Slow Meadow : »Happy Occident »

Niveau musique,  sur ce deuxième album de Happy Meadow, Happy Occident se situe sur une veine néo classique, piano et violoncelle notamment, mais bien plus marquée électronique que son disque précédent, plages de synthé, ambiance calme, quelques bribes de voix mixé au vocodeur.

Ce travail  n’est pas sans rappeler, parfois, le travail de Radiohead sur des album comme Kid A , par exemple. Donc si on se pique d’expérimentation et d’hybridité musicale.

**1/2

Chestnut: « Dark Tourism »

Au départ une réponse à la posture « classic rock » américaine, ce duo, composé de deux artistes de Los Angeles, Daniel Watkins et Christina Santa Cruz. a mûri vers une pratique qui incorpore des éléments de « boise rock », de musique ambient et de field recordings.

Leur travail comporte une narration implicite sans intention explicite propice à toutes les humeurs et interprétations.. Il ne déchire pas les oreilles mais il est flippant quand même par moment. Chaudement recommandé pour qui aime les « bad trips ».

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Kaiser Quartett: « Kaiser Quartett »

Il y a du Chilly Gonzales dans cet album ! Pas étonnant quand on sait que le Kaiser Quartett a partagé, dès 2011 la scène avec le pianiste canadien.

Comme lui, le quartet allemand va chercher ses inspirations dans le répertoire rock, électro, voire hip hop, proposant des relectures étonnantes de titres signés Daft Punk, Georgio Moroder loin des standards habituels du classique. Un exercice de style réussi pour un opus plaisant à entendre.

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Zeno dan den Broek: « Breach »

Breach est le  nouveau projet de Zeno dan Den Broak  un artiste travaillant sur la notion d’espace et d’acousmatique afain de nous proposer une vision urbaine de la modernité, qui se manifeste en concassant les sons pour les libérer d’une certaine forme d’oppression et en inventer d’autres.

Breach aborde la radicalité en souplesse, bâtissant des surfaces glissantes recouvertes de moisissure et de crasse électronique. Il en faut peu pour que cet amas de titres flirtant avec une certaine idée du chaos, ne se transforme en tracks dancefloor pour mutants en perte de contrôle.

Zeno dan Den Broak broie les sons pour en ressortir un suc vicieux aux émanations mortelles, disséminant dans l’espace un poison sonique, capable de faire exploser nos perturbateurs endocriniens et faire de nous les esclaves de boucles drones à l’acidité brulante. Épatant.

***1/2

Euglossine: « Coriolis »

La musique Ambient Progressive au début des années 80 ressemblait à cela. En effet, les compositions de cet album du musicien Tristan Whitehill basé en Floride, ici sous le nom de Eugllossine, nous ramènent directement au son des synthés Casio et autres de cette époque, utilisés dans le jazz ou dans la pop.
La basse et la guitare sont au diapason pour nous replonger dans le son 80’s. Un bon petit disque aux ambiances exotiques douces et légères, très agréables.
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Amp: « Entangled Time »

Duo basé à Londres, composé de Richard Walker et Karine Charff, Amp a déjà une belle carrière derrière lui avec une quinzaine d’albums au compteur. Ils sont de retour avec cinq longues nouvelles compositions où l’on découvre des climats brumeux avec un mélange de post-rock, de shoegaze et d’ambient music.

Evoquant tour à tour Windy & Carl, Sigur Ros ou Fennesz, la musique de Amp vous enveloppe tout doucement pour ne plus vous lâcher, développant au fil des minutes des motifs de guitares lents accompagnés de nappes de synthés, de cordes et de voix éthérées presque indistinctes.
Un disque convaincant, aux contours délicieusement flous, comme s’il avait été composé dans la brume hivernale londonienne.

***1/2

Fist Of Facts: « Fugitive Vesco »

Ce petit bijou est sorti en 88 des caves sombres du Lower East Side new-yorkais, projet protéiforme qui a suivi la fin de Liquid Liquid, groupe phare de la no-wave des années 1980. Fugitive Vesco, l’album, est aussi élusif et énigmatique que le visuel qui coiffe sa pochette : il a certes une forte notion de contraste entre les différents éléments constituants, avec, en première ligne, les percussions colorées et fluides.

Dans cette optique, la parenté avec Can la krautrock et Fela Kuti est palpable. Mais on parlait de contraste : la voix de fausset chargée d’invectives de Salvatore Principato, à la tête du projet, surplombe une instrumentation parfois cassante, cérébrale (on reste bien dans le genre post-punk), mais aussi donc un groove langoureux, un jazz amoureux et lumineux.

***1/2

The Ratchets: « First Light »

The Ratchets se font une joie de nous jouer du punk rock depuis pas mal d’années. De façon sporadique, certes mais il faut dire que First Light fait suite à un premier album sorti en 2006, opus qui avait bien fonctionné dans les mileux concernés. First Light c’est donc un punk plus rock qu’autre chose, un peu dans le veine qu’avait su si bien véhiculer Social Distortion.

Bon, bien sûr, Mike Ness n’est pas là, alors il manque à ce disque la touche de classe et d’authenticité qui transforme une œuvre sympathique et bien troussée de celles qu’on ne peut décoller du lecteur. Mais on y trouve des titres efficaces, directs et qui ont assez de potentiel pour mettre la pèche à qui les écoute. Résultat, un effort louable et appréciable par les amateurs de bon rock. Reste à en satisfaire d’autres, aux demandes tout aussi légitimes.

**1/2

Peter Mannerfelt: « Daily Routine »

Peut-être est-il nécessaire de présenter Peder Mannerfelt producteur entre autres pour Fever Ray, Glasser ou Blonde Redhead, moitié du duo Roll The Dice aux cotés de Malcolm Pardon et auteur de quatre albums solo, en incluant Daily Routine.

L’artiste suédois est un véritable forcené de travail, déblayant constamment la scène électronique sans se prendre au sérieux, avec la volonté de repousser les genres et de ne pas s’enfermer dans une quelconque forme de mélancolie ou d’hommage.

Daily Routine est un album de post-techno avant-gardiste, qui sait prendre des tangentes anguleuses et rieuses sous les mains d’un artiste semble connecté à un futur rempli de données fractionnées, composant des ambiances multiples aux connections pas toujours évidentes et qui prennent tout leur sens une fois l’album terminé.

Daily Routine est un voyage chaotique dans notre monde d’aujourd’hui, prémices d’une sortie de route dont nous serions les témoins impuissants mais fascinés par un monde sombre, cynique et pourtant fondamental.

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