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Winston Surfshirt: « Apple Crumble »

En 2017, Winston Surfshirt avait ses premiers pas dans la musique avec un premier album intitulé Sponge Cake. Le groupe australien a rencontré un succès minime sur le plan national, ce qui est un peu dommage car leur musique est une sacrée bouffée d’air frais. Toutefois, le sextet australien compte imposer son cool quoi qu’il advienne avec Apple Crumble.

A mi-chemin entre hip-hop, neo-soul et funk, Winston Surfshirt ne compte pas jouer les cailleras ou les mumble rappers à la mode. Ici, tout est en mode « peace, love, unity and have fun » avec une pointe néo-hippie pour l’originalité comme l’atteste des morceaux organiques comme « Need You » qui ouvre le bal de façon smooth et raffiné. Entre la voix somptueuse de Winston, leader du groupe, alternant chant et rap de façon posé et naturel ainsi que les instrumentations purement live et légères, il n’y a qu’un pas et ils arrivent à la franchir avec les groovy « For The Record », « That Just Don’t Sit You Right » et autres « Show Love ». De quoi nous redonner le « Smile » comme l’indique un de ses morceaux cuivrés.

Apple Crumble est riche en surprises en tous genres comme la rythmique new jack swing sur le old school jamais suranné « NobodyLikeYou » ou les influences dignes du regretté J Dilla sur le quelque peu jazzy « Someone New » qui est prolongé par la splendide conclusion instrumentale nommée « Bolney Stage 2 ». Plonger dans l’univers néo-hippie de Winston Surfshirt est plus que conseillé surtout qu’ils nous envoient des vibes positives et pleines d’amour avec « Where Did All Our Love Go ? » et « Crypto ». Un second opus qui nous donnera du baume au cœur.

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18 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Pumarosa: « Devastation »

On avait pris une claque musicale avec Pumarosa sur son premier album nommé The Witch en 2017. La formation britannique menée par la charismatique Isabel Muñoz-Newsome avait fait date grâce à une fusion musicale incroyablement riche. Deux ans plus tard, les Londoniens s’emploient à réactiver la chose avec successeur intitulé Devastation.

Avec l’aide du toujours aussi prolifique John Congleton à la production, Pumarosa continue de nous étonner par sa palette musicale toujours aussi large mais toujours aussi entraînante. Démarrant avec une rythmique breakbeat des plus frénétiques, Isabel Muñoz-Newsome emboîte le pas et nous fascine comme jamais sur l’alarmant « Fall Apart » où elle nous révèle les séquelles de son cancer à la clavicule et les conséquences que cela engendre avec le groupe. Avec des touches un poil plus électroniques que jamais, on sent une nette progression lorsque l’on écoute des moments hypnotiques avec « I See You » et le sombre et menaçant « Factory » frôlant quelque peu les accents indus.

Au-delà des influences jungle sur le vertigineux « Adam’s Song » comptant en prime un solo de saxophone et délivrant des pulsions sexuelles, Pumarosa fonctionne de façon mécanique. Entre l’élégance pop des morceaux comme « Lose Control » et « Heaven » ainsi que des accents plus rock avec « Into The Woods », le groupe britannique est à son aise et, comme sur leur album précédent, ils savent être vecteurs d’émotion comme l’atteste les épiques « Lost In Her » et la conclusion. Le groupe londonien sait faire corps avec les textes personnels aussi bien déchirants que sensuels d’Isabel Muñoz-Newsome et une musique beaucoup moins mécaniste que dans le passé sur ce nouveau disque.

***1/2

18 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Fran: « A Private Picture »

Dans les révélations indie rock venues d’Outre-Atlantique et on s’arrête à la ville de Chicago pour partir à la rencontre d’une certaine Fran. Il s’agit d’une jeune auteure-compositrice-interprète nommée Maria Jacobson qui a décidé de se donner une chance dans la musique. Et il semblerait qu’elle soit prête à durer comme l’atteste son premier opus nommé A Private Picture riche en promesses.

Dès les premières notes de l’électrique et tendu « Now », on devine les influences de Fran allant d’Angel Olsen à Big Thief. On peut se reposer sur ses talents de parolière qui arrivent à nous émouvoir sur des morceaux indie folk électriques tels que « Company » qui suit mais également « Time and Place » et « In My Own Time » qui valent le coup d’être écouté religieusement. En étant émouvante sans verser le pathos, Fran nous interpelle par sa justesse mélodique et ses arrangements presque baroques sans être dramaturgiques.

Il suffit d’écouter des pièces à couper le souffle à l’image de « So Surreal » et de « (I Don’t Want You To Think) I’ve Moved On » pour se rendre compte des malheureuses péripéties qu’a pu entreprendre la jeune musicienne de Chicago. Au fil des échecs qu’elle a affronté toute sa vie, sur le plan personnel et professionnel, elle réussit tout de même à affronter l’adversité sur des derniers titres audacieux comme le morceau-titre mais également sur la conclusion des plus bouleversantes nommée « Desert Wanderer ».

Et c’est pour cette raison qu’A Private Picture mérite beaucoup d’attention car on y décèle une sincérité de la part d’une artiste qui se redécouvre sous un nouveau jour.

***1/2

18 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Cory Wells: « The Way We Are »

The Way We Arest un premier album comme beaucoup le sont. On pourrait le qualifier d’emo rock mais l’instrumentation est presque exclusivement acoustique ce qui lui donne sa singularité. Wells a décidé sur ce projet solo de mettre à nu sentiments lui qui, autre singularité, a grandi en écoutant et jouant du metal. Et cela s’entend, au moins da par les gros accents emocore qui parsèment les 12 titres de ce disque.

Ce sont ces mêmes accents qui constituent le principal obstacle à l’adoption de la part de la majorité du public. Pas sur que les amateurs de pop adhèrent en masse à ce style en équilibre instable entre deux univers. Parce que, en effet, certains titres peuvent bien évoquer un Bayside, mais les mélodies à la six cordes sont assez bien troussées, classiques et pop. L’émotion semble trop souvent convenue et les titres sonnent déjà entendus. L’ensemble un peu artificiel, y compris de par sa singularité.

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17 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Slow Meadow: « Happy Occident »

Nourri par l’anxiété qui a fait de nous de petites bêtes affolées, ce nouvel album du projet ambient de Matt Kidd, Slow Meadow, est parfaitement de son temps. Deux ans après la douceur humaniste et mélodieuse de Costero, voici la pré-apocalypse expérimentale de Happy Occident, un titre à prendre évidemment avec ironie. Si un certain bonheur transparaît bien parfois dans le piano mouvant et le paroxysme des cordes, comme sur l’épopée Drifting Phonetics, l’insertion d’éléments électros et d’effets futuristes — comme des voix numériques — témoigne qu’il y a bel et bien mutation (quand ce n’est pas dégradation) de ce que nous sommes.

Dans sa lecture polysémique du monde, où le fossé entre organique et synthétique ne pourrait être plus marqué, Happy Occident n’est pas toujours fluide ou subtil. Mais certaines compositions touchent au cœur, comme la métaphorique « Artificial Algorithm », la forestière « Pareidolia » et la triste « Helium Life Jacket », qui fait de nous les passagers d’un ballon chaud, enfin distants de ce monde fou.
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1/2

16 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Night Sins: « Portrait In Silver »

Gros virage synthétique pour Night Sins, le side-project de Kyle Kimball, batteur du groupe shoegaze américain Nothing. Pour son quatrième album, les références appuyées aux Sisters Of Mercy sont oubliées et la nouvelle direction est clairement influencée par Depeche Mode période Violator. Fini les voix caverneuses à la Andrew Eldritch, désormais le chant est clair – parfois même chuchoté – et les guitares ont été délaissées au profit des synthés.
Mais alors que vaut le nouveau son de ce Portrait In Silver ? L’écoute du premier « single » « Annihilator » est plutôt convaincante, le côté synth-pop assumé se mêle assez bien aux influences indéniables du Pretty Hate Machine de Nine Inch Nails. Avec son beat infectieux et ses synthés glacés, on tient le tube de l’album. On retrouve également le côté indus sur le titre « For People like Us » à l’atmosphère sombre et au refrain efficace. L’album a un fort potentiel dansant, on retiendra « Lonely in the Mirror » et « Breathetres nocturnes qu’on dirait tout droit sortis des 80’s. C’est lorsque le rythme ralentit que l’album nous perd. Le chant manque aussi, parfois, de conviction (« Daisy Chain », « Hot Dose » »), les mélodies ne sont pas toujours mémorables et les titres qui se veulent plus dans l’émotion comme « Portrait in Silver » laissent finalement un peu froid.


Bilan mitigé donc. Le tournant synth-pop s’était déjà fait sentir sur Dancing Chrome (2017) mais celui-ci arrivait à maintenir un équilibre avec les racines goth à l’origine du projet. Avec un s »ingle » aussi réussi qu’ « Annihilato » on ne peut s’empêcher de penser que la fusion synth-pop/indus aurait sans doute mérité d’être plus développée sur le disque. Finalement, il manque à ce Portrait In Silver une touche véritablement personnelle. En tout état de cause, il n’égalera pas les influences revendiquées.

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16 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Millie Turner: « Hide + Seek »

Millie Turner est une des révélations britanniques de cette année. Il s’agit d’une jeune chanteuse originaire de Clapton qui a été biberonné à la pop et au R&B moderne et qui a connu un buzz plutôt conséquent ces derniers mois et on a fort à parier qu’elle fera parler d’elle avec son premier EP Hide + Seek.

Composé de sept titres, Millie Turner sait mêler production gentiment électronique et harmonies vocales que ce soit sur l’introduction nommée « January » lançant les hostilités avec classe. On peut en dire autant de l’énergie infectieuse qui habille d’autres morceaux à l’image de « Swimming Pool » et de « Sway » où l’on sent que Turner affiche un certain plaisir.

Partagée entre euphorie et accalmies, elle sait traduire le ras-le-bol de sa génération en musique avec entre autres le dernier titre « Ride This Train » menant vers la rébellion de la jeunesse. Avec Hide + Seek, Millie Turner pourrait bien être une ertiste qu’on ne voudra pas passer sous silence.

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16 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Milky Chance: « Mind The Moon »

En l’espace de deux albums, Milky Chance a réussi à s’imposer sur la scène pop-folk européenne. Le trio allemand avait publié son second opus Blossom en 2017 et celui-ci avait emporté tous les suffrages possibles. Deux ans plus tard, ils reviennent avec Mind The Moon.

Une fois de plus baigné dans des influences folk, indie pop et reggae, Milky Chance continue de faire voyager son auditeur à travers ces douze titres. Dès les premières notes de « Fado », le voyage promet d’être mémorable tant on se laisse emporter par les ritournelles hypnotiques de « Oh Mama », « Long Run » ou bien même de « Daydreaming » montrant qu’ils n’ont rien perdu de leur savoir-faire.

On appréciera également la rencontre entre la France et l’Allemagne avec la collaboration avec Témé Tan sur « Rush » pour un mélange des genres respectifs. Pour le reste, Milky Chance reste égal à lui-même avec d’autres morceaux qui réchauffent les cœurs comme « We Didn’t Make It To The Moon » ainsi que de « Scarlet’s Painting » et « Right From Here ». Il en résulte un Mind The Moon complètement à l’image du style du trio allemand: entêtant et attachant.

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Woolworm: « Awe »

C’est de Vancouver que nous vient Woolworm. Et comme beaucoup de formations ces derniers temps, il défend un rock indé très typé nineties. Awe est le troisième album du combo. Si le groupe fait partie des plus suivis de ce coin du Canada, ce n’est pas sans raison ; les 33 minutes de ce disque sont excellentes. Pourquoi ? Peut-être parce que Woolworm a des racines hardcore, qui ressortent parfois à l’occasion de chants scandés (« Dogman ») ? Peut-être à cause de cette fusion de rock alternatif musclé et d’influences poppy aux accents anglais et une voix à la Smiths.

Ça marche et c’est très fluide. Trois écoutes, quatre écoutes, rien n’y fait, ce disque ne s’essouffle pas, il est habité par une énergie et une âme qui vous pousseront à aller plus loin, plus profond dans son exploration. C’est ce mélange entre deux sentiments qui fait la force de Awe et ce sera excellemment joué.

***1/2

16 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Wild Nothing: « Live From Brooklyn Steel »

Surgis des années 10’s avec l’excellent Gemini, Wild Nothing, alias Jack Tatum, à tracé sa route au travers d’une décennie houleuse  en quatre albums et autant d’EP. Il ne  manquait plus, pour ainsi dire, qu’a passé le cap de l’album live, un exercice périlleux qui tend à se perdre de nos jours.

Sur ses quatre opus, il àadéveloppé un univers pop assez à part dans le monde musicale.

Profitant de l’explosion musicale de 2010, et devenu l’un des fers de lance de la dream pop, il s’en ai bien affranchis par la suite sans se renier. C’est un mélange d’orfèvre entre différent courant de la Pop et du Rock. La voix de Tatum, grave et froide, contraste merveilleusement bien avec les compositions. Une guitare dansante qui brode sur une basse grave et omni présente, ainsi que quelques claviers mélodique et même une trompette triste sur certains morceaux.

En forme de Best Of, l’album compile les meilleurs morceaux du groupe, preuve éclatante du talent du multi instrumentaliste américain ainsi que de sa versatilité. On est peut-être en face d’un futur classique du genre, et d’un excellent disque « live ».

***1/2

15 novembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire