No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

LIghtning Dust: « Spectre »

leur mémorable Fantasy. Le duo originaire de Vancouver composé d’Amber Webber (chant, guitare) et de Josh Webbs (instruments) n’avait pas fait parler de lui depuis mais le voici enfin de retour avec Spectre.

Le disque s’ouvre sur des influences électroniques dignes de Boards of Canada avec l’inquiétant « Devoted To » comprenant des arrangements sur mesure avant de repartir sur des bases plus indie rock avec « Run Away » et des allures country sur « Lead Astray ». Lightning Dust nous en fait voir de toutes les couleurs que ce soit sur des titres lancinants comme « Incongrous Flu » et « When It Rains » et d’autres plus sombres à l’image de « A Pretty Picture » qui comprend une participation de Stephen Malkmus à la guitare.

Le duo de Vancouver n’a rien non plus perdu de son talent mélodique et, avec Spectre, Lightning Dust nous embarque dans un univers clair obscur où la voix magique d’Amber Webber continue de briller de mille feux sur des compositions qui ne nous laisseront jamais indifférents. Pour un comeback en force, ’’en est un indubitablement.

***1/2

15 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Harmony Woods: « Make Yourself At Home »

Venue tout droit de Philadelphie, Harmony Woods avait publié son album, un Nothing Special qui faisait mentir son intitulé en permettant à Sofia Verbilla de se faire un nom sur la scène DIY locale. Grâce à cela, elle peut aujourd’hui avec un Make Yourself At Home au titre plus inclusif.

Ons’installe donc comme chez soi et on prête l’oreille à ses peines de cœurs. Dès l’introduction faussement acoustique, « Swing », la musicienne extériorise ses maux les plus profonds avant de s’y’attaquer de plus belle avec les plus électriques « Best Laid Plans » et « That’s Okay ».

Toujours à mi-chemin entre indie rock DIY et allures emo, Harmony Woods met en scène ses luttes intérieures suite à une relation amoureuse des plus malsaines qu’elle vient de traverser.

Elle paviendra ainsi nous toucher sur « The City’s Our Song » mais également « Ghosts » et « Burden » qui sortent du lot avec ce sujet très sombre bien exploité sur des arrangements musicaux des plus incroyables. Ajoutons cela à « Misled » et « Sagittarius » où Harmony Woods continue de voir plus clair à travers cette relation qui l’a laissé des séquelles en établissant un parallèle à un deuil. Make Yourself At Home n’est pas un album indie rock DIY à consonances emo comme un autre mais plutôt un votage émotionnel que nla chanteuse trace pour arriver à l’apaisement et, de ce fait, un retour à la case départ.

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15 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Monolord: « No Comfort »

Le stoner doom de Monolord avait déjà fait des étincelles en 2017 avec le troisième album Rust, où le combo confirmait tout le bien qu’on pensait de lui et montrait une marge de progression impressionnante, notamment sur le dernier titre, tortueux et grandiose. Sans trop de surprise, « No Comfort » rempile avec peu ou prou le même genre de titres ; des titres mid-tempo tendant vers la lenteur, chargés de riffs lourds et gras, avec une voix heavy en retrait, une rythmique de plomb et quelques envolées guitaristiques sobres mais efficaces. Cet album prend, cependant, plus le temps de s’installer ; ainsi, il avance plus sagement, développant des structures plus recherchées, et s’éloignant donc un peu plus des pères fondateurs, tout en employant exactement les mêmes ingrédients. Les éléments les moins metal du disque sont quand même mieux rendus, plus discernables. Mais l’équilibre entre les deux n’est pas encore optimal.

Toutefois, Monolord a igommé les quelques imperfections qui émaillaient ses précédentes réalisations pour se concentrer sur des riffs parfois minimalistes mais toujours percutants. L’ambiance est en général un peu plus sombre, et les sonorités plus homogènes. Cela contribue à donner l’impression d’un bloc ; logique puisque No Comfort est un concept-album. Au final, et même si une bonne partie des qualités du précédant sont là, ce dique manque de particularités mémorables et force un peu trop le trait le trait sur la partie dooom.Il restera à Monolord d’amener sa musique beaucoup plus loin.

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14 octobre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

The Menzingers: « Hello Exile »

En 2017, The Menzingers avait connu leur plus grand succès avec leur album After The Party Suite à cela, le quatuor de punk-rock de Philadelphie a vu sa popularité s’accroître à un tel point que son successeur intitulé Hello Exile était attendu avec plus que de l’impatience.

Le groupe mené par Greg Barnett et Tom May revient plus mature et plus conscient en jetant un regard alarmé sur le monde qui les entoure. Hello Exile (produit par Will Yip) s’ouvre sur un « America (You’re Freaking Me Out) », où The Menzingers part en guerre contre une Amérique suprématiste qui régresse jour après jour avant, ansuite, d’enchaîner, sur un registre quelque peu différent, sur d’autres morceaux pop-punk comme « Ann»,  « Last To Know » ou « Strangers Forever ».

Ce nouvel album est également leur disque le plus diversifié de leur discographie tant The Menzingers navigue entre punk-rock classique, Americana, country et classic rock. On aura affaire à des morceaux aussi mélodiques que touchants tels que « Portland » ainsi que l’introspectif « I Can’t Stop Drinking » et « Strawberry Mansion » qui peuvent frôler le kitsch. Malgré cette bonne volonté, le groupe de Philadelphie s’enfonce parfois dans l’autocaricature en frôlant des allures stadium rock qui ne leur vont pas toujours.

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14 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Battles: « Juice B Crypts »

La philosophie musicale qui sous-tend la formule du « moins c’est plus » pourrait expliquer pourquoi Battles a résisté à l’envie d’ajouter de nouveaux membres après le départ du bassiste Dave Konopka l’année dernière, les réduisant à la moitié de leur taille originale. En effet, batteur Jon Stannier et le guitariste/claviériste Ian Williams semblent avoir découvert plus de liberté créative en s’amusant à travers une série de jams ludiques et de mélodies hors du commun.

Influencé par les rythmes trépidants de New York, il y a peut-être plus de couleur qu’on ne pourrait l’imaginer, comme s’ils avaient jammé avec le psychédéliqqme d’un combo comme Guerrilla Toss.

Comme dans tous les albums de Battles, il y a une mêlée orgiaque de rythmes imposants, mais ici, ils sont découpés et réassemblés de façon ludique, avec quelques pépins supplémentaires. Jon Anderson et Prairie WWWWW ajoutent quelques voix sauvages à « Sugar Foot, » mais ailleurs, Battles ne parviennent pas à tirer le meilleur parti de leurs invitées. Même la présence de Tune-Yards, qui sur le papier semble être un partenaire parfait, ne correspond pas à l’album, et les roues d « closer » « Last Supper On Shasta » ne s’avèreront pas très emballantes. Juice B Crypts est sauvage et non conventionnel, mais parfois difficile à connecter à un niveau émotionnel.

**1/2

14 octobre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Youth Group: « Australian Halloween »

Plus de dix ans après son dernier disque, Youth Group revient avec un album qui semble sortir comme par accident. Écrit dans une laverie abandonnée à Huddersfield, la patrie adoptive du chanteur Dr Toby Martin, ce qui était censé être de nouvelles chansons pour un autre album solo s’est transformévéritable album pour le groupe groupe.

Le « single » « Cusp » est également la chanson-phare de Australian Halloween avec le son classique de Youth Group, mais également une approche plus insouciante, chose assez amusante qui nous rappelle Real Estate. Malgré le sujet de la chanson – le point de vue d’un étranger sur le Brexit le – c’est l’une des chansons les plus décontractées de l’album.  « Bat Piss », dont le refrain évoquera « Leaps And Bounds » de Paul Kelly », jonglera entre satut de rock star et celui de parent, tandis que le nostalgique « Erskineville Nights » évoqura la vie dans l’ouest de Sydney.

Après avoir passé un temps limité à enregistrer les dix titres à Sydney, et bien que deux membres du groupe aient dû voler depuis différentes parties de l’hémisphère nord, le disque ne semble pas précipité, bien au contraire. Quiconque a joué dans un groupe, est passé à autre chose, a vécu sa vie mais n’en a jamais perdu l’amour, pourra s’identifier à cet album à un certain niveau, et il y a une simple liberté au cœur de l’album, célébrée sans aucune trace d’amertume. Cela vaut la peine d’être écouté pour les fans de musique qui se demandent ce qui se passe quand les groupes grandissent, s’éloignent et retrouvent le chemin du retour chez soi.

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14 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lightning Bolt : « Sonic Citadel »

Le nouvel album de Lightning Bolt se nomme Sonic Citadel et il porte cet intitulé à bon escient. Accorsd en distortion, ferveur du mitraillement des décibels et débauche d’énergie. Mais on y retrouve aussi autre chose, un sens de l’humour totalement absurde et punk que l’on retrouve en de trop rares occasions. Chez Hüsker Dü par exemple témoin en est un titre comme « Hüsker Dön’t ».

La fureur de Brian Chippendale derrière sa batterie semble insatiable. Brian Gibson à la basse nous lance de brusque poussées de distorsions évoquant autant Shellac que Iron Maiden. La nappe de bruit est immodérée ; de cette guérilla sonore on ne sort pas indemne. C’est un beau disque à écouter, oreilles sensibles ou pas.

***12

14 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ordo Rosarius Equilibrio: « Let’s Play (Two Girls & A Goat) »

Les rituels d’Archon Satani sont ceux d’un temps ancien. Dans l’histoire du parcours du chanteur et compositeur suédois Tomas Pettersson, c’est avec Ordo Equilibrio (période créative embryonnaire d’ORE) que l’envol a lieu, pour de vrai. Installation d’une musicalité, d’un nom.
La personne de Tomas hante les contrées neofolk depuis la naissance de ce projet singulier et remarqué. Il fallut la grâce d’une musique mais aussi celle, aux temps originels, de l’intervention d’un label concerné et responsable : Cold Meat Industry. Depuis, rien n’a interrompu un parcours inscrit au fil de l’eau dans le long terme. Ordo Rosarius Equilibrio, si constant en style et affirmatif dans sa plainte sensuelle, n’a pas d’âge – du moins se plait-on à le croire. Soufre des interdits, promesses du désir, feux intérieurs, transgression, questionnement des valeurs, ORE est tout cela.
Progression sensible des formes et de la narration : le sceau de l’austérité a frappé une grande partie de la production mais après l’arrivée dans le projet de la compagne Rose-Marie Larsen et de manière croissante sur ses dernières années de travail, ORE a tendu vers une écriture plus charnelle, pop en cachet sans que cette dernière se départisse d’une tendance cryptique. C’est le charme de ces choses, leur venin.
ORE, ces dix dernières années, reste sur une rythme de production lent (le précédent format long
Vision: Libertine avait, comme le nouvel opus, nécessité plusieurs années de labeur après la parution de Songs 4 Hate & Devotion). Précaution est toujours préférable à l’emballement.
Certaines règles demeurent néanmoins immuables en 2019, créant subtil équilibre dans le son : la nervure pop, indéniable, ne disperse pas une pulpe sévère, instrumentations et mots nimbés d’une brume érotique ou frappés d’une allusion charnelle plus frontale. Le détail pornographique est l’excroissance vulgaire de ce qui sans elle, se cantonnerait au feutre des interdits. Mais ORE défriche les zones interdites et conte son périple sans toujours passer par la suggestion. Et puis il y a ce feeling glacé, apocalyptique, prégnant dans l’œuvre. Le grain de la subversion et le trouble sensuel qui font le sel. Pop austère, minée par les tiraillements intimes, la tentation, cet appétit que l’on réfrène par crainte de l’on ne sait quoi. ORE : un acte libérateur et qui sent le soufre – et ce n’est certainement pas avec ce
Let’s Play (Two Girls & A Goat), que la donne va changer.

Il reste semble-t-il à Tomas Pettersson, qui a démarré l’écriture du présent chapitre il y a sept ans, des rêves de grandeur. Les orchestrations qui marquent l’album – Matt Howden de Sieben est remercié pour les cordes, très belles il faut le dire – donnent à ce son une chair et une volupté inédites (« Two Girls and a Goat (I never knew….) »). Le feutre est au rendez-vous, mais confort n’est pas le mot. Certaines noirceurs, typiques, s’accrochent à la balustrade : l’amertume en voix et les reflets clairs obscurs de « Evil wears a Mask with your Name » rappellent quelque chose des premiers albums, quoique le feeling d’antan s’inscrive plus frontalement dans la langueur. Voies de l’évolution : des teintes déprimées infusent toujours les huiles extatiques (formidables « I met Jesus in a Dream » ou « There’s no Pride Love is Dead »). Leur mixture forme la contradiction interne à cette musique. En elle se cimentent un style, une envergure.
La musique d’ORE est aujourd’hui et sans doute plus accessible qu’elle ne l’a jamais été, sans retrait de l’essence.
Let’s Play (Two Girls & A Goat) est un disque d’équilibre, et sa cinématographie passe par formes séductrices (« Let’s play, said the Rose to the Goat »). Elles renferment un danger, comme souvent. Sexe et suggestion mortuaire s’y côtoient, une vieille tradition. Élégances romantiques perverties par la tension sexuelle, parfois exacerbée.
Le dernier album ? À l’heure où Pettersson dit voir en le cru 2019 la
« version finale d’ORE », expression pour le moins ambiguë, l’avenir dira. Si tel devait être le cas, les essences distillées portent identité, et les mélodies marquent. Dans cette combinaison stylée de pop austère, d’acquis martiaux et romantiques et d’inexorables marches (« This is Life this is War », si noire et belle), ORE affiche splendeur et questionne encore et toujours les valeurs des sociétés modernes, en bon messager des immuables tensions intérieures.

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14 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Vukari: « aeveum »

Ça ne s’appelle pas « Black Metal » pour rien. A l’image de ce très bel artwork, très évocateur, écouter ce aevum revient à faire face à l’immensité. Que ce soit celle de la vie, de l’univers, ou quoi que ce soit d’intangible mais déprimant, l’expérience s’apparente à hurler face à une tempête de flammes en croyant pouvoir l’arrêter  de sa petite voix désespéré. Ce n’est pas joyeux, mais mais ce n’est pas ce que l’on a pu entendre de plus triste dans la vie. La voix se noie et se débat dans les remous permanents d’une batterie au staccato de mitraillette, de la guitare rythmique et de la  basse dans le brouillard dans le fond, quant à la rythmique, eh bien elle semble faire écho à la voix.

Immergé dans la masse, submergé par une lame de fond, elle lutte pour ne pas s’effondrer. Un bon album, que ce aevum, peut-être même très bon, expressif en diable, mais qui aurait gagné à être peut être un peut plus concis. Il faut prendre le temps de l’écouter, d’une seule traite, au calme, pour en apprécier les coins les plus sombres, et parfois y trouver un peu de lumière.

***1/2

14 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Broken Social Scene: « Lets Try The After 1 & 2 »

En 2017, Broken Social Scene avait effectué un retour en puissance bien fracassant avec on album Hug of Thunder. Le collectif indie rock canadien avait ainsi prouvé que malgeésept années d’absence, il pouvait revenir encore plus fort. Cette année, le combo evient mais en format court et à deux reprises avec un premier volet intitulé Let’s Try The After.

Composé de cinq titres, Broken Social Scene continue de nous surprendre avec sa musique toujours aussi romanesque et fantasque. Après une introduction étonnamment ambient nommée « The Sweet Sea », le collectif canadien pousse le bouchon avec le quasi-instrumental intitulé « Remember Me Young » aux allures post-rock alors que l’on attendait les interprétations passionnantes et passionnées. Fort heureusement, Ariel Engle de La Force ira répondre présent sur ce titre tout comme sur l’épique « 1972 » aux arrangements dantesques tout comme Kevin Drew qui nous envoûte sur le plus classique « Boyfriends ». S’achevant sur le glorieux « All I Want », Broken Social Scene ne déçoit pas avec ce premier volet même si l’on attendait des sommets plus dignes du collectif.

Après un premier volet qui manquait un peu de surprise, on était en droit de demander si Broken Social Scene allait définitivement se lâcher sur cette dernière partie du saga de cinq titres.

Le collectif indie rock canadien débute comme il a débuté le premier volet avec une introduction cinématographique nommée « Memory Lover » dont on aperçoit un clin d’œil à « Boyfriends » avant d’enchaîner avec des morceaux plus conventionnels et formatés comme « Can’t Find My Heart » et « Can’t Find My Heart ». La surprise de l’EP se nomme « Big Couches » où ils auront recours à l’Auto-Tune mais en dépit de cela, ils ne réussiront pas à raviver la flamme d’antan tout comme sur la conclusion nommée « Wrong Line » dont on attendait un final des plus dantesques. En fin de compte, ce Let’s Try The After nous laisse un peu sur notre faim et nous donne la conviction que Broken Social Scene est encore un peu en dedans de ce qu’il pourrait réaliser avec plus de volonté.

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14 octobre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire