Rapid Talk: « Interview de Shane Told (Silverstein) »

Silverstein écrit, tourne et publie de la musique depuis vingt ans, sans jamais se reposer sur ses lauriers. Son dernier album, A Beautiful Place to Drown, est un puissant ajout à la discographie du groupe. Bien que le disque ait ses sonorités classiques et reconnaissables de Silverstein, il contient également beaucoup d’idées et de pratiques nouvelle ;. occasions de parler avec le chanteur Shane Told de la réalisation de ce nouvel album et de la longévité du groupe.

En abordant l’héritage de Silverstein, et de ce que cela a été de consacrer vingt ans à la musique l’explication est sans ambiguité : « Ce n’est pas comme un travail. Plus de succès signifiait plus de temps et de ressources à investir, et maintenant nous y sommes à cent pour cent », déclare Shane. « Il a pris le dessus sur nos vies, mais ce n’est pas un sacrifice parce que nous en retirons beaucoup en retour. Je pense que les groupes arrêtent de jouer parce qu’ils pensent que le résultat ne vaut pas le travail, et cela peut certainement être un défi, mais je crois en l’équilibre que cela présente ».

Le niveau de détermination affiché par Told est, impressionnant. Il parle avec certitude de ses objecrifs et des fonctionnalités offertes par ce nouvel album : . « D’habitude, j’ai l’impression que les disques perdent quelque chose en cohésion quand il y a trop de collaboration, mais les parties de chacun des invités se sont senties naturelles à l’ambiance des chansons, en particulier le reportage de Caleb Shomo sur Burn It Down. Il y a eu quelques disques depuis que nous avons décidé d’avoir des voix invitées, et je pense que cet équilibre de collaboration est nécessaire pour notre musique. Nous avons vraiment eu de la chance d’avoir de si grands artistes sur l’album », déclare-t-il. « Ils ont été nos premiers choix, vraiment. Ils nous ont tous compris, nous et notre direction créative, et chacun d’entre eux avait son propre espace unique dans lequel s’intégrer. »

Reliant l’époque passée du groupe à l’état actuel de A Beautiful Place to Drown, on peut lui mentionnet mentionné que le groupe a toujours été connu pour son mélange d’énormes criffs accrocheurs livrés avec un chant plus agressif et une instrumentation plus lourde, mais que le nouveau disque semblait aller au-delà des vieilles recettes pour ui demander s’il y avait eu une progression significative qui a conduit à cette évolution du son. « Eh bien, stylistiquement, ces vieux trucs sont venus et sont partis. De nouveaux styles deviennent populaires ou sont découverts, et nous pensons que la meilleure façon de garder une longueur d’avance est de simplement écrire de bonnes chansons. Faites passer la structure avant les tendances. Si l’on regarde des chansons spécifiques de A Beautiful Place, même le premier « single » avait une approche texturale différente, mais au fond, c’est toujours Silverstein ».

À cet égard, « All On Me », semblait faire preuve de la plus grande expérimentation.

« Nous avons d’abord écrit cette chanson au synthé, ce qui était intéressant pour commencer. Nous avons pris le risque d’inclure un solo de saxophone, et je pense que cela a donné à la chanson le ton dont elle avait vraiment besoin. Le saxophone était un moyen d’expression heureux pour un instrument inattendu dont l’inclusion ne semblait pas ridicule », déclare Shane. « Quand vous en êtes à votre neuvième disque et que vous y travaillez depuis vingt ans, c’est vraiment cool de pouvoir encore faire quelque chose de nouveau et que ça marche si bien ! »

Ne reste plus alors qu’à savoir si Told s’était investi dans d’autres projets personnels et on pouvait attendre à vingt années supplémentaires de Silverstein.

Le groupe et moi sommes à l’aise avec le rythme que nous avons établi au cours des deux dernières décennies. Si jamais cela nous semblait laborieux, je suis sûr que cela nous ferait changer d’avis, mais nous nous sommes si bien entendus en tant que musiciens que nous pensons que c’est la voie que nous sommes censés suivre », a déclaré Shane. « J’ai l’impression qu’il y a un moment où quelque chose s’allume en vous et vous réalisez, en regardant en arrière : c’est ce pour quoi je vais être connu, alors je ferais mieux de le prendre au sérieux et d’y travailler dur. Si je ne donne pas le meilleur de moi-même, je ne rends pas service à tout le monde. »

Rapid Talk: « Interview de The Paranoyds »

« Nous sommes tous très proches », dit Lexi Funston, guitariste/chanteuse des Paranoyds. « Nous nous sommes tous rencontrés au lycée, où nous sommes toutes devenus les meilleures amies du monde. » Le groupe est complété par Staz Lindes (basse/voix), Laila Hashemi (clavier/voix) et David Ruiz (batterie/voix). Carnage Bargain, l’album dynamique de des Paranoyds, est un disque 100% californien. Leurs chansons fleurent agréablement les rues de L.A. qui sont à la fois Funhouse et « destroy ». The Paranoyds sont, à cet égard, une version réinventée et tordue de la jeunesse perdue de L.A.

« Nous trouvons l’inspiration à différents endroits de la ville. Chaque petite ville a ses propres activités : le westside, l’eastside, plus précisément [ces] quartiers. Chacun fait son truc », dit Funston. Nous avons beaucoup de mal à vivre dans une ville où on ne marche pas, mais nous nous rattrapons en conduisant. J’ai l’impression que nous allons partout à L.A. toutes les quatre. » Le titre « Egg Salad », extrait de Carnage Bargain, fait référence à des endroits d’Hollywood : « Walk down Cherokee / Looking for a treat »

Le spectacle vivant des Paranoyds est cinétique et explosif. La meilleure façon de le décrire serait de les comparer aux lance-flammes d’un film de Quentin Tarantino. The Paranoyds peuvent jouer à n’importe quelle adresse : à partir de 1000 Vin Scully Ave. (Dodger Stadium), à l’arrière de l’arène au 1111 S. Figueroa St. (Staples Center), à une représentation pour les fantômes au Cherokee Building au 6646 Hollywood Blvd. Les Paranoyds ont maintenant porté leur son à l’échelle nationale, faisant découvrir leur version de la Californie à d’autres publics et à d’autres adresses. « Il y a tellement d’action quand vous êtes sur la route que c’est un peu juste pour le plaisir », dit Funston à propos des tournées. «  [C’est] amusant de s’évader pendant quelques semaines. Faire ce qu’on aime et passer du temps avec des amis ». Un titre qui se distingue lors de leurs concerts est la chanson « Bear », un thriller à la guitare qui se joue comme dans un parc d’attractions. « Cette chanson est l’adieu final. Nous adorons la jouer. » Dit Funston. « Toute notre énergie, tout ce que nous avons va dans cette chanson. Que nous jouions devant quelques personnes ou à guichets fermés, c’est toujours plus amusant de jouer  ainsi.»

Le son des Paranoyds est un ragoût créatif compliqué. « Nous aimons Devo. Nous les avons vus à Desert Daze. C’était l’une de leurs dernières fois à jouer ensemble. C’était une belle machine bien réglée. C’était génial, dit Funston à propos de certaines des influences du groupe. Aussi : X, Television, le son proto-punk du début des années 70. » The Paranoyds assument parfaitement leurs influences, mais ielles affichent aussi leur propre son, unique et original. « Staz ou moi-même, on va trouver l’intro/verse/chœur, et ensuite on l’apportera au groupe pour le structurer et remplir les parties, une sorte d’atelier. C’est très impliqué », dit Funston. « Chacun vient avec son propre rôle. C’est bien. C’est une expérience de collaboration ».

« Nous n’avons pas de manager », explique M. Funston à propos de l’approche « DIY » du groupe. « Nous faisons nous-mêmes autant que nous le pouvons. » Cette philosophie du « Do It Yourself » s’accompagne d’une nuance – Staz Lindes vient d’une famille d’industriels fous. Son père, Hal Lindes, est un célèbre joueur de session et a joué à une époque dans Dire Straits. C’est bien que Staz puisse toujours demander à son père. C’est utile quand on a quelqu’un qui a cette formation et ces connaissances », dit M. Funston. « Staz a également une carrière de mannequin. Elle est mannequin depuis qu’elle a 16 ans. Elle le fait depuis plus longtemps que le groupe. Les choses se chevauchent – le mannequinat et l’industrie de la musique. C’est bien qu’elle soit capable de vérifier les choses qui ne vont pas. Elle sait comment les choses doivent être faites, ce qui est génial ».

Pour ce qui est de la suite, M. Funston déclare : « Nous prévoyons de sortir un « single » dans les deux mois à venir, et nous aimerions idéalement sortir quelque chose l’année prochaine. Probablement un E.P. Nous sommes encore en train de déterminer le calendrier avec tout ce qui se passe en ce moment ». The Paranoyds joueront autant qu’elles le peuvent dans la Cité des Anges : « Nous avons vraiment hâte d’attraper un peu d’hiver. Nous avons adoré jouer. Tout est plus intime. Le live se nourrit de ce que le public prépare. Je pense que les gens sont impatients de sortir, de s’amuser, de transpirer et de bouger un peu. Je pense que nous serions un bon groupe pour ça ». Et un petit Carnage Bargain est bon pour toute bonne âme.

Interview de Luggage: « Hors Fomats »

Le trio post-hardcore de Chicago Luggage a sorti son nouvel album Shift, un disque qui contient un mélange abrasif de tension et de structures minimalistes, un peu à la manière musclée d’un groupe comme Shellac, et y distillant des passages plus méditatifs, presque comme un mantra. Pourtant, lorsque le combo frappe, il frappe fort, délivrant quelque chose qui laisse un impact, indépendamment de sa capacité à utiliser une certaine invariabilité à son avantage bien mieux que la plupart des ensembles guitare, basse, batterie. Il explique ici ce qu’a été la démarche qui a inspiré l’album, le rôle joué par Chicago dans l’ambiance et la sensation du disque, et ce qui les attire vers des textures et des techniques plus dures et plus abrasives.

En tant que groupe qui joue de la musique forte et intense, mais avec un fond de minimalisme, comment fonctionne généralement le processus d’écriture des chansons ? Ces chansons sont-elles composées avec plus de soin, ou y a-t-il un certain degré de brouillage en studio ?

Luca Cimarusti, batterie : Les chansons sont presque entièrement écrites dans des jams squand nous répétons ou nous entraînon. Je trouve que la partie la plus importante dans la création d’une chanson est de se retrouver dans le même espace mental. Il faut trouver une certaine ambiance pour que le flux coule vraiment à flot.

Vous avez dit que Chicago influence fortement le disque, qui est à la fois élégant et abrasif. Est-ce que cela reflète votre vision de la ville elle-même, culturellement, architecturalement?

Michael Vallera, guitare/voix : Je pense que la ville rejaillit sur le disque dans le sens où nous sommes toujours en train d’observer et de parler de la façon dont elle fonctionne au jour le jour. La manière dont la rigueur des saisons use l’infrastructure, ou comment l’ensemble du lieu se termine simplement dans les lacs qui jalonnent la ville en une série de cloisons géantes en béton. Il y a toujours une combinaison de beauté et de délabrement. Je pense qu’on peut dire cela pour beaucoup d’endroits, mais la façon dont cela se passe ici est quelque chose qui influence définitivement l’esthétique du groupe.

Le Midwest et Chicago en particulier ont une longue histoire de musique underground intéressante avec son propre caractère. Qu’est-ce qui, selon vous, distingue Chicago des autres scènes des États-Unis ?

MV : Je ne suis pas sûr qu’il y ait un moyen de répondre objectivement à cette question, mais je crois que la musique et l’art dans un endroit particulier sont largement influencés par son environnement. Chicago est une ville ouvrière construite sur ce qui semble être une grille sans fin. Je pense qu’il y a une attitude particulière à l’égard de la musique ici, basée sur cette éthique du travail et sur une approche pragmatique de la création.

Y a-t-il quelque chose de particulier qui vous attire dans la tension et l’esthétique parfois sévère du disque ?

Michael John Grant, basse : C’est un disque organique. Je ne sais pas nécessairement ce que cela signifie pour nos personnalités, mais tout ce qui figure sur le disque est une véritable représentation de nous d’une manière ou d’une autre. Je pense que nous avons tous des tensions à gérer, mais c’est notre façon de les expliquer.

Est-ce que le fait d’adopter une approche plus ou moins exigeante devient plus difficile avec le temps, ou voyez-vous toujours de nouvelles possibilités à mesure que vous cultivez et développez le son de Luggage ?

LC : Ce qui rend le jeu dans ce groupe si satisfaisant, c’est en partie d’essayer de trouver de nouvelles façons de créer plus avec moins. J’ai l’impression que les possibilités sont infinies. A chaque sortie, l’approche devient plus brute et plus dépouillée, et je sens que nous pouvons continuer dans cette direction tout en gardant les chansons puissantes et intéressantes.

Que souhaiteriez-vous que les auditeurs retirent de l’écoute de Shift ?

MJG : Je veux que les gens comprennent l’absence de filtre, ; qu’il n’y ait rien de faux dans la musique et les gens qui la font. Nous avons tout prévu pour que l’on puisse vraiment inspecter ce que nous faisons et que l’on n’ait rien à cacher dans l’écriture ou la production de nos chansons.

Interview de Fountaines D.C.

 Les post-punkers irlandais de Fontaines D.C se singularisent par un goût pour la poésie merveilleusement exemplifiésur leur nouvel album, Dogrel. Ils abordent ici des sujets personnels où, selon leur guitariste Carlos O’Connell,il n’y a aucune appréhension à faire part de sa vulnérabilité. Il répond ici sur toutes les problématiques qui ont occupé le combo dans la genèse de ce nouvel opus.

Dogrel semble être plus personnel qu’avant ; êtes-vous inquiet de vous exposer ainsi ?

Oui, inquiet et excité à la fois. Il y a une grosse part de vulnérabilité edans. Avant, nous ne travaillions qu’à mi-temps ; maintenant nous somes plus au fait du quotidien et certains expériences sont retranscrites ici ; en particulier les phases dépressives et la perte de notre innocence.

Il y a ce goût inhabituel dans le rock pour la poésie.

Ça a toujours été le cas chez nous et on avait déjà publié deux ou trois livres avant. Du coup on a été influencés par Kerouac, Ginsberg et d’autres. Ensuite nous avons eu notre période irlandaise : Kanvanagh ou Joyce. Puis on a été absédés par Yeats. Ce sont ces autours qui nous donnent inspiration mais aussi énergie et une immense sensation de liberté aunt à ce que nous désirions écrire.

Il y a quelques années, le gouvernement irlandais a investi beaucou pd’agent pour la culture…

Nous en avons bénéficié. Ils nous ont aidés à réaliser l’album et, plus eimportant encore, nous ont accordé un soutien sans failles. Sans eux nous n’aurions pas pu faire autant de tournées et jouer dans de si grandes salles dont certaines, pour notre plus grande joie, étaient complètes.

Beaucoup de vos titres évoquent aussi des sujets économiques et financiers…

Il est important d’en parler car l’argent est le thème central sur Drogrel. Ces derniers temps beaucoup de gens ont pu prospérer, les personnes qui travaillent dans la technologie ou qui ont pu investir dans l’immobilier. Mais pour la majorité, nous vivons une période difficile ; beaucoup de familles qui vivaient à Dublin depuis des générations on dû partir en raison de la hausse des prix. Pour des artistes c’est encore plus difficile, nous l’avons vécu personnellement et c’est pour cette raison que nous en parlons.

Que pensez-vous de l’impact des médias sociaux sur l’art ?

Je crois que le problème réside dans le fait qu’ils crèent une distraction dans l’univers des gens et que ceux-ci dovent être un peu plus consients des véritables enjeux. J’ai été professeur et faire en sorte que les élèves laissent tomber leurs martphones et prêter attention à ce qu’on leur disait était une vraie galère. Parfois j’avalks l’impression que je leur coupais un membre. Au moins cela m’a permis de les mettre sur la liste des invités pour aller à nos concerts. (Rires) Qu’on le veuille ou non c’est un outil de promotion.

Interview de Methyl Ethel

Le dernier album de Methyl Ethel, Triage est, pour dans son intégralité, une avanture sen solo, celle de Jake Webb qui a enregistré et produit le disque dans son studio à Perth, en Australie. Mélodies art-pop électiques et influences R&B, tonalités infectieuses tout en demeurant réflectives et songeuses, cette collection de neuf plages amalgame des images surréalistes à la fois lyriques et sombres sur fond de dancefloor. Que dit son auteur de ces évolutions ?

Comment vous-êtes vous mis en rapport avec 4AD et quelles sont vos relations avec le label ?

Ils m’ont contacté un peu avant que je ne joue au festival du CollegeMusic Journal. Nous étions, des deux côtés, assez excités et satisfaits et sommes devenus très proches. C’est génial de pouvpoir travailler avec des gens de qui vous vous sentez proches.

D’où viennent, selon vous, vos meilleures idées ? Est-ce que le d’avoir des horaires ou une structure fixes peut vous aider en termes de créativité ?

En général tout se cristallise l’après-midi. Le matin je mets mes idées à la broyeuse et c’est la que le flot de l’inspiration se matérialise. Travailler à des horaires réguliers m’aide à me mettre en branle sans devoir attendre d’être frappé par un éclair de créativité.

Qu’avez-vous appris dans cette exépériance où vous réalisiez tout vous-même de l’écriture à la production ? Et qu’avez-vous tiré de votre expérience avec Marta Salogni pour la production ?

Travailler seul m’a permis d’acquérir pas mal d’astuces techniques. Ceci dit, avec Marta qui a collaboré avec moi, j’ai vu que faire participer d’autres personnes pourrait se montrer profitable aussi. La solitude n’est eaut-être pas la meilleure solution pour moi.

Vous dites avoir fini une trilogie en terminant cet album ; en suois dont-ils tous reliés les uns aux autres ? Et à quoi va ressembler le prochaine chapitre de votre carrière ?

Sur tous ces disques, tout est issu de mes expériences personnelles et tout y est direct. Je voulis écrire en me déterminant par rapport à cela. Ma vie a été passablement bouleversée et je me suis dit que la meilleure manière de m’en éloignée était d’écrire en l’évoquant. C’est sans doute un procédé cathartique pour moi.

Quelle est voter notion du succès ? Et direz-vous que vous l’avez atteint pou approché ?

Le succès n’est pas un paramètre pour moi. À mon sens, ce qui importe est d’avoir été au bout de mes objectifs.

Interview de Gruff Rhys

Que ce soit avec ses groupes ou en tant qu’artiste solo, Gruff Rhys a toujours eu une approche colorée et versatile quand il s’agit de composer. Sur son nouvel album, Babelsberg, il s’est servi de quelques morceaux simples et de messages élémentaires et leur a donné une plus grande ampleur grâce à ne pléthore d’orchestrations. Il était intéressant d’entendre le Gallois évoquer la façon de réutiliser ses vieux titres et de les adapter aux nouveaux médias.

Vous parlez de Babelsberg en évoquant une approche surréaliste sur ce que peut être la réélité et l’histoire : était-ce le moteur de votre inspiration pour ce disque ou était-ce l’étrangeté du nom qui vous a interpellé ?

Ce n’était pas un « concept album » en soi. Je faisais simplement référence aux conditions qui ont mené à son enregistrement. C’était une course contre la montre avant que le studio ne soit démoli pour être remplacé par des appartements de luxe et, à l’époque, je n’étais plus sous contrat avec personne. Ma deadline c’était cela et il m’a fallu très vite trouver un titre et je me suis souvenu d’un code postal en Allemangne alors que j’étais en tourbée. Le nom m’a semblé magique et je me suis mis à imaginer une sorte de tour où les gens essayient , à leurs manières, d’atteindre le ciel. Il y a aussi un orchestre à Babelsberg qui fait des musiques de films et c’est cela qui a donné une signification orchestrale au titre de l’album.

Comment Kliph Scurlock, Stephen Black et Osian Gwynedd ont-ils été impliqués avec le disque et qu’est-ce qui en a résulté ?

La coïncidence a fait que nous habitions à proximité. Je pouvais donc passer les voir en voiture et comme Stephen et Kliph avaoent déjà joué avec moi sur mon deuxième album solo,Candylion, et pour une trentaine de concerts c’était le plus simple. Osian avait déjà joué sur mon disque précédent agalement aussi nous avons py collaboré de manière tangible et très pratique.

Ce que vous faisiez en termes opératoires , comment cela s’est-il répercuté sur votre album ?

J’ai écrit le livret et lui en est le compositeur. J’ai fini par écrire les textes sur quelques-unes- de ses passages. C’était la première fois que je procédais ainsi et il m’a beaucoup aidé. C’était complètement inédit pour moi et le fait de lui amener ce type de travaux nous a pris du temps tout comme recruter un orchestre.

Qu’avez-vous tiré de cette adaptation pour un concert en public et projetez-vous de le réinterprétér avec le BBC National Orchestra du Pays de Galles ?

On avait démarré en juin dernier à Cardiff où ça devait faire partie d’un festival.On avait, au total, 72 musiciens et ceux qui avaient pris part à l’enregistrement étaient là aussi. Souvent, sur mes disques, je ne suis pas très discipliné en studio et on a fini par utiliser des tas de techniques expérimentales. Je ne suis pas très fan de l’idée de capturer les moments et je préfère de loin utiliser toute la machinerie dont je dispose pour faire quelque chose de mémorable. Cette fois-ci nous étions très disciplinés da façon à ce que les prises soient véritablement live. Travailler avec tous ces musiciens et le chef d’orchestre pour un concert en direct a été une expérience fantastique. Ça a été même assez simple car nous souhaitions quelque chose de brut et d’aussi peu poli que posssible. Nous avon,s adapté la musique pour des plus petits orchestres à Londres et ça s’est également très bien passé. Malheureusement il n’y a que dans ces deux villes que j’ai pume permettre de jouer avec un orchestre mais, le reste du temps, un piano fait très bien l’affaire aussi.

Qu’est ce qu a permis de faire de « Kegative Vibes » un titre aussi abouti pour l’album après que vous ayez pensé à l’utiliser pour votere projet Candylion ?

Ce titre a été mon point de départ. C’est une chanson très simple mais, pour quelqu’un qui, comme moi, écoute beaucoup de musique, il était intéressant de voir comment le processus s’opérait. Parfois, certaines compositions doivent être évaluées et il vous faut trouver un moyen de les faire progresser. J’avais toute cette batterie de compositions issues de « Negative Vibes » et elles étaient si directes que j’ai pensé que je pourrai les réadapter de cette manière.

Vous avez fait de le musique pour des jeux vidéo, des spectacles musicaux et avez même dirigé quelques films ; voyez-vous en lien entre ces projets atypiques et ce que vous faites quand vous enregistrez ?

Le principe unificateur est toujours la collection de chansons. C’est là que réside le coeur de mes activités. Les films que j’ai faits dont basés sur des tournées d’ailleurs. J’ai écrit un livre pour supplémenter le musique de American Interior, car j’ai toujours eu assez de matériel pour me le permettre et servir de support. Tant qu’il y a des morceaux de musique en jeu, je me sens autorisé à expérimenter sur divers supports et faire avancer ce que je produis. Ma seule crainte et d’écrire toujours et encore la même musique et c’est pour cela que je me lance dans l’expérimentation.

Interview: The Get Up Kids

Ce sixième album de The Get Up Kids les voit s’appuyer plus sune sensibilité pop, atayée par des riffs de guitares accrocheurs. Le son reste familier mais il est évolutif ; le guitariste Matt Pryor explique quelle dynamique s’est fait jour dans le groupe.

Après un silence de huit ans, qu’est-ce que ça vous a a fait de sortir un nouvel album ?

Du bien déjà. Nous sommes passés par plusieurs cycles et nous allons partir en tournée;le calme avant la tempête. Ça n’est pas ce que je préfère mais, comme on s’est à nouveau réunis, il nous semblait nécessaire d‘être à 100 % dans le schéma enregistrement et tournées même si rien ne nous y forçait.

Est-ce un facteur important par rapport à la pression avant la sortie de chaque album ?

Auparavant, nous étions trop jeunes et arrogants et son se disait que si ça marcherait forcément. Cela n’a pas été toujours le cas et ça nous permet de ne plus nous prendre trop au sérieux. J’ai du mal à considérer que je suis un artiste car, après tout, je ne fais que jouer dans un groupe punk. Nous ne sommes pas des artistes, nous n’allons pas à des concerts, on va juste à des spectacles. On fait ce qu’on fait le plus sérieusement possible.

Qu’est-ce qui a changé dans votre façon d’écrire depuis 15 ou 20 ans ?

Pas grade chose. Chacun a ses propres compsitions ; Jim (Suptic, guitare et vocaux ) en a trois, moi deux.. la moitié d’entre elles était déjà prête et celels de Jim sont les plus proches de nos états d’âme alors que chez moi, pour « Salina » par exemple, tout était conçu et préconçu sous la forme d’une « demo » acoustique. Le plus souvent, on part d’une ébauche, comme avec « The Problem is Me” » ; un riff de guitare sur laquel on cnstruit et mprovise avec une bière ou deux et une sauvegarde sur « Dropbox ».

Comment décidez-vous de qui va chanter ?

Chacun interprète les siens.Jim a avait écrit « Fairweather Friends” » mais j’y ai ajouté des textes et une mélodie. Finalement c’est moi qui la chante après que nous nous soyons mis d’accord.

Et quid de vos influences quand vous écrivez ?

Je ne sais pas si ellesont beaucoup évolué ; nous avaons toujours les même thèmes. CE qui a changé c’est la dynamique qui a fait de moi un père de famille, avoir divorcé, la mort de certains membres de noter entourage ou l’état du monde en général. Je suis plus conscient et impliqué qu’avant quand je me moquais de savoir qui était note Président.

Il y a ce titre, « Lou Barlow », quel rapport y a t-il avec Dinosaur Jr ?

Aucun ! Je ne l’ai jamais rencontré. C’est une chanson où l’on évoque la fin d’une relation et il se trouvait qu’à ce moment on parlait de Lou Barlow de ce qu’on aimait ou pas dans sa musique. Omme il était mentionné dans les textes, on s’est dit qu’on pouvait très bien intituler le morceau ainsi.

Et qu’est-ce qui est dans les tuyaux pour la suite ?

D’abord les tournées avec la prise de conscience que nous étions encore capable de nous supporter les uns les autres…

Rapid Talk: Interview de Paws

En combinant mélodies pop-punk à rock indieexplosif et ballades qui s’insinuent Paws a réussi à faire de Your Church on My Bonfire leur album le plus abouti. Tirant aussi les leçons de leurs expériences douloursuses les Écossais mêlent ainsi mélodies accrocheuses et refrains épiques ; amalgame dont leur chanteur et guitariste Philip Taylor explique les sources et ressorts.

Le son de ce nouvel opus est indiscutablement plus granduoise que sur votre précédent album No Grace. Qu’est-ce qui vous a conduit dans cette direction ?

Sur nos deux premiers albums, les textes étaient très personnels et j’ai voulu m’en élogner avec No Grace. Nous sommes un petit groupe et je m’étais dit qu’il fallait qu’ils soient sortis de ce contexte autobiographique. C’était assez génant pour moi, rétrospectivement. Avec No Grave je souhaitais un climat plus énergique et entraînant et, surtout, parler de choses dans lequelles le groupe était, lui aussi, le personnage. Maintenant, ma perspective est celle du groupe. J’aime la résonnance de ces nouveaux morceaux et je n’ai plus l’impression que je me racontais des histoires comme précédemment. C’est un disquesur lequel nous nus sommes beaucoup impliqués.

En quoi cela a-til rejailli sur la composition ?

La façon d’écrire n’était pas si différente mais c’était tot aussi cathartique qu’avant. Assez curieusement j’y étais plus moi-même. Un peu comme i j’étais un artiste solo et que je peaufinais mes compositions pour les autres.

Thérapeutique ?

Je ne sais pas, en tout cas plus honnête paradoxalement. Avant, j’écrivais une ligne puis je me sentais obligé à en écrire une suivante qui allègerait l’atmopshère. Cette fois-ci j’ai voulu être le plus sincère possible dans le déroulé de mes écits. C’est plus positif tout en étant un exorcisme difficile. Je suis heureux de ce recul et me dis que, si notre groupe séparait, je pourrais le gérer.

D’ou vous est venu ce titre : « Your Church is my Bonfire » ?

Dans ma tête c’est très visuale et ça veut sire des tas de choses. Il y a quelque chose de romantique dans l’idée que vous vous faites des relations humaines, amicales ou non.J’ai toujours eu le sentiment que je nétais pas en mesure de bien les appréhender. Ma santé mentale m’a toujours posé des problèmes et j’essaie de me dire qu’il faut que je parvienne à faire en sorte que mes relations affectives ne se terminent pas dans une impasse. J’ai trop souvent eu une attitude destructrice et ce quatrième album est une façon de me regrouper avec moi et les autres.

Interview de Pup

Morbid Stuff est le quatrième opus de ce quatuor canadien mais c’est le premier qui soit auto-produit. La résultante montre que le combo va profiter de ce contrôle sur sa production mais ne pas hésiter à s’exposer puisque les sujets principaux du disque, même si ils sont accompagnés de textes au second degré, sont la dépression, l’addiction et la mortalité.

Le thème de l’album est difficile à esquiver ; comment avez-vous abordé le rapport entre le son et les textes ?

Steve Sladkowski (guitare) : On voulait faire apparaître la face la plus obscure de notre personnalité mais la compenser avec un peu d’humour. C’est une manière de rire un peu de sa dépression parce que, parfois, c’est le meilleur moyen de la gérer.

L’album préccédent, The Dream is Over, se focalisait sur les difficultés de vie sur la route et, plus généralement, de ce qui se joue aund on fait partie d’un groupe. Pensez-vous que Morbid Stuff en est aussi une réflexion ?

Zack Mykula (batterie): Je crois que chacun dans le groupe a eu à lutter avec ses propres problèmes mentaux et a trouvé ses stratégies pour les combattre. Tout le monde était passé par là aussi on s’est regardés et son s’est dits que, ce faisant, nous étions restés proches et soudés et c’est cela qui nous a permis de faire ce disque.

Qu’est ce qui fait alterner ces tempos entre le chaotique et le mélodique en matière d’écriture ?

Zack : Le plus souvent cela vient de Stefan (Babcock chant) ou Nestor (Chumak, basse) qui ont extirpé leurs squelettes. La pupart du temps Stefan vient avec un une idée qui sert de curseur à une chanson. On le décortique et chacun y injecte ses propres parfums. On s’efforce de servir la chanson et de ne pas nous marcher les uns sur les autres. Ensuite vient le montage et on arrondit les angles.

Steve : On a toujours fonctionné ainsi ; il n’y a pas de paramètres stricts qaunt à la façon dont on doit sonner. Lemieux c’est d’écrire et de s’interroger sur la nature de la composition, sur ce qu’il est préférable d’utiliser, sur le rôle de la guitare, la place accordée à la section rythmique. Parfois tout arrive en même temps, parfois une ligne de guitare spécifique comme sur »Kids » où la guitare est très mélodique. C’est toujours un travail à quatre.

Zack : C’est parfois frustrant car nous avons chacun notre propre manière de fonctionner mais c’est cette approche non conventionnelle qui rend les morceaux intéressants.

C’est votre premier album sur votre ce label ; qu’est-ce qui vous a poussés à l’auto-produire ?

Zack : SideOne nous a beaucoup aidés et, sans eux, on ne serait allés nulle part. Auparavnt nous étions dans une structure qui ne permettait pas d’avoir à des objectifs plus larges que simplement enregistrer un disque puis un autre. Nous voulions faire partie d’une communauté plus large, plus artistique et créative. Je pense que ça devrait préserver notre santé mentale ; arrêter de boire comme on le faisait en tournées, êtrs productifs, forger des partenariats avec d’autres artistes.

Rapid Talk: Interview de The Jean Paul Sartre Experience

The Jean-Paul Sartre Experience est de ces groupes dont le nom est trompeusement simple. Les mélodies ont beau faire, la palette sonique du combo, un des piliers de Flying Nun, a toujours été captivante comme sur un dernier opus I Like Rain. Dave Yetton, bassiste et vocaliste, nous en explicite certaines ficelles.

The-Jean-Paul-Sartre-Exp-The-Jean-Paul-Sar-524438

Parlez-moi de vos premiers enregistrements et de ce qui a attiré l’attention de Flying Nun ?

C’était une cassette de 30 plages, enregistré avec les moyens du bord dans des boîtes de de nourriture pour chiens vides et q’on essayait de vendre dans les maisons de disques qu’on fréquentait. Le personnel en a commandé quelques exemplaires et ils se sont vendus assez vite. C’était un concept original, surtout sur uen scène réduite comme la Nouvelle Zélande. On a été invités à jouer à la soirée de Noël de de Flying Nun en 85 je crois et je crois que ça nous a boostés un peu.

Dans ces années 80 ; qu’est-ce que représentait le fait de faire parler de soi dans le marché indie ?

Il n’y avait ni internet, ni emails et nous étions plutôt isolés du reste du monde. On comprenait que l’intérêt de Flying Nun venait d’un tropisme pour certains groupes venus d’ailleurs. Ce qui en a résultat a été du bouche à oreille grâce à des journaux comme le NME et ça nous a permis d’avoir accès à d’autres groupes qui contribuaient à nos collections de disques. Rétrospectivement c’était une période facile, influencée par la drogue mais emprisonnée dans une cette isolation culturelle conservatrice qui rendait étroit d’esprit. À l’époque on ne s’en rendait pas compte mais on était, quelque part, une épine dans le pied dans la culture « mainstream ». Se situer à l’extérieur était une bénédiction à cet égard. Flying Nun était un label destiné à tous ceux qui ne souhaitaient pas s’intégrer dans ces convenances. Créativement le terreau était fertile et on était tous en compétition entre nous avec des ressources réduites au minimum.

Hormis le Velvet Underground quels autres groupes étaient importants pour vous ?

Je crois que toute véritable fan peut apprécier des musiques s’élargissant dur de nombreus specetres musicaux. On aimait l’expérimental mais aussi le mainstream ; un peu comme une discothèque où Cindy Luper et Pricne côtoyaient The Residents, Pere Ubu ou Rhrobbing Gristle. On état fans de Wire, Television, Pere Ubu, Joy Division, Can, Brian Eno, Fela Kuti, Nina Simone, Motorhead, Captain Beefheart, 70’s disco, Billy Idol, Bruce Springsteen, Suicide, James Brown, Van Morrison, Paul Simon, PIL, The Beatles, Nick Cave.

Quelle était votre approrhe en termes de songwriting alors ?

On écrivait différemment et les composions étaient rarement complètes. C’est le groupe qui remplissait les trous et leur connaît un ensemble. On dégraissait alors les idées mais, à mesure que nous progressions, nous étions de plus en plus attentifs aux détails et à collaborer ensemble. C’est de ce chaaos qu’est né nos compositions les plus intéressantes. Nous devions tomber tous d’accord à la fin d’autant que nous avions beaucoup de songwrtiters et qu’ile devaient donner un élan.