Wire: « Change Becomes Us »

Le titre de ce treizème album de Wire pourrait se traduire par : « Le changement nous sied. » ce qui est tout à fait approprié pour ce groupe. On sait qu’il a, à chaque nouveau disque, regardé ses précédentes productions avec distance et qu’il s’est toujours employé, « live », à jouer des titres inédits plutôt que des morceaux familiers de son audience.

Qualifiés de « à peine écoutables » en 81 au post punk, les incarnations de Wire ont été multiples et Change Becomes Us en est une représentation paradoxale. En effet, il s’agit ici d’une sorte de compilation qui voit le groupe s’intéresser à ses premières années. Bien sûr, connaissant Wire, ça ne pouvait être un Best Of mais une reprise de morceaux inédits sur disque mais déjà interprétés en concert.

On retrouve la férocité avec laquelle ils jouaient à l’époque ; celle-ci s’est un peu adoucie et est devenue plus introspective à moments, plus débridée, mais exécutée avec expertise, à d’autres. La plupart des compositions sont excellentes et on peut même se demander pourquoi ils n’étaient pas inclus dans les mythiques, et incendiaires Pink Flag, Chairs Missing et 154.

Les plages ont un côté « arty » détaché, particulièrement les vocaux combinant textes cryptiques et travaux métalliques sur la voix. Le résultat est assez dérangeant avec des guitares s’y conjuguant pour générer une atmosphère morbide. Dans laquelle ceux qui apprécient les accords mineurs et les alternances satisfaction/dépression se régaleront.

De ce point de vue, Wire supplantent aisément PI.I.L. avec des morceaux comme « Doubles And Trebles » ou « Adore Your Island » où la mélancolie s’orne de guitares acérées et de longs crescendos qui peu à peu créent un pesant climat de claustrophobie. Ailleurs ce seront les lourds et industriels « Eels Sand » et « Stealyh Of A Stork » dont la furieuse précision rappelera l’origine punk du groupe et, à l’inverse, « Love Bends » ou « B/W Silenced » qui arboreront un visage vaguement « prog rock ».

Wire a été surnommé « « l’art band » par excellence », c’est encore plus apparent ici, dans ce court mais indispensable concentré de l’approche novatrice du combo.

★★★★☆

The Mavericks: « In Time »

Du début à la fin de cet album qui marque la réformation des Mavericks, on peut se rendre compte combien le groupe fait partie intégrante de cette caractéristique américaine fondamentale : le melting pot. Leur leader, Raul Malo, et ses musiciens basés à Nashville empruntent en effet librement et joyeusement aux cultures régionales des Amériques (du Nord et latine) sur un disque qu’il sera difficile d’égaler si on se réfère et on se cantonne à ce genre.

In Time s’ouvre, de façon significative, sur « Back In Your Arms Again », avec une guitare poisseuse et nasillarde baignant dans des échos country et partageant la vedette avec un ukulélé hawaïen râpeux mais au swing impeccablement cadencé. Se mêlent ensuite un clavier Tex-Mex et des timbales qui accompagnent alors une section rythmique à l’élan assuré et définitif. Malo ajoutera au titre sa voix de ténor en falsetto apportant une touche de romantisme à une morceau dont le thème sera la réunion amoureuse mais dont on peut très bien comprendre qu’il fait référence au groupe lui-même.

Cet esprit fédérateur et enveloppant perdurera tout au long des quatorze plages, que ce soit sur la pedal steel affutée et tranchante de « Lies », les mariachis hérissés d’un « Fall Apart » qui célèbre une séparation dans une atmosphère festive que l’on retrouvera sur un « All Over Again » redoutable pépite Tex-Mex. C’est ainsi également que l’on pourrait qualifier ce mini-opéra latino-gospel de huit minutes, « (Call Me) When You Get To Heaven » qui dont on ne peut que regretter qu’il ne termine pas In Time sur un ce qui aurait constitué un merveilleux point d’orgue.

Soulignons enfin, d’une part, l’origine cubaine de Malo qui donne à chaque composition sa faconde chorégraphique, et, d’autre part une production enlevée qui fait comme célébrer un retour qui, dix ans après, ne peut pas être plus « in time » qu’il ne l’est !

★★★★☆

The Flaming Lips: « The Terror »

Ce nouvel opus des Flaming Lips porte un nom on ne peut plus approprié car The Terror semble vouloir projeter une ombre funeste aux oreilles de qui l’écoutera. Est-ce le fait qu’il s’agisse de leur treizième album ou, peut-être, une sorte de prémonition ? Toujours est-il que les atmosphères psyché-délirantes, « singalong » ou « dream pop » qui nous ont souvent été familières chez ce groupe ont été supplantées au profit d’un album qui exsude un effroi et une terreur et qui ne peuvent que nous secouer physiquement.

La chanson qui ouvre The Terror, « Look… The Sun Is Rising » est pourtant très simple mais elle est carénée par des vocaux qui sonnent comme surgis d’un autre monde, des drumbeats saccadés et des guitares déchiquetées qui lui donnent cette tonalité erratique qui annoncera de quoi la suite va être composée. Le paysage qui nous est ensuite présenté à tout d’une dystopie et, quand, Coyne lance « Do you want control ? Do you really have control ?», il fait éclater ce thème orwellien aux tréfonds et dans les sinuosités de tout l’album. « You Lust » étend son fuzz de treize minutes et lui donne des proportions épiques, à la fois sans âme mais pleines d’humanité au sein de cette frayeur qui nous saisit.

La récurrence de cette notion d’égarement fait de The Terror un « concept album » mais certains passages ont le mérite de pouvoir être pris comme des entités à part entière. « Butterfly » et « How Long Does It Take » semblent flotter dans un continuum différents avec leurs guitares resserrées qui culminent dans un halo de poussière et de vapeur et « Turning Violent » voit Coyne utiliser son falsetto pour insuffler à ses vocaux une expiration hypnotique au-dessus du chaos industriel.

The Terror est un album déconcertant, sans véritable forme mais existant dans son propre vide. Il peut nous alinéer mais il est capable tout aussi bien de nous consumer, de nous paniquer mais aussi de nous apaiser. C’est une fausse journée à travers l’espace, à moins que celui-ci ne soit intérieur. En nous malmenant ainsi il nous laisse exsangues mais conscients que les choses les plus effrayants viennent de nous-mêmes. À ce titre il a cette valeur cathartique qui vaut bien que l’on s’y égare sans nos sens en soient occultés.

★★★½☆

Duologue: « Song & Dance »

On ne peut pas dire que Duologue soient complexés à démarrer leur premier album par un titre, « Machine Stop », qui pourrait être la copie conforme d’une composition de Radiohead, en particulier les vocaux de Tim Digby Bell. Song & Dance a eu une conception très longue et c’est sans doutepour cela que sa méticulosité lui permet de se montrer capable de transcender ses influences. L’option prise est de mêler rock et electronica mais le groupe londonien a su donner une tonalité qui lui était propre à sa musique.

Le falsetto hanté de Digby Belle apporte une couche supplémentaire de dramaturgie à leurs morceaux, en particulier sur « Cut And Run » qui pourrait très bien être leur titre emblématique.

C’est d’ailleurs à partir de ce moment que la palette sonique du combo se déploie de manière plus conséquente. Le tempo crépitant de « Gift Horse » étaye alors une ballade presque essentiellement acoustique dans laquelle le groupe multiplie vertigineusement son instrumentation (cordes orchestrales). Le résultat est risque et surprenant mais pleinement effectif.

À l’opposé de ce spectre sonore, « Snap Out Of It », conduit par une guitare mordante, se voit donner une ampleur cinématographique par ces mêmes arrangements.

Dans toutes ces démonstrations de puissance, Duologue se montre ainsi à l’aise dans cette faculté à ne pas tout lâcher ; « Endless Limitation » par exemple est une parfaite instance de la façon dont on peut dépouiller les choses au maximum tout en se montrant poignant.

Le groupe avait, à l’origine une approche plus « rock ». Y mêler de l’électronique était donc un défi pour lui. Qu’avec l’aide du producteur Jim Abbiss, ils aient pu maintenir cette constance, y compris dans les titres les plus « dance » (« Talk Shop » et « Push It ») montrent qu’ils sont capables de s’élever au dessus de cette ligne de démarcation et ne peut que nous rendre plus impatient dans la perspective d’un nouvel album…

★★★½☆

The Heathers: « Kingdom »

The Heathers se sont fait connaître sur la scène musicale irlandaise avec un premier album, Here Not There, sorti en 2008. Il s’agissait, pour les deux soeurs Macnamara, d’un disque pétri de chanson acoustiques et servi par les exquises harmonies de nos deux jumelles.

Quatre plus tard, la première différence notable réside dans l’instrumentation. Sur Kingdom, aux guitares sèches et au violoncelle, s’ajoutent le concours d’un véritable groupe et l’utilisation de synthés (sur « Gathjer Up » ou « Lions, Tigers, Bears ») qui contribuent à créer un climat beaucoup plus excitant en termes de paysage musical et d’amplitude sonore.

Même si les orchestrations sont impressionnantes ; ce qui reste le plus axial est le duo vocal des sœurs. Elles chantent avec intensité et utilisent judicieusement ne de leurs plus grandes forces, cetet facilité à créer des harmonies à vous couper le souffle. L’exemple le plus flagrant en est un « Underground Beneath » qui bouillonne d’énergie mais ce qui est remarquable c’est que, tout au long de Kingdom, le moindre vers de chaque chanson soit énoncé avec force et passion. Les refrains sont accrocheurs, les mélodies subtiles et il n’en faut, par conséquent, pas beaucoup pour que l’on se sente amené à vouloir les entonner avec elles.

Les textes sont, eux, concentrés sur le doute de soi qui accompagne le fait d’entrer dans un âge plus adulte, ce qui est en adéquation avec une musique plus charpentée. Celle-ci peut parfois s’avérer pourtant quelque peu répétitive et certaines compositions sont moins fortes que les autres (« The Third Rail » ou « Flight »). Reste néanmoins un album dans lequel le positif l’emporte largement tant il exsude honnêteté, flamme et aisance harmonique.

★★★½☆

Josh Rouse: « The Happiness Waltz

Cela fait déjà un certain temps que Josh Rouse n’a qu’un succès d’estime et que son auditoire est avant tout composé de fans. Il y a donc une certaine logique à ce que ce 10° album ait été enregistré avec leur aide financière et que The Happiness Waltz ne les déçoive pas.

On a, en effet, toujours droit à la même pop-folk douceâtre et dont le titre se fait l’écho d’une personnalité apaisée vivant désormais en Espagne.

Curieusement, les touches latines de ses précédents disques ont disparu et Rouse est revenu à une musique teintée de country. On trouve ainsi de la pedal steel sur le titre d’ouverture « Julie (Come Out Of The Rain) » et le producteur Brad Jones qui avait aidé le chanteur sur ses albums les plus mémorables, 1972 et Nasville, contribue à créer un son clair et pur s’assurant de cette manière à ce que chaque morceau soit « radio friendly ».

La voix de Rouse a, également, toujours cette suavité rappelant Paul Simon, par exemple sur le charmeur « This Movie’s Way Too Long » mais une composition comme « A Lot Like Magic » n’est pas loin de tomber dans le « easy-listening » en raison de son côté trop sucré.

Si on est à la recherche d’un peu moins de joliesse, il faudra se contenter de « The Ocean », émouvante ballade bercée par une pedal steel et dont l’atmosphère se fera mélancolique et d’un « Our Love » emprunt d’une humeur chagrine.

Rouse a choisi depuis longtemps de s’éloigner de tout ce qui pourrait être évocateur d’une colère rentrée façon Ryan Adams ; il se contente de traduire sans amertume et de manière enlevée ce que c’est que d’être dans le contentement. Sa pop peut se faire parfois entraînante mais, pour l’artiste et pour nous, ça n’est qu’un album de plus, indiscernable des autres et enraciné dans la confort et la routine.

★★½☆☆

The Virgins: « Strike Gently »

Depuis le premier album du groupe en 2008, il s’est passé beaucoup de choses pour The Virgins, en particulier son leader Donald Cumming. Ce dernier a été atteint par une crise de confiance et le groupe s’est séparé de son label pour rejoindre celui de Julian Casablanca, Cult Records, et dont Strike Gently est la première sortie.

Dès l’ouverture, avec « Prima Materia », on est surpris par la connotation « laid back » du titre. La tonalité est down tempo, la guitare sonne presque comme celle de Mark Knopler et ce titre va donner le la pour tout le reste du disque.

Hormis la (très) légère touche disco de « Flahback et « Memories and Dreams », le reste de l’opus a un parfum vintage et rétro indéniable. Les rockers comme « Travel Express (From Me) »sont comme en sourdine et véhicule une atmosphère introspective avec un solo de guitare dont les méandres sont signe d’interrogation et tout comme « Then There’s The Beggar », le climat est à la lassitude et la résignation.

Quelque part, The Virgins est un tout nouveau groupe et il se lance vers des quelque chose de presque plus détendu et réflexif (les cuivres de « Impression Of You », la similitude avec Dire Straits sur « Figure On The Ice »). Le disque se terminera d’ailleurs sur un « Rose Tatoo » qui frise avec le easy-listening et qui semble vouloir dévoiler la palette crooner de la voix de Cumming.

Strike Gently est une excellente réinvention des Virgins. En tant que « sophomore album » il montre à quel point le groupe est passé à autre chose. Débarassé de ses tendances disco, il semble aborder un nouveau style qui, si il n’est pas aussi enflammé que le précédent, a le mérite d’être plus touchant voire même poignant de par l’intériorisation dont il fait preuve et le discernement que, conséquemment, il révèle.

★★★½☆

The Cave Singers: « Naomi »

Après la séparation du groupe indie Pretty Girls Make Grave, Derek Fudesco s’en est parti fonder un trio de folk alternatif et roots à l’inspiration plutôt sombre. Changement de toonalité sur ce quatrième album avec un disque plus dansant et enjoué. Le trio s’est, entretemps, adjoint un quatrième membre à la basse, Morgan Henderson (Blood Brothers, Fleet Foxes) ce qui leur a permis de donner plus d’ampleur à leur son.

Curieusement pourtant les arrangements sont beaucoup plus dépouillés, comme pour donner plus de relief à la voix de Peter Quirk mais aussi à une électrification certaine. Le registre du groupe s’est également étendu puisqu’il aborde le rockabilly et que le rock se fait beaucoup plus présent (« It’s A Crime »). « Have To Pretend » est un autre titre qui mérite d’être mentionné de par lsa pulsation rythmique et ses riffs lourds en reverb.

L’atmosphère du disque, plus enlevée, se trouvera sur des titres très lumineux comme « Week to Week », « No Tomorrow » ou un« Canopy » abordé en accords majeurs, mais le reste de l’album nous verra en terrain connu : « Easy West » évoque ainsi le R.E.M. roots et le alt.country façon Wilco et « Shine » mêlera à une simple chanson folk un aspect célébratoire rappelant Paul Simon.

C’est, finalement, cet adjectif qui qualifiera mieux Naomi. De par une orchestration diluée, des vocaux excentriques et un répertoire moins circonscris, The Cave Singers semblent vouloir aller vers un univers moins racorni. C’est cet éveil qui autorise la jubilation légère qui accompagnera l’écoute d’un opus certes agréable et compétent, mais sans que rien de plus ne puisse y être ajouté.

★★★☆☆

Crime & The City Solution: « American Twilight »

Renaissant, pour ainsi dire, d’un hiatus de 20 ans, Crime & The City Solution sont de retour pour es faire les poètes documentaristes des miasmes qui agitent notre époque troublée.

Nos Australiens s’attaquent, cette fois-ci, aux fumets toxiques du chômage massif, à l’exclusion et au désespoir, leur installation à Detroit, l’ancien berceau industriel des États-Unis,pour enregistrer American Twilight est on ne peut plus approprié tant ce qui fut le le foyer du garage rock, du MC5 et des Stooges est une métaphore idéale pour développer leurs thèmes.

C’est d’ailleurs un natif de Detroit qui co-produit le disque contribuant ainsi à intensifier l’image à laquelle Crime & The City Solution sont liés, à savoir une dramaturgie et une dynamique cinématographique propre à véhiculer ce mélange de rédemption christique et de chaos inhérent dont le groupe toujours été porteur.

« River Man » met en valeur la voix de baryton menaçante de Simon Bonney et fait montre de collusion explosive; celle du rock basique que l’on trouve à Motor City et du funk qui en a été aussi issu (cuivres et ligne de basse et sentiment d’urgence des harmonies vocales). « Goddess » déploie un riff à la Grand Funk Railroad auquel se grefferait l’arrogance crade de Iggy Pop et « Domina » sera le morceau de choix combinant valse, spiritualité du gospel, country et rock fuzzy. L’instrumentation sera, par ailleurs, plus innovante : la slide-guitar de « The Colonel (Doesn’t Call Anymore) », les mariachi sur « My Love Takes Me There » ou le mélange de country et de gothique de « Beyond Good And Evil ». Le tout sera couronné par un violon dont le rôle plus important mettra en valeur la véhémence du propos et intensifiera la côté cataclysmique de l’album. American Twilight est un disque de rock and roll intelligent et halluciné ; il s’adresse à nous de façon convaincante pour dresser le miroir des risques que nous encourrons et des choix qu’il nous appartient par conséquent de faire.

★★★★☆

Stereophonics: Graffiti on the Train

On ne pourra pas dire que Stereophonics, avec Graffiti On The Train, sautent dans le train en marche fort en vague du « troubadourisme ». Le trio gallois démarre pourtant sur une guitare acoustique, « We Share the Same Sun », mais, très vite, le chorus arrive pour nous rappeler ce qu’est le son typique du combo. Les mélodies s’enchaînent alors, de façon percutive ; le riff imposant de « Catacomb » qui rappele les années 90, « Roll the Dice » sait donner la part belle à des cuivres cinglants et le « single » « In A Moment » est mémorable grâce à son attaque à la six corde et son magnifique chorus.

Le reste de l’album est nettement plus inégal. Si on fait exception de « Violins & Tambourines » aux arrangements plus légers et à l’humeur plus sombre, les autres compositions peinent à faire preuve d’allant. L’interprétation est toujours impeccable (en particulier la batterie tenue par Javier Weyler) mais elle ne fait que masquer des mélodies vides et sans autre impact que les décibels.

Sur ce huitième album, on a comme le sensation que Stereophonics s’emploient laborieusement à être dynamiques et, même si on ne peut nier à Kelly Jones une approche col bleu toujours aussi authentique, Graffiti On The Train donne trop souvent l’impression de rester à quai et, malgré les quelques arrangements à cordes qui rythment ponctuellement le disque, de ne nous peindre qu’un paysage dont les contours demeurent trop inégaux pour retenir attention et adhésion.

★★☆☆☆