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Someone: « Orbit »

Dans le rayon des révélations pop psychédéliques, on peut citer Someone. De son vrai nom Tessa Rose Jackson, l’artiste pluri-disciplinaire (ayant une passion pour la musique et l’art) britannique basée à Amsterdam étonne pour ses compositions dream-pop psychédéliques comme l’atteste son premier EP intitulé Orbit.

En l’espace de cinq titres, Someone nous transporte dans l’au-delà avec ces compositions astrales venues d’ailleurs. Il n’y a qu’à juger les écoutes du titre introductif nommé « From Here » pour s’apercevoir qu’elle possède un sacré univers. Aussi bien onirique qu’entraînant, Tessa Rose Jackson passe la seconde avec des morceaux implacables à l’image de « Pull It Together » et « I Can’t Remember How To Talk To You » où ses arrangements cosmiques rappellent l’inventivité de C Duncan.

D’ailleurs en parlant de ce dernier, celui-ci est également convié à la partie sur « Two Satellites ». S’achevant sur un « Braver Times » des plus étonnants, il y a fort à parier que Someone sera la relève de la scène dream-pop psychédélique avec ses compositions arty et accrocheuses.

***1/2

18 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Kadavar: « For The Dead Travel Fast »

Kadavar sort un cinquième album, For The Dead Travel Fast, inspiré par l’occulte et les écrits du poète gothique Gottfried August Bürger et dans lequel Le groupe invite son audience à le suivre dans un univers mystique et psychédélique.

Le trio berlinois livre, dans son approche, sa vision gothique du rock psyché aux accents 70’s. Chaque titre plonge l’auditeur dans un univers sombre et surnaturel, peuplé de créatures démoniaques. Les ambiances sont très maîtrisées et chaque morceau possède une identité propre. Les riffs puissants sont entrecoupés de passages plus lents, dont s’émanent tristesse et mélancolie. La section rythmique, toujours impeccable, soutient le groove de la guitare de manière réjouissante.

La formule du trio rappelle parfois l’efficacité de Ghost dans la manière de composer. Ainsi « The Devil’s Master » prendra des allures de « From The Pinnacle To The Pit » dans son break. « Children Of The Night » possède également ce côté presque pop et vintage. Rien d’étonnant à cela puisque les influences des deux groupes sont les mêmes.

For The Dead Travel Fast frappe également par le travail effectué sur la voix de Lupus. Un chant façon Ozzy Osbourne sur « Evil Forces », une intro cryptique sur « The Devil’s Master” »et un refrain explosif sur « Poison” » De nombreux passages avec des chœurs ou des deuxièmes voix font leur apparition. Des variations appréciables, qui découlent de l’acceptation par Lupus de son rôle de chanteur.

Les atmosphères, soutenues par une utilisation nouvelle des synthétiseurs, envoûtent l’auditeur. L’album rend hommage aux musiques de films d’horreur des années 80 et le groupe s’est permis d’expérimenter un peu. Les machines apportent des touches électroniques, qui confèrent des ambiances mystiques comme sur « Dancing With The Dead ».

Le trio se permet deux ballades. « Saturnales » prendra le parti d’une instrumentale simple pour un propos mystérieusement poétique. « Long Forgotten Song » se présente comme un voyage de presque huit minutes, au cours duquel les tempos et les ambiances varient jusqu’à une fin spectaculaire annoncée par un solo de batterie plutôt inattendu.

For The Dead Travel Fast est un disque varié, aux ambiances finement travaillées et dont certains passages plombent, à bon escient, l’ensemble puisque le but affiché et de nous subjuguer.

***1/2

16 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Allah-Las: « LAHS »

Allah-Las a réussi à se faire une place sur la scène indie rock américaine. On les avait quittés en 2016 avec leur album Calico Review toavant d’effectuer une mini-pause pour retrouver son inspiration. Après un album solo du guitariste Pedrum Siatadan qui a officié sous le pseudonyme PAINT, le groupe californien prolonge la saison estivale en octobre avec leur nouvelle livraison intitulée LAHS.

Une fois de plus, Allah-Las nous séduit avec ce qu’il sait faire de mieux, et ce, cette fois-ci, grâce à l’aide de Jarvis Tarveniere de Woods aux commandes pour élargir un peu plus la palette musicale du combo. Ce seront donc des compositions sentant toujours les années 1960 comme le titre introductif « Holding Pattern » qui annonce sans réelle surprise la couleur mais également le guilleret « In The Air » et le gentiment mélancolique « Star ».

La véritable nouveauté sera le virage psychédélique qu’entreprend Allah-Las. La fusion entre folk psychédélique et jangle-pop fait effet sur des pièces toujours aussi nostalgiques que sont « Electricity » aux faux airs de bossa nova et « On Our Way ». Mais le groupe californien ne tournera pas le dos à ses origines surf notamment avec « Light Yearly » et « Polar Onion » qui raviront les fans d’antan face à un panel de nouveautés comme les instrumentaux prenants de « Roco Ono » et de l’hypnotique « Houston ».

La dernière nouveauté est également son côté cosmopolite où des morceaux chantés en espagnol (« Pleasure ») et en portugais (« Prazer Em Te Conhecer ») sont à souligner. Force est de constater qu’Allah-Las a décidé de ne pas tourner en rond même si les vibes ensoleillées de Californie sont toujours mises en avant mais avec une pointe de psychédélisme en prime. Un opus en phase avec avec d’où vient le groupe et avec les vibes dont ll peut nous gratifier.

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14 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Underground Lovers: « A Left Turn »

The Underground Lovers est de retour avec son dixième album studio, le troisième depuis sa réactivation quite à une pause ayant duré près de 10 ans, comme si le combo souhaitait montrer qu’il est toujours en pleine forme ave son mélange d’indie-rock psychédélique et d’electronica et qu’il avait encore pour moteur la faculté de réunir les éléments qui faisianet sa spécificité dans une parfaite harmonie hypnotique.

Leur dernier album Staring At You Staring At Me s’était concentré sur le son de guitare du groupe, lui donnant une touche plus rock. Cette fois-ci, ils ont relancé les explorations électroniques, rapprochant ce nouvel opus du travail qu’ils avaient produit sur Cold Feeling à la fin des années 90.

Dès le début, « Bells » vise le cœur de l’esprit et, tout aussi viablement, le dancefloor. Son Krautrock bourdonnant s’étend sur plus de six merveilleuses minutes. Ils ont la capacité – comme Spiritualized et Wooden Shjips – de trouver le oint névralqique d’un groove et de le chevaucher sans fin. Hooky fait monter la barre du rock, tout en restant chaleureux avec les mélodies de la guitare de Glenn Bennie et les incantations vocales de Vincent Giarrusso. Le shoegaze a toujours été un autre pilier du son du groupe et sur « Dunes and Lusher », Philippa Nihill sonne comme une la sœur idéale d’une union entre My Bloody Valentine et Cocteau Twins. La musique scintille, brille et frémit doucement derrière elle. Le « single » « Seven Day Weekend » est un hymne de par son rythme à la batterie et ses guitares à bascule déformées et Giarrusso va voyager en mode Shaun Ryder sur cette ode à la socialisation insouciante.

En arrivant à la conclusion du disque, restera cette épopée épique de neuf minutes qu’est « Rocky Endings (A Left Turn ») avec cette sensation d’exaltation en montagnes russes soniques allant eu travers des sillage que sont les pics propulsifs et des vallées flottantes de A Left Turn. La chanson serpentrae pendant quatre minutes avant de s’envoler dans la stratosphère pour une mission spatio-rock interstellaire de guitares carillon, de basses pulsées et de percussions métronomiques qui s’étirent et s’amplifient magnifiquement. A Left Turn est un autre joyau sonore de l’une des plus belles merveilles psychédéliques née en Australie.

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11 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

David Kilgour & the Heavy Eights: « Bobbie’s a Girl »

Empreint de mélancolie et maîtrisant son art sur le bout des cordes, le chanteur, guitariste, et multi-instrumentalisterevient accompagné de sa formation The Heavy Eights.

Il existe une catégorie d’artiste que l’on suit avec un plaisir jamais démenti. Le discret songwriter néo-zélandais David Kilgour appartient à cette famille. Figure emblématique et pionner de l’indie-rock dans son pays, il débuta sa carrière en 1979 à Dunedin avec les mythiques Clean. Il participa bien évidemment à l’aventure et à l’expansion du label Flying Nun qui proposa à cette époque l’éventail parfait des possibles dans le domaine de la pop et du rock. Les Clean une première fois mis en sommeil, il poursuivra sous divers projets (The Great Unwashed en 82, Stephen en 86 et Pop Art Toasters avec le grand Martin Phillips des Chills en 1994).

Lassé de la pression et des obligations il se lancera en solo à l’orée des années 90. Son objectif musical : étoffer ses mélodies (sortir des influences garage, Velvet  et Lo-Fi) et insuffler davantage de pop dans ses compositions, dans un style musical, qu’il qualifiera lui-même de « soft-rock des seventies » mais serties d’influences country et pastorales. Son premier album en 1992, l’indémodable Here Comes The Cars sera le début d’une longue aventure en solo.

Ce qui séduit dans son œuvre en solo c’est la chaleur de ses compositions, sa voix plaintive si caractéristique et son jeu de guitare élégant et étincelant qui vient former un kaléidoscope chatoyant et généreux. Kilgour étire aussi volontiers ses mélodies sur de longues minutes profondément magnétiques. De temps à autres, mais sans pression aucune, il revient en mode formation et signe alors ses albums avec The Heavy Eights. Les trois vieilles connaissances qui l’accompagnent sont Tony De Raad à la guitare acoustique et électrique, Thomas Bell à la basse et Taane Tokona à la batterie.

Si Bobbie’s A Girl fait référence à son animal de compagnie (nommé en hommage à l’Américaine Bobbie Gentry), cette onzième escapade en solo est surtout habité par le deuil. Très touché par la mort de sa mère et de son ami d’enfance le musicien Peter Gutteridge (The Clean, The Chills et Snapper) Kilgour a laissé filer quatre années et respecté ainsi une longue période de deuil.

Ces deux disparitions ont plongé Kilgour dans un état de mélancolie prononcé. Les mots, les textes et la parole ont été difficile à sortir ou peut-être jugés superflus, car seul 4 titres sont chantés par le songwriter néo-zélandais, le reste est un florilège d’instrumentaux captivants et contemplatifs ; à ne considérer sous aucun prétexte comme un manque d’inspiration, ni même comme un signe quelconque de dépression. En tout et pour tout à peine vingt lignes de textes sont à dénombrer. Kilgour communique avec les notes et les accords, les mots n’ont alors plus beaucoup d’importance.
Bobbie’s A Girl affiche une collection de plages musicales atmosphériques et placides, les arpèges de guitares cohabitent avec quelques chœurs angéliques façon Pink Floyd (« Crawler », « If you were here and I was there ») qui affleurent des tréfonds de l’instrumentation comme un message de réconfort des disparus. Sous l’égide du producteur Tex Houston une vingtaine de titres au total ont été enregistrés dans les studios de Port Chalmers Recording Services. Kilgour a remisé les plus pop et énergiques pour ne conserver que les plus mélancoliques. Cette sélection très cohérente axée sur l’émotion met en exergue le travail des musiciens et nous fait apprécier posément chaque composition.

Le paisible et premier « single » « Smoke You Right Out Of Here » est entièrement dédié à son ami Peter. Les accords sporadiques de guitares mêlés aux nappes d’un clavier lunaire se superposent au chant épars de Kilgour et forment une mélodie rêveuse. Le tableau sera toujours méditatif et souvent axé sur de fragiles pincements de cordes. Le cœur de cet enregistrement ce sont les instrumentaux, ils sont la force vive de ce répertoire et sont particulièrement soignés. Un point commun ils sont tous attractifs : « Entrance » et ses contemplatifs picking de guitare acoustique (dans la lignée des spécialistes du genre) ou le très cinématographique « Swan Loop » qui dérive et chaloupe dans les recoins d’une âme torturée au son du piano de Matt Swanson et des riffs saturés mais fantomatiques de la guitare électrique.

La fin de cet album, superbe, verse dans une veine plus énergique. L’emballant « Looks Like I’m Running Out » cumule coolitude et rythme, quant au final « Ngapara » – l’instrumental le plus rutilant et ambitieux de la série – il regorge de guitares distordues et réverbérées, et constitue avouons-le, la conclusion parfaite de ce nouvel épisode.

****1/2

8 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Moon Duo: « Stars Are the Light »

Quand on ferme les yeux, il y a des couleurs qui ondulent, des néons qui clignotent. Il y a une fête, mais très floue. Les invités qui y prennent part bougent de façon alanguie, comme ralentis par quelque substance qui suspend les tracas. Sur ce septième album, les Américains Sanae Yamada et Ripley Johnson, meneurs d’une mouvance marquée par la tradition psyché mais toujours encadrée par une idée claire de la structure, se distancient d’une posture un peu rigide qui était la leur pour aborder les choses avec légèreté.

Oserait-on même dire avec facétie ? Il y a un an et demi, Moon Duo a offert un mini fait d’une reprise de Suicide et d’une autre de The Stooges. Les illustres agitateurs auront laissé des marques profondes sur le groupe (Eye 2 Eye). Yamada et Johnson ont dit vouloir se détourner des recherches inspirées de l’occulte qui les occupaient auparavant. Le résultat est une belle célébration de l’ici et maintenant, sans renier le côté « lunaire ».

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27 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Temples: « Slow Motion »

Le nouvel album de Temples se faisait attendre au point qu’on se demandait s’ils pouvaient continuer à être parmi les meilleurs rejetons de la scène rock psychédélique anglaise Le premier abord (ou accord) alimente les doutes, tant, sur Hot Motion, tout semble être réuni pour s’efforcer un peu laborieusement de confirmer ce rêve de perfection auquel tout un chacun peut aspirer si, bien sûr, il est habité par un minimum d’ambition, à savoir être parmi les meilleurs représentants du rock psychédélique britannique.

Tout est purtant déjà réuni : une orchestration très riche et parfaitement réalisée, la voix vaporeuse du leader James Bagshaw qui dans ses aigües nous rappelle le timbre si joliment nasillard des débuts de John Lennon, et cette atmosphère onirique qui nous ballade loin de ces cieux plombés si pourraient annoncer l’automne des saisons mais aussi celui de l’esprit.

Suite au départ de leur batteur Samuel Toms parti rejoindre Fat White Family, le désormais trio revient avec un opus où le maître-mot est l’expérimental tel que celui-ci était de mise au temps de la West Coast californienne dans la seconde partie des sixties. C’était cette orientation qui caractérisait leur très réussi « debut album » Sun Structures, direction qui avait pris une tonalité plus pop et qui avait calmé les ardeurs psychédéliques de beaucoup sur
Volcano en 2017 et son virage plus pop avait calmé les ardeurs psychédéliques de beaucoup. Slow Motion opère donc un retour aux sources qui va jalonner les onze compositions de l’album.


Mais, justement, hormis le titre d’ouverture « Hot Motion » le « single » qui, en lui-même est la quintessence de ce qui définit le son Temples, on pourra passer sur le reste de l’album de titres en titres de façon quasi-automatique. Peu de relief, on en regrette un peu que tous les morceaux soient autant travaillés. Casser le rythme avec quelques ballades, surprendre l’auditoire avec des titres plus épurés, que cela soit avec un arpège ou un riff de guitare, ou bien avec les notes mélodieuses d’un clavier auraient donné matière à exploiter autrement la voix de James Bagshaw.
Structuré de façon quasi identique sur sa longueur, le disque s’écoute aussi rapidement que trop facilement. Certains morceaux s’émancipent légèrement de ce trip un peu monotone, par exemple un « Not Quite The Same », qui, de par son couplet, ralentira un peu le tempo alors que le travail à la guitare plus lourde rappelle que le rock est la base un effort de groupe. De la même manière, « Atomise », flirtera allégrement avec un rock très cosmique pour enchainer avec des guitares bien garage et un chant beaucoup moins linéaire.
Hot Motion est musicalement réussi. Temples s’ancrent définitivement dans la mouvance dite néo-psychédélique, terme issu de la presse britannique qui, adepte des qualificatifs imagés, veut signifier à juste titre que le groupe a son style, et qu’il s’y tient. Ses membres qui sont nés bien après les prolifiques et enfumées années 60 ont parfaitement capté l’essence même du son de cette période et proposent une pop psychédélique moderne, structurée et solide. Néanmoins, peu de risques sur ce disque qui comblera sans aucun doute les admirateurs les plus fidèles du groupe mais qui risquera de lasser ceux qui auraient apprécié les voir évoluer.

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23 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Modern Nature: « How To Live »

Après Mazes et Ultimate Painting, c’est désormais au sein de la formation Modern Nature que l’on retrouve Jack Cooper. S’il s’agit surtout d’un nouveau projet mené en compagnie de Will Young (Beak>, Moon Gangs), le songwriter britannique a aussi enrôlé un Woods (le batteur Aaron Neveu), le violoncelliste Rupert Gillett, ainsi que Jeff Tobias et son saxo (Sunwatchers) pour donner naissance à How To Live, et s’écarter des chemins « psyché 60’s » qu’il a pu arpenter jusque-là.

Ce premier album de Modern Nature est un disque en mouvement constant. Entre folk, guitares feutrées et rythmes hypnotiques – voire cosmiques – How To Live impressionne par sa densité et ses mélodies portées par les chuchotements du songwriter originaire de Blackpool. Ici, tout est structuré pour opposer ou rapprocher l’univers urbain incarné par la rythmique et les espaces synthétiques de Will Young, à celui de la nature mis en mouvement par la matière organique de Jack Cooper. Tout se superpose. Cooper a d’ailleurs emprunté le titre du journal de Derek Jarman, lui aussi intitulé Modern Nature, pour donner un nom à sa nouvelle formation. Ce cinéaste anglais (aussi connu pour avoir réalisé des vidéos pour The Smiths, Suede ou les Pet Shop Boys) y racontait notamment comment il avait fait jaillir de la terre un jardin « extraordinaire » – que l’on peut encore visiter aujourd’hui à Dungeness dans le Kent – à côté d’une centrale nucléaire.

Alors forcément, les « Urban Hymns » de How To Live ne le sont pas totalement. Ils sont fouettés par le vent. Quant aux herbes folles, elles profitent du moindre interstice pour s’immiscer ici et là. Et prendre parfois le dessus à la faveur de quelques notes de guitares, ou d’un violoncelle qui vient rappeler les frappes les plus « tire-larmes » du Godspeed You! Black Emperor, période Yanqui U.X.O (Bloom, la première partie de « Devotee »). Parfois, on pense aussi à la folk des Kingsbury Manx – la faute à un clavier utilisé en guise de drone (« Turbulence », l’excellente « Criminals ») – et même à Radiohead tant l’intro de la formidable « Peradam » rappelle le « Reckoner » d’In Rainbows. D’ailleurs, lorsque Jack Cooper évoque les disques qui l’ont inspiré durant ces derniers mois, il cite bien évidemment le groupe d’Oxford. Mais aussi Fairport Convention, Robert Wyatt ou encore Talk Talk. Pas de Nick Drake en revanche.

Qui l’emporte alors ?Les autoroutes, les open-spaces ou ce champ sauvage qui cohabite tant bien que mal avec ces tours d’immeubles qui le regardent de haut ? À vrai dire, il n’y a pas de match. Cooper, Young et leurs acolytes semblent être à la recherche d’un équilibre. Après tout, pour eux l’essentiel consiste surtout à s’y retrouver au milieu de tout ça (How To Live). « Footsteps », « Séance », « Nature » ont beau nous imposer le rythme d’une montre oppressante, devenue folle et récalcitrante à tout retard, la délicatesse de Jack Cooper est toujours là, rassurante. L’album se conclut aussi de manière magistrale, le temps d’un « Devotee » de sept minutes où tout finit par se marier. Ça commence par une magnifique , et puis tout s’emballe à mi-parcours. Comme une transe minimaliste trempée par la pluie, au beau milieu d’une réserve naturelle.

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8 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Dye: « Psychic Data »

Pour un premier effort, on à fait pire. Le trio d’Oakland, Californie, dépense une bonne énergie sur cet trop court mini album, Psychic Data. La recette est assez simple, des guitares coupante, rasoirs, tout en bruit, sur lesquelles on à greffé ces voix murmurées typique d’une branche du shoegaze. Et ça marche. Entre rythmique punk et ballade triste, Post Punk et garage, le grand écart n’empêche pas que cet album possède une belle cohérence, une énergie rafraîchissante, et une indéniable honnêteté créative. 

Dans les chansons de Dye, il est plus question de tristesse et de sérieux que d’autre chose, mais malgré une certaine noirceur dans le texte, on sent quand même que l’espoir n’est pas loin lui, et qu’il suffit de tendre l’oreille ne serait-ce que pour en écouter la mélodie cachée et la beauté sous la noirceur.

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1 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

David J with Asia Argento & Anton Newcombe: « Migena & the Frozen Roses »

L’ancien protagoniste du Bauhaus et de Love And Rockets, David J. Haskins, revient cette année pour compléter le troisième volet d’une trinité palpitante avant le très attendu Missive To An Angel From The Halls Of Infamy, un double album épique de nouveaux titres à paraître mais déjà disponible en précommande via Bandcamp.

Une série d’activités a débuté cette année avec la sortie de la version autonome de RSD, le poignant et malheureusement pertinent « Thoughts And Prayers ». Un morceau qui s’incruste dans votre cerveau avec une facilité déconcertante, un message sincère et un appel cinglant à lâcher des armes. Les motifs de guitare hypnotiques suintent lorsque les mots sortent de la langue d’un David J au phrasé venimeux.

dans une déclaration de venin. Vient ensuite la collaboration inattendue avec la militante #MeToo Rose McGowan sur « The Auteur (Redux / The Starlet’s Cut) », le chant de McGowan entrelacé aux côtés de celui de David J., et construit sur un fond de sons ambiants avec un bruit assourdissant semblable à celui des musiques gothiques originales de Haskins.

Aujourd’hui, on bénéficie d’une nouvelle collaboration avec Asia Argento (fille de Dario Argento) et Anton Newcombe (Le massacre de Brian Jonestown) pour le dernier thriller « Migena & the Frozen Roses ». Une lecture dramatique, sur une urgence ambiante, construite par Newcombe, qui rappelle un peu le maestro d’avant-garde John Cale. C’est l’appel et la réponse entre Argento et Haskins qui travaillent avec une suprématie qui confine au sublime mais aussi au sensuel. Voilà un opus effrayant et impressionnant, inspirant à d’une excellence artistique qui s’écoule avec une confiance sans effort. Migena & the Frozen Roses est recèle une fièvre l’excitation devient si palpable su’elle devrait se profiler vers un horizon s’étendant à perte de vue.

***1/2

25 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire