No BS: Just Rock & Roll!

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Andrew Bird: « My Finest Work Yet »

Le chanteur américain Andrew Bird se consacre à sa carrière en solo depuis 1997, c’est donc un vieux routier de la scène. My Finest Work Yet, de par son titre, se devait par conséquent d’être excellent ; ce ne sera pourtant pas le cas. Ce qui prime est le manque d’originalité et une impuissance à se renouveler et à sortir de sa zone de confort.

Avec une pochette pastichant La Mort de Marat Bird avait pourtant affiché des ambitions littéraires, politiques et sociales.Son album, d’ailleurs, aborde de différents thèmes liés aux crises que l’on connaît aujourd’hui et il critique sans vergogne son gouvernement.

La chanson qui évoque le plus la critique sociale est la dernière composition de l’album, « Bellevue Bridge Club » : à un moment où le monde entier est secoué par la crise #metoo, Bird semble personnifier le harceleur, le menteur, le violent, bref à jeter un pavé dans la mare de la bien-pensance.

« Bloodless » a une tonalité jazzy trompeusment inoffeensive et analyse sévèrement la situation politique vécue aux États-Unis. En effet, dans un monde où chacun pourrait faire une différence, la plupart préfèrent suivre le bateau. Bateau qui tend à diviser ceux qui ont le pouvoir de ceux qui le subissent. La chanson se veut un moyen de critiquer la situation tout en trouvant des solutions pour renverser la vapeur avant qu’il ne soit trop tard.

S’il fallait retenir une seule composition de l’opus son opterait pour  « Archipelago » Andrew Bird joue du violon et le mélange de sa voix et de l’instrument est délicieux.

My Finest Work Yet, malgré son manque d’originalité dans les sons, reste un album agréable à écouter, faute de réinventer sa musique, Andrew Bird livre un album qui ne méritera d’être souligné que, et c’est un peu insuffisant, par la qualité de ses textes.

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22 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

In Flames: « I, the Mask »

In Flames est un combo qui semble bien loin de son illustre passé et du succès des premiers albums. Les Suédois ont enchaîné des disques sans saveur à l’image de Battles sorti en 2016. En assumant totalement ce virage pop/électro qui tranchait avec le death metal mélodique de ses débuts, In Flames donnait l’impression de pas vouloir faire machine arrière et ce n’est pas I, the Mask qui changera la préhension que l’on peut avoir d’eux.

L’ensemble n’est pas, pour autant, lisse et dénué de qualités. « Voices », qui ouvre le disque, utilise le coté électro qui est souvent l’objet de reproches mais il débouche sur un riff épais et un rythme très lourd. C’est surtout la voix de Anders Fridén qui fait bonne impression avec une hargne que l’on avait pas ressenti depuis longtemps. Cette introduction est de bonne augure pour la suite.

D’autres compositions vont en ce sens et donnent la sensation que les Suédois ont retrouvé un peu de la créativité qui leur faisait grandement défaut dans les essais précédents. « I Am Above » avec ses parties de guitares bien senties et la prestation vocale de son chanteur en est l’exemple le plus saisissant. Le rôle de Björn Gelotte derrière son manche est moins timide que dans d’autres productions et permet de donner une épaisseur non négligeable aux morceaux.

Pourtant, les Scandinaves retombent parfois dans leur travers en délivrant des compositions qui atténuent cette bonne impression de départ. Que ce soit « Follow Me » et son air trop convenu ou encore « (This Is Our) House » avec son intro scandée et son refrain prévisible, In Flames se la joue trop facile et peine à susciter notre engouement.

I, the Mask ne parviendra à convaincre que par intermittence. Quelques riffs bien sentis de Björn Gelotte ou des lignes de chants d’Anders Fridén peuvent attirer l’attention mais malheureusement, en grattant un peu, il on retombera inévitablement dans cette fadeur stylistique qui colle aux basques des Suédois.

**1/2

20 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

worlds greatest dad: « get well soon »

La scène emo américaine s’agrandit cette fois-ci d’un quatuor issu d’Atlanta dont get well soon (sans majuscules lui aussi est le premier album.

À l’écoute de ces douze titres on s’apercevra que le combo ne se débrouille pas trop mal quand il s’agit de rester dans le domaine de l’emo et de l’indie classiques.

Les hymnes ainsi développés sont connotés années 90 et 2000, bien balancés allant de « new recording 3 » à « healthy living » en passant par « asshole song » et « fireworks ».

Les textes sont à l’encan ; mal-être et démons (en particulier la prcrastination et l’auto-destruction).

Du registre de l’émo on ne retiendra que cette agréessivité dirigée contre soi-même ce qui est un peu juste pour se faire une place au soleil de rock indépendant.

**

19 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Sleeper: « The Modern Age »

Dans la grande famille des disparus de la Britpop, je demande Sleeper. Vingt-deux ans après leur dernier disque, Pleased To Meet You, les britanniques reviennent avec leur quatrième album : The Modern Age.
Sleeper était, il y a une vinqtaine d’années, un des parangons de la britpop avant que la lassitude ne s’empare de ses membres et du public. Après un « Look At You Now » plutôt musclé, The Modern Age se veut un retour en force. Pour cela on reconnaîtra certaines de leurs qualités :guitares acérées, rythmique à l’encan, mélodie plaisante, et surtout la voix de Louise Wener qui n’a pas pris une ride.

Le problème c’est que Sleeper ont redémarré de l’endroit où tout s’était arrêté; en l’occurrence d’un disque oubliable, pour ne pas dire oublié. Il est d’ailleurs surprenant d’intituler cet album The Modern Age alors que musicalement presque rien n’a changé.
Peut-être y aura-t-il davantage de synthétiseurs, par exemple les intros synthétiques, ainsi que la structure des deux « singles », « Look At You Now » et « The Sun Also Rises », qui donneront une impression de copier-coller.

L’album démarrera sur les chapeaux de roue avec le plutôt réussi « Paradise Waiting ». On retrouve dans cette chanson ce qui constituait l’essence de Sleeper, ce son de guitare qui leur est propre. Cela n’empêche pas le combo de tomber dans un de ses travers, la facilité le groupe va sombrer dans la facilité. En effet, l’intro de « Cellophane » sera si proche de celle du morceau d’ouverture qu’elle en devient presque caraicaturale.

Cette propension à se répéter va larder un opus dont certaines compositions, comme « Dig » dont tout sauf réussies.

Ce sera en toute fin d’album, lorsque le groupe décide enfin de sortir de ce carcan dans lequel il est resté enfermé, que le disque nemporte un peu le morceau avec quelques titres pop bien directs (« More Than I Do » et « Big Black Sun »), qui empêcheront The Modern Age de sombrer dans l’ennui.

**1/2

18 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Lucy Rose: « No Words Left »

Piano reverberé, guitare acoustique, cordes, voix cristalline… Lucy Rose joue avec son nouvel album, No Words Left, la carte de l’album intime et acoustique. Si la formule fait merveille sur la très belle et introductive Conversation, qui s’envole grâce à un arrangement évoquant le grand Nick Drake, elle est en revanche beaucoup moins convaincante sur les chansons qui suivent. Il faut en effet attendre l’arrivée de discrètes percussions sur « What Does It Take » pour voir l’album se réveiller un peu, et le morceau final « Song After Song » pour retrouver un semblant de refrain mémorable.
C’est que le risque de l’album folk acoustique est double : la monotonie et l’ennui. Et Lucy Rose n’échappe à aucun de ces écueils. Côté monotonie, la succession de morceaux aux tempos lents fait s’enchaîner les titres dans une relative indifférence. Côté ennui, les mélodies manquent cruellement d’immédiateté et d’aspérités pour marquer l’oreille de façon indélébile. Rien à déclarer non plus côté arrangements : tout ceci est très propre et bien exécuté, mais comme cela est téléphoné. Rien ne vient surprendre, à de rares exceptions prêt (le saxophone et le tourbillon de cordes sur le final de la jazzy « Solo(w) »).


Avec des titres comme « Save Me From Your Kindness », on se doute qu’on est pas ici chez le torturés et les freaks. Mais tout de même ! No Words Left nous donne une folle envie de lancer tout les musiciens sur une montagne russe pour voir ce qu’ils pourraient jouer ensuite. Qu’ils lâchent enfin le contrôle sur des titres bien trop polissés pour leur propre bien.
Globalement, No Words Left pêche donc par joliesse et manque d’originalité. Tout est ici fait pour être beau. Mission accomplie, certes. Mais on aurait souhaité plus de caractère pour nous faire tourner la tête.

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14 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Weezer: « The Black Album »

Oubliez le rock, avec son Black Album, Weezer continue de « troller » en livrant un disque dont l’intention n’était pas de rivaliser avec le classique de Metallica ou autres, mais bien de devenir un crypto boys band d’arena rock.

Weezer sont de grands musiciens, des gars impliqués dans toutes les étapes de la production de leurs albums et depuis disons dix ans, on avait l’impression qu’ils n’exploitaient pas ce potentiel en livrant des versions plus ou moins édulcorées du Green Album, qui lui-même n’était pas fantastique.

Bref, Weezer n’avait plus vraiment de pertinence dans le rock. Et voilà qu’ils annoncent un album expérimental qui est au final… un album pop assumé, avec du gros glaçage sucré pis toute.

On salue l’intention, mais….

Mais, il est vrai que les artifices du groupe deviennent lassants. Les albums blanc et noir, le disque de reprises l’Instagram du groupe qui n’est qu’une collection de « memes » ironiques… du battage publicitaire, un jeu que Weezer semble avoir très bien compris, mais qui au final ne transforme pas le plomb en or.

Comme c’était le cas sur le Teal Album , la production ici est énorme, ce qui rend l’écoute agréable. Les couches de pianos et de synthés s’agencent très bien aux instruments rock de Weezer jusqu’à les supplanter sur certains morceaux. Mais tandis que la voix de Rivers Cuomo était surprenante sur l’album de reprises alors qu’il allait chercher des falsettos et des notes insoupçonnées à son registre, il est ici plutôt monocorde et dans l’autotune.

Et on n’a pas encore parlé des textes.

Rivers Cuomo a toujours écrit des textes comme s’il était le p’tit gars incompris, ringard, naze et émotif. Ici, il a jugé bon d’écrire des paroles carrément sexistes et réductrices pour meubler ses compositions plus pop… Mauvais choix s’il en est un alors que des artistes comme Lady Gaga et Beyonce poussent très fort pour faire tanguer le cargo de la culture américaine dans une autre trajectoire.

Au final, le Black Album est un album assez terne, disgracieux par moment pour ses textes si on y porte attention, mais qui contient quand même une des meilleures chansons composées par le groupe depuis longtemps : « Too Many Thoughts In My Head. »

Bref, Weezer en 2019 ça sonne comme une tonne de brique, mais leurs compositions originales sont au mieux, agréables, au pire oubliables. Un album qui a coûté cher, mais qui n’arrive pas à vivre au-dessus de ses promesses.

**1/2

14 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Dido: « Still On My Mind »

Vingt ans ont passé depuis No Angel, six depuis Girl Who Got Away. Voilà maintenant Still On My Mind, cinquième album de Dido, de son propre aveu presque accidentel tant personne ne l’attendait, pas même elle. On veut bien le croire : cela s’entend. Toujours avec son frère Rollo Armstrong, son proche collaborateur depuis ses débuts, Dido a conçu des morceaux qui louvoient, incapables de former une matière cohérente. À force de s’éparpiller entre dance, électro, dream pop et folk, avec ici et là des apparitions de choeurs tribaux, de cuivres ou encore d’effets drone, l’ensemble devient bavard et même factice au point où on n’attend plus que la fin.

Si Dido a toujours une voix chaude et intuitive d’une solidité irréprochable, sa réflexion sur la maternité — notamment sur « Have to Stay » et « Hurricanes », dont les deux premières minutes étaient fort prometteuses — manque de portée, de subtilités. Seule « Some Kind of Love », à la guitare acoustique, apparaît comme un effort mélodique et vocal fort, d’une présence entière. Dommage.

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9 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Dean Wareham Vs. Cheval Sombre: « Dean Wareham Vs. Cheval Sombre »

Bien que Luna soit réactivé depuis maintenant 2014, Dean Wareham n’entend pas pour autant se consacrer entièrement à son second amour de jeunesse ; après Galaxie 500. Le chanteur et guitariste s’autorise une excursion en collaboration avec le songwriter new yorkais Chris Porpora alias Cheval Sombre. Intitulé de circonstance Dean Wareham Vs. Cheval Sombre, l’album contient dix reprises country/folk, réparties équitablement au chant et, tel qu’il est décrit par les deux intéressés comme un  : «  western sous thème dream pop » .

L’ex Galaxie 500 maîtrise parfaitement l’exercice de la reprise, qu’il pratique régulièrement depuis 30 ans, et toujours avec un goût certain.On est donc peu surpris de la sélection proposée sur papier : une rareté bien sentie de Dylan, une pépite desperado de Townes Van Zandt, le classique outlaw « Wayfaring stranger » choyé de cordes, et puis des pépites country méconnues notamment « If I Could Only Fly » de Blaze Foley (1949-1989), transformé en hit US par Merle Haggard dans les années 2000.

Pour embellir cet écrin, Wareham a sollicité Jason Quever de Papercuts (un proche de Devendra Banhart et Cass McCombs), avec qui il avait travaillé sur A Sentimental Education et dont le savoir-faire en matière d’ornementation réverbérée figure parmi ce qui se fait de mieux dans le giron indépendant. Signalons le renfort dans cette chevauchée de la muse Britta Phillips (Luna, Dean & Britta), ainsi que Anthony LaMarca (The War on Drugs) et Will Halsey (Sugarcandy Mountain). Toutes sont imprégnées d’une atmosphère cotonneuse, un imaginaire émanant des phrasés crooners façon cow-boy de Lee Hazlewood et bien sûr les clins d’oeil spaghetti au maestro Ennio Morricone.

Par ailleurs, au-delà des titres susmentionnés, l’aspect le plus intéressant du disque concerne les chansons tirées de westerns hollywoodiens, sélectionnées avec le bagout légendaire de Wareham. Tel ce « Wand’rin’ Star », tiré du film La Kermesse de l’Ouest ou encore « My Rifle, My Pony and Me” originellement interprété par Dean Martin et Ricky Nelson dans le classique Rio Bravo. Ces deux titres sont interprétés par Weeham,qui se les réapproprie en une magnifique comptine rêveuse et lancinante.

Wareham et Sombre se partagent donc le micro tout au long de ces dix titres. Si les murmures du dernier manquent parfois de caractère, ils nous convaincront sur le final crépusculaire « Grand Canyon » de Stephen Merritt et finiront par nous laisser embarquer sans la moindre résistance dans cette séduisante chevauchée sauvage.

***1/2

19 janvier 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Oliver Coates: « Shelley’s on Zenn-La »

Le titre quelque peu abstrait de cet album, Shelley’s on Zenn-La fait référence au Shelley’s Laserdome, un nightclub relativement célèbre de Stoke-on Trent à la lisière des années 80/90.

Ici, il s’agit de créer un paysage de fiction, sis dans divers quartiers de Londres et de faire revivre la culture rave au moyen de panoramas oniriques à grands renforts de violoncelles instrument de prédilection de Coates) et de modulations atypiques émulant percussions électroniques et de synthétiseurs.

Approche peaufinée et conceptuelle donc, pour celui qui a été diplôme au plus haut titre de la Royal Academy of Music et qui s’emploie à confirmer le fait qu’il est le violoncelliste favori de Radiohead.

Le disque se conjugue en couches qui se superposent, en vocaux éthérés (« A Church ») servi qu’il est par lune narration puissante comme sur « Norrin Radd Deaming ».

Sous-jacente, bouillonnera une euphorie cachée qui parcourt chaque composition comme pour atomiser les règles de composition et de production rigides que s’est fixé le musicien.

La plupart de ces dernières utilise Renoise un séquenceur numérique employant des séquences percussives particulières en chiffres hexadécimaux et formalisées en vagues soniques. Le résultat est une étude contemplative des schémas musicaux innovante pour qui est d’humeur expérimentale, fastidieuse pour qui peu chaut l’abstraction.

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11 septembre 2018 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

The Flaming Lips: « With a Little Help from My Fwends »

Depuis que Wayne Coyne et Steven Drozd ont cessé d’écrire de véritables chansons et ont commencé à se mêler de faire des freakouts psychédéliques durant jusqu’à 24 heures et de contribuer à des jams paresseuses en collaborant avec chaque artiste indue figurant dans son carnet d’adresses, par exemple The Terror l’année dernière, la «  marque  » Flaming Lips semble s’être engagée dans un déclin précipité. Bien sûr ils ont déjà fait quelques faux pas (Christmas on Mars) mais il est aujourd’hui pratiquement impossible d’explorer la comprendre la supposée profondeur de leur démarche et de dénicher quelque chose qui soit à la hauteur de leurs meilleures productions comme «  Five Stop Mother Superior Rain  », «  Turn It On  » ou «  Do You Realize??  ».

La dernière odyssée des Lips est donc un nouveau «  remake  » d’un album mythique, après le Pink Floyd ils s’attaquent de manière risquée au classique des classiques des Beatles en changeant le nom de façon très appropriée en With a Little Help from My Fwends. Une fois de plus y figureront plus d’une vingtaine de genres avec un éventail d’invités qui interpréteront des chansons de ce chef d’oeuvre des Fab Four.

On ne peut sans doute pas blâmer entièrement The Flaming Lips pour cette grappe de musiciens dont l’amalgame ne peut que vous donner la migraine si on considère que le groupe n’est crédité que sur environ la moitié des plages. Mais c’est sous leur patronage que les choix ont été opérés et on se demande parfois si la missions qu’ils s’étaient donnée n’était pas de désacraliser l’album original. On y trouve en effet des exercices plutôt ratés où ils s’empressent tous à inserer la maximum d’effets qui n’ont rien à voir les uns avec les autres et de les faire infuser dans une atmosphère où seule la drogue aurait droit de cité. Les synthés n’ont aucune justification ici, les vocaux sont limites nauséabonds et les moyens de production modernes n’ont pas d’intérêt dans la mesure où ils congestionnent totalement le mix.

Les Flaming Lips ont toujours saupoudré leurs compositions de bruits bizarres, en particulier quand Ronal Jones appartenait au groupe, mais, jusqu’à présent, on pouvait pardonner ce type d’affectations car elles ne se substituaient pas aux mélodies. Ainsi, quand The Terror utilisait des reverb propres à vous aliéner de ce que vous entendiez et une forêt de synthétiseurs pour dissimuler l’inanité des titres, With a Little Help from My Fwends emploie la même procédure et des astuces comparables pour détruire quelques unes des meilleures chansons pop de tous les temps.

Ceci n’est pas pour dire que Sgt. Pepper est un objet sacré et intouchable au point qu’on ne le puisse retoucher ou lui apporter une autre vision. Après tout, il comporte pour certains quelques faiblesses en son milieu («  Being for the Benefit of Mr. Kite!  » ou «  Within You Without You  » étant le plus souvent citées) mais les versions moribondes qui sont ici présentées ne risquent pas de changer le point de vue de ces critiques. Heureusement il est pratiquement impossible de gâcher des compositions aussi merveilleusement mélodiques que «  With A Little Help From My Friends  », «  Lucy In The Sky With Diamonds  » ou «  Lovely Rita  ».

D’ailleurs le projet parallèle de Coyne et Dodz, Electric Würms, nous montrent une excellente, parce que retenue, reprise acoustique de «  Fixing A Hole  ». La «  cover  » electro-pop que Phantogram de «  She’s Leaving Home  » est, en outre, une expérimentation qui mérite le détour toutefois, la plupart d’entre elles ne visent pas à faire des réarrangements créatifs mais plutôt à effectuer un sabotage musical gratuit et n’ayant aucun sens.

À quoi attribuer cela  ? Vraisemblablement au fait que The Flaming Lips ont décidé d’apparier des artistes ayant des idées disparates quant à la nature de ce que devaient être les morceaux et qui, ostensiblement, n’étaient pas dans le même studio quand ils étaient interprétés. My Morning Jacket et Fever The Ghost ne prennent même pas la peine de jouer «  Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band  » en adoptant le même clef et celui qui a mixé le solo de guitare aigu de J Mascis aurait du penser à le rendre cinq fois plus sonore pour lui donner sa juste place. En d’autres endroits, il y a une certaine inspiration à accorder aux conviviaux folk-rockers de DR Dog. le privilège de s’approprier «  Getting Better  » et de lui conserver son entrain malgré les bavardages désaccordés du rappeur Chuck Inglish en arrière fond.

Presque chaque artiste qui «  honore  » With a Little Help from My Fwends sonne en fait profondément désorienté eu point de donner l’impression ce qu’il fabrique dans le projet. On peut néanmoins trouver une remarquable exception dans la performance de Miley Cyrus dans «  A Day In The Life  » (en particulier le passage du milieu) ou dans «  Lucy In The Sky With Diamonds  » mais dans lequel on regrettera le chorus ampoulé que Moby a jugé bon de lui donner.

Ceci, comme la plus grande partie de l’album, ne mérite qu’une seule épithète  : superflu.

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1 novembre 2014 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire