No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Marc Demarco: « Here Comes the Cowboy »

Aux premières notes de ce cinquième album du « slack-rocker » Mac DeMarco, un trépignement agrippe l’oreille : l’auteur-compositeur-interprète serait-il en train de nous emmener ailleurs ? Il faudra bien vite redescendre de nos grands destriers, cette introduction très Rocky Racoon n’était qu’illusion. Dès la seconde pièce, l’extrait Nobody, on retrouve ce même bon vieux Mac qui gratte ses cordes désaccordées façon jangle pop, qui chante sans trop se presser.

 

L’artiste ramène aussi les inflexions aiguës rappelant Salad Days (2014). On attend donc patiemment pendant quelques chansons de s’accrocher à quelque chose de neuf. À la sixième chanson survient « Choo Choo », un jam au propos obscur avec plus de funk et de tempo. Encore une fois, on y est,et on s’embarque avant que çaça retombe dans la zone de confort tout de suite après. Mais c’est toujours sympa, un peu de Mac DeMarco diront les inconditionnels.Certes mais c’est pour ça qu’on se repasse encore Salad Days.
**1/2

10 mai 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

L7: « Scatter The Rats »

Il est inutile de présenter L7 tant le quatuor californien s’est faite une place dans le monde du grunge et du riot grrl et a influencé 90% des groupes féminins actuels. Vingt ans après leur pas très mémorable Slap-Happy et de leur séparation qui s’en est suivi, les prêtresse du grunge font de la résistance en remettant la machine avec leur septième album intitulé Scatter The Rats.

Dès les premières notes de « Burn Baby », il ne fait aucun doute: L7 est de retour et elles veulent déchirer On sent que les californiennes n’ont rien perdu de leur rage d’antan avec leurs riffs grungy et leur section rythmique toujours aussi caverneuse. Et il ne fait aucun doute que leur énergie s’avère aussi constante tout au long de cet opus. De « Fighting The Crave » à « Uppin’ The Ice » en passant par « Stadium West », « Garbage Truck » et autres « Holding Pattern », on s’aperçoit que le contenu est très homogène. Voire trop homogène.

Même riff, même tempo et même gnaque et toujours ce petit manque de nouveauté qui persiste tout au long de cet opus. Alors oui, L7 a encore toutes ses dents mais ce septième album laisse tout de même un arrière-goût un peu amer car on attendait à quelque chose de plus osé à ce stade de leur come-back. On pourra citer les mid-tempos « Ouija Board Lies » et « Cool About Easy » parmi les morceaux qui sortent du lot mais on attendait mieux par rapport au statut de légende que s’attribue L7.

***

7 mai 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

La Dispute: « Panorama »

La Dispute est un groupe post-hardcore originaire de Grand Rapids qui a connu une sacrée trajectoire musicale après Après une poignée de sorties musicales en tous genres, le groupe formé par Jordan Dreyer a enfin atteint la consécration en signant chez le réputé label Epitaph pour qui ils sortent leur nouvel opus intitulé Panorama.

Ce nouveau disque marque donc une nouvelle étape pour La Dispute. Eux qui mélangent sans vergogne emo, post-hardcore et spoken word se retrouvent dans un nouveau cheminement où la mort, le deuil, la vie et l’amour ont habité le groupe, surtout son leader qui n’est autre que Jordan Dreyer. Après une introduction plantant le décor du nom de « Rose Quartz », la voix du frontman retentit sur « Fulton Street » et choisit les bons mots pour traduire ce tsunami émotionnel qu’il a confronté durant ces années.

Alternant le calme plat et la tempête des plus dévastatrices, Dreyer sait faire le parallèle entre spoken-word et screamo comme il se doit sur d’autres morceaux faisant référence au patriotisme symbolique du Michigan comme « Rhondonite and Grief » et « In Northern Michigan ». Il chante, susurre et hurle de façon incontrôlable tout en exorcisant ses souvenirs aussi bien radieux que traumatisants. Cependant, La Dispute se veut plus lent au niveau du tempo tandis que les sonorités sont plus légères et plus éclairées mais restent tout de même incisives par moments.

Il n’y a qu’à juger des morceaux comme « Anxiety Panorama » et « There You Are (Hiding Place) » pour prouver qu’ils restent les maîtres en ascenseur émotionnel avant qu’une conclusion aux allures jazzy du nom de « You Ascendant » mélancolique et grave dans ses propos montre un La Dispute au zénith de leurs inspirations. Malgré le départ du guitariste Kevin Whittemore auquel il formait une bonne alchimie avec Chad Sterenberg, Panorama est moins porté vers les guitares mais le groupe arrive à combler ce manque via d’autres moyens instrumentaux à forte charge émotionnelle. Après la pluie vient donc le beau temps et le quatuor de Jordan Dreyer arrive à chasser tous les fantômes qui sont venus les hanter comme jamais. Beaucoup devraient en prendre de la graine.

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Andrew Bird: « My Finest Work Yet »

Le chanteur américain Andrew Bird se consacre à sa carrière en solo depuis 1997, c’est donc un vieux routier de la scène. My Finest Work Yet, de par son titre, se devait par conséquent d’être excellent ; ce ne sera pourtant pas le cas. Ce qui prime est le manque d’originalité et une impuissance à se renouveler et à sortir de sa zone de confort.

Avec une pochette pastichant La Mort de Marat Bird avait pourtant affiché des ambitions littéraires, politiques et sociales.Son album, d’ailleurs, aborde de différents thèmes liés aux crises que l’on connaît aujourd’hui et il critique sans vergogne son gouvernement.

La chanson qui évoque le plus la critique sociale est la dernière composition de l’album, « Bellevue Bridge Club » : à un moment où le monde entier est secoué par la crise #metoo, Bird semble personnifier le harceleur, le menteur, le violent, bref à jeter un pavé dans la mare de la bien-pensance.

« Bloodless » a une tonalité jazzy trompeusment inoffeensive et analyse sévèrement la situation politique vécue aux États-Unis. En effet, dans un monde où chacun pourrait faire une différence, la plupart préfèrent suivre le bateau. Bateau qui tend à diviser ceux qui ont le pouvoir de ceux qui le subissent. La chanson se veut un moyen de critiquer la situation tout en trouvant des solutions pour renverser la vapeur avant qu’il ne soit trop tard.

S’il fallait retenir une seule composition de l’opus son opterait pour  « Archipelago » Andrew Bird joue du violon et le mélange de sa voix et de l’instrument est délicieux.

My Finest Work Yet, malgré son manque d’originalité dans les sons, reste un album agréable à écouter, faute de réinventer sa musique, Andrew Bird livre un album qui ne méritera d’être souligné que, et c’est un peu insuffisant, par la qualité de ses textes.

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22 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

In Flames: « I, the Mask »

In Flames est un combo qui semble bien loin de son illustre passé et du succès des premiers albums. Les Suédois ont enchaîné des disques sans saveur à l’image de Battles sorti en 2016. En assumant totalement ce virage pop/électro qui tranchait avec le death metal mélodique de ses débuts, In Flames donnait l’impression de pas vouloir faire machine arrière et ce n’est pas I, the Mask qui changera la préhension que l’on peut avoir d’eux.

L’ensemble n’est pas, pour autant, lisse et dénué de qualités. « Voices », qui ouvre le disque, utilise le coté électro qui est souvent l’objet de reproches mais il débouche sur un riff épais et un rythme très lourd. C’est surtout la voix de Anders Fridén qui fait bonne impression avec une hargne que l’on avait pas ressenti depuis longtemps. Cette introduction est de bonne augure pour la suite.

D’autres compositions vont en ce sens et donnent la sensation que les Suédois ont retrouvé un peu de la créativité qui leur faisait grandement défaut dans les essais précédents. « I Am Above » avec ses parties de guitares bien senties et la prestation vocale de son chanteur en est l’exemple le plus saisissant. Le rôle de Björn Gelotte derrière son manche est moins timide que dans d’autres productions et permet de donner une épaisseur non négligeable aux morceaux.

Pourtant, les Scandinaves retombent parfois dans leur travers en délivrant des compositions qui atténuent cette bonne impression de départ. Que ce soit « Follow Me » et son air trop convenu ou encore « (This Is Our) House » avec son intro scandée et son refrain prévisible, In Flames se la joue trop facile et peine à susciter notre engouement.

I, the Mask ne parviendra à convaincre que par intermittence. Quelques riffs bien sentis de Björn Gelotte ou des lignes de chants d’Anders Fridén peuvent attirer l’attention mais malheureusement, en grattant un peu, il on retombera inévitablement dans cette fadeur stylistique qui colle aux basques des Suédois.

**1/2

20 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

worlds greatest dad: « get well soon »

La scène emo américaine s’agrandit cette fois-ci d’un quatuor issu d’Atlanta dont get well soon (sans majuscules lui aussi est le premier album.

À l’écoute de ces douze titres on s’apercevra que le combo ne se débrouille pas trop mal quand il s’agit de rester dans le domaine de l’emo et de l’indie classiques.

Les hymnes ainsi développés sont connotés années 90 et 2000, bien balancés allant de « new recording 3 » à « healthy living » en passant par « asshole song » et « fireworks ».

Les textes sont à l’encan ; mal-être et démons (en particulier la prcrastination et l’auto-destruction).

Du registre de l’émo on ne retiendra que cette agréessivité dirigée contre soi-même ce qui est un peu juste pour se faire une place au soleil de rock indépendant.

**

19 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Sleeper: « The Modern Age »

Dans la grande famille des disparus de la Britpop, je demande Sleeper. Vingt-deux ans après leur dernier disque, Pleased To Meet You, les britanniques reviennent avec leur quatrième album : The Modern Age.
Sleeper était, il y a une vinqtaine d’années, un des parangons de la britpop avant que la lassitude ne s’empare de ses membres et du public. Après un « Look At You Now » plutôt musclé, The Modern Age se veut un retour en force. Pour cela on reconnaîtra certaines de leurs qualités :guitares acérées, rythmique à l’encan, mélodie plaisante, et surtout la voix de Louise Wener qui n’a pas pris une ride.

Le problème c’est que Sleeper ont redémarré de l’endroit où tout s’était arrêté; en l’occurrence d’un disque oubliable, pour ne pas dire oublié. Il est d’ailleurs surprenant d’intituler cet album The Modern Age alors que musicalement presque rien n’a changé.
Peut-être y aura-t-il davantage de synthétiseurs, par exemple les intros synthétiques, ainsi que la structure des deux « singles », « Look At You Now » et « The Sun Also Rises », qui donneront une impression de copier-coller.

L’album démarrera sur les chapeaux de roue avec le plutôt réussi « Paradise Waiting ». On retrouve dans cette chanson ce qui constituait l’essence de Sleeper, ce son de guitare qui leur est propre. Cela n’empêche pas le combo de tomber dans un de ses travers, la facilité le groupe va sombrer dans la facilité. En effet, l’intro de « Cellophane » sera si proche de celle du morceau d’ouverture qu’elle en devient presque caraicaturale.

Cette propension à se répéter va larder un opus dont certaines compositions, comme « Dig » dont tout sauf réussies.

Ce sera en toute fin d’album, lorsque le groupe décide enfin de sortir de ce carcan dans lequel il est resté enfermé, que le disque nemporte un peu le morceau avec quelques titres pop bien directs (« More Than I Do » et « Big Black Sun »), qui empêcheront The Modern Age de sombrer dans l’ennui.

**1/2

18 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Lucy Rose: « No Words Left »

Piano reverberé, guitare acoustique, cordes, voix cristalline… Lucy Rose joue avec son nouvel album, No Words Left, la carte de l’album intime et acoustique. Si la formule fait merveille sur la très belle et introductive Conversation, qui s’envole grâce à un arrangement évoquant le grand Nick Drake, elle est en revanche beaucoup moins convaincante sur les chansons qui suivent. Il faut en effet attendre l’arrivée de discrètes percussions sur « What Does It Take » pour voir l’album se réveiller un peu, et le morceau final « Song After Song » pour retrouver un semblant de refrain mémorable.
C’est que le risque de l’album folk acoustique est double : la monotonie et l’ennui. Et Lucy Rose n’échappe à aucun de ces écueils. Côté monotonie, la succession de morceaux aux tempos lents fait s’enchaîner les titres dans une relative indifférence. Côté ennui, les mélodies manquent cruellement d’immédiateté et d’aspérités pour marquer l’oreille de façon indélébile. Rien à déclarer non plus côté arrangements : tout ceci est très propre et bien exécuté, mais comme cela est téléphoné. Rien ne vient surprendre, à de rares exceptions prêt (le saxophone et le tourbillon de cordes sur le final de la jazzy « Solo(w) »).


Avec des titres comme « Save Me From Your Kindness », on se doute qu’on est pas ici chez le torturés et les freaks. Mais tout de même ! No Words Left nous donne une folle envie de lancer tout les musiciens sur une montagne russe pour voir ce qu’ils pourraient jouer ensuite. Qu’ils lâchent enfin le contrôle sur des titres bien trop polissés pour leur propre bien.
Globalement, No Words Left pêche donc par joliesse et manque d’originalité. Tout est ici fait pour être beau. Mission accomplie, certes. Mais on aurait souhaité plus de caractère pour nous faire tourner la tête.

**

 

14 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Weezer: « The Black Album »

Oubliez le rock, avec son Black Album, Weezer continue de « troller » en livrant un disque dont l’intention n’était pas de rivaliser avec le classique de Metallica ou autres, mais bien de devenir un crypto boys band d’arena rock.

Weezer sont de grands musiciens, des gars impliqués dans toutes les étapes de la production de leurs albums et depuis disons dix ans, on avait l’impression qu’ils n’exploitaient pas ce potentiel en livrant des versions plus ou moins édulcorées du Green Album, qui lui-même n’était pas fantastique.

Bref, Weezer n’avait plus vraiment de pertinence dans le rock. Et voilà qu’ils annoncent un album expérimental qui est au final… un album pop assumé, avec du gros glaçage sucré pis toute.

On salue l’intention, mais….

Mais, il est vrai que les artifices du groupe deviennent lassants. Les albums blanc et noir, le disque de reprises l’Instagram du groupe qui n’est qu’une collection de « memes » ironiques… du battage publicitaire, un jeu que Weezer semble avoir très bien compris, mais qui au final ne transforme pas le plomb en or.

Comme c’était le cas sur le Teal Album , la production ici est énorme, ce qui rend l’écoute agréable. Les couches de pianos et de synthés s’agencent très bien aux instruments rock de Weezer jusqu’à les supplanter sur certains morceaux. Mais tandis que la voix de Rivers Cuomo était surprenante sur l’album de reprises alors qu’il allait chercher des falsettos et des notes insoupçonnées à son registre, il est ici plutôt monocorde et dans l’autotune.

Et on n’a pas encore parlé des textes.

Rivers Cuomo a toujours écrit des textes comme s’il était le p’tit gars incompris, ringard, naze et émotif. Ici, il a jugé bon d’écrire des paroles carrément sexistes et réductrices pour meubler ses compositions plus pop… Mauvais choix s’il en est un alors que des artistes comme Lady Gaga et Beyonce poussent très fort pour faire tanguer le cargo de la culture américaine dans une autre trajectoire.

Au final, le Black Album est un album assez terne, disgracieux par moment pour ses textes si on y porte attention, mais qui contient quand même une des meilleures chansons composées par le groupe depuis longtemps : « Too Many Thoughts In My Head. »

Bref, Weezer en 2019 ça sonne comme une tonne de brique, mais leurs compositions originales sont au mieux, agréables, au pire oubliables. Un album qui a coûté cher, mais qui n’arrive pas à vivre au-dessus de ses promesses.

**1/2

14 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Dido: « Still On My Mind »

Vingt ans ont passé depuis No Angel, six depuis Girl Who Got Away. Voilà maintenant Still On My Mind, cinquième album de Dido, de son propre aveu presque accidentel tant personne ne l’attendait, pas même elle. On veut bien le croire : cela s’entend. Toujours avec son frère Rollo Armstrong, son proche collaborateur depuis ses débuts, Dido a conçu des morceaux qui louvoient, incapables de former une matière cohérente. À force de s’éparpiller entre dance, électro, dream pop et folk, avec ici et là des apparitions de choeurs tribaux, de cuivres ou encore d’effets drone, l’ensemble devient bavard et même factice au point où on n’attend plus que la fin.

Si Dido a toujours une voix chaude et intuitive d’une solidité irréprochable, sa réflexion sur la maternité — notamment sur « Have to Stay » et « Hurricanes », dont les deux premières minutes étaient fort prometteuses — manque de portée, de subtilités. Seule « Some Kind of Love », à la guitare acoustique, apparaît comme un effort mélodique et vocal fort, d’une présence entière. Dommage.

**

9 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire