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Bill Callahan: « Shepherd in a Sheepskin Vest »

Désormais âgé de 53 ans, Bill Callahan sort de sa pré-retraite avec Shepherd in a Sheepskin Vest, son premier album depuis 6 ans qui est pour le coup, double.
C’est la première fois que
l’artiste nous fait attendre entre deux albums. Dans les années 90, quand il se cachait derrière le projet Smog, il nous livrait un disque tous les 18 mois. Il en va de même avec les années 2000.
Souvent l’absence souligne l’importance de la présence de certains. Et le silence de
Cllahan a rebattu les cartes. Nous avons vieilli de six ans. Tout comme le paysage musical… Bill Callahan s’est marié, est devenu père et il a un tout autre statut qu’il y a dix ans.


Enregistré avec Matt Kinsey et Brian Beattie, inspiré par sa femme Hanly Banks,
Shepherd in a Sheepskin Vest nous fait découvrir un Bill Callahan métamorphosé par la paternité. Le temps de l’écriture ascétique de l’ascétique Smog est définitivement révolu. Callahan se confie et se livre sur ce disque comme jamais. Et comme à son habitude, il nous prend par la main avec ces chansons fabriquées avec deux bouts de corde et trois accords pour nous emmener dans son désert verdi. La vie est un long fleuve tranquille avec lui, et sur ce nouvel album, on se dit qu’il ne nage pas en euax troubles.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Helgi Jonsson: « Intelligentle »

C’est presque devenu un genre que d’être un chanteur islandais, sans doute que l’écoute est biaisée par cette origine géographique mais on ne peut s’empêcher de déceler des points communs avec d’autres. On ne va pas essayer de distinguer la composante « nordique’ »de cette musique mais elle est manifeste, c’est une musique de soleil et de brouillard, de froid et de confort, de douceur et d’âpreté. Dans ce contexte, on pensera notamment aux moments calmes d’un Lonely, Dear ou aux belles choses deLow Roar, l’Américain exilé sur cette île.

Comme souvent, la mise en bouche iu en boucle est le meilleur moment. « Lofa Mér » mêle en effet douceur du piano et une densité électronique sur la fin, et on retrouvera cette densité et des cordes sur « Lyfta ».

Si Helgi Jonsson joue tout tout seul, les paroles sont souvent dues à sa compagne, Tina Dickow, qui prête aussi sa voix à quelques morceaux pour de belles et douces harmonies. On retrouve au fil de cet album apaisé de belles mélodies (« Trouble Is) », des arpèges de guitare (« Intelligentle ») mais aussi un peu d’attention qui retombe quand les arrangements se font plus passe-partout (« Hundred Miles », « Run Wild » où il montre un bel engagement). Comme chez Indridi, il s’exprimera aussi dans sa langue natale sur le joliment nommé (« Brudkaupslag »).

Bref, voici un autre de ces artistes si vous avez déjà fondu pour des artistes nordiques et plus singulièrement islandais, qui nous accompagnera tant que l’hiver existera, et au-delà.

***1/2

8 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

pronoun: « i’ll show you stronger »

Depuis qu’elle a publié un premier E.P. : there’s no one new around you, la popularité de pronoun est montée en flèche de manière surprenante. Alyse Vellturo de son vrai nom ,s’emploie désormais à sortir de l’ombre avec un « debut » album nommé i’ll show you stronger qui la voit vouloir confirmer les impressions initiales .

La force de pronoun est puisée entre pop de chambre, indie rock et effusions synthpop pour en faire un disque fort en caractère. Ces douze morceaux permettent de définir l’univers musical de pronoun partagé entre Alvvays, Waxahatchee et Stars mais en plus pop-rock dont le titre introductif bien nerveux nommé « you’re not trying at all » ou encore « you didn’t even make the med » et « stay ».

L’interprétation riche en émotions de la native de Brooklyn aura de quoi laisser pantois plus d’un (et je la soupçonne d’avoir trop écouté Enya ou Bjork à un point que ça en devient un peu troublant) que ce soit sur « sadie » et « some people ».

Il y en a pour tous les goûts pour i’ll show you stronger où l’on vacille entre moments bien rentre-dedans (« temporary tantrum ») d’autres plus dansants (« the pieces of you ») ou plus mélancolique (« for the story »).

Chaque morceau possède sa propre identité et pronoun sait exorciser ses maux les plus profonds par moments de façon théâtrale et, à d’autres, de menière quelque peu convenue qui n’empêcheront, toutefois, pas à ce disque de se faire remarquer pour sa singularité.

***1/2

29 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Emily Wells: « This World is Too _____ For You »

Quand on entend parler de l’album solo d’une violoniste, beaucoup de ses congénères viennent à l’esprit. On peut parle de Sarah Neufeld, Fiona Brice, Jessica Moss eou Catherine Graindorge. Mais à l’inverse de ces artistes qui pratiquent une musique instrumentale, l’Américaine chante et utilise des boucles pour étoffer le son et se suffire à elle-même ; un procédé qui la rapproche plus de Owen Pallett ou, bien sûr, Andrew Bird.

Instrument, oblige, on retrouve logiquement des sons communs, par exemple sur « Stay Up » ou encore l’intro d’ « Eulogy For The Lucky » dotée d’une somptueuse mélodie. Sa voix haut perchée mise résolument en avant repose à merveille sur un tapis de cordes et on pourra y déceler des accents rappelant Natasha Kahn ou Alina Orlova même si son phrasé est quelque peu en retrait. Cette tension vocale permanente sera d’ailleurs peut-être ce qui empêchera certains morceaux de se détacher plus franchement les uns des autres.

Les morceaux peuvent en tous cas monter à tout moment avec de vraies harmonies vocales et, parce qu’elle produit et arrange, donnent une vraie cohérence à l’ensemble. Cette hybridation réussie, loin des recherches formelles peut aussi la placer dans le sillage d’une artiste comme Bat For Lashes. On appréciera ce mélange de cordes et beats pour soutenir la conclusion intense de « Remind Me To Remember » ou se concentrer sur de très inventives cordes de « I Need a Placebo » dont on retiendra le magnifique chorus tout comme ladouceur que véhicule « Ruthie ».

Emily Wells fait montre d’une monstrueuse potentialité ; quand celle-ci se réalisera, pleinement on ne pourra que s’incliner sur ses fulgurances mâtinées de constance.

***1/2

25 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Big Bend: « Radish »

Comme beaucoup d’auteurs-compositeurs, Nathan Phillips, l’homme derrière Big Bend, s’inspire de son quotidien, ou plus exactement de son boulot dans un café, laissant les mélodies de la radio du bar s’imprégner en lui pour les chantonner discrètement lorsque les clients ne le regardent pas, et improviser pendant les silences. Radish est le premier album de Big Bend où Nathan se risque à chanter. Et on se demande pourquoi il ne l’a pas fait plus tôt ; sa voix douce n’est pas sans rappeler le Mark Kozelek des débuts, avec davantage de retenue. Lui qui s’était auparavant illustré au sein d’une musique instrumentale beaucoup plus proche d’un minimalisme gorgé d’un psychédélisme assez abrasif, le voici à présent à écrire des chansons calmes, aux sonorités douces, qui développent un écosystème passionnant – les instruments respirent, les timbres s’invitent et puis repartent…

On pense parfois à un Mark Hollis aux arrangements plus luxuriants. Radish se ressent avant tout comme une expérience de studio. Nathan semble avoir envisagé les différents segments de son album au cours de sessions studio séparées les unes des autres (par groupes de 4 musiciens à la fois), ce qui est à la fois gratifiant et frustrant. Exemples parfaits : « Swinging Low » et « Four », qui font intervenir la violoncelliste Clarice Jensen et le gourou new age Laraaji (avec un sample vocal de la mère de Nathan, chanteuse d’opéra, sur la première des deux pistes), laissent bien deviner qu’il s’agit de parties coupées de sessions bien plus longues. Et si ce sont deux morceaux superbes, on assiste à regret à l’arrêt prématuré de « Four », qui développait une stase parfaitement reposante, et qui aurait bien pu durer 10 minutes de plus, et qui se voit obligée de conclure brusquement.
S’il est vrai que Radish peut laisser par moment l’impression d’un patchwork de sessions différentes (cas étrange de ce « 12′ – 15′ », brève plage électroacoustique contemplative avec Susan Alcorn, fort belle mais curieusement placée entre deux chansons « pop » qui auraient tout aussi bien pu se suivre), chacun de ces segments est d’une beauté paisible qui réchauffe l’âme.

****

25 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Glen Hansard: « This Wild Willing »

Glen Hansard semble traverser aujourd’hui une phase particulièrement prolifique puisque 14 mois séparent seulement son dernier disque en date, « Between Two Shores », de celui-ci. Et pourtant les deux n’ont rien à voir. Depuis le début de son aventure solo, l’Irlandais s’était peu à peu installé dans le confort d’une musique qui revenait inexorablement à ses racines irlandaises, ou d’une façon plus large à celle des musiques folk, blues, country, particulièrement mises en valeur sur son avant-dernier album.

Autant d’oeuvres de singer-songwriter qui montraient que le temps de The Frames était bien loin, et que le rock à qui il doit également beaucoup ne faisait plus tellement partie de son répertoire. Il s’en est éloigné pour y revenir, pas d’une façon frontale, mais avec toutes les subtilités de sa plume et de son chant bercé d’émotion. On ne peut qu’être surpris à la découverte du premier extrait de This Wild Willing,« I’ll Be You, Be Me », un morceau pas du tout folk, pas vraiment pop mais en apparence très calme, avec une section rythmique basse/batterie qui prenait son temps avant de laisser monter en puissance le reste du titre, grondant tel un orage. Puis il y a aura le cotonneux « Fool’s Game » qui nous laisse un peu sur notre faim car, Glen Hansard ayant décidé de bousculer ses habitudes, il lui a fallu sortir de son train-train d’un singer-songwriter.

Ceci dit, celui lui a fait du bien. Ce nouveau disque est, en effet, beaucoup plus varié, et surtout inspiré que son prédécesseur. « Don’t Settle » est un bijou habité tel qu’il n’en avait probablement plus écrit depuis « Burn The Maps » de The Frames en 2004. Il y mêle tout ce qu’il a acquis tout au long de sa carrière : guitare, piano, cuivres, arrangements de cordes, pour un résultat somptueux et prenant.

Mais l’élément le plus marquant de This Wild Willing  cc’est la présence de ses invités, des musiciens iraniens permettant ce malange où les musiques traditionnelles irlandaises et orientales se mélangent. Le résultat, en sera c’est notamment « Race To The Bottom », « The Closing Door » et « Threading Water », des titres enregistrés avec un chœur de musiciens qui comprenait deux musiciens iraniens, les frères Khoshravesh.

Le disque a été conçu à Paris et enregistré dans les studios Black Box avec David Odlum et les musiciens Joe Doyle (basse), Romy (piano, voix, arrangement des cordes) qui sont des complices de longue date, et les musiciens électroniques dublinois Deasy et Dunk Murphy (Sunken Foal). Glen Hansard a voulu mettre l’inventivité au centre de cet album. Sans se renier (« Brothers’ Keeper » est là pour nous le rappeler) il y est magnifiquement parvenu, apportant à ses chansons un nouveau souffle car s’il est un excellent interprète, ses albums avaient parfois du mal à restituer la force de ses prestations scéniques. Tout ces éléments font de « This Wild Willing » une belle exception au milieu de cette discographie désormais conséquente, et conforte encore un peu plus Glen Hansard dans son habit d’artiste authentique et passionné.

***1/2

10 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Marc Demarco: « Here Comes the Cowboy »

Aux premières notes de ce cinquième album du « slack-rocker » Mac DeMarco, un trépignement agrippe l’oreille : l’auteur-compositeur-interprète serait-il en train de nous emmener ailleurs ? Il faudra bien vite redescendre de nos grands destriers, cette introduction très Rocky Racoon n’était qu’illusion. Dès la seconde pièce, l’extrait Nobody, on retrouve ce même bon vieux Mac qui gratte ses cordes désaccordées façon jangle pop, qui chante sans trop se presser.

 

L’artiste ramène aussi les inflexions aiguës rappelant Salad Days (2014). On attend donc patiemment pendant quelques chansons de s’accrocher à quelque chose de neuf. À la sixième chanson survient « Choo Choo », un jam au propos obscur avec plus de funk et de tempo. Encore une fois, on y est,et on s’embarque avant que çaça retombe dans la zone de confort tout de suite après. Mais c’est toujours sympa, un peu de Mac DeMarco diront les inconditionnels.Certes mais c’est pour ça qu’on se repasse encore Salad Days.
**1/2

10 mai 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Kevin Morby: « Oh my God »

De retour après une année d’absence, Kevin Morby ropose avec Oh my God un cinquième opus solo en six ans après un passage avec les groupes Woods et The Babies ; un avant-goût littéraire de cet album folk-rock fleurissant et harmonieux.

Morby avait besoin de tenir le seau et les reines de la créativité dans sa totalité et bercé, par les racines, sédiments créatifs germés par l’influence des Dylan, des Reed et des Cohen de ce monde, apporte à sa musicalité un sentiment de déjà vu et de réconfort.

Bien que ces influences puissent avoir un apport extrêmement considérable dans son approche musicale, Kevin Morby semble toutefois éprouver une difficulté à se distancer de leur idéologie, si bien qu’il en ait à se demander s’il serait en mesure de s’en délaisser.

Suite à des albums comme City Music (2017, Dead Oceans), représentant la vie qu’il a vécu au travers des villes qui l’ont forgé, Oh My God aborde quant à lui la religion, thème dont l’artiste en remarque lui-même l’omniprésence dans ses projets. Ce thème ne tend toutefois pas à se pencher sur la religion en elle-même, mais plutôt sur la spiritualité de l’artiste dans la recherche de soi. Ce concept est d’ailleurs un point fort de l’album, car contrairement aux précédents qui présentaient une multitude de couleurs, celui-ci porte en lui une ligne directrice constante qui permet aux auditeurs de mieux s’immiscer dans l’écoute.

Ce qui est d’autant plus intéressant, c’est qu’à travers cette ligne directrice, il est tout de même permis aux auditeurs de se laisser porter par une multitude d’émotions et d’ambiances. Ce fait d’armes est effectué avec brio dans la conception de l’album si on prend en exemple cette suite de chansons ; « OMG Rock n Roll », qui donne envie de taper du pied, fait contraste à la chanson suivante « Seven Devils » qui elle, s’avère plus calme et apaisante avant de retomber dans une chanson au rythme entraînant avec « Hail Mary ».

La voix chaude et enveloppante de Morby transporte l’auditeur dans un état d’ultime légèreté, alors que ses phrases semblent constamment se prolonger, comme si Kevin Morby voulait accueillir ses auditeurs, les bras grands ouverts. L’emploi de paroles comme “Carry me home” et “No rooftop on my joy” ajoute encore plus de portée et de compréhension à l’ensemble de l’oeuvre, alors que celles-ci transportent l’auditeur dans le même voyage spirituel que celui l’artiste.

L’apport d’instruments comme le piano, la flûte, le saxophone et l’orgue ainsi que l’utilisation des chants gospel peuvent être entendus dans des chansons comme « Oh my God » et « Nothing Sacred/All Things Wild » ajoutant un côté céleste à l’album.

En somme, loin d’être aussi percutant que City Music, Oh My God mérite une écoute plus qu’attentive. Même si la sonorité de l’album semble vouloir nous faire voguer partout et nulle part à la fois, Morby démontre une maturité indéniable et la ligne directrice permet de garder les pieds sur terre tout en ayant la tête dans les nuages.

***1/2

9 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Nick Murphy: « Run Fast Sleep Naked »

Nick Murphy c’est aussi Chet Faker qui avait signé son premier album sous ce pseudonyme. Nommé Built On Glass et ,contenant quelques pépites comme « 1988 » et « Talk Is Cheap », cela lui avait une reconnaissance mondiale monstre. De l’eau a coulé sous les ponts depuis et notre Australien revient cette année avec son successeur, Run Fast Sleep Naked.

Ce nouveau disque fait suite à un voyage introspectif qu’a entrepris Nick Murphy durant toutes ces années d’errance. Il en résulte ainsi un opus qui se veut témaoignage de sa maturité musicale et de sa volonté d’explorer de nouveaux genres musicaux.

Enregistré pendant de longues années sur les quatre coins du globe, il a enrôlé Dave Harrington pour la production et sa patte se fait bien entendre avec des arrangements beaucoup plus organiques comme sur « Hear It Now » ou bien même « Sanity » qui montre à quel point Marphy est capable de se confier sur ses luttes intérieures et sur une santé mentale qui lui joue des tours.

Run Fast Sleep Naked vaut aussi le détour pour son côté versatile. On peut apprécier l’interprétation de Nick Murphy où il élargit sa palette sur des contrées Americana sur « Henry Takes Drugs On The Weekend » ou plus rock avec « Sunlight » et « Yeah I Care » sans négliger pour autant le côté soul de « Novacaine and Coca Cola » et « Never No » qui fait intervenir des cuivres racés. Les cordes ne sont pas en reste non plus avec les orchestrations somptueuses de la conclusive « Message You At Midnight » montrant toute la complexité d’un travail sur soi  à l’image de la psychologie d’un artiste qui tente de sortir de sa traversée du désert.

***1/2

2 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Aldous Harding: « Designer »

On avait laissé Aldous Harding sur son second opus nommé Party il y a maintenant deux années. Depuis, l’auteure-compositrice-interprète néo-zélandaise a réussi à s’imposer avec son indie folk gothique et résolument bouleversant lui offrant la possibilité de nous charmer une troisième fois avec son nouvel album, Designer.

Écrit et composé dans les quatre coins du globe, la néo-zélandaise résidant désormais au Pays de Galles a décidé de mettre en oeuvre un troisième disque plus lumineux mais toujours aussi somptueux. En compagnie, une fois de plus de John Parish à la production, Aldous Harding a décidé de faire parler son imagination tout en relatant ce qu’elle a vécu en bien ou en mal ces deux dernières années et ceci une production toujours aussi dépouillée et rêveuse. Que ce soit sur des morceaux comme l’introductif cinématique « Fixture Picture » ou le morceau-titre plutôt lounge-jazz, on sera rapidement sous emprise.

Avec ces textes empreints d’une certaine mysticité que ce soit sur « Zoo Eyes » où elle n’hésite pas à moduler sa voix pour la rendre plus grave sur certains moments ou sur d’autres moments chaloupés comme « Treasure » et la lancinante « Damn », Aldous Harding entretient toujours aussi bien son mystère. Elle réussit à nous entraîner dans son imagination la plus démente à travers des titres remarquables pour leur groove entraînant exprimé sur « The Barrel » et « Weight of the Planets » ou en nous touchant par son art sur des morceaux beaucoup plus dépouillés comme la ballade guitare/voix de « Heaven Is Empty » ou la conclusion pianistique qu’est « Pilot ».

Une fois de plus, la néo-zélandaise brille par son talent hors pair et son sens du songwriting original. Il en résulte un Designer résolument addictif et émouvant comme peu de disques sont à même d’en faire montre.

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1 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire