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Haelos: « Any Random Kindness »

La formation anglaise Haelos présente ici son tout nouveau disque intitulé Any Random Kindness. Le groupe nous a prouvé qu’en 2016, avec Full Circle, il était possible de faire un disque trip-hop ambiant sans tomber dans le trop cérébral, le trop pensif. Avec leur nouvel album, on revient sensiblement dans les mêmes terres battues, pour être encore plus fort que leur opus précédent.

D’entrée de jeu, on pourra apprécier « Buried In The Sand », la seconde piste du disque. Les boîtes à rythmes et la voix gracieuse de Lotti Benardout qui s’ajoutent donnent toutes deux d’agréables textures sonores à l’oreille. Tandis que sur « Deep State », on y va d’accords de piano mélancolique et de guitare douce qui permettent de bercer l’auditeur et de tempérer l’espace sonore de ce très joli projet. Avec «  ARK », on va s’orienter vers quelque chose de plus mystérieux et percussif à la fois. La cymbale et le piano y seront des instruments de prédilection et y occuperont la place la plus importante et le rythme y sera plus diffus, et « ambient » permettant de reconnaître la signature du groupe.

Ensuite, sur « Boy Girl », on sera dans un domaine plus hip-hop ; on scande des paroles à coup de boîtes à rythmes sous des arrangements électroniques embrouillés. La voix féminine de Lotti se mêlera à celle, masculine du disque, et l’un répondra à l’autre comme sur une conversation.

On sera un peu plus en mode jazzy avec le titre « Kyoto ». Les accords répétitifs au piano, avec des sonorités lounge en arrière-plan, proposent ici un univers de renouveau à la Haelos et le refrain sera quasiment une ode aux cerisiers qu’on peut retrouver dans la ville ici évoquée

Ici, la voix utilisée sous toutes sortes de formes, sera décomposée, du plus puissant au moins fort, apportant avec audace un dynamisme particulier et astucieux.

Ceci étant dit, Haelos prouve encore une fois que leur bagage musical est important pour la scène électronique indie anglaise. Any Random Kindness est fait pour un public avide de curiosité. Il ne suffira que de tendre l’oreille pour participer à cet élixir musical.

***1/2

23 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sam Cohen: « The Future’s Still Ringing In My Ears »

Le récent succès de Kevin Morby, on le doit également à un autre homme : Sam Cohen. En effet, l’ex-membre d’Apollo Sunshine est aux commandes de ses plus grands et incontournables albums. L’homme de l’ombre basé à Brooklyna décidé de faire son grand retour après quatre années de silence radio avec The Future’s Still Ringing In My Ears.

Signé sur un label qui n’est autre que celui de Danger Mouse, Cohen nous présente ses choses à dire sous la forme de onze nouvelles compositions autoproduites (avec une aide précieuse de Danger Mouse créditée à la co-production mais sa patte est plus que présente), il poursuit sa voie qu’il avait emprunté avec son titre psychédélique « Use Your Illusion » aussi bien mystique que mélancolique et sa bande-son hantée The House of Rising Sun. Une fois de plus, son mélange de pop psychédélique et d’indie rock groovy fait effet avec ses claviers complètement trippy et ses arrangements quasi-Dylanesques comme sur « I Can’t Lose », « Something’s Got A Hold On Me » ou bien même sur « Man On Fire ».

Aussi bien rétro que psychédélique, Sam Cohen prend un regard détaché sur la société et dépeint un futur plutôt incertain et pas très optimiste. Ce sera avec des instrumentations vintage qui alimentent son sens du storytelling que l’on a affaire comme « Invisible Song », les arrangements au piano du plus bel effet de « Deafening Silence » sans oublier les guitares bien rétro et fumeuses qui habillent « Dead Rider ». Mentionnons tout de même l’audacieux « Let The Sun Come Through » qui pourrait faire office de pièce maîtresse de cet opus qui fourmille de nombreuses idées, n’en déplaise avec les nostalgiques « Waiting For My Baby » et « The Future ».

On pourra considérer The Future’s Still Ringing In My Ears comme un point tournant dans la créativité de Sam Cohen. On retrouve certains aspects qui ont fait le succès de Kevin Morby mais avec cette pointe de psychédélisme que l’on soupçonnait sur son premier album mais également lors de ses travaux précédents auprès d’Apollo Sunshine ou de Yellowbird. Grâce à l’aide précieuse de Danger Mouse, le musicien est définitivement prêt pour passer de l’ombre à la lumière avec un avenir plutôt bien tracé.

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23 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Olden Yolk: « Living Theatre »

Olden Yolk avait publié un premier album qui fut un classique instantané tant Shane Butler de Quilt et Caity Shaffer que l’on a aperçu aux côtés de Molly Burch nous avaient concocté une livraison de superbes chansons indie folk psychédéliques mises en boîte par Jarvis Tarveniere en personne. Il n’est pas question pour eux de se reposer sur leurs lauriers car voilà qu’ils nous présentent leur successeur nommé Living Theatre.

Inspiré par le mouvement comique expérimental new-yorkais du même nom où l’heure est d’exorciser ses pensées les plus profondes, Olden Yolk décide de passer à l’étape supérieure. Plus expérimental qu’à l’accoutumée, le superduo compte lorgner du côté de l’art-rock et de la dream-pop tout en conservant leurs bases folk psychédélique des débuts comme l’atteste des superbes titres comme « 240 D », « Meadowlands » ou encore les sonorités 70’s de « Cotton & Cane ».

Contrairement à leur prédécesseur, Olden Yolk met de plus en plus l’accent sur la complémentarité tant Shane Butler et Caity Shaffer se partagent les tâches. Cette dernière arrive à imposer sa patte sur des morceaux qu’elle interprète comme les punchy « Blue Paradigm » et « Every Ark » tandis que Shane Butler sait nous captiver comme bon lui semble sur les percussions jazzy et les ébulitions électroniques de « Violent Days » et le cacophonique « Grand Palais ». Bien évidemment, le retour au calme est prévu avec le serein « Distant Episode » sans oublier ses instrumentaux méditatifs « Meadowlands » et « Angelino High ».

Moins facile d’accès que leur prédécesseur, il en résulte un disque plus court certes mais totalement ambitieux et brillant qui fait une fois de plus ressortir l’alchimie musicale du tandem de Brooklyn qui ne finit pas de nous impressionner.

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23 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Ryan Pollie: « Ryan Pollie »

Los Angeles Police Department était le nom donné au projet musical de Ryan Pollie. En l’espace de deux albums, l’auteur-compositeur-interprète de Los Angeles s’est créé une petite place sur la scène bedroom-pop avec ses compositions touchantes et mélodiques. Cette année, il se réinvente et revient sous son véritable nom.

Il est vrai qu’il s’est passé pas mal de choses du côté de Ryan Pollie. Entre relations complexes avec ses parents et son cercle, une rupture amoureuse qui l’a cloué au sol et pour couronner le tout, la bléomycine qui vient pointer le bout de son nez. Une personne lambda aurait pu être au bord de rouleau mais pas notre hôte qui a réussi sa chimiothérapie et est prêt à en découdre en musique. Prenant un virage à 90°, on s’éloigne de la bedroom-pop des débuts pour une virée plus country-folk, Ryan Pollie se sent renaître tout au long de ces huit morceaux que composent le morceau et qui s’apparentent à un efort quasiment liturgique.

En effet, une ambiance religieuse plane tout au long de ce troisième opus tant Ryan Pollie est à la quête de la rédemption. Que ce soit sur des titres comme « Aim Slow », « Get Better Soon » ou encore « Only Child », on plonge dans une ambiance bucolique presque innocente avec ses arrangements précis. Bien que les influences dignes de Sparklehorse et de Neutral Milk Hotel qui avaient baigné son univers musical sont nullement présentes, il ne fait aucun doute que le californien renaît de ces cendres et a pour cible le ciel vec des ritournelles folk à l’image de « Raincoat », « Stereo » ou bien même de « Eyes of Vermont ». Ne restera plus à l’auditeur departiciper à sa chorale.

***1/2

23 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Nova Materia: « It Comes »

Membres de feu Pánico, la française Caroline Chaspoul et le chilien Eduardo Henriquez n’ont pas baissé les bras après la dissolution du groupe, choisissant de continuer la route ensemble et de faire parler les machines au contact de pierres et de tubes en acier.

It Comes leur premier album, paru en septembre 2018, est l’occasion de faire danser les corps et de laisser respirer les consciences, de conjuguer matières organiques et composés électroniques, de mixer l’eau et le feu, le calme et la tempête.

Nova Materia est expert en l’art de faire sonner roches et tuyaux métalliques, pourchassant un futur qui fait plus rêver grand monde, tant les technologies sont omniprésentes. Le retour à des instruments naturels, analogie de ce que être l’image du shaman, colle à leur univers fait de transe et de loops entêtants, de recherches sonores et de combinaisons authentiques, délivrant des titres aux atmosphères tournoyantes qui ne sont pas sans évoquer Einstürzende Neubauten partageant l’espace aux cotés de Wolfgang Press, Throbbing Gristle ou Wire. À ranger entre organique ou tellurique et électronique ou expérimental.

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23 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

@c: « Espaço, Pausa, Repetição »

L’abstraction en musique, n’est pas une inconnue dans l’oeuvre de Miguel Carvalhais et Pedro Tudela alis @c tant chaque album tire son sens de l’environnement dans lequel il se déplace, virtuellement ou réellement à travers les enceintes, créant des zones mobiles au croisement du conceptuel et de la poésie.

Conçu pour une exposition à la Faculty of Fine Arts de Porto, Espaço, Pausa, Repetição n’est qu’un rendu parmi d’autres, de par sa conception chargée de formules aléatoires et de possibilités infinies, toutes découpés en minuscules tronçons qui ressuscitent eu travers d’un florilège de contact entrelacés.

L’histoire de l’électro-acoustique et de la musique contemporaine se voient réécrites via le travail de @c, trouvant avec Espaço, Pausa, Repetição, une certaine forme de finalité radicale et irrévocable, à l’image des Dadaïstes dans l’Art, dont le point culminant est l’utilisation du mode random pour effacer toute trace passée et ne laisser au présent que le loisir de courir derrière un futur en zigzag.

***1/2

22 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Basic Rhythm: « On The Threshold »

Alors qu’il sortait l’année dernière un album de grime intitulé Red, White & Zero, sous le pseudo de East Man, Anthoney J. Hart revient sous celui de Basic Rhythm pour laisser exploser sa créativité sans limite, du coté de dancefloors mutants avides de rythmiques trépidantes et de frénésie chaotique.

Avec On The Threshold, l’artiste semble revisiter les genres qu’il affectionne, UK garage, grime, experimental breakbeat, nous faisant replonger dans une époque où les croisements foisonnaient, donnant naissance à d’improbables métissages sans lesquels nombres de musiques actuelles n’existeraient sans doute pas.

Mais les titres composés par Basic Rhythm sur On The Threshold ne sont pas qu’un simple aller vers le passé, mais bien un album solidement ancré dans un certaine tendance actuelle, amoureuse de textures synthétiques viscérales et de compositions minimalistes au pouvoir énergisant. Un concentré de vibrations revigorantes aux sonorités so typically english qui résonnent dans chaque recoin de notre âme de danseur, jusqu’au bout de la nuit. Un opus qui parlera à tous ceux qui savent ce que le mot underground signifie.

***1/2

22 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Mariska Baars / Rutger Zuydervelt : « Eau »

Bien que collaborant régulièrement tous les deux au sein du quartet Piiptsjilling, Mariska Baars alias Soccer CommitteeSoccer Committee et l’ultra prolifique Rutger Zuydervelt alias Machinefabriek, unissent à nouveau leur talent sur le très lumineux Eau, opus qui nous transporte à travers des paysages à la beauté diaphane.

Tout en douceur, le duo conjugue voix féminines et stries incandescentes, poussant l’auditeur à se pauser, histoire de profiter pleinement de cette narration chargée de fantômes et d’esprits, de temporalité et d’éphémérité, de profondeur et de perte des sens. 

Les ombres mélodiques caressent sans discontinuer des amas de poussière magnétique, poésie abstraite aux vers infinis, pause liquide en mode flou, où les mots et les syllabes arpentent les douces rives de rêves sur le point de s’évanouir.

***1/2

21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

The Head and The Heart: « Living Mirage »

The Head and the Heart n’avait pas convaincu avec son dernier album Signs of Light. Le groupe indie folk de Seattle s’efforce de faire un grand bond en avant avec cet opus qui cherche, ici, à rectifier le tir sur ce nouvel opus Living Mirage.

Le désormais quintet de Seattle ne chéroge à ses habitudes avec un indie folk toujours aussi bien ciselé et entêtant. On retrouve ainsi les harmonies vocales de Jonathan Russell et de Charity Rose Thielen ainsi que les compositions qui ont de quoi rappeler The Lumineers.

Exit Josiah Johnson, c’est avec des morceaux beaucoup plus roots qui sentent bon le Joshua Tree comme « See You Through My Eyes », « People Need A Melody », « Honeybee »ou « Running Through Hell » que l’on a affaire.

Living Mirage regroupera donc tout ce qu’on attendait de la part de The Head and the Heart pour le meilleur comme pour le pire. Il est clair que l’absence de la tête pensante du groupe se fait sentir que ce soit sur « Running Through Hell », « Saving Grace » ou bien même sur « I Found Out ». Pour ce quatrième album, le groupe de Seattle opère pour la force tranquille qui, du coup, sonne presque comme du déjà entendu par moments. On ne pourra, néanmoins, pas leur en vouloir de chercher la lumière tout au long de ces onze morceaux.

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21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Operators : « Radiant Dawn »

Lorsque Dan Boeckner n’officie pas aux côtés de Wolf Parade ou de Divine Fits, il réactive son autre projet musical qu’est Operators. Le supergroupe de Montréal qui compte également dans ses rangs Sam Brown de Divine Fits et Devojka avait publié un premier album nommé Blue Wave en 2016 et récidive trois ans plus tard avec leur successeur intitulé Radiant Dawn.

S’ouvrant sur « Days », Operators revient avec leur pop synthétique digne des années 1970 qui nous transporte très loin. C’est avec des hymnes bien taillés pour le live avec des rythmiques infectieuses et hypnotiques comme « Faithless », « In Moderan » ou encore « Terminal Beach » entrecoupés d’interludes instrumentaux comme « (Public Void) », « (Airlock) » ainsi que « (Object Sighting) ».

A travers ces quatorze morceaux et en 43 minutes de musique, Operators nous offre une bande-son post-apocalyptique où la société part à sa perte à travers des titres qui mettent la puce à l’oreille avec « Despair », « Strange » ou bien la conclusion héroïque de six minutes nommée « Low Life ». Radiant Dawn voit la force créative du supertrio montréalais qui ne finira pas d’étonner plus d’un.

***1/2

21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire