Jack White: « Boarding House Reach »

« Hello, welcome to everything you’ve ever learned », ainsi Jack White s’adresse-t-il à son audience sur son premier album solo depuis quatre ans. Il n’y a rien de gratuit dans cette affirmation tant ce nouvel opus, tordu comme il l’est, peut s’apparenter à une série de notules ou de vignettes prolongées qui ne nous renseignent pas sur là où elles vont mais qui, toutes désarçonnantes qu’elles soient, ne peuvent que nous scotcher.

Nous savons pourtant que White a toujours été auréolé d’un itinéraire artistique éclectique mais les variations abruptes qui sont empruntées ici pourraient donner matière à interrogations même auprès de à ses fans les plus ardents.

Ainsi, les lignes d’ouverture du « single » «  Connected By Love », un basse aux tempos palpitants étayée par un riff à la guitare façon Led Zeppelin et conduit par un loop de percussions qui anime « Respect Commander » ainsi que la narration electro-funk de « Get In The Mind Shaft, » ou la ballade country « What’s Done is Done, » nous montre un artiste se complaisant dans des expérimentations qu’un mauvais esprit qualifierait de gratuites.

Le « closer » « Humoresque », nous montrera un White tout enveloppé d’acoustique, piano assourdi, guitare sèche, balais remplaçant les baguettes aux percussions) : au milieu de tous les emprunts musicaux, (jazz funk et hip hop sur «I ce Station Zebra” » par exemple), il se montre un artiste suffisamment subtil pour échapper à tous les clichés. Il sera preuve que faire cohabiter un titre obscurci et démonté comme «  Hypermisophoniac » et des morceaux à la White Stripes comme le sont les riffs à la guitare de « Over and Over Again » fait figure de jeu de marelle entre les genres comme en rêvait Frank Zappa. Répondre à son « Who’s with me ? » qui colle à « Corporation » ne nécessitera alors aucune hésitation de notre part.

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Hookworms: « Microshift »

Tout comme les albums précédents de Hookworms, Microshift se singularise par une approche que l’on pourrait nommer cathartique de la psychedelia et du punk. La musique du combo se focalise sur une juxtaposition assez classique, celle de l’ombre et de la lumière, dont le décor sera l’inébranlable quête du bonheur au milieu de la désolation qui nous ronge.

C’est au sein de ces nuances que le groupe se veut représentant de notre humanité, la notion que les émotions les plus basiques peuvent sembler hors d’atteinte mais que, pour ce qui est de la quiétude, le principe que les opportunités existent est moteur d’une démarche toute distante qu’elle doit.

Le quintette de Leeds aborde ces thèmes existentiels non seulement par des textes traitant du manque mais aussi par des vocaux où la voix tendue de MJ véhicule à merveille sentiment de douleur face à l’addiction.

Sur ce nouvel opus, pourtant,le phrasé va se faire plus lissé et on peut percevoir, ici et là, une vague effluve d’espoir.

Ainsi, le titre d’ouverture, « Negative Space » fait montre de conviction et la musique chevauche à merveille la fine bordure qui sépare introspection morbide et perspective plus enjouée. De le même manière, le reste de l’opus esquivera ses thématiques habituelles pour nous immerger dans un univers d’où surnage propension à l’optimisme.

Microshift devient alors le disque le plus accessible du groupe, à la fois immersif et pesant mais sans oublier de se montrer léger et lumineux ; un bel exercice qui parvient à faire du désespoir une source d’euphorie, qualité qui le rend libérateur et cathartique.

***1/2

 

Ty Segall: « Freedom’s Goblin »

Freedom’s Goblin est le 10° album en 10 ans de notre garae-rocker favori. Sa prolixité se dénombre aussi sur sa durée (19 plages et 75 minutes) le tout rempli d’explorations soniques et de ces caprices musicaux éphémères qui font partie de son essence. Seule différence, au lieu de les émietter sur divers projets, les voilà tous réunis sur un opus qui se veut gargantuesque.

Le titre d’ouverture, « Fanny Dog », démontre combien Segall s’est éloigné de ses débuts lo-fi subtils et nuancés. Ici, nous sommes conviés à une présentation triomphante et dramatique, nourrie de guitares cacophoniques et de basses pénétrantes le tout pour célébrer … l’intelligence de son chien (sic!). C’est une notule charmante car irrévérencieuse, en phase parfaite avec le propos du chanteur qui se sent ouvertement indifférent à la marche du monde et choisit de se concentrer sur le rock and roll, pur et dur.

Ne pas se montrer simplificateur consistera alors de nous abreuver de longs solos de guitare (« And Goodnight », « She, » ou « Alta ») mais le disque nous offre également es pauses acoustiques plus reposantes (« The Last Waltz », « The Lady’s on Fire » ou, a contrario, des basses sanguinolantes (« Talking 3 », « The Main Pretender »).

« Meaning », « Despoiler of Cadaver » et une reprise crasseuse du « Every 1 is a Winner » de Hot Chacolate assurera cette diversité dont se réclame l’artiste mais ce seront les passages les plus directs et tamisés qui procureront les plaisirs auditifs les plus gratifiants (« You Say All the Nice Things » ou « I’m Free ».)

«  5 Ft.Tall » représentera le passage audacieux indispensable à tout album du musicien mais l’ensemble de Freedom’s Goblin témoignera avant tout de l’assurance que peut avoir Segall à se plonger sans hésitation dans tous les abysses musicaux qui lui viennent à l’esprit.

Prolixe mais avant tout bourreau de travail malgré un semblant de désinvolture, Freedom’s Goblin est le nouvel opus d’un artiste qui n’hésite toujours pas à s’emparer sans vergogne du fameux slogan acid rock de la West Coast : « turn on, tune, in, drop out »).

***1/2

Soft Moon: « Homicide »

Il faut entendre, Luis Vasquez, leader de Soft Moon couvrir l’ « opener » de Homicide le quatrième opus du combo sur un « I’Can’t control myself » palpitant et jalonnant « Burn », le dit titre, pour saisir instantanément l’immédiateté d’un album conjugué sur fond de cette musique industrielle vectrice d’une unique émotion, le désespoir.

Nous avons droit, ici, à un gros plan assumé de tout ce que le post-punk associé à un univers gothique que n’aurait pas renié The Cure ; tout y figure de la pochette symbolique et abstraite aux textes où Vasquez aborde continuellement une seule thématique, celle d’un enfance violentée, dominée par un père détesté mais dont on déplore l’absence.

S’il y ajoute le récit de son addiction à la cocaïne et la culpabilité qui le harcèle à laisser ces sentiments prendre le dessus sur lui, on aura droit à un disque empli de présences telles celles de Trent Reznor, lui aussi adepte de l’auto flagellation.

La poésie et le mélodrame cohabitent à en devenir étouffants (« Helle is where I’ill go to live » ou « How can you love someone like me ? ») et on plongera ainsi sans équivoque dans le linceul d’une tonalité de type Pornography de Cure.

Une fois passée la frontière de la suffocation, on accueillera l’appel d’air que pourront constituer quelques bribes du plaisir amer que chacun peut tirer à se lamenter sur son sort. Rien de remarquable ici à moins qu’on apprécie de se murer dans une chambre close avec p

Field Music: « Open Here »

Peter et David Brewis ont toujours cultivé un goût pour une pop savamment orchestrée ; avec Open Here nous retrouvons les deux frères aborder à nouveau ce même schéma en le parsemant de thématiques qui s’éloignent de leurs problématiques personnelles pour en aborder d’autres, plus emblématiques.

On ne va, bien sûr, pas entrer dans l’engagement mais il n’est pas inintéressant d’entendre Peter Brewis se demander si « l’empathie n’est pas une chose trop sérieuse pour être prise au sérieux » tout en la contrebalançant cette interrogation par un phrasé rythmique joueur, des attaques de guitare croustillantes ou des lignes de flute enlevées  ; savoureux alliage entre XTC et les Beach Boys.

Ces deux références sont accentuées dans un disque qui ose ainsi catapulter sections rythmiques serrées, harmonies travaillées et six cordes expressionnistes, le tout couplé à des mélodies prises en mode majeur,une instrumentation lorgnant vers l’expérimental et des textes nourris au vitriol ou au sarcasme.

On appréciera les vocaux en cascade de « Checking On A Message », l’ « outro » complifiée de-e l’instrumental « No King No Princess », les interactions entre passages calmes débouchant sur des moments plus tendus (« Cameraman » evec «  « Daylight » Saving » par exemple).

Ce balancement sonnera alors à l’album un climat général fait de mélancolie exemplifié par l’accord final et toujours pris sur le mode majeur qui ponctue «  Find a Way To Keep Me », « closer » plus grand que la vie pour un disque que les choeurs, les trompettes et les arrangements à cordes ne peuvent qu’embellir et nous élever.

***1/2

Ezra Furnam: « Transangelic Exodus, »

Deux ans après l’hommage à la fois passéiste rétro et alternatif que constituait le tapageur Perpetual Motion People, Ezra Furnam s’est mis en tête de nous proposer un opus plus « original », avec Transangelic Exodus, on peut considérer que la mission est largement accomplie.
Stylistiquement on reste toujours dans une imagerie outrée, à mi-chemin entre Bowie (pour le glam-rock) et Prince (pour les déhanchements où le poulpe règne en maître) mais ses accroches saignantes et ses vocaux apprêtés sont accompagnés d’une coloration plus primaire où s’articulent feu, passion et esprit que l’on pourrait qualifier de « road and roll ».
En effet, on trouve ici certaines balises toutes droit sorties d’un « classic rock » façon Bruce Springsteen comme en témoigne le titre d’ouverture «  Suck The Blood From My Wound) ». La filière rock américain est encore plus exemplifiée chez ce natif de Chicago avec des morceaux comme « No Place », un joli fuzz-rock à la Jonathan Richman ou des tonalités héritées du Velvet Underground (« Peel My Orange Every Morning »).
Les textes sont à l’avenant, irrévérencieux et caustiques et ils frappent juste là où ça doit faire mal. Le tout est servi par des arrangements discordants et des inflexions vocales précieuses et ces décadentes qui n’auraient pas usurpé leur place dans des albums de « glam rock ».

L’affectation qu’on aurait pu craindre avec une telle démarche est contrebalancée par des flambées où colère et politique font bon ménage, arrangements dramatiques sous-tendus par des phrasés où la vois semble s’effilocher et tomber en haillons avant de ré-émerger sur des fils de fer barbelés.
Les passages les plus notables feront alors bon usage de la versatilité du combo: la lamentation country and western de « Driving Down to L.A », la liturgie israélite sur « Psalm 151 » ou la comédie musicale paillarde de « I Lost My Innocence ».
Le tout rendra l’imagination de Durham très organique et tout sauf affecté; ce seront d’ailleurs sur des refrains, très roots et blues façon Tom Waits (« Comes Here Get Away From Me ») ou avec un doo-wop ponctué par un violoncelle d’anthologie (« Love You So Bad ») que
Transangelic Exodus gardera intacte une pertinence où « murder tales » gothiques et phraséologie ampoulée font bon ménage ou, si l’on préfère, manège dont on ne sort que fascinés par les vertiges de ce tohu-bohu.

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Electric Wizard: « Wizard Bloody Wizard »

Le modus operandi de Electric Wizard est partagé par un nombre incalculable de groupe de «  doom-metal » : reprendre ce que faisait Black Sabbath sur ses trois premiers albums, mais le refaire de manière plus lente, plus bruyante et plus crasseuse.Ce combo issu du Dorset emprunte ici à sa source d’inspiration mais il redonne vie à un disque comme Sabbath Bloody Sabbath, lequel avait vu ces prophètes de malheur s’aventurer vers des structures et des dynamiques plus élaborées.

Les puristes effarouchés par le terme de « rock progressif » ne doivent pas l’être pour autant car Wizard Bloody Wizard parvient à demeurer fermement planté dans son territoire initial en y ajoutant cette petite touche plus subtile que l’on avait décelée dans Master of Reality.

Si la formule doom-metal est largement reprise, on y trouvera toutefois quelques fragments atypique tels le ricanement ironique qui encadre les moulinets palpitants d’un « Necromania » nous ramenant au bon vieux temps des Stooges période Ron Asheton ou la menace psychédélique qui émane de « The Reapar ».

La corps de l’album va, toutefois, rester dans le domaine d’un « riff-rock » monolithique qu’on trouverait tout droit sorti d’archives de Black Sabbath. L’interprétation en est sans failles, y compris sur un titre comme « Wicked Caress » qui conjugue aussi bien les attaques de guitares à la Sabbath que les escapades de ces derniers semblables à « Into The Void ».

Néanmoins des emprunts si flagrants ne sont ni une surprise ni rédhibitoires pour un combo qui a hérité de son nom an combinant deux titres de Black Sabbath : « Electric Funeral » et « The Wizard ». À cet égard,Wizard Bloody Wizard s’apparente à ce que serait une marque déposée dans la mesure où le disque ne s’éloigne pas de ce que Electric Wizard faisait auparavant (en particulier Dopethrone qui, depuis 2000, représente une pierre angulaire du « stoner rock » contemporain.)

Les textes eux-mêmes se marient très bien avec la frayeur existentielle qui s’échappait de ce qu’écrivait Geezer Butler tout comme sur le martèlement métallique qui, chez Electric Wizard, évoquera avec assertivité la rythmique de Tony Iommi et Bill Ward.

Hormis ces signifiants on peut affirmer qu’il y a, chez nos Anglais, quelque chose de plus qu’une simple resucée. Celle-ci est une spécialité communément admise chez Electric Wizard mais qu’elle soit parfaitement exécutée ne suffit pas.

Ce qui importe, par contre, est que le groupe n’essaie pas de faire école mais que sa démarche soit de rester fidèle au patronyme qu’il a adopté. Le combo sait utiliser le schéma de l’incantation quand il faut et comme il faut pour invoquer les ténèbres et les abysses ; on touche ici aux limites du genre mais ceci est, au demeurant une qualité dans la mesure où certaines choses n’ont nul besoin d’être réinventées.

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Morrissey: « Low In High School »

Il a toujours été difficile de séparer le Morrissey politique du Morrissey musicien. Mais, même dans ses déclarations les plus véhémentes, on trouve toujours une idée qui ne manquera pas d’éviter les faux-fuyants et de dénicher quelques idées, si ce n’est fortes, capables de véhiculer matière à cristallisation.

Low In High School ne manque pas d’exemples de ce type, ne serait-ce que dans le fait d’arborer des badges « Fuck Trump » pour dénoncer la prédilection de ce dernier à véhiculer des « fake news » at à se somplaire dans la démagogie.

Ce peut être sur les guitares martiales de «  My Love I’d Do Anything For You » et sa diatribe contre les médias « mainstream » et leur propension à édulcorer tout esprit critique ou dans les maniérimes électroniques qui ponctuent un « Spent The Day In Bed » où ll nous harangue, tel un tireur isolé, contre « ces informations qui s’emploient à distiller la peur en vous. »

Pour quelqu’un avide de quelque chose de plus subtil cette rhétorique peut sonner décevante mais on peut être emporté par l’audace épique qui accompagne « I Bury The Living » et sa dénonciation de ceux pour qui l’honneur mérite qu’on transforme les autres en chair à canon.

La déification qui entoure alors les forces armées est, ici, battue en brèche de façon incisive et pertinente mais c’est surtout quand l’artiste laisse de côté la polémique que le disque atteint une certaine grandeur propre à nous faire vibrer. On notera une « Home Is A Question Mark » propre à nous chavirer par les boursouflures accompagnant une composition où s’exarcerbe le désir emphatique. A contrario, l’électronique sinistre qui larde « Jacky’s Only Happy When She’s Up On The Stage » racontera avec une économie de moyens judicieuse l’histoire de ce personnage qui ne vit que pour épater la galerie.

Sur un album dont le thème principal est l’obfuscation de la vérité, on ne peut rêver de meilleure illustration.

***1/2

PVRIS: « All We Know Of Heaven, All We Need Of Hell »

Cela fait quatre ans que ce combo gothique n’avait pas sorti d’albums ; All We Know Of Heaven, All We Need Of Hell, devrait satisfaire ceux qui se montraient impatients. Le registre est toujours aussi cru en matière de textes et la vocaliste Lyndsey Gunnulfsen toujours aussi expressive et puissante.

Les rythmiques demeurent, par contraste, sombres et profonds contrepoint idéal à des temps priss à pas de course. Les compositions sont exécutées comme il se doit (« What’s Wrong » ou « Walk Alone ») et le disque marie à merveille ce mélange de sensations que sont la douleur et le plaisir.

All We Know Of Heaven, All We Need Of Hell nous permet d’entrevoir une certaine lumière au travers des ténèbres, grâce à des mélodies accrocheuses et ces harmonies pop qui allègent la toile de fond.

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The Lemon Twigs: « Do Hollywood « 

Que les têtes pensantes des Lemon Twigs, les frères Brian et Michael D’Addario, soient vêtus de vêtements «  vintage  » fleurant bons les sixties et qu’ils se considèrent comme des «  étrangers dans le monde moderne  » rappellent immanquablement ce titre de Brian Wilson, «  I Just Wasn’t Made For These Times  ».

Bien que de Long Island, le son du combo semble, lui, définitivement figé sur cette période certes, mais aussi sur certains de ses représentants issus de la Côte Ouest. La lignée Beach Boys y est évidente, mais aussi d’autres influences comme Tom Petty, les Beatles, la pop AM acide et Harry Nillson.

Sur Seine (Rock en Seine oblige) on pourra y découvrir les mânes théâtrales et bondissantes de Alice Cooper ou Sparks, mais aussi celles des Doors,de Janis Joplin, Tim Curry ou même des Mothers of Invention.

Spectaculaire et hypnotique, le groupe l’est indéniablement, mais c’est avant tout le talent mélodique du duo qui peut inciter à se plonger dans l’écoute de leur seul et unique album le bien nommé Do Hollywood.

Certaines des compositions sont, en effet, plutôt directes et instantanées («  Baby Baby  », «  These Words  ») mais un bon nombre d’entre elles se veulent passablement bizarres, par exemple «  Those Days Is Comin’ Soo  », un titre classic rock subverti par des codas étranges et des changements de tempo évoquant Brian Wilson ou Sgt. Peppers.

Sur « Haroomata » le même procédé burlesque évoquera, lui, une absurdité que ne renierait pas Benny Hill alors que « As Long As We’re Together » cultivera cette psychedelia qui sent bon le confort de l’ouvrage bien fait dans lequel on peut se claquemerer. C’est au détour de ces deux tendances que se révèleront l’habileté du combo à esquisser inventivité sans flagornerie aucune, bref à se montrer impressionants et originaux. La comparaison à Harry Nillson y est on ne peut plus évidente ne serait-ce que par des arrangements irrépochables ou des ballades au piano de type « How Lucky Am I ? » ou lesouriant « I Wanna Prove To You ».

Une bonne moitié de Do Hollywood est, à cet égard, réjouissante même si on y sent certaines lacunes en termes de cohésion. Il est, en effet, parfois difficile de pouvoir suivre un thème sans que les compositions ne soient pas affectées par des renversements drastiques comme si Lemon Twigs s’évertuaient à faire étalage de versatilité plutôt que de nous épargner le moindre ennui. Les variations des chorus deviennent alors forcées, peinent à nous accrocher et à soutenir notre attention.

Do Hollywood nous empêche, finalement, de nous installer non pas par manque dinspiration mais par une déficience en terme de focalisation. L’album aurait pu être un fantastique EP s’il n’avait pas été grévé par sa nature schizophrénique ; voilà un opus qu’il est diffile d’aimer pleinement mais qui est suffisamment accrocheur pour qu’on s’autorise de multiples écoutes.

****1/2