Statues: « Adult Lobotomy »

Originaire d’Umea (bourgade suédoise à l’activité musicale inégalable, ayant vu éclore des groupes aussi majeurs que Refused ou Cult of Luna) et composé d’anciens membres de Starmarket et Kevlar, le trio ôte illico les premiers doutes que l’on peut habituellement avoir sur la maîtrise affichée par certains musiciens. Dans le grand bain depuis touts petits alors qu’ils étaient déjà biberonnés au rock des années 90, les trois scandinaves s’appliquent, sur ce premier album, à recracher toute leur culture musicale allant de Husker Du (peut plus encore Sugar) à Mission of Burma, en passant par Jawbreaker ou des concitoyens –Division of Laura Lee en tête – avec qui ils ont manifestement frayé dans le même bac à sable.

Statues partage ainsi sa grande affection pour un rock énergique, intense et spontané puisque quelques heures ont suffi à mettre en boite ce Adult Lobotomy ou s’enchaînent d’excellents titres frondeurs (« Dark Places », « Cranium »), et d’autres plus midtempo et pop sur lesquels Statues alterne le bon (« Sunken City Here We Come », « Tremors in the North) » et le moins inspiré (« The Bastards », « Authoritarian Roots », « Unnamed Drifter) », mais toujours avec le souci du refrain évident.

Rien de très original donc pour les éternels nostalgiques de la fin du siècle dernier mais une très bonne raison supplémentaire de s’en gorger.

**1/2

Doug Paisley: « Starter Home »

Le songwriter Doug Paisley n’a pas inventé la poudre, en revanche on ne pourra décemment pas lui retirer certaines qualités qui, aujourd’hui, suffisent amplement au plaisir d’une certaine écoute. Il possède, en effet, un art avéré de mettre en boite des compositions soigneusement arrangées selon les us et coutumes inhérentes à son style de musique o, également, un réel savoir-faire à composer de solides et chaleureuses mélodies. Paisley connait ses gammes et maîtrise à merveille les codes du genre. Starter Home quatrième LP du musicien canadien est une collection homogène de compositions country-folk, toutes, il faut le dire de bonne facture. L’opus regorge de riches arrangements mais aussi de subtiles arpèges de guitares lovés dans des compositions acoustiques et sa musique crépite comme du petit bois se consumant dans un feu de cheminée accueillant et bienvenu.

L’artiste canadien est à la croisée de différents styles : Paisley ne baigne pas dans la country alternative ou alt-country (americana), ses compositions ne sont pas profondément habitées – autrement dit sa country-folk n’est pas dépressive (il tourne avec Will Oldham mais il ne fait pas du Palace Brother), à l’exception peut-être de sa collaboration sur le single « Until I Find You » (avec Bonnie « Prince » Billy), ces chansons lorgnent subtilement vers la pop avec un fort penchant pour la folk et sa country n’est pas rock. E, bref, il a son style bien à lui avec voix attachante au timbre éraillé et fatigué, calé entre le ténor et la basse, et covenant parfaitement parfaitement à son registre.

D’emblée, toute se veut cool et paisible avec un « Starter Home » la voix de Paisley est accompagnée par la pedal steel guitar de Michael Eckert et la basse de Ben Whiteley. Le temps semble s’y figer, comme pour ne laisser place qu’à la musique.

Les 8 compositions suivantes (à diverses degrés) resteront figées sur cet écrin dépouillé et folk, baignant dans un nuage de mélancolie. Le plus bel exemple en sera le poignant « Drinking with a Friend », une belle réussite intimiste magnifiée par la guitare à résonateur de Don Rooke et l’orgue de Chuck Erlichman.

Paisley aime, en outre, partager le chant avec les artistes canadiennes, notamment Leslie Feist en 2010 et Margaret O’Hara en 2014. Il se dote aujourd’hui d’harmonies vocales sur les trois derniers morceaux avec l’interprète canadienne Jennifer Castle. « Waiting” » sera ainsi un beau moment de communion intimiste magnifié par un violon et un piano, tout le contraire de l’entraînante et excitante conclusion « Shadows » que l’on pourra presque qualifier d’anomalie par rapport à la tendance générale. Ce sera pourtant la conclusion idéale d’un n album sui saura nous perturber doucement tou en nus laissant adhérer à un idiome familier et, au bout du compte, confortant.

***1/2

 

You Tell Me: « You Tell Me »

You Tell Me est le « side project » d’un des deux frères Brewis, Peter, pour meubler le silence qui avait suivi le dernier album de Field Music. Il s’agit d’un duo qu’il a formé avec la chanteuse écossaise Sarah Hayes qui n’est autre que la membre du groupe Admiral Fallow. Et à eux deux, ils comptent remettre au goût du jour la pop baroque des années 1960-1970 avec ces onze morceaux audacieux et doucement anachroniques. You Tell Me partage leurs anxiétés respectives et cicatrisent leurs doutes sur papier à travers des morceaux aux arrangements somptueux comme la folk psychédélique aux airs 70’s « Enough To Notice » qui ouvre le bal ou encore les airs de The Blue Nile sur le sophistiqué « Get Out Of The Room ».

Sarah Hayes et Peter Brewis ont des influences communes comme Kate Bush, Van Dyke Parks ou même Randy Newman. Mais c’est la chanteuse écossaise qui sort sur des titres renversants à l’image de « Foreign Parts » aux arrangements de cordes luxuriants mais aussi sur « Springburn » et « Clarion Call » qui rappelle quelque peu la grâce de Joni Mitchell. Il suffira d’arrangements de piano et de cordes délicats comme sur « No Hurry », « Invisible Ink » ou encore « Starting Point » pour que la magie opère et le duo se retrouve bien à ce niveau-là.

You Tell Me conjugue passé, présent et futur pour ce premier album aux airs faussement baroques. Avec des compositions aux allures de comédie musicale, le duo arrive à cicatriser leurs angoisses quotidiennes sur des arrangements somptueux venue d’ailleurs.

****

Ryley Walker: « The Lillywhite Sessions »

En plus d’être un compositeur et interprète au talent immense, jamais Ryley Walker ne s’endort sur ses lauriers ni ne sombre dans la facilité. Après un disque paru voilà quelques mois, un Deafman Glance, qui abandonnait son folk circa 67 pour des escapades beaucoup plus urbaines et jazzy, il rehausse encore sa palette avec son nouveau projet.

Ryley Walker a donc choisi de remettre au goût du jour un album « fantôme » du Dave Matthews Band. Entre 1999 et 2000, Dave Matthews enregistre avec son groupe un album sous la houlette de Steve Lillywhite, le renommé producteur. Ledit disque sera entièrement refusé par le label et Dave Matthews ira enregistrer du coup un album solo avec un autre metteur en sons. Plusieurs morceaux de ce disque jamais paru referont surface quelques années plus tard, réenregistrés pour un nouvel album du groupe au complet. Mais les sessions avec Steve Lillywhite vont tout de même connaître une vie de clandestines, ces versions studio réapparaissant aux balbutiements du peer-to-peer dans les tuyaux parallèles d’internet. C’est certainement par ce biais que Ryley Walker découvrira ces rares enregistrements qui ont créé le « buzz » parmi les fans.

Choix pour le moins surprenant donc tant les deux univers de ces artistes semblent évoluer à l’opposé. D’un côté, la « rock star » et son super groupe de musiciens de studio hyper produit, taillé pour remplir des stades made in U.S.A., de l’autre l’artisan besogneux qui écume les bars et petites salles d’un périple intimiste.

Pourtant, à l’écoute des Lillywhite Sessions, point n’est besoin de connaître les originaux pour en apprécier l’acide saveur. Il n’empêche que ce disque impeccable titille amplement la curiosité et l’envie de les découvrir. Si Ryley Walker continue toujours son chemin vers un folk jazz épuré, on sent derrière ses interprétations l’hommage appuyé et le respect pour les talents de songwriter de son aîné. Dans une intonation – la ressemblance de timbre et de rythme est parfois troublante, dans un phrasé, l’on se rapproche petit à petit de la fêlure originelle tapie derrière le décorum de la grosse cylindrée. Une brèche qui redonne sens à l’envie de Dave Matthews d’écrire des chansons et de les offrir au monde.

Si jamais l’on venait à douter du grand écart qui séparerait les deux artistes, le saxophone free qui s’exprime chez Ryley Walker n’est pas sans rappeler celui, souvent très calibré, qui se manifeste dans le Dave Matthews Band. S’il y a au plus profond de chaque chanteur américain le désir d’augmenter son niveau de jeu, d’audience et des velléités à devenir en quelque sorte le nouveau Springsteen, rien n’empêche alors le rocker dans l’ombre de rendre hommage aux talents multiples de celui qui a explosé en pleine lumière. Ils sont faits du même bois. Cela n’enlève alors du mérite ni à l’un ni à l’autre.

***1/2

James Murray: « Landscapes Of Lovers »

Après un Falling Backwards dans lequel les instruments réels (guitare et piano) prenaient une place certaine, Landscapes Of Lovers voit James Murray retourner vers une ambient plus homogène, constituée uniquement de nappes synthétiques. Concentré en deux morceaux d’un peu moins de vingt minutes, ce nouvel album permet à l’Anglais, par ce dispositif différent, de ne pas lasser l’auditeur nonobstant le caractère rapproché de ses publications.

Moins vertigineux que son prédécesseur, ce long-format travaille donc plutôt par infusion progressive, jouant évidemment sur la durée de ses deux pistes et sur la capacité à faire vibrer tremblements d’arrière-plan et accords tenus, ou bien à jouer sur la superposition d’un accord prolongé et de mouvements en second rideau.

Bien que les textures continues soient donc largement majoritaires, un piano laisse tout de même pointer, dans le dernier quart du morceau-titre ou au milieu de « And So Goodbye For Now », ses quelques notes éparses, comme autant de perles lumineuses.

Des granulations et saturations apparaissent également dans le dernier tiers de ce second morceau, sans qu’on parvienne à identifier si elles proviennent d’une guitare traitée ou bien de machines. Quoiqu’il en soit, elles viennent instiller une très belle émotion, constante du travail de James Murray, qui trouve ici une nouvelle déclinaison convaincante.

***

Warduna: « Skald »

Depuis quelques années, le collectif de néo-folk Warduna sillonne la planète avec une musique qui semble issue des temps anciens, tirée d’un monde perdu, forcé à l’oubli par la pression des missionnaires venus de grands royaumes sanctifiés. Cette époque où la littérature n’était souvent qu’orale, où chaque note, chaque signe, chaque mot entretenait le lien social et pouvait avoir des répercussions, une incidence sur la vie, est justement doucement en train d’être redécouverte. Mis en parallèle avec notre modernité, ces bribes du passé arrivent à trouver une autre signification et à se frayer un chemin vers un nouvel auditoire par le biais de groupes ou troupes comme Warduna

À ce titre, Einar Selvik, le fondateur et conservateur en chef du groupe, donne des conférences et interprète en live, parfois seul, parfois en groupe, les titres qu’il a crée ou recrée, que ce soit pour Warduna, pour Einar Selvik & Ivar Bjornson ou pour la série télévisée à succès « Vikings ». Cette fois-ci, l’homme revient avec une collection de titres acoustiques enregistrés à Bergen en Norvège et baptisée pour l’occasion Skald (poème épique scandinave datant du Moyen-Âge).

Sur la trame de ces chansons de geste historiques et lexicales Skald reste fidèle à sa définition originale et constitue un voyage nous emmenant au plus profond des langues nordiques. La forme musicale, toute simple qu’elle soit, est travaillée, traversée qu’elle est par des assonances, des allitérations et une instrumentation ancienne censée nous accompagner dans cette pérégrination mythologique. Loin du côté percussif et tribal auquel on aurait pu s’attendre, le monde est déclamé par une scansion poétique et pleine de verve où les sonorités et les chants apportent un vivant qui va au-delà de la compréhension stricto sensu. Entre mysticisme et fascination, l’album se singularisera par sa verve (« Helvegen », « Fehu » ou « Voluspá »), l’émotion qu’il parviendra à déclencher ( « Vindavla », « Ormagardskvedi » et « Gravbakkjen »), mais surtout la surprise qui pourra émaner de la langue scalde sur « Sonatorrek ».

Loin d’offrir l’image romantique et romancée des Vikings version XIXème siècle, cette vision déformée de la civilisation scandinave où les Hommes du Nord apparaissent affublés de casques à corne et plus moraux et plus impressionnants qu’ils n’étaient vraiment, Selvik tente donc de recréer cet art perdu.

Avec humilité mais aussi beaucoup de volonté, d’intelligence et de grâce, Einar Selvik s’essaye à une vision contemporaine de l’art scaldique, faisant ainsi le lien entre une modernité étouffante, un futur inconcevable, un présent incongru et un passé que l’on aurait tendance à oublier ou à laisser oublier.

Écouter Skald, s’y attarder et ne pas passer à autre chose dans la minute implique de temps de l’entendre dans les bonnes dispositions, celle qui permettent de fermer les yeux et d’ouvrir son esprit. Cela nécessitera patience et application mais la gratification sera à la hauteur de la disponibilité dont on aura su faire preuve.

****1/2

Angelic Milk: « Divine Biker Love »

Direction Saint-Petersbourg pour partir à la rencontre d’un des nouveaux groupes de cette année. Voici donc Angelic Milk qui est le nom du projet de la chanteuse Sarah Persephona et qui est partagé entre indie pop lo-fi, dream-pop et post-punk/emo gothique, comme l’atteste son premier album Divine Biker Love paru sur un label suédois.

Dès les premières notes de « Helluva Dr. », on embarque dans l’univers protéiforme d’Angelic Milk. Les premiers morceaux de Divine Biker Love sont riches en lourdes distorsions de guitare et de rythmiques effrénées digne des années 1980 comme le punchy « BALL GAG KI$$ » flirtant avec le riot grrl ou encore « When The Limousine Pass Us By » contrastant avec l’interprétation onirique de Sarah Persephona.

La fusion entre dream-pop et riot grrl est parfaitement assurée et la seconde moitié du disque ira mettre en avant les textures plus éthérées. On appréciera entre autres « Celebrate » qui aura de quoi faire penser au label 4AD mais encore les ballades lancinantes que sont « Crimson Spots On Pale Pink Silk » et « Agnes De Lux » qui clôturent cette cérémonie avec grâce et efficacité. Sur ce point-là, Angelic Milk réussira à marquer l’épreuve du premier album avec ce Divine Biker Love qui, faute d’être divin,peut susciter un petit engoueme

Mr. Twin Sister: « Salt »

L‘image de Twin Sister, c’est celle du groupe samplé par Kendrick Lamar pour son tube « The Recipe » en 2012. Rebaptisé Mr. Twin Sister, le groupe de Long Island était sorti des sentiers battus avec deux albums plutôt pointus et inventifs.

Quatre ans plus tard, les voici de retour avec Salt, où, une fois de plus, Andrea Estella et ses acolytes prouvent qu’ils possèdent toujours la même verve expérimentale et métissée.

Mêlant avec brio avant-pop et influences jazz, Mr. Twin Sister véhicule une classe certaine dans des compositions hybrides que ce soit sur l’introduction infectieuse qu’est « Keep On Mixing » qui met en avant une société américaine de plus en plus divisée, ou sur les morceaux imprévisibles comme « Alien FM » et le plus percutant « Tops and Bottoms » où la voix de la chanteuse domine avec aisance les rythmiques implacables malgré la fragilité physique affichée.

Salt est notable pour ses démonstrations en tous genres qui nous font nous attarder sur des morceaux comme le menaçant « Koh-I-Noor » à mi-chemin entre alternative R&B et ambient où Andrea Estella use de l’Auto-Tune ou encore le plus sinistre « Buy To Return » critiquant la société de consommation américaine.

On surprendra enfin Andrea Estella de chanter en espagnol sur l’hypnotique « Deseo » ou user des lourdes percussions sur le groovy « Jaipur »ou sa conclusion :« Set Me Free ».Salt est un opus audacieux et coloré, axé sur la recherche sans se départir de ces nerfs moteurs que sont feeling et perspicacité.

***1/2

Snakeskin: « Hangnail »

Snakeskin est un groupe qui vient à moitié de New York et à moitié du New Jersey et qui a été formé par la tête pensante Shanna Polley au chant et à la guitare. L’ensemble présente un premier album à fleur de peau ; Hangnail.

Marchant sur les inspirations noise-pop, shoegaze et grunge, Snakeskin nous propose des morceaux résolument fuzzy et racés. Il y a de quoi penser à Screaming Females sur « Limbless » et « Seize » ou encore à Sonic Youth avec « Two Pesos » et « Alone In A Crowded Room ».

Le combo y fait preuve d’un professionnalisme avéré grâce à ses guitares grinçantes et l’interprétation magistrale de Shanna Polley. « Chugging Cleaner » qui clôt cette cérémonie indie rock constitue la cerise sur un gâteau do,t on peut souhaiter qu’il soit étoffé de garnitures qui s’avèreraient moins figées dans les années 90 sur des disques suivants.

***

John Garcia: « John Garcia & The Band Of Gold »

Quand on parle de Desert Stoner Rock, le groupe Kyuss fait office de référence… pour ne pas dire de formation culte. On leur doit ces riffs ultra lourds, ces rythmiques hypnotiques, ce son si caractéristique et novateur à l’époque de cette gratte branchée sur un ampli de basse, … et la voix de John Garcia. Depuis laséparationdu combo en 1995 (au moment où le succès commençait à venir), ledit chanteur a enchaîné les collaborations extérieures (Orange Goblin, Danko Jones, Karma to Burn, …) et aussi pas mal de projets personnels (Slo Burn, Hermano, Unida). Malgré la qualité de ces oeuvres, les déboires commerciaux et juridiques ont été nombreux sur son chemin.  Malgré ces galères, Garcia a poursuivi sa route vaille que vaille et notre vocaliste débarque avec de nouveaux complices sous le nom révélateur de « John Garcia & The Band Of Gold ».

Dès l’ouverture, l’instrumental  « Space Vato », on est immédiatement happé par le sable brûlant et la chaleur étouffante du désert de Mojave. La batterie se fait sèche, la basse vous tape directe sur le nuque comme si le soleil prenait un malin plaisir à vous étourdir de ses rayons. La section rythmique de Mike Pygmie à la 4-cordes et de Greg Saenz derrière les fûts joue serrée (« Kentucky II ») et le groove sévère, envoie fort (« Cheyletiella ») et vrombit grave (« Apache Juncion »).

Les riffs sortant de la guitare de Ehren Groban sont on ne peut plus accrocheurs (« Jim’s Whiskers », « Lillianna ») avec des interventions solos qui ne sont pas en reste (« Don’t Even Think About It »). L’efficacité de ces compositions est indéniable à défaut d’être véritablement révolutionnaire. Toujours puissant (l’énergique « My Everything », l’imparable et énervé « Popcorn (Hit Me When You Can) »),ou le mélodique (« Chicken Delight »), Garcia sait aussi se faire plus nuancé (le bluesy et quelque peu psychédélique « Softer Side »). Percutant et entêtant, le poids des ans ne semble visiblement pas trop se faire sentir dans son attaque et son jeu.
Pour produire cet opus Garcia a choisi son ami de longue date Chris Goss. Cette figure emblématique du mouvement Desert rock fait ici ressortir le meilleur du quatuor avec des arrangements qui sont le nec plus ultra du genre, un genre dans lequel il est toujours bon de pouvoir s’ensabler.

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