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Portico Quartet: « Memory Streams »

Qu’est-on en droit d’attendre du Portico Quartet ? Dans le monde du jazz (au sens large), lorsqu’un album de Ezra Collective ou de Kamasi Washington sort, il est assez simple de tracer les lignes qui devraient en déterminer l’analyse. D’une manière générale, c’est l’appartenance à une mouvance qui permet très souvent le passage de l’écoute au discours sur cette écoute. Et plus cette mouvance est précise, plus les critères sont simples à appliquer.

Si bien que si vous connaissez un peu leur musique, vous aurez compris que discourir sur le Portico Quartet est une affaire peu commune. Le groupe anglais a toujours fait bande à part, et si des rapprochements sont possibles, par exemple avec GoGo Penguin ou Mammal Hands, on sent bien qu’on n’y est jamais tout à fait. Cette spécificité, Portico la doit bien sûr au hang, l’instrument de percussion qui sous-tend leur identité sonore depuis plus de dix ans, et qui est très peu utilisé dans le jazz – comme dans le reste des musiques actuelles d’ailleurs – étant donné qu’il n’a été inventé qu’en 2000. Mais l’unicité du Portico Quartet, c’est aussi une façon étonnante de naviguer entre les influences, toujours dans la surprise, jamais dans la violence, si bien que chaque album semble à la fois similaire et différent en tous points du précédent.

En 2014, lorsque le percussionniste Nick Mulvey laissait sa place à Keir Vine, on craignait que ce soit toute l’âme du groupe qui en pâtisse, et avec elle la lente transformation de leur musique. On est pourtant en 2019, et Memory Streams est bel et bien l’héritier d’un travail entamé en 2005. Avec Art In The Age of Automation, le quartette avait déjà mis de côté l’aspect acoustique et plus simple de leur musique pour se concentrer sur la construction de climats sonores.

Cet accomplissement de la thématique ambient, qui avait toujours été présente dans leur musique, est alors parfaitement au point : les percussions dansent autour des synthés, des pistes sont presque indiscernables – ce qui n’était jamais le cas sur leurs premiers albums – et le saxophone bénéficie d’un travail bien mesuré d’effets.

Paradoxalement, c’est en insistant sur la notion de flux et d’ambiance que le Portico Quartet a trouvé l’aspect le plus pop de son histoire. Déjà marquant dans le disque précédent – notamment le morceau « Index » – le travail des mélodies s’inspire de plus en plus du post-rock et de la musique de films, si bien qu’on a beaucoup de mal à parler de Memory Streams comme d’un album de jazz. Mais peut-être le Portico Quartet n’a-t-il jamais vraiment mérité de porter ce terme.

Alors, qu’est-on en droit d’attendre du Portico Quartet ? Pas une musique qui cherche une quelconque révolution ; pas un album conceptuel ou une énorme prise de risque. Et on le comprend, tellement la formule fonctionne. Comme un disque de Mogwai, Memory Streams perfectionne un exercice absolument maîtrisé, dont on change le cadre uniquement par peur de l’ennui, et qui étonne à chaque fois du plaisir qu’on y prend.

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20 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Bushman’s Revenge: « Et Hån Mot Overklassen »

Bushman’s Revenge change de structure pour se diriger vers une démarche plas axée sur l’espérimental et plus à-même de satisfaire un auditeur qui ne se limite pas à des trios piano-basse-batterie.

Avec ses guitares, Even Helte Hermansen opère ainsi dans des colorations soit très déliées (« Sly Love With A Midnight Creeper », H »ei Hei Martin Skei »), soit beaucoup plus jazz-rock, à la limite de la faute de goût démonstrative (« Happy Hour For Mr. Sanders, » soutenu par une accélération générale du jeu). En parallèle, la basse rebondie de Rune Nergaard fait son office tandis que Gard Nilssen passe de la batterie au vibraphone.

Quand les trois Norvégiens naviguent vers des rivages psyché, par l’intermédiaire d’un travail à la pédale de l’un ou des roulements de l’autre, ils n’hésitent pas à étirer leur propos au-delà des sept minutes (« A Bottle A Day Keeps The Wolves At Bay », « Greetings To Gisle) », étiage certes conforme aux développements que requiert ce style musical, mais probablement trop important pour ceux qui, comme nous, goûtent peu son aspect ostentatoire et trop chargé. En revanche, sur le caudal « Hei Hei Martin Skei », la progression se fait plus linéaire, partant des divagations de la six-cordes et de la mesure de la section rythmique, pour, peu à peu, intégrer quelques montées de tempo, dans un déploiement plus convaincant.

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19 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Afterlife: « The Comet Is Coming »

The Comet Is Coming est un mini album qui suit de peu Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery qui, déjà, avait suivi Channel The Spirits, un premier opus prometteur mais perfectible.

Depuis, le groupe anglais s’est progressivement débarrassé de sa démarche tâtonnante pour s’avancer lentement mais sûrement vers une vraie œuvre musicale. La diversité des morceaux, le travail des synthés, l’ajustement du rôle du gourou Shabaka Hutchings, tout faisait de Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery un disque incontournable.

Alors quel est le rôle de The Afterlife ? Cex titres, très probablement enregistrés en même temps que le LP, a clairement pour objectif de compléter son grand frère. Et alors qu’on pensait la boucle bouclée sur Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery, la mystique The Comet Is Coming nous révèle que cette totalité n’était que partie, dépassant du coup nos attentes. Plus qu’une série de morceaux qui auraient été laissés de côté dans la dernière ligne droite, The Afterlife est un vrai projet à part, pensé pendant l’album pour être le compagnon paradoxal venant ajouter un superbe déséquilibre à l’écoute des deux disques.

L’énergie du mystère est toujours là, mais plus profonde et subtile encore, comme on l’entend sur « The Softness Of The Present ». Les trois musiciens rapetissent, de plus en plus discrets et loin de la franchise désormais adolescente de leurs premiers morceaux. Partout des échos apparaissent, enrichissant les deux ensembles : à l’incroyable titre avec Kate Tempest répond « All That Matters Is The Moments » avec le poète Joshua Idehe ou sur Channel The Spirits ; à cette « Lifeforce » à laquelle on devait accéder par le premier album répond sa matérialisation dans ces deux titres qui ouvrent le disque ; et à cette péremption rendue inévitable par l’économie du streaming, c’est tout un propos sur la réincarnation qui vient donner du sens à la musique. Danalogue, betamax et King Shabaka sont les mêmes, et ne le sont plus à la fois. Ils changent, se transforment, se modifient dans leur musique et ne sont plus ce qu’ils sont que sur le fameux instant dont il est question ici.

Tranquillement, avec The Afterlife, Comet Is Coming vient de nous montrer comment ne pas faire mourir un disque, plus de six mois après sa sortie. Et comme un retour vers la réécoute de Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery, le disque nous prend par la main pour nous montrer son envers et son complément.

***1/2

12 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mára: « Here Behold Your Own »

Musicienne officiant sous son nom propre au sein de nombreux projets et disques, Faith Coloccia a développé, depuis 2015, un travail personnel sous le nom de Mára, pour des sorties publiées sur SIGE, le label qu’elle gère avec son mari, Aaron Turner. Après une première cassette, elle passe au format vinyle pour ce Here Behold Your Own qui nous permet de découvrir l’électronique expérimentale de l’États-Unienne. Utilisant parfois sa voix, cette dernière la pose quasiment à nu, tout juste soutenue par de l’écho, pour chanter des mélodies tristes et belles (proches des berceuses pour enfants) qu’elle reprend ensuite à l’orgue. Plus loin, c’est une guitare agrémentée d’une forme de distorsion ouatée qui sera en première ligne.

Avec des orchestrations assez minimalistes, donc, Mára fait plutôt le choix de se concentrer sur l’atmosphère mise en place, sur la forme d’envoûtement que peut générer la conjonction de ses vocalises et des plages musicales, ou sur la profondeur des accords et notes convoqués. Quelques petites perturbations (mini-traitements, bruissements divers, souffles rauques, grésillements et petites saturations) sont ajoutées à ces matériaux, mais rien de trop troublant non plus, rien qui ne mette l’auditeur à distance.

La publication en vinyle permet à Faith Coloccia de diviser son album en deux grands mouvements : « A New Young Birth » et « Sangre De Cristo ». Si cette répartition est logique, on sera moins convaincu par la découpe en, respectivement, huit et six segments, dispositif qui morcelle l’écoute là où on aurait apprécié un étalement dans la durée, d’autant plus que les deux faces du disque se font suffisamment distinctes puisque, globalement, la seconde connaît davantage de passages parsemés de saturations que la première, à la coloration plus claire. Donnant l’impression de venir de très loin, comme trouvées au fond d’un grenier ou remontées de plusieurs décennies, les compositions de Mára possèdent assurément un charme, un peu hanté, mais véritable.

***1/2

10 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Ben Shemie: « A Skeleton »

Ben Shemie est surtout connu pour son travail avec Suuns, groupe au sein duquel il fait office de chanteur et guitariste. Il fait paraître ici, un premier album solo, intitulé A Skeleton, un dique su’il décrit comme de la « pop expérimentale qui mélange des sons froids et synthétiques avec des touches psychédéliques ».

La proposition s’avère ainsi très différente de l’art-rock auquel il nous a habitués. Délaissant la guitare au profit des machines, développant des mélodies touffues, Ben Shemie démontre avec brio toute l’étendue des sonorités et technique qu’il est capable d’exploiter.

Construit autour de courts motifs de boîtes à rythmes et de synthétiseurs — aux sonorités à la fois froides, machinales et lo-fi —, l’album est résolument minimaliste. Cela est bien entendu inhérent à l’usage de machine, mais aussi au fait que Ben Shemie manipule celles-ci en temps réel, et ce, autant en spectacle qu’en studio.

A Skeleton a en effet été enregistré en une prise au prisé Breakglass Studio, à Montréal. Le musicien mise donc sur une certaine spontanéité, autant dans la création que dans l’interprétation de l’album, sur un rapport humain avec la machine, en tension avec la froideur des atmosphères proposées. La technique de feedback, utilisée selon lui dans la création de l’album, fait en sorte que les morceaux prennent une tournure différente à chaque interprétation.

Malgré ce côté imprévisible, Ben Shemie arrive à investir l’espace laissé vacant par les machines pour y développer des mélodies vocales complexes, mais néanmoins accrocheuses. Plus touffues que ce qu’il nous a habitué avec Suuns, ces mélodies se développent tout en légèreté sur un arrière-plan synthétique souvent répétitif. Empruntant des chemins inattendus, elles amènent une grande richesse harmonique à l’album. Constamment enduite d’une grosse dose d’autotune, la voix de Shemie semble elle aussi issue de machines.

Cette voix est d’ailleurs totalement en phase avec le propos développé sur A Skeleton. Comme le titre de l’album l’indique, on y suit les tribulations et les rêveries métaphysiques d’un squelette évoluant dans un futur proche où l’intelligence artificielle serait dominante par rapport à l’humain. Cette symbolique ramène à la dimension la plus fondamentale de l’être humain : le corps dégagé des traits physiques auxquels ont affuble des catégories sociales de genre, de race, de beauté, etc. Le regard de Shemie se porte ainsi vers l’intérieur, vers ce qui est caché, mais en même temps universel. Sur cette base, il s’attarde aux difficultés de mettre de l’avant une identité individuelle forte.

A Skeleton est d’une grande richesse, tant au niveau musical que conceptuel. Ben Shemie y montre bien la vaste palette qu’il est capable d’exploiter. En effet, si quelques textures sonores peuvent rappeler Suuns, notamment sur Differently, l’ensemble s’avère très différent, et ce, autant dans les mélodies, le propos, les sonorités, que les compositions.

Mais le mélange de sonorités et de genre musical proposé peut s’avérer de prime abord difficile à encaisser. En effet, il faut s’accorder quelques écoutes avant d’arriver à plonger pleinement dans cet univers singulier. On se laisse par la suite surprendre à être habité par les mélodies fortes de l’album. À partir de propositions profondément expérimentales, Ben Shemie arrive ainsi à développer un songwriting de haut niveau. On en revient ici à ce qui fait également la force de Suuns : faire émerger de belles chansons d’expérimentations sonores souvent radicales.

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10 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Jon Rose & Alvin Curran: « Café Grand Abyss »

Les musiciens qui opèrent dans le domaine de la synthèse instantanée (ce que l’on appelle généralement les « meilleurs improvisateurs « ) sont définis par la capacité d’exploiter les qualités insaisissables de la surabondance d’information. Ce qui apparaît comme une cacophonie chaotique et finalement insupportable aux oreilles et aux cerveaux oisifs transmet, au contraire, une sensation rafraîchissante de « clarté cosmique » aux personnes capables de lire à vue le sens profond de cette diversité légitime. Lorsque les artistes transforment une pluralité de trajectoires discordantes en une explication rationnelle, le témoin sans préjugés sait instinctivement que quelque chose de spécial se passe.

Jon Rose et Alvin Curran ont tellement d’expérience dans le domaine sonore que même faire allusion à un fragment de leurs programmes semble ridicule. Il s’agit d’interprètes qui, parmi d’innombrables projets, ont extrait de la musique conséquente des cornes de brume marines (les rites maritimes de Curran) et des clôtures de fil barbelé (les grandes clôtures d’Australie de Rose et Hollis Taylor). Ce qui veut dire que ces artistes appartiennent à la catégorie très rare des personnes qui sont nées dans le son. Pour eux, il n’y a pas de différence entre une sonate pour piano, un chant rituel, un échange de phrases complexes sur un instrument donné, un prédicateur de télévision enovoyant du « bruit blanc », un son industriel. Les gens ordinaires qui font du bruit par leur simple présence absurde peuvent parfois être acceptés comme faisant partie de l’intégrité, si on est assez tolérant.

Pour la circonstance, le duo s’est concentré sur les structures d’improvisation pour piano, sampler, shofar, violon, violon, violon ténor amplifié, tuyau d’écoulement à 6 cordes ( !) et scie chantante ( !!). Curran décrit le Café Grand Abyss comme un « lieu imaginaire » après nous avoir éclairés sur la récurrence d’éléments de type « pianistes de cocktail » dans des manières autrement non figuratives d’aborder l’improvisation. Si l’imagination semblait si vive pour tous, la plupart des problèmes découlant d’esprits défectueux seraient résolus une fois pour toutes.

Chaque événement a un sens : au fil du temps, les événements infinitésimaux précisent une transition vers la conception la plus vraie de l’harmonie. Ce dernier terme est un terme abusé dans la bouche des ignorants, et l’auteur est de plus en plus réticent à l’utiliser. Pourtant, après avoir scruté un titre intitulé « The Marcue Problem », le sentiment persistant est celui de se tenir très près de la quintessence polyphonique de tout ce que l’on entend, ressent et vit tout en réalisant – encore une fois – que rien ne peut être figé par une description pitoyable.

Dans ce disque, « complexité » rime avec « poésie ». La virtuosité est une roue à aubes qui réfracte les rayons du soleil d’un contrepoint supérieur caractérisé par une vitesse de réponse impressionnante. Néanmoins, l’interaction est entièrement dépourvue de questions et d’objectifs égoïstes, ce qui influence positivement l’humeur de l’auditeur. Ce mélange de réminiscences, de détours rapides, d’ouvertures lyriques, d’agitation animale, de significations émiettées et de reprises ironiques – voir « Tequila For Two » – témoigne d’une souplesse acoustique (et mentale) qui ne peut être obtenue que par une vie passée à étudier les molécules résonnantes, quelle que soit leur source. La nécessité d’une soi-disant communication qui a amené d’innombrables âmes faibles à renoncer à l’écoute silencieuse pour privilégier un intellectualisme qui serait, au fond, analphabète et un rassemblement social forcé qui est tout sauf oublié.

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6 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Iiro Rantala:  » My Finnish Calendar »

La particularité de ce My Finnish Calendar du pianiste finlandais Iiro Rantala est de proposer 12 morceaux improvisés avec pour chaque titre une évocation musicale d’un mois de l’année… car le pianiste Iiro Rantala a décidé de mettre en musique le passage d’une année entière dans son pays, la Finlande.

Disque de jazz mais pas seulement, My Finnish Calendar évoque l’esprit des albums en mode  solo piano de Gonzales avec ce côté joueur et par moment très virtuose dans la manière de poser les notes, avec pour chaque mois une humeur un ressenti différent.
Les mois d’été seront légers et entraînants tandis que les mois d’hiver seront mélancoliques et sombres. Le tout, comme partout en Europe.

Quelles que soient les saisons, cela donnera un album très varié et très riche avec des variations et des nuances présentes tout au long des cinquante minutes de ce disque, un opus ludique et virtuose à la fois.

***1/2

5 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Lungbutter: « Honey »

Un album noise-rock comme Honey est unique, abstrait et assuré, sans compromis, créé par un groupe comme le trio montréalais Lungbutter. Honey n’a pas l’air d’un album qui est surgi à partir de rien, sur un coup de tête. Lungbutter s’affaire depuis des années, joue dans des espaces DIY à Montréal et ailleurs en Amérique du Nord et cultive son approche particulière. La cassette Extractor, lancée à l’été 2014, démontrait déjà le style et la méthode du trio: une guitariste (Kaity Zozula) à la technique simple mais bourrée d’idées qui utilise plusieurs amplis à la fois pour pratiquement s’accompagner elle-même, une joueuse de batterie (Joni Sadler) qui frappe fort et en communion avec sa partenaire à cordes, et une chanteuse/réciteuse (Ky Brooks) qui crache sa symbolique nébuleuse comme si c’était la vérité la plus directe et la plus importante qui soit.

Même si le groupe œuvre dans un style qui ne remplira pas les stades, il a fait de l’effet à quelques personnes qui peuvent faire bouger les choses au point de permettre enfin ce premier album après plusieurs années d’existence en tant que groupe.

Ce n’est pas une réinvention ni un nouveau départ, mais plutôt l’occasion de présenter l’essence du groupe dans un format un peu plus long et plus soigneusement enregistré. Honey comprend d’ailleurs une nouvelle version de « Vile », qui était aussi sur Extractor cinq ans auparavant. 

Cet opus est situé stylistiquement quelque part entre Melvins et The Raincoatset on ne peut qu’être ravi qu’il se matérialise enfin. C’est le genre d’album dont il faudrait parler plus. C’est le genre d’album qui donne le goût d’arrêter de perdre son temps, à gloser et à être autre chose que créatif.

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2 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Manu Delago: « Circadian »

Le nouvel album de Manu Delago s’inspire des cycles du sommeil pour composer un album de voyage propre à la rêverie. Le musicien autrichien fait référence à son court métrage Parasol Peak – The Transixing Circadian dans lequel il évoque les différâtes cycle du sommeil. Une idée qui lui est venue lorsqu’il était en tournée à travers le Monde, pendant plusieurs mois, pour accompagner Björk, Olafur Arnalds, Cinematic Orchestra ou Anoushka Shankar et qu’il manquait cruellement de sommeil.

Circadian est un disque aux accents nocturnes se présentant comme une sorte de voyage à travers la nuit pour évoquer comment le cerveau peut digérer des expériences de vies multiples pendant les heures de sommeil.
Circadian utilise un motif répétitif de 24 notes, avec quelques petites variations rythmiques symbolisant le fait que notre rythme de 24 heures n’est pas parfait et que chacun a ses propres variations de sommeil.

On entendra dans cet album des sonorités électroniques autour desquelles gravirent d’abord des instruments à percussions, mais aussi clarinette, synthétiseurs analogiques, cordes et trombone pour un résultat d’une grande beauté, aux ambiances souvent cinématographiques.

Ces 7 titres, propices à la rêverie tirent vers le jazz et dégagent une forme de douceur et une chaleur assez réconfortante au fil des écoutes. L’orchestration très riche renforce cette impression de confort absolu dès le début avec en point d’orgue ,« Delta Sleep », un titre de 24 minutes enregistré à la lumière d’une bougie, durant toute une nuit. Superbe exercice de style qui n’en est pas véritablement un.

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1 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Efterklang: « Altid Sammen »

Efterklang fait partie de ces formations connues seulement de certains initiés. Il faut dire que depuis sa formation, il ne joue pas vraiment dans la catégorie grand public. Les Danois font le pont entre post rock, indie pop, musique expérimentale et neo-classique… et n’hésitent pas une seconde à utiliser une langue maternelle assez peu exportable pour s’exprimer. Ce cinquième album arrive après une longue pause (5 ans), et va encore plus loin dans le processus créatif du combo. Les neuf titres de ce nouvel opus se déploient comme des voiles au vent qui souffle. Délicates, belles et aériennes, elles ne sont pas faites pour taper du pied en rythme, encore moins avec ces grosses influences neo classiques qui se font de plus en plus jour.

Si quelques éléments électroniques font surface ici et là, ils sont bien loin de pouvoir amener assez de rythme pour attirer les fans du genre. En fait, on se demande bien quels fans, hormis ceux du groupe, le public captif, pourra bien comprendre et, de ce fait, succomber à ce nouvel opus.

Le disque n’est pas mauvais mais il œuvre dans une niche et, en terme d’atmopshères,  Altid Sammen  mène sa barque sur une mer des plus calme si calme qu’il faut parfois se donner du mal pour s’y ancrer. C’est le genre d’album qui doit s’écouter uniquement dans les bonnes conditions et quand on y est prêt. Cela réduit un peu peu son champ d’action mais, une fois les portes ouvertes et les amarres larguées, on pourra apparailler sur ses flots avec félicité.

***1/2

30 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire