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Mana: « Seven Steps Behind »

Le premier album, Seven Steps Behind, de Daniele Mana alias Mana, fait appel à une ouverture d’esprit qui dépasse la norme, construisant ses titres à la manière de puzzles piégés, où éléments organiques et électroniques forment un ensemble naviguant à contre-courant.

On n’est pas sans penser parfois à Arca, pour la capacité à tisser des zones de tension, mais le travail de l’artiste italien développe ses propres codes, produisant des titres aux limites dérangeantes, à coups de questions-réponses musicales qui donnent parfois le vertige.

Seven Steps Behind voit les rythmes capables de se transformer en mélodies caribéennes, à l’image de Solo, flirtant avec un r’n’b chaloupé à l’ivresse néo-classique. Les synthés, les machines et les instruments fusionnent constamment entre eux, effaçant les frontières et immergeant l’auditeur sous un flot de particules fluides absorbées par un grand trou noir. Une oeuvre dense et complexe qui demande un certain nombre d’écoutes avant de commencer à en comprendre le déroulement. Ames sensibles s’abstenir. Très fortement recommandé.

***1/2

18 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sparksss: « Brutal »

Il aura fallu 5 ans à Camilla Sparksss alias Barbara Lehnhoff, bassiste de Peter Kernel, pour offrir un successeur à For You The Wild. Avec un Brutal qui affiche le même registre sémantique, la Suissesse a gagné en personnalité, faisant dériver sa musique vers des sphères nettement plus déstabilisantes, prises entre atmosphères cataclysmiques et chansons enrobées de brouillard nocif.

L’artiste convie les fantômes de la noise à se battre contre des percussions tribales sur « Walt Deatney, » le hip hop à côtoyer une guitare far-west sur « She’s A Dream », les eighties faire danser les dancefloors sur des synthés déviants avec « So What, » le Moyen-Orient s’inviter à coups de darboukas sur « Are You OK? ».

Pourtant malgré cet éclectisme apparent, Camilla Sparksss réussit l’exploit de donner une certaine cohérence à l’ensemble, de par les dérapages permanents, conduite en état second sur des routes cabossées aux revêtements glissants.

Brutal est une oeuvre ancrée dans notre époque, nourrie de globalisation et de conjugaisons multiples, de brassage des genres et de métissage des cultures, de modernité et d’héritage underground. Un album qui interpelle de par sa multiplicité et sa force singulière. Très fortement recommandé.

***1/2

18 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Logos: « Imperial Flood »

James Parker alias Logos, fait partie de ces artistes, dont on admire le travail, dont chaque sortie est attendue avec impatience et ce, malgré, son relatif insuccès.

Six ans pour se sont écoulés depuis la sortie son premier album Cold Mission. Six ans durant lesquels l’artiste a collaboré aux cotés de Mundance et Shapednoise formant le trio The Sprawl, avec qui il a fondé le label Different Circles et sorti divers projets.

La musique de Logos, elle, est à part. De par sa faculté à faire communier noirceur post-apocalyptique et légèreté immaculée, composant des ambiances pour films de science-fiction. Imperial Flood sort des catégories, flirtant avec l’experimental, l’ambient, le grime »t l’industriel, les rythmiques spartiates viennent, ici, à point nommé pour relancer l’album à des moments clés ou marteler les silences en suspension.

Minimal de par son approche, Imperial Flood recèle des richesses sonores cachées dans le travail de spatialisation et le développement narratif, créant des volutes à la beauté hypnotique, desquelles il est difficile d’échapper. ***1/2

18 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Pilod : « Black Swan »

Cette formation flamande qui compte en son sein Christophe Vandewoude qui est aussi membre de Marble Sounds et Isbells. Ici, rien à voir avec les combos précités puisque on a droit à du « guitar rock » bien énervé rappelant la scène indé des années 90.

Le son est impeccable, dense et rond et permet une montée lourde sur le premier morceau « Lion Ego » qui dégage à la fois énergie et d’émotion.

La voix est mise en bas du mix et elle en prend un relief particulier parce qu’elle est forte et belle. À cet égard, même quand le morceau est plus apaisé et même rehaussé de discrets violons comme sur« Foundations », le chant reste très expressif.

Les guitares sont abrasives et on peut les laisser pratiquer une roue libre faussement détendue (« The Heart »). Black Swan est un opus sombre et volontairement pesant ; ail frappe juste et fort. Il incite à revenir dessus et délivre la dose d’adrénaline pour laquelle il a été conçu ; fort et bien.

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18 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Beth Gibbons & the Polish National Radio Symphony: « Henryk Górecki: Symphony No. 3 (Symphony Of Sorrowful Songs) »

Beth Gibbons a souvent été prise dans un grand tourbillon mélancolique et méditatif il n’est donc pas étonnant que la troisième symphonie du compositeur polonais Henryk Górecki lui ait « tapé dans l’oreille » aund on sait que Henryk Górecki est à la musique classique et contemporaine ce que le Köln Concert de Keith Jarrett est au jazz.Cette symphonie, connue sous le nom de Symphonie des Chants Plaintifs est un exemple de musique « crossover » ce qui explique en partie son succès phénoménal avec plus d’iun million d’unités écoulées allant bien au-delà du cercle restreint de son public habituel.

En même temps, Henryk Górecki était un compositeur avant-gardiste et minimaliste qui débuta sa carrière par des œuvres atonales (règles des notes et des accords non respectés) ; ce style est jugé assez sévère et difficile d’accès pour le profane au même titre que les œuvres de Steve Reich, Philip Glass, ou Arvo Pärt.

Cette troisième symphonie sera atypique et marquera un virage pour le musicien polonais ; emblématique, elle actera toutefois, son évolution vers des territoires musicaux plus expressifs et populaires, ses mélodies respecteront alors d’avantage les codes de l’harmonie, sa musique sera donc qualifiée de tonale.
Dénigrée par certains de ses pairs (Pierre Boulez par exemple) car jugée trop simpliste, elle tombera finalement en désuétude jusqu’à cette fameuse remontée de sève d’avril 1992 qui présida à de nouveaux enregistrements.

Des artistes provenant d’autres horizons se sont aussi frottés à cette suite : comme par exemple le saxophoniste expérimental Colin Stetson (Arcade Fire, Bon Iver…), ou bien encore les post-rockeurs canadiens de Godspeed You ! Black Emperor, qui ont rebaptisé (pour la scène) leur morceau « Moya » – (extrait de leur E.P. Slow Riot for New Zerø Kanada ) – du nom du compositeur polonais.
Aujourd’hui c’est au tour de Beth Gibbons de s’approprier cette œuvre magnétique,
dans la suite logique de Third le dernier opus de Portishead. Cette nouvelle réinterprétation de Gorecki est soutenue par l’Orchestre Symphonique National de la Radio Polonaise et dirigée par le chef d’orchestre et illustre compositeur polonais Krzysztof Penderecki, qui fut un contemporain de Górecki. Elle a été immortalisée en novembre 2014 au National Opera Grand Theatre de Varsovie.

On entend déjà le brouhaha ou pire, la fronde des irréductibles gardiens de chapelle : Beth Gibbons vient de la musique populaire, elle ne lit pas la musique, sa tessiture de voix (contralto) est un registre plus bas que la soprano américaine Dawn Upshaw (base de référence et norme pour cette symphonie), elle ne parle pas polonais…
Avant de se lancer dans le grand bain la musicienne du Royaume-Uni  a donc pris ses précautions en se préparant comme une professionnelle respectueuse de cette œuvre ; elle a travaillé sa voix spécifiquement et appris phonétiquement son texte avec une traduction explicite en parallèle.

Cette œuvre de Górecki est hantée par son histoire personnelle, elle est aussi placée sous le signe du deuil et centrée sur les relations mère-enfant, elle se décompose solennellement en trois longs mouvements mélancoliques et songeurs. Le chant du premier mouvement et le plus long (24 minutes) – « Lento – sostenuto tranquillo ma cantabile » – est une lamentation polonaise du XVe siècle, aux textes poignants et épurés.
Ce mouvement débute par quelques frottements de cordes à peine audibles puis tout vient se mettre religieusement en place. Les cordes et les basses montent crescendo en tension dans une lente et belle ascension pour découvrir au bout de 13 minutes le chant assez méconnaissable de Beth Gibbons. Haut perché (voire un peu forcé) à la limite de l’inconfort il semble donner raison aux grincheux et snobinards, mais bien vite on se fait à cette « nouvelle » Beth Gibbons. Sa voix est lyrique et traversée par des imperfections, elle reste très humaine et pas formatée professionnellement comme on peut le ressentir à l’écoute de sopranos de métier.

Le deuxième mouvement, « Lento e largo – tranquillissimo », chante le texte d’une prière inscrite par une jeune fille de 18 ans sur les murs d’une cellule de la Gestapo. Ses premières minutes sont envoûtantes. La voix de Gibbons est ici plus musicale et basse en tonalité. On ne comprend pas le Polonais pourtant magnifié par la musicienne, on ne retient que l’enveloppe de son chant et sa musicalité. Ce passage sombre et mélancolique remonte beaucoup d’émotions. De cette symphonie transparaît beaucoup de tristesse mais aussi de l’espoir. C’est cette séquence qui offrira la renommée à Górecki.

Le troisième mouvement « Lento—Cantabile- Semplice » illustre une chanson populaire et traditionnelle silésienne. À nouveau un ton plus haut l’interprète anglaise parvient à maîtriser sa voix pourtant poussée dans ses retranchements. Beth Gibbons est totalement investie dans son interprétation et fait corps à la musique. Les cordes de l’orchestre National de la radio Polonaise dirigé par Penderecki accompagnent très sobrement la soliste anglaise malgré la densité importante de musiciens. L’atmosphère musicale est particulièrement élégiaque ; y affleure énormément  de troubles. C’est l’instant du souvenir et ce sera également le temps de la communion spirituelle.

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17 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Jaws: « The Ceiling »

Après Be Slowly en 2014 et Simplicity en 2016, le trio de Birmingham sort aujourd’hui son troisième album. Connor Schofield, leader du groupe, dit aimer Cure et Title Fight, et cela s’entend. Si Jaws avaient débuté dans des sphères plutôt marquées shoegaze et dream pop, le nouvel album est quant à lui très orienté new wave. Dès les premières notes du premier morceau, « Driving At Night », le ton est donné et l’on s’attend même à entendre un groupe qui va nous proposer une sorte de revival cold wave.
Certains titres de l’album ont définitivement cette coloration, comme le très bon « single » « Do You Remember? » ou « End Of The World. » Produit une nouvelle fois par Gethin Pearson, comme leur précédent album, The Ceiling est sans doute le disque le plus ambitieux du combo à ce jour.


L’album est très plaisant à écouter et développe ainsi une atmosphère prenante tout au fil des plages qui le composent. Outre les titres cités, plusieurs autres se révèlent dignes d’intérêt comme « Feel », « Fear » ou « Patience ». Ce dernier morceau avec ses échos et l’electronica qu’il distille sera un autre moment fort du disque avec « Do You Remember? ». Les parties de guitares atmosphériques sur ces morceaux sont particulièrement réussies, signe que le groupe n’a pas totalement coupé avec son amour pour le shoegaze et la dream pop.
Mais si le disque est de qualité, il possède néanmoins un défaut notable qui fait que l’on n’est au final pas tout à fait aussi enthousiaste que l’on aimerait l’être. Si on se laisse porter par les premières compositions du disque, celles qui suivent sont tellement dans la continuité de ce que l’on a entendu précédemment que l’on finit non pas par s’ennuyer mais par porter moins d’intérêt au projet au fur et à mesure qu’il avance. Il aurait fallu que le groupe trouve une dynamique à l’intérieur du disque, que certaines compositions partent vers d’autres univers.
« January », qui conclut le disque, y parviendra. Le morceau se révèle à part avec son tempo plus lent, l’utilisation de la guitare acoustique et sa rythmique qui tend vers la ballade ce qui pourrait-être un signe annonciateur du fait que cohérence encourt un danger, celui d’une uniformité qui exclut toute surprise. Il appartiendra à Jaws de trouver « médaille à ce revers ».

***1/2

17 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Bear’s Den: « So That You Might Hear Me »

Bear’s Den poursuit sur So That You Might Hear Me leur épopée space folk. La recette ? Des chansons pastorales habillées de synthétiseurs et gorgées de reverb. Et la formule donne naissance à de très beaux moments.
« Laurel Wreath » est, à ce titre, la chanson la plus réussie de l’album. Son ambition cinématique et ses guitares panoramiques sont belles comme un bain de minuit sous un ciel étoilé. L’introductive « Hiding Bottles » nous met tout de suite dans le bain en ouvrant la route vers les étoiles avec des accents Bruce Springsteen et un crescendo réjouissant et « Fuel On The Fire », avec sa basse synthétique ronronnante et ses pads 80s, évoquera quant à elle bizarrement ce type de ballade qu’entonerait un vocaliste variété à mi chemin du crooner et du verbe sussuré.

Plus dépouillée, la très réussie « Crow » avet ses cuivres discrets nous ramènra au Sufjan Stevens d’Illinois. Le morceau se construit autour d’une valse à la guitare acoustique tandis que les arrangements font tranquillement monter la sauce.

Autre réussite, « Conversations With Ghosts », là encore bien servie par une approche folk épurée (les synthétiseurs sont au placard), montre que le talent de Bear’s Den se situe dans un veine Americana.

La formation s’impos donc comme un fournisseur à privilégier pour l’accroc au folk alternatif infusé d’arômes 80s. On regrettera toutefois une certaine forme de monotonie sur la longueur de l’album, avec des morceaux moins marquants comme « Breaker/Keeper » ou « Not Every River » où les mélodies restent dans un registre médium restreint et ne sont pas forcément distinctives. Le tempo relativement uniforme et l’utilisation systématique de nappes de synthétiseurs contribuent aussi à ce sentiment d’uniformité et on
se dit alors que Bear’s Den gagneraiet peut-être à sortir de lsa zone de confort pour mâtiner son space folk d’autres influences et gagner ainsi en personnalité.

***1/2

17 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Hampshire & Foat: « Saint Lawrence »

Encore un bel album pour le duo Hampshire & Foat qui ne cesse de nous ravir avec ses musiques downtempo jazzy célestes.

Retour du pianiste de jazz britannique Greg Foat et du multi-instrumentiste Warren Hampshire (membre de The Bees) au sein de leur projet Warren Hampshire. A un rythme assez soutenu (4 albums en deux ans), les deux anglais poursuivent leur aventure musicale avec ce nouvel album une fois encore parfait.

Sur des tempos lents, Warren Hampshire déroule des morceaux ambient jazz aux ambiances crépusculaires qui  ne sont pas sans évoquer par moment celles que l’on retrouve sur les disques du Bohren & der Club of Gore.


Avec guitare, piano, orgue, kalimba, contrebasse et divers petits instruments, les deux musiciens ont enregistré en prise directe ces 8 titres pendant deux après-midis de septembre 2017, dans deux églises situées sur la côte sud de l’île de Wight, en compagnie de musiciens locaux. Chaque piste porte les noms de monuments locaux, de petites plages et de sentiers chers à Warren et Greg.
Saint Lawrence est album de musiques calmes et tranquilles, remplies de mystère et de douceur comme une bonne vieille BO de film Jazzy des années 70… un véritable régal,  mais dommage qu’il soit soit si court.

***1/2

16 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Isbells: « Sosei »

Isbells a toujours privilégié une débauche d’intimité supérieure à la moyenne, une voix haut perchée et moins d’électricité moins d’électricité que cette comparaison avec Bon Iver pourrait impliquer. Mais il faut reconnaître aussi que les Flamands sont restés plus intimes malgré un son qui a changé et que cette intimité est aussi la seule limite qui dépendra uniquement de l’auditeur. Les amateurs de force pure et de lyrisme passeront leur chemin et même si on est clients du genre, le bon moment doit être choisi. Cette restriction de posologie est nécessaire pour que ces morceaux très délicats mais aussi très légers percolent en plein.

Billy était très délicat, pas loin de l’ambient et on note ici un retour à une forme plus classique. Il y a toujours cette voix un peu vocodée mais on note déjà une poussée dès « Means To An End ». On avait déjà noté un revirement un peu électronique avec le poignant « Father » proposé en « single. » Fort heureusement, le pathos n’est pas trop appuyé pour en faire un moment qui serait trop ampoulé par l’émotion.

Il reste aussi de petits moments de douceur pure et acoustique (« Tired »), de beaux paysages sonores en apesanteur. Et c’est presque mine de rien que la chanson-titre est un très grand morceau notamment grâce à la luminosité des cuivres. A l’opposé, ils poussent même vers le mid-tempo sur « The Utmost Way » et cette petite poussée de fièvre toute relative leur va bien et usent de sons un peu distordus sur « 2 Words ».

On sait aussi qu’on retrouvera des montées, surtout quand le morceau commence de façon bien lisse et peu engageante (« One Cause ») avant un retour au slow le temps de « HM Street » qui propose une bien belle mélodie avant de logiquement reprendre l’air pour un final qui ne peut que s’embraser.

Vous avez tout compris, c’est très beau ce Sosei, délicat et charpenté à la fois, avec un cocon sonore qui enveloppe parfaitement ces morceaux à hauteur d’homme. En insérant des bouts d’intensité dans cette délicatesse, Isbells atteint un bel équilibre et montre que leur évolution est constante.

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16 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Emily Reo: « Only You Can See It »

Il y a trois années de cela, Emily Reo est sortie des sentiers battus avec son album Teach You dans lequel l’auteure-compositrice-interprète originaire de Brooklyn avait posé les bases dune pop stratosphérique qui lui a valu toutes sortes de louanges. La voici de retour avec son successeur tant attendu du nom de Only You Can See It.

Sur celui-ci, Emily Reo repousse à nouveau les champs du possible et sa pop et lui fait prendre des allures démesurées. Pour cela, elle va conjuguer des compositions fiévreuses et riches en motifs de clavier sucré en tous genres allant de l’introduction nommée « Phosphenes » au charme dévastateur de « Charlie » en passant par des allures extravagantes de « Ghosting », « Fleur » et autres « Strawberry ».

Seule aux commandes, de l’écriture au mixage,notre new-yorkaise tirera son épingle du jeu avec des morceaux osés n’ayant pas peur du ridicule. Elle ouvre, en effet un peu plus les portes de son intimité riche en maladies mentales (dépression, anxiété…) et son ras-le-bol face à la société de plus en plus patriarcale et oppressante pour la gente féminine. Elle n’hésitera pas, à cet effet, à exprimer le fond de sa pensée sur ses productions bien taillées pour le FM comme le fit Grimes sur Art Angel sil y a quelques années de cela. Que ce soit sur l’hypnotique « Counterspell » ou sur « Sundowing » ainsi que la touchante conclusion « In Theaters », la musicienne est en phase d’affirmation et d’assertion et, même si certaines productions un peu trop sucrées frôlent parfois le risque d’overdose, on ne peut qu’applaudir la prise de risque de de l’artiste sur ce Only You Can See It.

***1/2

16 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire