Extra Arms: « Headacher »

Extra Arms est le nouveau groupe formé par Ryan Allen, un chanteur guitariste de Detroit qui avait officié auparavant au sein de Thunderbirds Are Now ! Entre indie-rock et power-pop Headacher est un opus qui ne s’embarrasse pas de subtilités ni de nuances.

La plupart des titres sont de véritables brûlots (« Done To Death » ou « Til The Casket Drops ») et ils orenent une dimension encore plus ample quand ils se mêlent de politique («  Ends Meet », « Push The Button ») ou quand il s’efforce d’être plus personnel avec, toute proportion gardée, l’intimisme de « Under Surveillance » ou « You Make The Life You Want ».

On y ajoutera ces autres bombes que sont « The Last One » et « Why I Run » pour apprécier un album qui va droit au but sans la moindre fioriture et qui est, pour cette raison, capable de réjouir les « headbangers » de tout poil.

**1/2

Basement: « Beside Myself »

Après un troisième album intitulé Promise Everything Basement avaient, enfin donné un peu de corps à leur « power pop », les voilà qui récidivent sur ce nouvel opus Beside Myself.

Le combo semble vouloir continuer à mettre la pédale douce avec des accents californiens qui n’oublient pas , néanmoins, d’être flamboyants. On notera, à cet égard ,le titre d’introduction, « Disconnect » mais surtout des échos façon Weezer ou Green Day (« Ultraviolet » ou « Keepsake »).

Ce que l’on retiendra surtout avec ce Beside Myself, c’est leur volonté de s’aventurer vers des territoires beaucoup plus « arena rock » comme l’atteste d’autres titres pluas ampoulés dedans comme « Changing Lines », « New Coast » et « Slip Away ».

Avec ce quatrième opus Basement assument de plus en plus leurs désirs d’évolution ; reste à savoir si ces influences nouvelles ment assumées leur permettront de ne pas trop s’enliser dans les ornières du cheminement à l’aveugle.

**1/2

Laura Gibson: « Goners »

Laura Gibson avait déjà réalisé tris albums avant que le quatrième, Empire Builder ne marque les esprits. Elle avait, en effet, délaissé son indie folk original pour des ambiances plus pop ce qui lui avait passablement réussi.

Goners lui succède deux ans après avec une pochette qui, dès l’entame, indique résolument qu’elle va se situer dans un registre nocturne avec des compositions qui explorent la problématique de la perte et du deuil.

Celui-ci peut être personnel mais, pour elle, il revêt une signification emblématique puisque la mort est considérés comme faisant partie de nos vies. « I Carry Water » développe ainsi une atmosphère sépulcrale avec retenue et distinction tout comme les titres poignants que sont « Slow Joke Grin » et « Clemency ».

Musicalement, Goners se situera à mi-chemin entre les sonorités indie folk de ses débuts et des arrangements plus imposants et paroxystiques qui ont tant marqué Empire Builder. Ainsi, les sonorités quelque peu baroques accompagnant les contes sombres de la chanteuse génèrent une valorisation émotionnelle en particulier sur des morceaux comme « Performers », « Tenderness » et « Marjory » où l’on peut s’avérer être en imersion avec ces récits. Laura Gibson se révèle une artiste enchanteresse et diabolique tant sa vulnérabilité ne peut que nous inciter à plonger dans son univers troublant et aguichant à la fois.

***1/2

Imagine Dragons: « Origins »

Quatrième album pour ce quatuor de Las Vagas ; sur Origins le combo a fini de jouer et il explore ici de nouveaux territoires musicaux tout en restant fidèle à ses.. origines. Le groupe a, en effet, secoué un peu les choses en s’efforçant de mêler hip hop, pop, rock et folk.

Créer sans s’imposer des limites et faire quelque chose de nouveau semble être sa feuille de route, un titre comme « Boomerang » en est le témoin tant il conjugue les différents émois que sont le chagrin, la perte et l’idée de vagabondage interne.

« Only » affichera, lui, des « vibes » électro connotées 80’s qui seront amalgamées au hip hop de « Strange ». Bizarre mais ça fonctionne relativement.

Les textes de compositions comme « Stuck » afficheront une teneur plus émotionnelle, apportant une profondeur inusitée alors que « Zero » s’adressera à ce qu’il y a de plus sanguin en nous.

Une fois de plus, Imagine Dragons ne se repose sur rien d’acquis. Reste à savoir si cette énergie déployée sans relâche ne risque pas de marquer un sérieux manque de racines.

***

Paint: « Paint »

Allah-Las est un quatuor californien pétri de ces influences 60’s qui flirtaient avec le psychédélique et cette nonchalance si typique de la West Coast. Après une triplette d’albums leur chanteur guitariste, Pedrum Siadatian, a décidé de s’émanciper et de tenter une aventure solo sous le nom de Paint.

Ce projet devait lui permettre d’élargir sa palette musicale, chose faite sur les morceaux qui composent le disque. On évoquera ici les mânes illustres de Syd Barrett et Kevin Ayers qui avaient auguré le regretté label Harvest (branche « progressive » de EMI à la fin des années 60) avec des titres désinvoltes comme « Plastic Dreams » et « Moldy Man » ou des tendances plus expérimentales sur « Plastic Gazette ».

On appréciera de pouvoir se délasser à l’écoute des titres quelque peu ensoleillés comme les influences T-Rex de « Splattered » ou même le lancinant « Just Passin’ Thru ». Il est dit que ces morceaux sont enregistrés peu après qu’Allah-Las ait fini de peaufiner leur troisième opus Calico et ce n’est pas un hasard si l’on retrouve des vibes presque similaires sur « I Didn’t Know A Thing » et « Wash »

Entre ces pépites surgira un instrumental hypnotique mais chaleureux du nom de « Heaven In Farsi »; un un tout qui témoigne de l’incroyable richesse musicale d’un Pedrum Siadatian qui ne s’éloigne jamais des origines de son groupe mais arrive à s’émanciper comme il se doit avec ce disque nostalgique donnant envie de détente et de fantaisie.

***1/2

U.S. Girls: « In a Poem Unlimited »

Le refrain de « Velvet 4 Sale », le premier « single » et première chanson d’In a Poem Unlimited, le 8e album de U.S. Girls introduit à merveille ce qui nous attend sur le disque. Meghan Remy derrière ses beaux atours, ses chansons mélodieuses, ses rythmes dansants intoxicants nous percute avec un propos engagé et puissant. Après avoir été nommé sur la courte liste du Polaris censé décerner les meilleurs albums canadiens pour l’excellent Half Free, Remy – revient de plus belle avec toujours la même véhémence.

In a Poem Unlimited est un doigt d’honneur tenu bien haut à la face de quiconque questionne la précarité du statut de la femme en société ou encore le déséquilbre des rapports de domination entre les sexes. N’allez pas croire qu’elle agit par opportunisme, Remy aborde ces problématiques depuis les débuts du projet U.S. Girls. Ce n’est pas le mouvement #metoo qui est venu changer quoi que ce soit. Ce qui a changé est l’approche dansante de ses nouvelles chansons qui malgré des propos durs, parfois même déprimants, donne quand même envie de se trémousser.

Du lot, « Pearly Gates » est l’un titres des plus marquants e avec un refrain chanté par James Baley est tout à fait intoxicant ou un « M.A.H. » qui marie l’influence disco à la ABBA à des paroles qui méritent le détour.

Meghan Remy sait pourtant manier les contrastes et nous offrir des moments plus cools, (« Posebud ») et même nous entra^piner dans des atmosphères festives et latino sur le « closer » « Time ».

In a Poem Unlimited est un album comme il s’en fait peu. Meghan Remy réussit à conjuguer musique contestataire et pop-rock formidable. C’est un puissant alliage qui fera danser les gens et, qui sait, peut-être, mine de rien, les amener à réfléchir…

***1/2

The Pineapple Thief : « Dissolution »

The Pineapple Thief est un de ces combos comme il en existe tant ; leur premier opus, Your Wilderness, avait eu un succès d’estime Dissolution arrive deux ans après, toujours sous la houlette de leur leader Gavin Harrison.

Les travail sur les arrangements demeure la principale qualité du groupe, avec une volonté de ne pas s’enfermer dans une musique trop directe. Le titre d’ouverture, « No Naming Any Names, se veut ainsi alambiqué avec un piano en toile de fond accompagnant une voix solennelle et angoissante.

Il s’agit de donner une thématique que résume le titre du diqsue ; la dissolution des liens sociaux. On retrouvera ces mêmes climats avec « Try As I Mihght » ou « Threatening Wall » avec une emphase sur sur la notion de menace que ce soit par une approche teintée de rock progressif ou dans l’ambiance pesante que véhicule « Uncovering Your Tracks ».

L’identité du groupe est justement de ne pas occulter les influences « prog » ; qu’elles soient aériennes ou mélodiques. Cels s’exemplifiera à merveille sur « White Mist », onze merveilleuses minutes qui réconcilient tenants du rock atmosphérique et amateurs d’un idiome sans prétention.

***

Unknown Mortal Orchestra: « IC-01 Hanoi »

IC-01 Hanoi est le cinquième opus de Unknown Mortal Orchestra ,combo dirigé par Ruban Nielson. Le disque suit un premier album éponyme censé peut-être introduire le groupe à ceux qui ne le connaissaient pas.

La surprise résiderait alors dans le fait que, alors que le précédent était plutôt expressionniste façon soul lustrée, celui-ci est instrumental ce qui ne peut que laisser libre cours à ce qui est du ressort de l’imagination.

L’instrumentation est, d’ailleurs, atypique (bugle, apport de musiciens vietnamiens) et le répertoire ira lorgner du côté de Hendrix ou de Miles Davis. Il est fait d’explorations soniques (« Hanoi 1 » ou « Hanoi 3 ») pour le premier et d’improvisations jazzy (« Hanoi 6 » pour le second.

Le pont, psychédelisme expérimentation, se fera au prix de refrains lancinants et hypnotiques, de saxophones et de guitares n’attendant que le moment propice pour se défaire de leur feutrine en glissando ouatée pour se faire explosives.

On reconnaîtra l’habileté et la compétence instrumentales ; on regrettera que tout tourne à l’exercice de style un peu stérile.

**

 

Belle And Sebastian: « How To Solve Our Human Problems »

Il ne faut pas prendre au pied de la lettre un album intitulé fe manière aussi didactique que How To Solve Our Human Problems surtout quand on sait qu’il est l’oeuvre d’un ensemble aussi subtil et ironique que Belle And Sebastian.

Le groupe a, ici, abandonné les tonalité « dance » de son précédent opus et il est revenu à des schémas plus articulés, centrés sur la problématique des rapports humains. Point de solutions apportées pourtant mais des questions posées qui peuvent être conjuguées sur le mode de la candeur (« Sweet Dew Lee »), de la ballade acoustique (« Fickle Season ») sans délaisser le psychédélisme de « Show Me The Sun ».

Belle And Sebastian ont toujours visé à l’harmonie et à la cohésion, y compris dans les moments les plus graves que sont « We Were Beautiful » et ils excellent à les greffer à des passages plus enjoués comme « Best Friend » ou « Too Many Tears ».

Si on considère combien cet amalgame indie pop est réussi, on conviendra que la greffe entre mettre à plat les contrariétés et y apporter résolution est parfaitement réussie sur ce How To Solve Our Human Problems.

***1/2

The Innocence Mission: « Sun On The Square »

Délicatesse sans fragilité, sentimentalisme sans mièvrerie ; c’est ce précieux équilibre qui caractérise la « twee pop » dont un des représentants les plus connus est The Sundays.

The Innocence Mission est un duo originaire de Pennsylvanie, Karen et Don Perris, qui, d’une carrière résolument pop, s’est peu à peu réorienté vars un répertoire de plus en plus affiné, éthéré et des compositions aux tonalités folk.

Il y a du pastel dans ces refrains qui pourraient avoir été empruntés à The Lilac Time sur son nouvel opus Sun On The Square.

Les orchestrations sont en clair obscur, les voix vulnérables, l’instrumentation (accordéon, piano) exaltante.

« Green Bus » accompagnera la mélancolie automnale, « Shadow Of The Pines » rejoindra une ambiance festives ajourée et « Light Of The Winter » célèbrera ce qu’il peut y avoir de grandiose dans l’espoir à peine consumé.

Sun On The Square est un disque propre à tonifier tant, à l’image de « Galvanic », il ne crie jamais grâce totalement et qu’il ouvre le champ à de nouveaux émois tout diaphanes et dentelés qu’ils soient.

***1/2