No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Heron: « Sun Release »

Originaires des régions sauvages de Pennsylvanie, ce quartet instrumental a apporté une bouffée d’air à la scène post-rock avec une musique aux atmopshères fraiches et montagneuses sur son premier album, You Are Here Now. Dès le début, on y a, en effet, discerné un penchant pour l’invention mélodique, une énergie infectieuse et des arrangements exaltants ; une somme de travail qui s’est manifestée par une tatention admirable aux notions de nuances, d’espaces, de tonalités et de textures.

Sur ce nouvel opus, les musiciens se sont appuyés sur ces solides fondations pour établir de nouvelles dynamique dans une structure compositionnelle encore plus solide, raffinée et démonstrative

Sun Release est un collection de superbes compositions post-rock, dont chaque composant peut se singulariser des autres tout en maintenant un flux narratif qui les englobe tous et fournit une merveilleuse synhèse d’écoute.

***1/2

20 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Catacombe: « Scintilla »

Tout le parti prix de l’album est un voyage dans le temps. Ou comme le défini lui même le groupe, avant toute les révolution, humaine ou technique, avant l’avènement des premières civilisations, au moment primordial de la découverte du feu, et du bond en avant que ce fut pour les premiers hominidés, découvrant ces étincelles scintillantes. C’est dans cette perspective que le groupe portugais à composé ce Scintilla, huit titres orientés post-rock et post-métal tachant de mettre en musique cet instant primordiale ou l’évolution à basculé de façon irrémédiable vers ce que l’on est maintenant.

Un album puissant, tout en boucles hypnotiques et riffs accrocheurs / ravageurs. Profond et intense, d’un force évocatrice certaine, il est de ces album qui nourrissent l’imagination par le biais de l’émotion. Composé avec brio par un quatuor qui n’en est pas à son premier coup d’éclat, Scintilla est sans aucun doute un grand album, très réussit, qui fera date dans le genre.

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13 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Moses: « New Mood »

Ce disques de 2017 était injustement passé sous les radars. New Mood est un opus de tradition rock et post rock, d’honnête facture, et tout emprunt de cette mélancolie qui colle à la peau des groupes du genre.

Chansons un peu triste sans être larmoyantes, gimmicks dignes de Foals, ceux de la bonne période, et indubitablement, une envie certaine, qu’on retrouve sur toute la longueur de l’album.

Celui-ci n’est, certes pas, l’étendard du renouveau de genre, mais il n’en ai pas moins un disque de bonne facture porté qu’il est par des musiciens inspirés. Très voisin de l’ambient, il prodiguera une pause de tranquillité tout aussi nécessaire que bienvenue.

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10 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Imposition Man: « Imposition Man »

Le premier album d’Imposition Man, un groupe partagé entre Berlin et Graz (Autriche), reste fidèle à un credo ; celui de naviquer sous les eaux lourdes du post-punk et du synth-punk qui le réchauffe un peu et l’arrache des abysses froides en le propulsant droit devant. Les claviers désespérés et parfois très envahissants, comme sur l’ultime et conlusif « Promise Of Salvation ». Lla batterie en plastique martiale, les lignes de basse suicidaires, la guitare écorchée majoritairement maussade et le chant vindicatif ramènent à un temps qui ressuscite le vert et le glauque, le punk d’après le punk tendance oscillations disloquées et tout un contexte socio-politique durant lequel le mur de Berlin était encore debout.
La musique d’
Imposition Man a donc quelque chose de morose et d’inquiet. Elle a aussi quelque chose de très accrocheur qui séduit immédiatement. C’est que l’album file vite : les morceaux dépassent rarement les deux minutes et si jamais ils s’éternisent, le trio décide de toute façon de les achever brutalement (la fin brusque de « Plate ») voire de les couper en deux (« Crawler I » et « Crawler II »). Ils renferment également une forme d’évidence mélodique tout à la fois rageuse et fiévreuse qui a tôt fait de nous enfermer dans ses filets. Pour le reste, le florilège d’ondes congelées, les énormes lignes de basse ou la guitare ténue savent très bien s’y prendre pour flinguer les degrés excédentaires et fortement tamiser la lumière. Pas franchement taillé pour la gaudriole mais pas non plus drastiquement atone donc.

Bien sûr, tout cela est très connoté mais le côté racé et l’énergie déployée finissent par emporter la mise : du carillon renfrogné de l’introductif « Fill A Void » aux nappes cold de « No Exile » jusqu’au prototypique « Sysi » en passant par la minute strictement instrumentale de « Scupper », on reste très accroché à l’éponyme qui réveille l’ancien, lui injecte une forme d’exaspération très contemporaine qui ressemble à s’y méprendre à celle d’alors. Ce qu’on veut dire par là, c’est qu’Imposition Man n’a rien d’un exercice de style et que leur colère réfléchie est toutefois loin d’être feinte. On sent bien que s’ils sonnent comme ça, ce n’est nullement pour rendre hommage mais bien parce que c’est comme ça qu’ils sonnent.
Le tout a été enregistré sur un antique 8 pistes à cassette et montre un goût prononcé pour l’évacuation de toute forme de fioriture, pour le moribond fuselé aussi, mais les morceaux sont néanmoins loin de ressembler à ceux des
ensemblent qui les influencent. Imposition Man perpétue l’esprit certes mais a suffisamment de personnalité pour s’habiller avec ses propres frusques sans revêtir celles des autres. Bref, même si la pochette a tout d’un mausolée, ce deuxième album existe pour lui-même et montre au final beaucoup d’atouts : malin, conceptuel et porté par une poignée de morceaux tout simplement très bien agencés.

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5 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Daniela Savoldi: « Ragnatel »

On sait peu de choses sur l’italo-brésilienne Daniela Savoldi ; autant les pianos en solo sont légion, parfois inspirés, parfois moins, autant le violoncelle a peu de place dans la musique néo-classique ou contemporaine en instrument soliste. On pourrait bien sûr citer David Darling croisé régulièrement aux côtés du pianiste Ketil Bjornstad (superbe Epigraphs chez ECM en 2000) ou encore de Chris Hooson et de Quentin Sirjac pour Vallisa (2010), ou aussi de l’Islandaise Hildur Guðnadóttir remarquée aux côtés de Johann Johannsson ou encore pour la B.O de Chernoby.

La démarche de Daniela Savoldi est à la fois plus radicale et moins volontiers mélodique.  Ne s’estompant jamais totalement dans l’abstraction, elle privilégie un entre-deux un peu douloureux, aisément inconfortable, oscillant entre des drones grinçants et glaçants, une voix distante comme sur « Ragnatele » qui ressemble finalement à une tarentelle asséchée et neurasthénique.  S’ouvrant parfois à quelque chose de plus expérimental voire noise, Daniela Savoldi n’oublie jamais la grâce, cet « Improvviso » à la fois nerveux, fébrile et tremblant. Des tapotements fugaces, une palpitation organique.  Une chair à l’os, une pulsion qui hésite entre torpeur, menace et douceur.

Radical, le geste musical de Daniela Savoldi l’est assurément mais jamais délesté d’une belle part de délicatesse. Le jeu de violoncelle de la dame va à l’essentiel, ne s’égarant jamais et profitant d’une concision bien acquise, « Storia Di Un Attentato » enchantera par son choix des ruptures comme une ligne continue qui se diviserait.

Mais là où l’italo-brésilienne se révèle la plus pertinente c’est dans son savant calcul de l’espace et du jeu de la durée d’un son, ce minuscule intervalle que l’on appelle le silence, cette prudente combinaison de notes qui forme un lieu, un abri. « Space » prouve une fois encore que le silence est la plus harmonieuse des notes, on retrouve dans cette pièce-là l’irradiation ressentie à l’écoute des disques d’Arvo Part, le sommet d’un disque qui s’élève haut, très haut.

Ni vraiment post-Rock, ni seulement contemporaine, la musique de la violoncelliste résiste au classement. Elle échafaude des structures qui pourraient sembler fragiles, comme des châteaux de cartes qui fuiraient le vent mais à bien y regarder, en se rapprochant, on se rend vite compte malgré le caractère impalpable des lignes mélodiques d’une cohérence pleine et modeste à l’image de « Dada », mi-collage, mi déambulation sans but. En clôture du disque, « Modulator » propose d’autres voies plus électroniques pour l’auditeur de Daniela Savoldi.

Une musique somptueuse, viscéralement savante mais d’une empathie folle ; un troisième album qui s’affranchit des cofes et flirte avec la marge, la dissonance, la poésie.

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5 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

The Appleseed Cast: « The Fleeting Light of Impermanence »

Très productif durant les années 2000 qui ont fait de lui un des élèves intellos de la scène emo, Trhe Apopleseed Cast s’est, ensuite, fait plus rare en raison de nombreux changements de line-up. Nes reste, du combo originel, que le chanteur Chris Crisci qui s’était tenu coit pendant quatre ans d’absence. Sans chercher à se réinventer,The Fleeting Light of Impermanence souligne plutôt la faculté de son leader à durer et se recréer sans, pour autant, jamais tourner totalement les talons à ce qui a fait l’identité de son projet « (Asking the Fire for Medicine »).

Entouré de trois musiciens qui l’accompagnent sur la route depuis trois ans mais qui n’avaient encore jamais enregistré avec lui, Crisci a fait table rase du passé, jusqu’à adopter une toute nouvelle méthode de composition consistant à immortaliser quelques idées sur bande avant de les rassembler pour constituer de nouveaux morceaux. Et aussi étrange que cela puisse paraître, ce nouvel album ne souffre aucunement de manque de cohérence ou de fluidité. Surprenant également, le parti pris du groupe d’inverser son spectre instrumental au moment de mixer l’album.

Ainsi à l’image de l’entame « Chaotic Waves », les voix reculent considérablement pour mieux laisser la batterie au premier plan, contribuant ainsi à l’identité de The Appleseed Cast qui signe ici parmi ses plus belles lignes mélodiques (« Time The Destroyer »). A la fois complexe et réfléchie, sa musique s’offre également quelques progressions post rock intéressantes (« Petition », « Collision », « Reaching the Forest »), des passages ouvertement aventureux (« The Journey »), et une pincée de sonorités nouvelles (la présence des synthétiseurs, inédite à ce point) qui, réunis, contribuent à une des plus franches réussites d’un groupe que l’on a pourtant cru mort à plusieurs reprises.

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4 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Earth: « Full Upon Her Burning Lips »

Quel processus créatif peut bien utiliser Dylan Carlson pour trouver les titres de ces albums ? Il y a neuf ans pour la réédition de A Bureaucratic Desire Foe Extra Capsular Extraction, un opus fourmillant de six cordes barbares et des basses vrombissantes de Joe Preston. On pourra remettre le couvert avec le nouvel opus de Earth dont le titre, Full Upon Her Burning Lips, est tout aussi énigmatique, tout autant que son accompagnement musical fait de riffs hypnotiques et déliquescents.

On y entendra toujours la batterie d’Adrienne Davies dont le précision s’étire jusqu’à adopter cette rythmique indolente permettant à Dylan Carlson de retrouver la cosmogonie du blues. Le duo prend son temps avec ces phrases de guitare dispersées sur dix morceaux, sans que la note de trop se fasse ressentir. Les effets de distorsion semblent légèrement en retrait et laissent place à un étrange effet audio qui tire cla musique vers des fréquences suffisamment graves pour procurer quelques sensations caverneuses. Allez savoir pourquoi, ensuite, la lente désagrégation des trois minutes et vingt secondes de « Exaltation of Larks me » pousse toujours dans une intense rêverie quand on la digère.

Ainsi, Dylan Carlson et Adrienne Davies ont resserré le propos jusqu’à son extrême simplicité ; un riff et un rythme. C’est probablement leur disque qui s’aventure le moins dans les bourdonnements atmosphériques et, temps aidant on goûera ces quelsues écoutes parce que, précisément, elle nous font prrendres conscience de la décomposition dudit temps.

***1/2

30 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Big Bend: « Radish »

Nathan Phillips, l’homme derrière Big Bend, s’inspire, pour créer, de son quotidien ; e de son boulot dans un café, laissant les mélodies de la radio du bar s’imprégner en lui pour les chantonner discrètement lorsque les clients ne le regardent pas, et improviser pendant les silences. Radish est le premier album de Big Bend où Phillips se risque à chanter. Et on se demande pourquoi il ne l’a pas fait plus tôt ; sa voix douce n’est pas sans rappeler le Mark Kozelek des débuts, avec davantage de retenue. Lui qui s’était auparavant illustré au sein d’une musique instrumentale beaucoup plus proche d’un minimalisme gorgé d’un psychédélisme assez abrasif, le voici à présent à écrire des chansons calmes, aux sonorités douces, qui développent un écosystème passionnant – les instruments respirent, les timbres s’invitent et puis repartent…

On pense parfois à un Mark Hollis aux arrangements plus luxuriants. Radish se ressent avant tout comme une expérience de studio. Nathan Phillips, semble avoir envisagé les différents segments de son album au cours de sessions studio séparées les unes des autres (par groupes de 4 musiciens à la fois, si on en croit les infos à disposition), ce qui est à la fois super et frustrant. Exemples: « Swinging Low » et « Four », qui font intervenir la violoncelliste Clarice Jensen et le gourou new age Laraaji (avec un sample vocal de la mère de Nathan, chanteuse d’opéra, sur la première des deux pistes), laissent bien deviner qu’il s’agit de parties coupées de sessions bien plus longues. Et si ce sont deux morceaux superbes, on assiste à regret à l’arrêt prématuré de « Four », qui développait une stase parfaitement reposante, qui aurait bien pu durer 10 minutes de plus, et qui se voit obligée de conclure brusquement.
Mais il s’agit là de plaintes secondaires ; s’il est vrai que Radish peut laisser par moment l’impression d’un patchwork de sessions différentes (cas étrange de ce « 12′ – 15 », brève pièce électroacoustique contemplative avec Susan Alcorn, fort belle mais curieusement placée entre deux chansons « pop » qui auraient tout aussi bien pu se suivre), chacun de ces segments est d’une beauté paisible qui réchauffe l’âme.

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30 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

black midi: « Schlagenheim »

Régulièrement, la Grande-Bretagne nous offre une petite pépite encore brute, entourée de mystère, OVNI inclassable qui gravite parfois très brièvement et aujourd’hui, la nouvelle énigme londonienne se nomme black midi dont le moins que l’on puisse dire, c’est que ce projet est excitant et déroutant.
Tout commence avec un concert enregistré dans les studios de la radio KEXP ; ;la prestation des quatre jeunes Londoniens interpelle et les vues se multiplient sur la toile. Ils deviennent ceux qu’on attend, ils intriguent la presse spécialisée et restent pourtant dans un quasi mutisme, délivrant au compte-goutte les informations sur les réseaux sociaux. Ceux qui ont eu la chance de les voir en live ces dernières semaines auront pu le constater : les quatre kids déploient une énergie surhumaine, font preuve d’une décontraction et d’une maîtrise scénique assez ahurissante, ce qui n’a pas manqué d’attirer l’attention, notamment lors du festival de défricheurs The Great Escape à Brighton en mai dernier. Dernièrement, les mythiques Rough Trade Records annonçaient sortir Schlagenheim, preuve ultime de l’intérêt pour les quatre musiciens.

Néanmoins, si leurs concerts dégagent une spontanéité surréaliste, le trait de génie réside bel et bien dans le fait d’avoir réussi à le retranscrire sur disque ; le son de Schlagenheim s’est certes enrichi de quelques instruments difficilement transposables en « live » mais il n’en demeure pas moins que l’on retrouve toute l’énergie délivrée lors de leurs prestations. Enregistrés en à peine cinq jours, les neuf titres forment un condensé enfin dévoilé de ce que donnent black midi en album.

On commence d’emblée, avec « 953 », sur un math-rock noisy alors qu’arrive cette voix nasillarde si distinctive, digne d’un groupe de prog des années 70. Césures rythmiques, fraîcheur, dimension grandiloquente indéniable, narration un brin décalée (« bmbmbm »), il est toujours compliqué de définir quelle direction prendra l’album et c’est ce qui le rend si unique. Aucun titre ne se détache des autres (même si l’enchaînement « Of Schlagenheim/bmbmbm » est tout bonnement incroyable), l’intensité ne décroît à aucun moment, aucun instrument ne prend le dessus sur un autre et le chaos et la folie (comparable à Devo ou encore, plus récemment, à Sunset Rubdown dans une certaine mesure) sont divinement maîtrisés.
Schlagenheim vient donc clore la question qui brûlait les lèvres de tous les férus de musique : black midi ne sont pas qu’une hype sur le papier. Ils réinventent le rock à guitares, style éculé s’il en est, surtout au Royaume-Uni. Leur musique est protéiforme, leur créativité et leur inventivité leur permettent une mise en lumière parfois compliquée dans la profusion de nouveautés que l’on a à disposition.

***1/2

23 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Ninth Wave: « Infancy Part 1 »

The Ninth Wave est un nouveau venu parmi la scène post-punk actuelle. Le groupe nous vient tout droit de Glasgow et est prêt à faire un grand boom sur la scène internationale et avec un premier album intitulé Infancy Part 1.

En six titres, The Ninth Wave a appris de leurs influences résolument 80’s pour entraîner et enivrer son auditeur comme il se doit. C’est à travers des titres hypnotiques et anxiogènes comme l’introduction nommée « This Broken Design » mais encore les lancinants « Half Pure » et « All The Things We Do » où le chant féminin/masculin, les guitares bondissantes et les synthés froids savent captiver l’attention de tous.

On peut également citer le sombre « A Wave Goodbye to the People Who Said I’d Win » et la touchante conclusion « Final Encounters » qui ont de quoi envie de patienter pour un Infancy Part 2.

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23 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire