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Mermaidens : « Look Me in the Eye »

Ce trio de Wellington avait frappé fort avec son premier album. À la croisée des chemins du post-punk et du math-rock, ils avaient, en effet, bâti un univers aux contours gothiques qui se jouait habilement des changements de rythmes et des ambiances sonores. Et créer une ambiance est probablement un sujet qui les hante en permanenece tant il définit bien ce nouvel opu qui vient confirmer l’excellente impression laissée par son prédécesseur.

Voilà un groupe qui ne manque pas d’idées, et n’hésite pas à sacrifier en chemin le format pop qui lui tend les bras sur certains morceaux. Constructions complexes et maîtrise parfaite des contretemps et des breaks à répétition, Mermaidens semble mettre un point d’honneur à ne pas tomber dans la facilité, à tel point que la première écoute de l’album n’est pas forcément la plus marquante, car leurs titres se méritent.

Ce n’est sans doute pas un hasard si la pochette de Look Me in the Eye ne permet justement pas de les regarder dans les yeux, avec ce visage en mouvement volontairement flou. Et « Crying In The Office » semble d’emblée rassembler à lui seul toutes ces intentions. A travers les pensées sombres d’un protagoniste qui déprime au bureau, Mermaidens construit une atmosphère mi-planante, mi-étouffante, portée par la complicité parfaite des membres du groupe et leur sens du rythme vraiment admirable, entre la basse de Lily West et la batterie puissante mais subtile d’Abe Hollingsworth.

A partir de là, le trio nous entraîne dans les méandres de ce disque noir, avec « Sleeptalker », une chanson hantée qui alterne couplets éthérés et refrains explosifs. Mais c’est certainement la basse ronronnante de « Milennia » et l’impeccable refrain de « I Might Disappear » qui remportent tous les suffrages.

Look Me in the Eye a été enregistré avec l’ingénieur du son James Goldsmith, leur collaborateur de longue date, au Blue Barn Recording Studio dans la ville natale du trio, Wellington. On ressent effectivement dans ce disque une grande complicité, des compositions créées « à 6 mains » dont le pouvoir d’envoûtement devient au fil des écoutes particulièrement addictif.

***1/2

21 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Joan Shelley: « Like the River Loves the Sea »

Ce sixième album de Joan Shelley, musicienne folk américaine d’une grande délicatesse, entrera sans doute dans vos os si il est écouté l’esprit en fuite et les yeux fermés. Enregistré à Reykjavik, Like the River Loves the Sea tombe à point : intime, luminescent, superbement calibré, il se veut un espace de répit dans une époque bruyante et décousue. Mais il n’est pas question d’abandon ; Joan Shelley se replie dans la force et la douceur pour étudier les mouvements subtils des âmes, des corps et de leurs lieux.

Son folk acoustique fabriqué aux guitares, parfois effleuré par des percussions, sent la terre, les effluves de peau, l’air des grands espaces laissés en jachère. « Take me to the bed / Shake me to my knees / Where I can find a piece of you / And you can have a piece of me », ordonne sa voix tendre et chatoyante sur « Tell Me Something », relevée avec poigne par les cordes de deux musiciennes islandaises. Métaphoriquement, cet album incarne le Kentucky, d’où vient Joan Shelley — mais ses racines, elles, sont universelles.

***1/2

21 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Vivian Girls: « Memory »

Au cours de la période 2005-2015, peu de groupes ont su exprimer aussi bien que les Brooklynoises des Vivian Girls un désir d’anticonformisme marié à une ouverture de soi, à une vulnérabilité. Dotées d’une sensibilité punk sans être exubérantes ou provocantes, elles ont, dans leur courte carrière (2007-2014), laissé un héritage de chansons simples mais étudiées, un rock’n’roll baignant dans un nuage de distorsion si épais qu’on aurait cru parfois à un rêve lointain. Peut-on parler de « New New Romantics » ? Le trio revient à la vie après cinq ans d’inexistence, et s’il a toujours su communiquer un côté sombre, presque inquiet, c’est particulièrement le cas sur Memory, album témoin d’une résurrection californienne.

Le nuage de brume est toujours bien présent (même un peu monocorde parfois), et le groupe, qui a toujours manifesté son amour des Ramones, des Wipers ou autres groupes « 1, 2, 3, 4 », se fait presque goth ici (« I’m Far Away »). Pour des revenantes, un disque peuplé de fantômes — surtout métaphoriques —, c’est à propos.

***

21 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | Laisser un commentaire

Bobby Krlic: « Midsommar »

Après avoir confié son premier long-métrage d’épouvante, le remarqué Hereditary, aux bons soins du saxophoniste multi-bricoleur Colin Stetson, Ari Aster a choisi un autre jeune crack, qu’il a invité à s’impliquer jusque dans le tournage de Midsommar, film où la musique tient à certains moments clefs une place privilégiée. Bobby Krlic est un compositeur britannique que l’on connait à travers le fascinant projet de dark ambient The Haxan Cloak, mais aussi pour sa collaboration avec Björk sur l’album Vulnicura. Sa mission ici était d’épouser une cinématographie surréaliste, inondée de couleurs florales et de lumière aveuglante ; une symphonie du trompe l’œil agrégeant la blancheur inquiétante des garde-robes et la douceur hors du temps du soleil de minuit. A cet effet, la zone de confort définie par les deux albums de The Haxan Cloak se dilate par le renoncement, pour l’essentiel, aux effets d’angoisse et à l’électronique. À la manière de certains travaux pour l’écran du regretté Jóhann Jóhannsson, Krlic s’appuie sur un éventail d’instruments à cordes qu’il habille d’ouvrages atmosphériques. Cela lui permet d’explorer le contexte médiéval/scandinave prescrit par le film, tout en jouant d’une échelle d’émotions contemporaine ‒ quoique brillamment déroutante.


Après un très court éveil du printemps en mode Disney d’avant-guerre, l’ambiance se voile instantanément pour introduire la première tragédie. Elle est annoncée par les pleurs de Dani, l’héroïne, et révélée par une progression de cordes grinçantes, rejointes au bout de quelques minutes par les sourdes pulsations d’un tambourin qu’on devine annonciateur des rituels à venir. S’ensuit « Hålsingland », seule pièce complètement ambient de cette B.O., puis Krlic nous plonge dans le décor pastoral qui sera à la fois éblouissement, transe, ambiguïté et bascule. Ses compositions, bâties sur des harmonies de cordes très simples et envoûtantes, s’étirent à la façon d’un brouillard, qui parfois se rétracte violemment lorsque s’insinue une dissonance, signal qu’il est l’heure de perdre pied. Sans voir d’où vient le danger ni comprendre sa nature profonde, réservée aux cultistes, l’on est réduit à des peurs animales, jusqu’au point du rituel  ‒ à l’écran, une double-scène pour le moins insolite qui a alimenté bon nombre de discussions ‒ où les dernières digues raccrochant les protagonistes à la normalité se rompent, et où s’accomplit la transition vers leurs (in)fortunes respectives.
« Fire Temple », belle apathie à cinq temps, parachève le voyage en forme de travelling arrière, où l’œil découvre, comme dans les soleils de J.M.W. Turner, une dissolution des formes et des sens au cœur d’une commotion de lumière. Au-delà des excentricités néo-païennes du protocole, la véritable tentation de Midsommar se révèle alors : la joie communiée de se confier corps et âme à un usage rassurant car immuable et imperméable au monde extérieur. Retourner à la source de tout jusqu’à, un jour, n’en plus revenir.

***1/2

20 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

The 69 Eyes: « West End »

The 69 Eyes revient donc trois ans après un plutôt correct Universal Monsters avec, sans doute, la désir de pour perpétuer sa recette de rock gothique efficace et fédératrice. On sent chez eux une volonté un peu plus affirmée de renouer avec la formule qui avait fait leur succès au début des années 2000, à savoir un rock gothique légèrement métallique, très accessible et volontiers kitsch, tous synthés dehors. Il suffit d’écouter le premier extrait de ce West End, « 27 & Done », ou l’accrocheur « Black Orchid » pour constater combien les réminiscences des « The Chair » et autres « Brandon Le » » éclipsent ici les couleurs plus hard rock qui caractérisaient une bonne part de leur écriture depuis l’album Angels (2007). Difficile de parler d’opportunisme sachant que ces douceurs poppy goth, consœurs un brin plus racées que celles de HIM, n’ont plus le vent en poupe depuis un certain temps déjà ; mais 69 Eyes semblent décidés à remettre le genre sur le devant d’une scène dont ils représentaient et représentent toujours les principaux chantres (« Change », « Death & Desire » ». Pour autant, ils ne renoncent pas au roll, quand bien même ils appuient davantage le goth, notamment en fin d’album. On retrouve les riffs musclés et les gros chorus (« Outsiders », « Cheyenna » », « The last House on the Left » », ou un feeling plus bluesy (« Hell has no Mercy »).


L’ensemble, indéniablement efficace et conçu pour cartonner (les duos avec Dani Filth, Wednesday 13 et Calico Cooper en témoignent),
cela donne, toutefois, l’impression, au final, de ne pas savoir exactement où se situer, ni par quel angle aborder sa recette pour séduire le plus de monde possible. Heureusement, la voix de crooner goth de Jyrki 69 et la production léchée homogénéisent un disque de facture honorable, qui plaira aux adeptes et donnera du grain à moudre aux éternels détracteurs de ces sympathiques corbeaux qui jouent insolemment avec les clichés teen de la goth culture 90’s

***1/2

 

20 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Chastity: « Home Made Satan »

Brandon Williams est de retour avec son projet Chastity qui lance un deuxième album en deux ans. En 2018, la formation avait proposé Death Lust, son premier album qui tirait des influences des Deftones et du rock emo plutôt artistique. Ses paroles racontaient les tribulations d’un jeune homme issu d’une banlieue canadienne.

Chastity en remet sur Home Made Satan, mais prend cette fois une avenue un peu plus pop pour livrer ses chansons. Ce qui ne veut pas dire que les moments bruyants sont complètement absents de cet album, mais c’est beaucoup moins lourd que le précédent.

« Sun Poisoning » est, à vet égard, un excellent exemple d’une certaine lourdeur rock que Chastity réussit à conserver tout en livrant le tout avec une sensibilité pop accrue. Ce qui n’est pas le constat qu’on fait sur « Flame »s alors que le côté indie-rock et pop prennent entièrement le dessus. Par contre, la mélodie de Williams est franchement efficace. Même son de cloche du côté de l’excellente « The Girls I Know Don’t Think So ». Celle-ci est un appel à l’ouverture d’esprit et à un peu plus de douceur entre les humains.

On retrouvera les thèmes qui lui étaient déjà chers sur Death Lust. La bataille constante contre l’anxiété, la quête du bonheur quasi impossible et la condition humaine en général. Il se fait aussi acerbe sur « Dead Relatives », une pointe directe à la droite conservatrice.

Last Year’s Lust est une pièce sur le combat contre la peur d’être soi-même et une célébration du besoin de prendre du temps loin du reste de la société. Au final, ce qui semble primé un peu partout sur Home Made Satan, c’est cette idée de besoin individuel et de respect de soi. Chastity est un artiste à surveiller si vous aimez le rock emo.

***1/2

20 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Surf Curse: « Heaven Surrounds You »

Surf Curse est un duo indie rock qui aurait mérité plus d’attention. Il n’y a qu’à juger leurs deux premiers albums qui furent des valeurs sûres passées quasi-inaperçues. Espérons que la donne va changer avec leur nouvel opus Heaven Surrounds You car cela vaut la peine de s’attarder dessus.

Le duo californien est connu pour mêler jangle-pop et surf-pop (un peu comme le nom du duo). Pour faire valoir leur son, Surf Curse s’attelle les services du vétéran Jarvis Tarveniere aux manettes pour rendre Heaven Surrounds You plus cinématographique qu’il ne l’est déjà. Entre les rythmes galopantes et les guitares mélodiques du titre introductif nommé « Maps To The Stars » mais aussi de « Disco » et de « Midnight Cowboy », il n’y a qu’un pas.

On serait en droit de penser à une fusion entre The Clean et The Cure moins la touche gothique de Robert Smith. Plus policé qu’auparavant, Surf Curse arrive à sortir des sentiers battus avec des morceaux plus étoffés dont « Hour Of The Wolf », « Safe » ou bien même « Memory ». Le duo atteint même la grâce avec des arrangements sur mesure mis en avant par la tête pensante de Woods notamment sur la splendide ballade « Opera » ou les dernières secondes instrumentales de « Jamie » rendant ce Heaven Surrounds You un opus de haute volée  chacun se doit d’écouter religieusement.

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19 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Doomsquad: « Let Yourself Be Seen »

Let Yourself Be Seen est le troisième album que nous offre Doomsquad, et on y ressent une invitation profonde à connecter notre corps et notre esprit avec la musique ; plus précisément avec un grand espace où l’être sera libre de se laisser entrer dans la danse. Réelle ode à la musique dance, ce projet allie au passage des sonorités afrodisco, funk et jazz avec les vestiges d’une sorte de new age / new wave / électro intemporel et ambitieux.

Cet album surprend par la richesse de ses textures autant que par les sujets qu’il véhicule. On sent que les membres issus de la même famille en ont beaucoup à dire et qu’ils se laissent profondément aller du début à la fin, sans compromis, dans toutes les facettes de leurs compositions. La première écoute pourrait être trompeuse pour certains, alors que l’ensemble a des allures sensationnalistes, voir excentriques. Pourtant, ce qui en découle est plutôt une invitation à la révolution et un incontestable désir de parler des sujets qui touchent le monde depuis le tournant du 21e siècle. 

Ces sujets qui touchent à la fois l’environnement, la politique et la place à prendre dans ce vaste monde; thèmes ont été abordé à maintes reprises. Mais ce qui constitue l’unicité du présent projet, c’est de voir le groupe se faire leur propre idée même si les réseaux sociaux et les nouvelles peuvent avoir une réelle influence sur eux. Doomsquad se nourrit plutôt d’influences qui ont une réelle portée sur leurs convictions comme la drag queen Dorian Corey, dont le groupe parle dans Dorian’s Closet, et l’activiste Emma Goldman dans la pièce Emma. Au-delà du concept d’influences, qui se matérialise également par l’éclatement stylistique du disque, on sent que tous ceux qui ont collaboré avec eux ont pu, eux aussi, bénéficier de cet air nouveau.

Il existe dans Let Yourself Be Seen une nette impression de relâchement et de mieux être qui donne envie de respirer au grand air, élément notoirement caractériel du style de Doomsquad qui, par la musique, parle de leurs émotions en même temps que d’y vivre une catharsis devant l’incontrôlable vie qui défile. Quelle ironie lorsqu’on pense au nom du groupe, alors que leurs convictions reflètent l’antithèse de la personne amadouée et contrôlée. La sublime pochette de l’album le confirme, alors que l’on voit les trois membres enrobés de plastique, laissant uniquement leur tête à l’extérieur, comme pour dire que leurs idéaux peuvent respirer sans trop être façonnés par ce qu’ils lisent, voient ou entendent autour d’eux qui pourraient brimer sur leur qualité de vie.

Aucun doute, Let Yourself Be Seen est un album chargé, mais qui s’écoute merveilleusement bien puisqu’il laisse beaucoup de place aux moments où le son n’est guidé que par l’instrumental. C’est d’ailleurs là la clé du projet, être en mesure d’en dire autant sans toujours ouvrir la bouche. Au-delà des nombreux questionnements que posent ce projet, il se veut léger et donne envie de faire les fous. Il n’y a aucun passage à vide, il forme un tout qui conjoint son fond et sa forme dans une parfaite harmonie. Il place la barre haute pour la suite des choses, mais en attendant leur prochaine sortie, on se fait le devoir de savourer celle-ci.

***1/2

19 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Jon Keliehor: « Fables Of Forests And Light »

Jon Keliehor, avant de frayer dans les milieux « ambient » et « roots », joué dans de nombreuses formations durant les années 70 et 80. Il a même fréquenté Jim Morrison et james Brown puis composé des « B.O. » de films et des musiques pour le théâtre et la danse. Ses plus récentes productions en solo consistaient en un travail sur les percussions et les « field recordiings » (The Beginning Of Time en 2016) .

Après avoir fait cette projection sur les bruits de jungles animalistes, Fables Of Forests And Light  va, lui, s’orienter vers une autre sorte d’instrumentation faite de cithares réverbérées.

Jon Keliehor cite Aldous Huxley lui permettant de situer sa démarche sur les insterstices qui se situent entre différents seuils, peu ou prou cachés. Elle explicitera ce travail de symbiose entre bruits organiques et approches plus numériques (cordes synthétiques sur « Light Horizon »). Tout comme chez The Doors cette démarche rappellera la démarche de Carlos Castaneda sur les états altéérsé de conscience ; entre forêts pluvieuses (rainforest) et dérives « stupéfiantes » et néo-psychédéliques se feront percevoir ces voix fantomatiques à la lisière d’un charnel qui ne s’émanciperait pas, d’un tangible qui serait toujours hors de portée.

***1/2

18 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Bench Press: « Not The Past, Can’t Be The Future »

Tout droit sorti de Melbourne, en Australie, nous arrive une dose extrêmement contagieuse de post-punk un peu grinçant, infusé de garage-rock rempli de testostérones. En effet, bien qu’elle n’ait pas la formule pour plaire au plus grand nombre, le quatuor baptisé Bench Press saura sans doute stimuler agréablement les conduits auditifs de fans de groupes tels Fugazi ou Fountaines DC.

Après avoir fait parler d’eux pour les bonnes raisons — c’est-à-dire un premier album fort respectable qui a vu le jour en 2017 simplement nommé Bench Press ainsi que de solides concerts dans leur lointain pays natal et en Europe — les voilà de retour avec une production intitulée Not The Past, Can’t Be The Future. Le genre d’album qui est l’équivalent d’un violent coup de masse au plexus solaire, mais qui guérit autant qu’il fait mal.

L’offrande s’ouvre sur la très solide « Respite », sur laquelle le guitariste Morgan Griffiths est d’une efficacité redoutable. Et dès le départ, et ce jusqu’à la fin du disque, on remarque que la voix rocailleuse du chanteur, Jack Stavrakis, rappelle beaucoup celle d’Ian MacKaye de Fugazi. Les gens qui me connaissent bien savent que ce n’est absolument rien pour m’inciter à baisser le volume et ainsi protéger mon audition qui se fait de plus en plus défaillante. La remarquable « Good Guy », avec sa guitare simple, mais qui arrache autant qu’un dentiste de mauvaise foi, en est une autre qui frappe très fort.

Plusieurs autres chansons visent aussi en plein centre de la cible et récoltent des points bonus ; « Dreaming Again », « Amalgamation », « Baby Steps » et « Enough ». À vrai dire, plus les écoutes du disque s’accumulent, plus on réalise qu’il n’y a pas vraiment de chansons faibles et ça, c’est malheureusement de plus en plus rare sur un album de nos jours.

À noter aussi que la section rythmique du groupe, Lewis Waite à la basse, ainsi que Jordan Hicks à la batterie, est toujours dynamique et très compétente tout en étant la plupart du temps d’une simplicité désarmante. De l’excellente besogne de leur part.

Not The Past, Can’t Be The Future est un album constitué de onze redoutables brûlots qui vous donneront le goût d’y revenir plus souvent qu’à son tour. Et bien que ces trente-trois minutes de rock un peu enragé ne révolutionnent absolument rien, on peut affirmer sans aucune hésitation que dans le prévisible, on a entendu cent mille fois pire.

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18 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire