Peggy Sue: « Choir Of Echoes »

Les albums précédents de Peggy Sue étaient fleuris par un alt-folk sombre, ce troisième disque les voit se tourner vers une approche plus réaliste dans la façon dont les thèmes du doute, de la foi et de la religion sont abordés.

Pause, dextérité et harmonie sont les trois connotations qu’on pourrait appliquer à Choir of Echoes comme pour parfaire par le son ce que la pochette de l’album représente.

Par moments, le côté sombre est accentué comme sur la narration du « single » « Idle » ou le doo-wop irréel de « Electric Light ». N’oublions pas que le combo avait recréé sur son précédent opus Scorpio Rising et on comprendra que les territoires qu’il affectionne sont toujours enracinés dans des démons qu’il s’efforce, cette fois pourtant, d’extirper.

Le trio fait toujours appel à l’indie-folk noisy mais il s’emploie à l’agrémenter d’harmonies féminines à trois voix (« How Heavy The Quiet That Grew Between Your Mouth and Mine »), de rythmes aérés sur des guitares en distorsion (« Always Going »), de chants gospel comme sur le titre d’ouverture « (Come Back Around) »ou enfin de vocaux en boucle qui vous désagrègent en douceur comme sur le frappant « Two Shots ».

Choir of Echoes promène ainsi son climat de tension dans lequel il trouve un juste équilibre, avec une production qui vise à faire mijoter des tonalités qui seront transpercées par des voix. On trouvera dans ce dernier élément quelque chose de cinglant qui annoncent comme des voix de tête à un ensemble baignant dans le trouble sans que, pour autant, l’intérêt vacille ; c’est en cela que ce troisième album est un immense progrès pour ces musiciennes revitalisant ainsi le genre de l’indie-folk gothique.

★★★½☆
« Longest Day of the Year Blues »

 

Snowbird: « Moon »

Snowbird est le résultat créatif d’un duo : Simon Raymonde fondateur des Cocteau Twins puis du label Bella Union et de chanteuse interprète Stephanie Dosen. Cette collaboration ne pouvait que mener à une entreprise de toute beauté et on serait de mauvaise foi si on insinuait que Moon ne tenait pas ses promesses.

Peut-on parler de chansons quand nous avons plutôt affaire à de véritables compositions qui semblent glisser du piano de Raymonde et de la voix de Dosen ? Peut-on imaginer que cet album a été enregistré chacun dans sa pièce tant cet album sonne fluide et soyeux ? Tout ce qu’on sait que les heures étaient favorables puisque la collaboration s’est faite au milieu de la nuit, périodes peut-être les plus appropriées pour véhiculer de tels climats oniriques.

Moon est né de l’acquisition d’un piano à queue pour enfants mais il n’y a rien de « délabrement chic » dans ce qui nous est donné d’entendre. C’est un album lisse, vaporeux mais aussi étincelant, avec les vocaux peu appuyés de Dosen vous enveloppant mais faisant également briller une certaine luminosité aux frontières de l’incandescent.

Pour un disque ici des nouvelles technologies, Moon véhicule un climat presque vieillot. Les thèmes issus du piano de Raymonde font montre d’un romantisme qui chavire et qui demeure atemporel, ponctué parfois par quelques guitares cinglantes comme sur «  I Heard the Owl Call My Name ». Le tout est bercé de la douce mélancolie de vocaux

ponctuée parfois par des accroches de piano plus uptempo comme pour nous extraire de notre stupeur. « Porcelain » est couronné par une somptueuse mais fragile mélodie tout comme les arrangements luxuriant de « All Wishes Are Ghosts ».

Voici un disque qui se situe entre chien et loup, sensible au moment où il a été édifié. Construit sous le symbolme de la Lune, il est, tout comme elle, un facteur unifiant et apaisant même si les thèmes qu’il y expose demeurent fermement enracinés dans notre Terre, comme pour cloisonner les instants où il nous est donné de rêver.

★★★★☆
« All Wishes Are Ghosts »

Dum Dum Girls: « Too True »

Dès la première écoute, on peut croire que nous ommes dans un univers où Debbie Harry a toujours 20 ans, et où Blondie demeure un groupe avec qui il faut compter. Il faut dire que Too True est produit par l’ancien producteur dudit groupe (Richard Gotteher) ainsi que Sune Rose Wagner des Raveonettes) et que ce troisième opus nous est livré avec un allant sexy comme le serait un rouge à lèvres fraîchement appliqué.

Dee Dee Penny invoque ici les mânes de Siouxsie, Robert Smith, les Cocteau Twins et, bien sûr, The Ramones comme source d’inspiration et le moins qu’on puisse dire que ces quelques 30 minutes et dix compositions semblent faire le plein de ce en quoi la concision peut être éblouissante.

Du titre d’ouverture, un « Cult Of Times » garage pop, au dernier morceau, l’hypnotique « Trouble Is My Name », nous avons des exemples sublimes de ce que la pop rock peut capturer. « Lost Boys and Girls Club » arbore une rythmique funéraire et un motif de guitare à la distorsion irréprochable, « Rimbauds Eyes »’ est un morceau pop-punk à la nonchalance glaçante, « Are You Okay » exhibe des vocaux dont les nombreuses couches sont marmonnées et forme comme un mur sonique et « Evil Blooms » nous réconcilierait avec les lignes de guitare de Johnny Marr.

Le tout est chanté avec cette vigueur qui transcende les genres, cette intelligence insolente sans laquelle le rock and rollne serait pas ce qu’il est ; bref une appropriation impeccable et assumée des références ici mises en avant. The Dum Dum Girls reconstituent et recréent ce qui les a toujours inspirées. C’est en ce sens que leur authenticité ne peut être questionnée, que Too True porte un titre de façon on ne peut plus justifiée et peut se savourer sans réticences ni prises de tête.

★★★½☆

Hospitality: « Trouble »

Ce trio de Brooklyn a pris son temps entre son son premier E.P. (2008) et son « debut album » de 2012. Ce dernier avait décu on peut donc considérer que Trouble s’emploie à corriger le « hype » dont le groupe avait été victime.

L’instrumentation est déjà plus étoffée et, même si le groupe se montre à l’aise avec un son direct et fuselé, ils parviennent ici à donner un peu de chair à ces espaces. On trouve ainsi des synthés amples et des guitares sinueuses et une direction musicale plus variée.

« Nightingale » va et vient entre lueur chaude et arrondie et élan plus musclé et des percussions qui remplissent justement ces espaces laissés libres pour donner place ensuite au solo de Amber Papini ainsi qu’à ses vocaux. Cette dernière se fait méditative en évoquant une relation amoureuse vouée à l’échec sur « Inauguration » et, sa voix épouse à merveille la versatilité de Hospitality ; étouffante et sensuelle sur « Going Out » ou dramatique et ampoulée avec « Rockets and Jets ».

Ce dernier titre est sans doute le meilleur exemple de la manière dont le trio sait malmener les climats. Il s’ouvre sur des notes électroniques glissant vers la synth-pop avant de bifurquer brusquement vers un pop rock plein de punch et un solo de Papini concis mais élégant.

Il y a par conséquent des éclairs d’inspiration sur Hospitality ; des changements de clefs subtils sur les chorus ou la pulsation electro de « Last Words ». Mais ceux-ci sont irritants dans la mesure où ma plupart des compositions semblent aller nulle part ou ne sonnent que comme des pastiches creux et peu inspirés de Morcheeba.

Hospitality a voulu montrer qu’il était capable de briller en élargissant son spectre, mais ces éclats de créativité ne nous rendent, par contraste, que plus indifférents au reste de l’album. Rendons-leur grâce toutefois de vouloir repousser plus loin leurs limites.

★★★☆☆

 

Sheryl Crow: « Feels Like Home »

Sheryl Crow fait partie de ces chanteuses qui eurent leur heures de gloire durant les années 90. Aujourd’hui une nouvelle génération a pris place (Neko Case entre autres) et c’est peut-être cette raison qui l’a amenée à sortir son premier album purement country selon les dires de son entourage.

Cette affirmation est à la fois vraie et fausse. Fausse parce qu’il y a toujours eu dans son répertoire des éléments où cette Americana était présente mais vraie car ne serait-ce que par sa pochette (robe blanche immaculée sur fond de verdure et sourire artificiel) la typologie est évidente. Trop de blanc, trop de vert sourire figé ; on pourrait penser que Feels Like Home possède une petite dose de second degré. Le titre de l’album indique que ça n’est pas le cas.

Il suffit de reconsidérer sa carrière, chansons bien pensantes, un thème pour un James Bond, compositions inondant les malls, pour comprendre que si Crow aime l’odeur du rock and roll, son blues-rock FM évite soigneusement de s’y tremper.

Ce neuvième album conviendra à qui aimerait cette démarche ; des textes convenables mais un accompagnement qui n’est que recyclage de chansons d’amour façon Eagles, des premières manifestations des Stones ou des larmoiements de Dolly Parton. D’ailleurs si cette dernière avait interprété elle même un « We Oughta Be Drinkin’ » plein d’esprit, elle en aurait donné une version moins policée que celle qui figure sur Feels Like Home.

« Waterproof Mascara » est une autre de ces émulations d’une Parton qui, là, aurait fait l’école buissonnière ce qui rend le titre presque plaisant mais on ne peut que rêver à ce qu’auraient pu faire d’autres artistes du rocker « Shogun », d’un très « nashvillien » « Crazy Ain’t Original » ou du nasillard « Best Of TImes ».

Au final, Feels Like Home porte bien son titre ; il remet Sheryl Crow à sa juste place celle d’une interprète « classique », chose qu’elle a toujours été.

★★☆☆☆

The Moondoggies: « Adiós I’m A Ghost »

Seattle n’est plus la ville synonyme de « grunge » et c’est tant mieux. Le deuxième album de Moondoggies, Tidelands, versait dans un country-rock bercée par des harmonies très Laurel Canyon qu’on avait peu entendu depuis The Byrds ou Déjà Vu de Crosby, Stills, Nash & Young. Cela avait mis la barre assez haut pour son « follow up » et, c’est avec un plaisir certain que l’on constate que Adiós I’m A Ghost surpasse nos attentes.

Si leur musique reste enracinée dans les mêmes univers remplis de guitares en « reverb » qu’auparavant, The Moondoggies ont quelque peu noirci les choses d’autant que, selon leur leader, il s’agissait d’explorer « l’idée de vivre et de mourir, tout comme les nombreuses où nous avons vécu et sommes morts avant. »

Tout cérébral que soit le disque on peut néanmoins très bien l’écouter sans raisonner en termes de « concept album ». On entendra un peu de Bruce Springsteen dans la merveilleuse ballade qu’est « Pride », une bribe de My Morning Jacket ou de Pink Floyd sur les fluidités et les tempos variés de « A Lot To Give » ou « Don’t Ask Me Why », et, de façon plus surprenante, un clin d’oeil à Cure sur « Annie Turn Out The Lights ». La mélancolie sera pourtant secouée sur le morceau terminant Adiós I’m A Ghost, avec un « Don’t Ask Me Why » enlevé et du plus bel effet.

Ce troisième opus est, par conséquent, bien plus complexe qu’il n’y paraît. Au travers de sa diversité il crée une sorte de yin-yang stylistique (Roy Orbison sur « Midnight Owl », vibration cadencée sur « Stop Signs ») qui lui donne une symétrie et une cohésion qui se feront jour si il est écouté dans son intégralité plutôt que de façon décousue et titre par titre.

★★★☆☆

Emily Jane White: « Blood / Lines »

Blood / Lines est censé être une compilation de plus de cent esquisses écrites par la chanteuse. Le fait que le terme « demo » ne soit pas employé indique en quoi c’est un album impressionniste au possible et que les métaphores y sont visuelles.

Il est certain que Emily Jane White s’est éloignée de ses racines métal et punk et qu’aujourd’hui son esthétique est devenue proche d’artistes comme P.J. Harvey, Hope Sandoval ou Cat Power.

L’entame à la guitare est confiante, la voix cristalline et semble orchestrer le tout. Elle est enveloppée par des percussions, des cordes et du piano sur « My Beloved » alors que « Faster Than The Devil » est peuplé de mélodies fantomatiques en multi-tracking et d’une guitare à l’écho omniprésent avant que des cordes ne s’enflent pour donner ampleur à cette composition propulsée par une ligne de basse ferme.

On retrouvera la même assurance dans le galop qui emportera les guitares en reverb d’un « Thorougbred » qui contribue à nouveau à insérer une atmosphère gothique à l’album, tout comme un « Wake » qui oscillera entre piano percutant et giboulées de cordes.

Les accords en majeur de « Dandelion Daze » renchériront pour ce qui s’avère être une chanson de haine alors que « Holiday Song » et « The Roses » brilleront pas leurs changements de tonalités et la complexité de leurs arrangements.

Soulignons, enfin les textes dont les sous-entendus cachés captiveront ceux qui y prêteront attention et laissons le charme de ces mi-rêves mi-cauchemars agir dans ces espaces où même les silences qui ponctuent les morceaux résonnent et se font l’écho de ces lignes de sang qui parsèment ses bâtisses abandonnées et ces amours en déliquescence qu’elles ont abritées.

★★★☆☆

Rhys Chapman: « Harmonie Du Soir »

Parler d’un compositeur au sens original du terme peut sembler incongru mais Rhys Chapman fait dans le minimalisme, la no wave ou le post-rock ; on peut donc lui voir des accointances avec la musique qui nous réunit d’autant que l’artiste ne lésine pas à employer des guitares.

Il y a dans Harmonie Du Soir une intensité dynamique et une densité des textures apportée par les six cordes et, déconstruction oblige, un refus de tout timbre vocal et d’expressivité mélodique. On n’y trouve aucune montée ou descente de tonalités, juste une maîtrise du rythme et du volume accentuée par les six guitares qui, elles seules, pourvoient un puissant semblant de narration. C’est cela qui remplace l’air, dans le sens de mélodie, mais le tout baigne dans des tropes rock plutôt que classiques ce qui ne peut que nous donner un point d’ancrage auquel nous raccrocher.

On a souvent dit que la musique étaient impressionnisme pour ne pas se froisser si, ici, elle se fait abstraite et refuse toute harmonique. Tout au plus pourra-t-on se rattacher aux schémas répétitifs – mêmes accords, mêmes notes – pour y déceler une structure et, celle-ci étant non verbale, elle dispense de repères familiers comme les mélodies, ou le concept de chanson.

Harmonie Du Soir est un album fait, non pas de crescendos, mais de digressions subtiles dans les rythmes et les tempos. Il est presque paradoxal de retrouver alors une accointance avec les musiques tribales, les plus organiques, puisque les deux sont étayées par l’aspect en percussion des compositions. On pourrait éviquer John Cage ou Terry Riley qui se seraient décidés à oeuvrer vers une musique moins cérébrale et qui auraient troqué les synthétiseurs pour la pléthore de guitares qui, elles seules, rythment ces trois plages, peut-être est-ce ce recours à ces instruments familiers qui retient l’attention et nous fait nous concentrer sur les nuances imperceptibles de cet album en nappes qui, ici, ont le mérite de ne pas faire dans le vaporeux.

★★★☆☆

Zachary Cale: « Blue Rider »

Blue Rider est un « road album » ; une de ces collections de titres qui semble s’étendre à perte de vue, chacun singulier mais se mêlent pour former un son unique.

Zachary Cale vient de Louisiane et rien n’est plus évident ici. Sa voix est traînante et paresseuse et ses lignes de guitares nasillardes avec de lointains échos jazzy. Construit sur une fondation d’arpèges subtils et stridents, Blue Rider est étoffé par des arrangements aux délicates atmosphères, aux textures intimes et des mélodies qui bruissent de détails discrets mais enchanteurs.

Cale a dit de Blue Rider que c’était son « album blues » et son ossature l’est manifestement avec une guitare accordé comme celle de Skip James. « Unfeeling » rappellera une berceuse des années 60,a vec une reverb à peine prononcée « Wayward Son » est fait de vocaux et de trémolos en arrière plan, l’orgue de « Dear Shadow » fortifie soutient une armature faite dune guitare doucement grattée envahie peu à peu par des percussions régulières et une guitare électrique qui s’insinue de façon sinistre alors que la pedal steel de « Blood Rushes On » offre un climat plus laid back et chaleureux.

Alors que Noise Of Welcome 2011) brillait par ses compositions fournies, Blue Rider est, lui, un exercice dans lequel ces compositions sont comme déshabillées. L’habileté à façonner un son particulier est remarquable ce qui, puisque de « road album » il s’agit, la prochaine chanson semblera avoir une destination prévisible. Elle sera pourtant éclipsée sans qu’on s’y attende, qui par une sérénade à la Ron Sexsmith (« Blood Rushes On »), qui par une atmosphère mélancolique comme un « Hold Fast » au ton posé.

C’est dans cet horizon indistinct que réside le charme de l’album ; il nous donne la sensation d’être perpétuellement en route vers une destination où l’on n’est pas pressé d’arriver.

★★★½☆

The Hidden Cameras: « AGE »

En tant que porte-parole de The Hidden Cameras, Joel Gibb a toujours abordé les sujets controversés. La vidéo de « Gay Goth Scen » où un enfant se faisait malmener a ainsi annoncé la teneur sulfureuse de ce sixième album.

AGE contient les éléments qui ont fait des Canadiens un ensemble aussi séduisant : parties orchestrées apportant une certaine grandeur aux prouesses vocales de Gibb et un line-up toujours changeant avec, ici, le pianiste Chilly Gonzales et Mary Margaret O’Hara dont la voix avait participé à des efforts de REM, Morrissey et Tom Waits.

Gibb habitant désormais à Berlin, la réputation de terre d’electro de la ville a rejailli sur lui. L’ouverture de AGE, « Skin & Leather », l’hymne au bondage le plus élégant qui soit, en est l’exemple flagrant. « Bread For Brat » s’en tient à la même formule, avec un chorus répétitif mettant en valeur la sensibilité pop du groupe de façon dramatique.

AGE n’est pas pour autant une célébration éthérée, « Gay Goth Scene » est une profession de foi poignante, qui vise à la fois àn ous hanter et à nous soulager, « Afterparty » est un reggae dub de six minutes au climat « downbeat » et « Carpe Jugular » fusionne house et disco avec un chorus dont le climat lancinant accentue l’inquiétude qui s’y fait jour.

Ce sera le titre de fin, l’épique « Year Of The Spawn », également « single » extrait de l’album, qui se révélera le plus limpide avec son piano lumineux, confirmant la réputation qu’a Hidden Cameras comme tenants de la plus belle chamber pop.

Accompli et policé, AGE n’est peut-être pas aussi consistant que ses prédécesseurs (en particulier The Smell Of Our Own ou Awoo)mais c’est quand même un retour plus que réussi d’un des compositeurs les plus doués de sa génération.