No BS: Just Rock & Roll!

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Tullycraft: « The Railway Prince Hotel »

Actif depuis le milieu des années 90, Tullycraft a été l’un des pionniers du courant twee pop aux Etats-Unis en en signant même un des manifestes du mouvement. Légataire directe de l’esprit « do it yourself » des Shop Assistants, Beat Happening et autres Talulah Gosh, la formation originaire de Seattle s’est toujours distinguée par ses textes désopilants et sarcastiques, mais aussi par des titres de chansons aux allures de slogans fédérateurs (« Pop Songs Your New Boyfriend is Too Stupid To Know About », « The Punks Are Writing Love Songs », « Disenchanted Hearts Unite) ». A en juger par le tracklisting malicieux de The Railway Prince Hotel, un septième album qui les voit sortir de leur retraite après six ans d’absence, les vétérans de Tullycraft n’ont pas perdu leur légendaire sens de la formule (« We Couldn’t Dance to Billy Joel », « Lost Our Friends to Heavy Metal », « Has Your Boyfriend Lost His Flavor On The Bedpost Overnight? »).

S’il résulte d’une approche inédite et plus spontanée au niveau de l’enregistrement, le groupe ayant en partie improvisé ses nouvelles chansons directement en studio là où Lost In Light Rotation (2013) avait été réalisé de façon plus conventionnelle avec le producteur Phil Ek (The Shins, Fleet Foxes), The Railway Prince Hotel reconduit presque à l’identique la formule gagnante mise en oeuvre par Tullycraft sur ses précédents disques. Dominée par la complicité vocale du tandem Sean Tollefson / Jenny Mears, la pop-punk rayonnante des Américains est du genre à vous faire taper du pied et à vous coller le sourire aux lèvres pour le reste de la journée (« Midi Midinette »). Riffs en ébullition (« Vacaville »), refrains éléphantesques (« Hearts at the Sound) », solo de guitare sens dessus dessous (« It’s Not Explained, It’s Delaware »), mélodies ultra adhésives soulignées par un Casio ou par le souffle d’un mélodica (« Passing Observations », « The Cat’s Miaow In A Spacesuit ») : Tullycraft, c’est un peu comme si Superchunk avait décidé de s’emparer du répertoire des Pastels ou des BMX Bandits. Alors, ne réfléchissez pas plus longtemps à la destination de vos prochaines vacances. Cette année, les fans d’indie pop bricolée mais bien foutue séjourneont avec plaisir au Railway Prince Hotel.

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25 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

June Chikuma: « Les Archives »

Connue entre autres, pour la composition de la musique du jeu vidéo Bomberman, la japonaise June Chikuma voit son album culte Divertimento, qu’elle avait sorti sous le nom d’Atsushi Chikuma, être réédité sous le titre Les Archives.

Celui-ci se voit agrémenté de trois titres bonus, conférant à l’ensemble un objet indispensable de par son coté inclassable, mélangeant percussions aux origines multiples, touches de cordes samplées et concassées, synthés fondus sous la chaleur de dérangements constants. Vous l’aurez compris, cet album de June Chikuma est une pierre précieuse, un objet de tous les désirs dont la réédition est une bénédiction.

Il y a une profusion d’idées qui aiment se percuter et créer des déraillements créatifs, les instruments groovant sur des pistes recouvertes d’une huile luisante aux vertus jubilatoires. Les expérimentations de June Chikuma sont en permanence en mode sortie de route, jouant avec les entassements jusqu’a devenir une ode au ludique et à l’avant-gardisme qui ne se prend pas au sérieux en mode cartoonesque. Sortis il y a plus de trois décennies, les titres composant Les Archives sont d’une incroyable virtuosité, dont l’originalité se fond avec l’innovation. Vital.

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25 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Jenny Lewis: « On The Line »

Depuis la parution de son dernier album The Voyager en 2014, Jenny Lewis n’est pas restée là à ne rien faire. En effet, l’ex-membre de Rilo Kiley avait monté quelques projets en parallèle comme Jenny and Johnny ou bien le trio éphémère NAF a collaboré avec EZTV, She & Him ou bien même King Tuff. L’heure était donc venue pour l’américaine de préparer son grand retour en solo avec On The Line.

Cinq années séparent cet opus et son précédent mais Jenny Lewis reste toujours droite dans ses bottes. Produit aux côtés Beck, Shawn Everett et Ryan Adams, la musicienne nous entraîne dans son jardin secret en nous narrant ses péripéties californiennes. Son mélange d’indie rock et d’alternative country reste toujours captivant et envoûtant que ce soit sur l’introduction aux arrangements de cordes somptueux nommée « Heads Gonna Roll » (avec Ringo Starr) et les allures de Fleetwood Mac sur « Red Bull & Hennessy ».

On rettera touché par le storytelling plus vrai que nature de Jenny Lewis qui brille sur « Wasted Youth » mais encore « Hollywood Lawn » où elle s’ouvre sur son passé. Tandis que The Voyager détaillait sa relation avec son père décédé, On The Line retrace sa relation conflictuelle avec sa mère et comment elles ont réussi à aller de l’avant avant que cette dernière soit emportée par le cancer sur les émouvants « Dogwood », »Party Clown » ou les airs groovy de « Little White Dove » façon Beck. Bien entendu, ce dernier laisse sa patte sur les allures space-rock de « Do-Si-Do » résolument euphorique laissant une chance à l’ex-Rilo Kiley de briller une fois de plus par son interprétation sobre et solennelle.

Sur On The Line, Jenny Lewis revient de nouveau à la hauteur et arrive à faire un trait sur son passé tumultueux. A l’heure où des moments douloureux font surface, elle réussit à tourner la page et n’hésite pas à glisser quelques notes d’humour noir afin de surmonter ces épreuves tant bien que mal et de réussir à tutoyer les sommets.

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25 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

American Football: « American Football (LP3) »

Ce quatuor de Chicago avait changé la facette de l’emo avec un premier album désormais mythique en 1999 avant de se reformer en 2016 pour un second disque montrant qu’ils n’ont rien perdu de leur verve. Trois ans plus tard arrice ce nouveau chapitre de leur carrière.

Contexte : même si leur prédécesseur était de plutôt bonne qualité, American Football se sentaient encore brimés dans l’expression de leurs émotions et dans leur processus créatif. C’est pour cette raison que la bande à Mike Kinsella veut revenir en force et nous prouver qu’ils n’ont pas encore dit leur dernier mot. Une fois de plus, le quatuor de Chicago mise tout sur la force tranquille comme l’atteste le titre d’ouverture mélodique et sentimental du nom de « Silhouettes » où on se laisse bercer par ses notes de guitare limpides et ses rythmiques sereins le tout teinté d’une douce mélancolie et nostalgie.

Avec une production toujours aussi chaleureuse et plus audacieuse que jamais, le groupe de Chicago ira pousser la aberre un peu plus haut en invitant des voix féminines à se greffer à leurs compositions emo aériennes. Ainsi, American Football pourra compter sur la participation d’Elizabeth Powell de Land of Talk sur le langoureux « Every Wave To Ever Rise » qui n’hésite pas à alterner l’anglais et le français mais aussi sur celle d’Hayley Williams de Paramore sur le résolument emo « Uncomfortably Numb ». Mais la vraie surprise vient de Rachel Goswell de Slowdive qui vient sublimer un peu plus « I Can’t Feel You » possédant une pointe de shoegaze.

L’univers du combo arrive bien à s’insérer dans la métamorphose musicale d’American Football avec des petites touches de post-rock et il suffira d’écouter des moments planants comme « Doom In Full Bloom » et « Mine To Miss » pour s’apercevoir que non seulement l’influence de Mike Kinsella est palpable mais aussi que le groupe de Chicago a réellement atteint la sagesse ultime pour ce troisième album.

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25 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Nanami Ozone: « No »

En 2016, Nanami Ozone imprima sa patte sur l’underground américain avec un premier album Desire. Le quatuor composé du tandem vocal Sophie Opich et Corson Miller est du genre à mêler grunge et dream-pop au plus bel effet. Depuis , le groupe de Phoenix revient mettre les choses au clair avec leur second album intitulé No.

Nanami Ozone se veut être un croisement entre Dinosaur Jr. et My Bloody Valentine et ils réussissent plutôt bien dans cette voie. Entre les riffs fuzzy et distorsions grungy qui contrastent avec les interprétations atmosphériques, le quatuor arrive à concilier ces deux univers différents avec des morceaux efficaces comme l’introduction « Sidewalks » qui pose les bases de façon solide mais également « Alone Too » et « Affection ». On pourra en dire la même chose en matière d’intensité avec « Something To You » et « The Art Of Sleeping In ».

Le seul reproche que l’on peut faire sur ce No, c’est tout simplement les voix du duo Opich/Miller qui se perdent parmi tout ce capharnaüm musical. Le résultat est flagrant sur des moments bien noisy comme « 3 Mile Drive » par exemple. Toujours est-il que Nanami Ozone possède une bonne alchimie et le crescendo de « Make It All Right (Damage) » en est la preuve concrète. Avec ce second opus, le groupe de Phoenix sait mêler douceur et violence, l’atmosphérique et l’étouffant, l’harmonieux et le noisy ; ce sera donc un « yes » plutôt qu’un « no ».

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24 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Francis Rossi & Hannah Rickard: « We Talk Too Much »

En 2014, Status Quo livrait un 31eme effort baptisé Acoustic (Stripped Bare) (suivi d’un II 2 ans plus tard). Lors de ce premier opus de reprises acoustiques des plus grands hits de son groupe, le cofondateur, guitariste et vocaliste Francis Rossi travailla avec enthousiasme avec Hannah Rickard (qui officiait aux choeurs et au violon). Fort de cette rencontre artistique, Rossi décida de pousser plus avant la collaboration avec la chanteuse de The Relatives. We Talk Too Much est donc le fruit de ce rapprochement musical.
Les 12 chansons ont donc été écrits par nos deux protagonistes avec le concours de Robert Young (ami de longue date et « 
5eme membre » du Quo en tant que compositeur, harmoniciste et manager) sur 4 pistes.

Les voix de Rickard et de Rossi se mélangent et se complètent à merveille. Tous ces duos (car il s’agit bien de morceaux chantés à deux ou presque) se veulent d’inspiration country et l‘humeur y est des plus festive (l’« opener » bien accrocheur « I’ll Take You Home »). Les pistes plutôt énergiques s’enchaînent (« I’ve Tried Letting It Go », « Oughta Know By Now »). A l’évidence les deux artistes ont pris un énorme plaisir à nous concocter des mélodies qui rentrent directes dans nos têtes (l’endiablé « But I Just Said Goodbye », l’entraînant » « ‘m Only Happy », l’excellent et groovy « I Talk Too Much » dont le titre sert également de nom à l’autobiographie de Rossi à paraître ces jours-ci).
L’alchimie entre deux complices est palpable
et, malgré des moment plus posés « Waiting For Jesus », « Good Times Bad Times ») ces 40 minutes filent tranquillement. On se laissera embarquer par ce souffle country rock, ces rythmes enjoués et la joie communicative du binôme (« Rearrange » et son léger coté Beatles, « Heartbreaker » et ses accents folk).
Visiblement, Francis Rossi & Hannah Rickard ont mis tout leurs coeurs dans ce country boogie sans prétention.
We Talk Too Much est un disque léger, frais et plaisant qui n’agressera pas vos tympans et les couvriront  plutôt de miel.

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22 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Morton Gordon: « Chamber Science »

Véritable fourre-tout sonore dans le sens le plus noble qu’il peut revêtir, fourmillement d’idées et d’expérimentation sans rupture brutale, Chamber Science navigue entre synthétiseurs stellaires, downtempo hanté, tourbillons acidulés et incursion free-weird. Son auteur est Morton Gordon, un bricoleur de sons qui déniche des samples dans sa collection de vinyles, dans des films de monstres et même des jingles publicitaires.

Si les sources semblent hétérogènes, l’architecte parvient à en faire un ensemble aussi solide que stimulant, jamais dénué de second degré, comme sur ce « Cyber-Pet » où, autour de blips rappelant les sonorités des vieilles connexions ADSL (ancrage dans les débuts de l’Internet), les aboiements d’un chien assurent la rythmique.

« Fancy Laser » s’entichera, da la même manière, des illustrations de vieilles séries télé ou de jeux vidéo d’époque (cette dernière étant le début des années 90).

Pourtant, cette démarche ne semble jamais forcée, ces excentricités n’apparaissant jamais en étant. Ce travailleur de l’ombre solitaire invite par ailleurs Turtle Handz sur deux titres, ce dernier posant son flux sur « Apollo 132 » autour d’une rythmique hip-hop agrémentée de blips lunaires, tandis qu’il se montre plus lourd sur l’abrasif mais quasi-minimaliste « Retro-Prediction ». Le disque s’achève avec « Frost In Space », pendant déglingué et ralenti du titre du même nom situé en deuxième position sur la tracklist. Comme si, même au moment de boucler la boucle, Morton Gordon se fendait d’un « à peu près » aussi anecdotique que révélateur de la folie douce qu’il injecte dans ses brillantes compositions.

***1/2

21 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Alice Phoebe Lou: « Paper Castles »

Alice Phoebe Lou est une artiste chatoyante ; cette jeune chanteuse Sud-Africaine installée depuis longtemps à Berlin se voit comme une citoyenne du monde qui fait vivre son art avec indépendancelui apprte une certaine douceur, faiasant ainsi de sa musique une œuvre hors du temps.

Après avoir navigué entre la lolk, la pop et le jazz vocal, et donné naissance à l’album Orbit en 2016, Alice Phoebe Lou a poursuivi son chemin avec des collectifs de musiciens de rue, en quête de créativité. C’est son approche singulière de sonr épertoire qui fait d’elle un OVNI, peu comparable aux références actuelles de la Pop de de l’Indie.

Au long des 10 titres qui composent Paper Castles elle nous entraîne dans un voyage rêveur au parfum de musiques du monde, en route vers le sud, et derrière lequel se cachent – à peine – une écriture raffinée et une voix au timbre captivant, accompagnée de chœurs qui ressemblent à des chants de sirènes, notamment sur «Nostalgia ». Elle prend son temps sur chacune de ses chansons, privilégiant le charme délicat de leur atmosphère plutôt qu’un refrain direct. Sa guitare n’a d’ailleurs rien d’agressive, elle prolonge cette impression de quiétude et de sérénité qui transpire tout au long de l’écoute.

Il y a certainement quelque chose d’hippie chez Alice Phoebe Lou, une liberté, une innocence, une pureté auxquelles le public n’est guère habitué dans une époque aussi instantanée que la nôtre. Mais il suffit de s’assoir et de prendre le temps de s’imprégner de la magie du mélancolique « Fynbos » ou des lumineux « Something Holy » et « Skin Crawl » pour comprendre à quel point la musique d’Alice Phoebe Lou fait appel aux sens, lorsque votre peau frissonne de plaisir, et aux émotions les plus profondes. A travers cette expérience aussi relaxante qu’excitante, elle nous fait découvrir le son du bien-être, voire du bonheur….

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21 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

E.B The Younger: « To Each His Own »

A rebours de la mélancolie folk de Midlake, son leader Eric Brandon Pulido se distingue en solo avec un premier album pop et enjoué. Sous cet intrigant pseudonyme se cache en effet le projet solo d’Eric Brandon Pulido, leader du groupe prog-folk texan Midlake, disparu des radars depuis cinq ans et dont, en regard aux épisodes mouvementés de la formation de Denton, on peut décemment se poser la question de savoir si Midlake existe encore réellement.

Pulido tient les commandes du groupe depuis 2012 suite au départ de son leader originel, Tim Smith. Ce dernier, après leur monumental deuxième album, The Trials of Van Occupanther et d’un troisième à l’accouchement douloureux The Courage of Others, évolue désormais reclus en solo sous le nom de Harp, dont le seul témoignage d’existence demeure le titre « She Led Me Away » sur le projet de Simon Raymonde, Lost Horzsons.

Eric Brandon Pulido, a courageusement maintenu le navire Midlake à flot avec l’honorable Antiphon (2012). Une pression et les contraintes créatives inhérentes à la vie de groupe finiront par l’user à son tour et lui donner envie d’aller voir ailleurs avec unpremier signe d’émancipation en 2017 où Eric Pulido rejoint le super groupe BNQT un sympathique projet de super groupe formé aux côtés des membres de Band of Horses, Travis, Grandaddy et Franz Ferdinand .

Toujours est-il que cette expérience collective lui a donné des ailes en solo puisque on retrouve sur ce premier album de E.B The Younger des membres de Midlake ainsi que BNQT  – soit Joey Mc Clellan à la guitare électrique, McKenzie Smith à la batterie, Jesse Chandler à la flûte – mais aussi des Texas Gentlemen – Scott Lee à la basse, Daniel Creamer au clavier ainsi que Beau Bedford. Bedford est également le principal producteur et Matt Pence (batteur du groupe Centro-Matic) l’ingénieur du son de ces sessions studios. Il en découle dix compositions aux ambiances forcément variées, reliées ensemble par un plaisir du collectif véritablement perceptible autant dans le fond que dans la forme.

Ainsi, la brume sophistiquée de Midlake laisse place à de belles éclaircies. Sur « To Each His Own », la folk tourmentée lâche du lest, loin des compositions en mode mineur et cérébrales de Midlake. Pulido dit avoir d’ailleurs privilégié les accords majeur (et donc pop), et cela s’entend sur « When The Time Comes » ou encore « On an Island », aguicheurs comme une mélodie des Wings.

Cette douce candeur mélodique (« Hope Arrives », gracieux comme une ballade des Trash Can Sinatras) pourrait presque passer pour une forme de soulagement , de libération ou d’émancipation pour Brandon. « CLP » se dote même d’un couleur exotique appuyé par un beau refrain façonné aux harmonies vocales à la CSN& Y. On trouve d’ailleurs ce goût pour les harmonies vocales bien léchées de bout en bout de l’album – le filet de voix clair et élégant de Pulido se rapproche d’un Father John Misty, en plus rigoureux dirons-nous dans sa manière d’aborder les mélodies.

Le superbe « Used To Be » en ouverture, fait preuve d’un travail soigné sur l’habillage, notamment côté nappes synthétique, sans jamais céder à la tendance actuelle de la surcouche fluorescente. A ce titre, l’atmosphérique « Down and Out » pourrait sans problème figurer dans la tracklist du superbe Rare Birds de Jonathan Wilson, autre témoignage de réussite dans le genre.

To Each His Own demeure très attaché à un certain idéal pour l’âge d’or soft rock US . « Don’t Forget Me » sera, à cet égard, une superbe ballade piano d’obédience Jackson Brown, Fleetwood Mac voire Eagles.  Titre quintessence de cet obsession esthétique seventies, la merveille « Out of The Woods » sonnera comme une formidable réminiscence du Pacific Ocean Blue de Dennis Wilson, petite brise mélancolique face à un coucher de soleil radieux. Pour les amateurs d’air frais et de brise régénérante

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20 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Ten Fé: « Future Perfect, Present Tense »

Deux ans après Hit The Light, premier essai plutôt réussi, Ten Fé reviennent avec un second album où la production flirte avec la plus haute sophistication. Celle-ci est, en effet, plus que léchée avec un travail d’écriture et de composition remarquable.

On aurait pu craindres des travers commerciaux, après tout l’ombre de Fleetwood Mac n’est jamis très loin soniquement, mais l’artisanat tel qu’il est façonné ici est avant tout celui d’un orfèvre qui sait là et où comment faire mouche.

Le « single » qui ouvre l’album, « Won’t Happen », se révèle d’une richesse mélodique rare tout comme le titre suivant, « Isn’t Ever A Day ». Avec « No Night Lasts Forever, » le mariage des guitares et des synthés fonctionnera à la perfection. Quant aux voix de Ben Moorhouse et Leo Duncan, elles font des merveilles, sensuelles ou cristallines, tout au long des plages qui composent le disque.


Ten Fé se promènra avec la même aisance entre americana, influences Springsteen (« Not Tonight », «  Can’t Take You With Me ») et clins d’oeil californiens 60’s à l’instar du délicieux « Echo Park ». Les six minutes trente de « Caught On The Inside » vont montrer un combo un groupe au sommet de son art quand il s’agit de faire s’accoupler humeurs progressives et montées mélodiques et lorsque les Londoniens s’essaient à la ballade, ils se révèlent tout aussi bons avec « To Lie Is Here Enough ». Etre deux albums le duo est ainsi passé du stade de bon petit groupe indie à un combo capable de produire un album à la production luxuriante et foisonnante. Il n’est qu’à entendre le morceau qui clôture l’album, « Superrich », pour s’en convaincre. Le titre dévoile mille trésors et s’avère d’une beauté mélodique absolument stupéfiante. Une chanson digne des plus grands artistes pop, Beach Boys en tête, tant il procure émotions inexprimables à l’auditeur.

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20 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire