le disque se définit par son développement personnel plus évolutif ce qui inclut des nouveaux niveaux d’acceptation de soi et de gratitude.

Une autre caractéristique déterminante de l’album est le son rock gonflé de Bobb Bruno, son co-fondateur avec Cosentino. L’album déborde de riffs endiablés, de refrains envoûtants et de tempos percutants, polis par des synthés subtilement chatoyants et une production fluide. Le morceau d’ouverture « Different Light » reflète tous ces détails : «  Who am I to judge if you still see things in a different light » (Qui suis-je pour juger si vous voyez encore les choses sous un autre angle ?) demande Cosentino avec diplomatie.

Sur « Everything Has Changed », dont l’hymne rappelle le « Beverly Hills » de Weezer, son ancien compagnon de scène, elle décrit l’avant et l’après de sa vie idéalisée, depuis l’abandon insouciant de la jeunesse débauchée, où elle ne buvait que de l’eau et du whisky, jusqu’à une vie plus sédentaire où elle promenait son chien, vivait dans une grande maison et faisait la cuisine pour deux chaque jour. Ce titre aborde également les critiques et les brimades auxquelles Cosentino a dû faire face ; « I used to cry myself to sleep reading all the names they called me. Used to say that I was lazy, a lazy, crazy baby. Did they think that maybe I was in on it? » (J’avais l’habitude de pleurer pour m’endormir en lisant tous les noms qu’on m’appelait. Je disais que j’étais paresseuse, un bébé paresseux et fou. Est-ce qu’ils pensaient que j’étais peut-être dans le coup ? Mais même si elle fait référence à ses critiques, sur « Wreckage, elle réfléchit toujours sur elle-même et son image de soi : « No one’s saying that I’ve got so be perfect, so why do I keep pushing myself? » (Personne ne dit que je dois être parfaite, alors pourquoi est-ce que je continue à me pousser ?)

« Everything Has Changed » et « Wreckage » abordent également le blocage de l’écrivain. «  If everything’s okay, then what the hell do I complain about? » (Si tout va bien, de quoi diable me plaindre ?) chante-t-elle sur le premier. Et sur le second : «  wanted to move on, but I kept writing the same songs » (Je voulais passer à autre chose, mais j’ai continué à écrire les mêmes chansons.)

Le syndrome de l’imposteur s’installe complètement sur « Graceless Kids » : «  Who am I to keep preaching to the graceless kids of tomorrow? They need a hero, not a wreck. I’m just a phony in a floral print dress . » (Qui suis-je pour continuer à prêcher aux enfants sans grâce de demain ? Ils ont besoin d’un héros, pas d’une épave. Je ne suis qu’un imposteur dans une robe à imprimé floral), chante-t-elle en s’habillant.

Cosentino se reproche également d’être coincée dans de vieilles habitudes et de vieux schémas, comme rester trop longtemps au lit ou tomber amoureuse de types qui ne savent pas ce qu’ils veulent. Mais elle se réjouit aussi des progrès qu’elle a accomplis. Sur le thème élastique, fantaisiste et clairvoyant « Feel Like Myself Again », elle semble renouvelée : « On Friday nights, I don’t spend too much time lying on the bathroom floor like I used to. The demons deep inside of me, they might have finally been set free. And I guess this is what they mean when they say people can change, ‘cause I finally feel free. I feel like myself again, but for the first time. » (Le vendredi soir, je ne passe plus trop de temps allongée sur le sol de la salle de bains comme avant. Les démons qui sont au fond de moi, ils ont peut-être enfin été libérés. Et je suppose que c’est ce qu’ils veulent dire quand ils disent que les gens peuvent changer, parce que je me sens enfin libre. Je me sens à nouveau moi-même, mais pour la première fois). La chanson parle de la distance la plus grande que Best Coast semble obtenir par rapport à son anvien répertoire comme « Why I Cry », sur lequel on chante désespérément « Look to the future, nothing’s there. Don’t know why I even care. Walk around in a haze. Seems to be the way I spend my days. I’m stuck in the gray.. » ( Je ne sais même pas pourquoi je m’en soucie. Marche dans la brume. Il semble que ce soit la façon dont je passe mes journées. Je suis coincé dans le gris.)

Musicalement, Always Tomorrow est très loin des débuts lo-fi de Best Coast, qui sont imprégnés de distorsions. Sur le plan thématique, cependant, Cosentino est toujours aux prises avec les problèmes qui l’ont toujours rongée. Mais c’est un travail en cours, et de plus en plus, elle prend le dessus sur ses insécurités et convient que, pour toutes les fois où celles-ci la perturbent, il y a toujours un lendemain, un « always tomorrow ».

***1/2

Hoshiko Yamane & Mikael Lind Spaces In Between

Spaces in Between est une collaboration entre Hoshiko Yamane (Tangerine Dream) et Mikael Lind. Le titre se déploie déjà de plusieurs façons : les deux musiciens sont compositeurs et interprètes, et le processus d’écriture de l’album les a amenés à envoyer des fichiers sans se rencontrer, entre Berlin et Reykjavik. L’album se situe dans un espace entre acoustique et électronique, classique et pop (du moins si vous acceptez les séquences de synthétiseurs old-school comme de la pop). Il se situe dans un espace entre la musique d’ambiance, et l’idée bien connue de la musique de meubles, et les compositions qui ont toujours quelque chose à faire. Toutefois, Spaces in Between est un disque d’une simplicité et d’un lyrisme trompeurs. On l’entend tout au long de l’album, mais on en trouve la preuve dans des morceaux comme « Getting the Message Across ».

Des violons doublés commencent à jouer et suscitent une réponse du piano, qui est bientôt accompagné par un beau et chaleureux clavier. Le violon d’Hoshiko Yamame sonne magnifiquement, le piano de Lind résonne avac la même magnificence. Encore une fois, il s’agit de contrastes simples mais nets dans l’identité sonore. La liste des morceaux le montre aussi : « Connecting the Cycle », « Flow Plus Cycle », « Lasting Cycle » « Into the Whirl », « Wave Interaction » – les musiciens ne cessent de bouger. Enfin,  ce dernier titre, » commence par une phrase rythmique provenant d’un oscillateur, puis les deux collaborateurs jouent dessus.

L’album est juste de la bonne longueur aussi – 8 titres répartis sur 42 minutes. Mais dans cet environnement sonore confortable, on ne s’ennuie jamais. Les oscillateurs entrent, ancrent un morceau et en modifient subtilement l’ambiance. Les couches de piano interagissent avec le son cristallin du violon. Parfois, comme dans « Reprocessed Phrases », un crépitement agréable se fait entendre en dessous, de manière ambiguë. Bien que l’ambiance soit très similaire du début à la fin, il y a une grande délicatesse et un grand souci du détail. Délicat, mais grave.

***1/2

COIN: « Dreamland »

COIN est un trio de rock indie américain originaire de Nashville, bien que leur son soit loin des sons de country et d’Americana qui imprègnent la ville. Le groupe a débuté avec deux EPs en 2012 et 2013, mais a vraiment fait impression avec son premier album éponyme en 2015. Ils sont devenus les chouchous de l’indie-rock, alliant synthés style 80’s et talent pour les gros riffs Ce son, on le retrouve aujourd’hui sur leur nouvel album Dreamland.

Comme COIN l’a fait dans le passé, ils s’appuient sur un indie rock anthemique et festivalier. Il ne s’agit pas d’une lente méditation acoustique sur la condition humaine, mais plutôt d’une célébration de la vie, de l’amour et de la famille.

Le LP commence fébrilement avec « Into My Arms » qui implore un amant en luie disant « Get out of my head and into my arms » (sors de ma tête et viens dans mes bras). Se mettre dans les bras de l’autre est, à cet égard, un thème commun à cet album puisqu’il est réitéré sur le plus discre « Lately III ». Grands accords de guitares, certes, mais ils sont souvent accompagnés de grandes nappes aux synthés comme sur « I Want It All ».

Cette démesure est importante dans la sens où elle offre une perspective un peu différente. Nous en arons une bonne dose sur la chanson indie-pop « Never Change » qui nous amènera à des conditions plus introspectives dans les dernières compositions.

Ainsi, l‘album sera un amalgame de leur vie des deux dernières années, où ils étaie nt apparemment tout le temps sur la route en tournée. Ce manque de stabilité est exploré sur « Cemetery » un titre qui canalise la din d’une première tournée et le sentiment d’aloignement de ses proches à la vue d’une pierre tombale. Le combo s’est produit partout, de Nashville à Séoul. Dreamland est un patchwork de tous ces endroits, un journal sonore d’orchestres, de guitares désaccordées, de chorales d’église et de mémos vocaux sur iPhone ; il est aussi le retour à un chez soi, le pysage de rêve, ce « dreamland » qui donne son titre à l’album.

***1/2

Sodoma: « It’s All About To Change »

Incontestablement, avec Sodoma, c’est la force qui jaillit des haut-parleurs dès la première seconde Ce Grunge/Noise Rock Band de Zurich est, en effet, reconnaissable sur son deuxièm ealbum dès le premier accord. It’s All About To Change est le titre du nouvel opus du combo et il fait parfaitement suite à leur premier album éponyme, sorti il y a deux ans.

Le premier titre « Alive » est court, mais il montre bien ce qu’est Sooma. Des cymbales et des toms bruyants qui enterrent les voix ternes et déformées en arrière-plan. Un son de guitare unique et strident, fraîchement pressé à travers un circuit d’overdrive. Beaucoup de choses se sont passées au cours des deux années qui se sont écoulées depuis leurs débuts. La guitare est devenue encore plus expérimentale et les sons synthétisés sont dépouillés vers la fin du morceau.

L’ensemble est groovy et défoncé dans le quatrième titre « Material Humanos ». Des riffs de type mantra entre le noise-rock et le post-punk forment une évocation du changement et de la décadence. Une glorieuse piste pour s’attarder dans les abysses.

10 morceaux couvrent l’ensemble de l’album et quelque chose se détache : Il n’y a pas un seul tube sur cet album. Quand on écoute le disque en effet, on perd rapidement l’orientation de la chanson à laquelle on se tient, car le son est pratiquement toujours le même et il domine les riffs et les mélodies auxquels on pourrait s’accrocher. Sooma est un état d’esprit et il se poursuit du début à la fin.

Ce disque résonne fort, est fort avec un nuage sonore en plein essor de basse, de guitare et de batterie ; il est une excellente occoasion de redécouvrir l’expérience grunge.

***

Svart Crown: « Wolves Among The Ashes »

On peut considérer Profane de Svart Crown comme le pendant d’Ulcerate, un combo propre à nous narrer les voayages de ce pauvre homme qui tenterait d’apporter quelques éléments d’autres influences (Behemoth par exemple) et nous aiderait à modeler notre avancée dans la scène du métal extrême. Pour la plupart, cette descriptionde quête ou pélerinage fonctionne bien, identifiant les parties de la musique de Svart Crown qui sont intéressantes ou profondes tout en équilibrant ces moments parfois sans éclat qui venaient avec le territoire du death metal et autres vagues métal En 2017, avec Abreation, le groupe, s’est inspiré de Witnessing The Fall et de Profane pour ouvrir sa palette sonore à un monde où Svart Crown pourrait se développer en un amalgame de death metal de qualité.

Wolves Among The Ashes est une sortie ambitieuse qui commence à séparer les sorties passées de Svart Crown de son état actuel. Même à première vue, il est clair que le dernier album de Svart Crown est un opus varié et évolutif. Parfois, leur style de death metal devient progressif, car ils tournent autour du black metal, du hardcore et de certains des death metal les plus typiques que vous entendrez de ce côté-ci de l’année 2010. Mais Wolves Among The Ashes ne se conforme pas non plus à une simple hybridation de death metal noirci.

Après un court morceau d’introduction, « Thermageddon » se fraye un chemin jusqu’à une balade et l’ambiance devient instantanément frénétique lorsque les riffs se fondent dans la basse et le lead, frappant l’auditeur avec un mur sonore rapide et presque cliché. En comparaison directe avec le précédent album du groupe, Abreation, Wolves Among The Ashes est plus singulier en prenant leurs sons piste par piste – plutôt que d’envelopper l’album dans un motif instrumental singulier. La frénésie implicite initiale de l’album n’est cependant pas la seule carte de visite de Svart Crown pour 2020. Après ce qui ne peut être considéré que comme un « Thermageddon », « Art Of Obedience » et « Blessed Be The Fools » se détendent dans un groove accueillant, s’appuyant sur un festival de riffs plus accessible mais complètement dissonant, et comblant à leur tour les lacunes entre certains visages plus extrêmes du métal.

La nouvelle capacité de Svart Crown à changer de vitesse dans Wolves Among The Ashes apporte de nouvelles dimensions sonores à la lumière, en particulier les vibrations d’un combo comme Gojira, sans équivoque, pendant l’attaque de « Blessed Be The Fools ». Ce sont ces changements de tonalité qui renforcent une structuration semi-fondée de l’écriture de la chanson, ne serait-ce qu’en laissant une certaine place à la liberté pour certains des légers problèmes d’identité du groupe. Ce sont ces moments qui créent un niveau de disparité entre la grandeur et la médiocrité moyenne, une ligne qui n’est pas si facilement définie dans le death metal moderne. Wolves Among The Ashes n’est pas si facilement assimilé à l’une ou l’autre de ces deux foules, car ses récompenses proviennent d’écoutes répétées. La trajectoire de carrière de Svart Crown a montré de nombreuses indications que l’album s’appuierait sur les attentes souvent mal placées et élevées par Abreation et pour cela, l’effort de Svart pour 2020 est un pas important dans la bonne direction. Dans l’ensemble, Svart a apporté une base de sorties passées et a progressivement resserré l’emprise sur un paysage sonore désormais intéressant et semi-fondé – rendu réel par quelques défauts intrinsèques qui demeurent non substantiels.

***1/2

Pictish Trail: « Thumb World »

Quatre ans après sa création, Thumb World suit avec style Future Echoes de Pictish Trail, un opus salué par la critique et présélectionné pour le prix du Scottish Album of the Year. Pictish Tail, alias de Johnny Lynch, ouvre les portes de sa maison sur l’île d’Eigg, laisse entrer le soleil et produit une merveille psycho-pop électro-acoustique avec des chansons concernant tout, des enlèvements par des extra-terrestres aux cochons qui ressemblent à Donald Trump. Si cela donne à cet album l’air d’une folie complaisante faite par un fou en ermite, alors vous auriez à moitié raison, mais laissez Thumb World enfoncer ses clous dans votre conscience et il y a de quoi s’amuser.

L’album s’ouvre sur « Repeat Neverending », une méditation en écho qui rappelle le Beta Band à son meilleur niveau de transe, tandis que « Pig Nice » s’ouvre sur des tambours fortement déformés avant de s’enfoncer dans une méditation solitaire et troublée sur la politique intérieure du président américain. C’est un morceau émouvant, tout comme le morceau-titre qui ressemblerait à un Pet Sounds squi éurait été confectionné dans une hutte plutôt qu’en Californie.

Ailleurs, « Lead Balloon » est une émouvante excuse adressée à la partenaire de Lynch après une soirée qui s’est transformée en monstrueuse gueule de bois et dont le refrain est si fantastique et fantasque qu’il vaut à lui seul mille absolutions. Créatif, plein de vie, drôle et beau, Thumb World mérite qu’on lève le pouce à son écoute.

****

Giver: « Sculpture Of Violence »

Quiconque cherche un disque hardcore de bonne ou moyenne facture à ajouter à sa collection le trouvera avec Giver st son premier album Sculpture Of Violence. Le quintette allemand s’efforce évidemment de combler le vide qui est actuellement incroyablement évident dans le genre hardcore, et il y parvient, peu ou prou.

Certaines des chansons de Sculpture Of Violence ont, en effet, certainement le potentiel d’être quelque chose de plus grand qu’elles ne le sont, mais pour y arriver, il faudra peut-être un peu plus que ce qu’elles présentent sur cet album. Des partitions comme « Evil Is » ne font qu’en donner l’impression.L’enseimble paraaaît inachevé à divers points de vue, et même si certains titre, comme « Every Age Has Its Dragons (Like An Empire) », tentent d’y insuffler un peu d’air frais, la vible est malheureusement mal ajustée.

Toutes les chansons ont la même énergie, ce qui fonctionne de manière à la fois négative et positive pour Giver. Si l’album ne perd jamais son rythme et sa fluidité, il ne la change pas non plus. Il n’y aura pas une seule composition pour se démarque particulièrement dans un sens ou dans l’autre. Rien n’est épouvantable, rien n’est excellent. Giver réussit à surfer sur une vague d’insipidité tout au long de ce processus créatif.

Malgré tout cela, Giver innove avec son propre son et montre qu’il peut, en évoluant un peu plus, jouer parmi ses pairs et s’intégrer parfaitement à la sphère hardcore.

**1/2