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The Renderers: « In the Sodium Light »

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Le huitième album de ce combo noise-country néo-zélandais se présente avec une certaine aisance tant il est composé de lentes vagues de guitares dont le but est de planter des atmosphère plutôt que d’accumuler les riffs, de sanglots de violons qui s’allongent et de « murder ballads » aux dictions fantasmagoriques et chuchotées.

« Sea Worthy », le morceau phare, est un folk-song hanté et délabré avec des percussions qui défilent martialement comme des courants sous-matins où les algues font résonner des tonalités de guitares en détérioration.

Les deux membres principaux de The Renderers, Maryrose et Brian Crook, sont mariés et travaillent ensemble depuis près de 20 ans. Maryrose assure la basse et les vocaux et son phrasé sonne toujours comme issu d’un autre monde, glacé et intouchable, alors que Brian alterne longs moments de faux silences à la guitares et tonalités qui s’insinuent pour créer une sorte de pandémonium.

Sur « Black Saturn » le sépulcre se nimbera d’une monotonie volontaire et, ainsi, d’autnt plus angoissante avant d’osciller entr rythmique incendiaire et pâleur d’outre tombe. Les disques précédents étaient distendus et bizarres, In the Sodium Lightnous montre un garage rock plus serein sous ses lamentations souterraines.

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Stepeh Kellogg: « South, West, North, East »

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Un disque en quatre parties, enregistré dans quatre régions différentes du pays avec des co-producteurs et musiciens différents ; ce dernier album solo de Stephen Kellogg fait effectivement preuve d’ambition.

L’opus regroupe les quatre coins cardinaux, chacun ayant droit à cinq chansons Le Sud en est le point de départ, musique imprégnée du fameux « twang » de Nashville et accompagné de son groupe original désormais en hiatus, The Sixers.

Sur la partie Ouest, enregistrée dans le Colorado, ce sera la chanson cowboy qui sera mise en valeur. La thématique y est sombre mais Kellogg y maintient une tonalité relativement gaillarde.

Ce n’est que quand ce « road album » vire vers le Nord et l’Est que le répertoire devient quelque peu irrégulier. La première région nous présente une « Greta Girl » autobiographique et , pour enrayer certaines tragédies, « 26 Seconds (Of Silence) » et « Last Man Standng » termineront l’album dur deux éloges funèbres dépouillés comme pour signaler la fin d’un cycle et, par delà-même, une odyssée.

Sarah Neufeld: « The Ridge »

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Le disque précédent de Sarah Neufeld, Never Were The Way She Was, avait fait montre de quelque chose de fascinant, la conversation entre la majesté fluide de son travail au violon et les attaques virtuoses menées au saxophone par Colin Stetson, son collègue de Arcade Fire.

Rarement une symbiose entre le beau et le laid ne s’était montrée de manière si évidente , jamais, non plus, n’avait-elle autant impressionné. The Ridge utilise la voix et le violon pour peindre un spectacle croquant et crispé, semblable à d’un petit matin à la campagne (« They All Came Down ») et dont le bref instant se transforme en orage déchiqueté (« A Long Awaited Scar »).

La présence de Jeremy Gara aux percussions ajoute au disque une connotations mélodramatique assez agréable et familière mais, ici, requiert une écoute plus attentive pour nous autoriser à apprécier ses charmes. D’ailleurs, au fond, The Ridge est plus charmant que fascinant et, à ce titre, il mérite bien de nous intriguer.

***1/2

Magic Wands: « Jupiter »

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Originaires de Nashville mais basés à Los Angeles, Magic Wands est un quatuor dont la composition assez classique leur permet de se situer sur divers registres, new wave, synth pop, shoegaze avec une tendance hypnotisantes qu’ile qualifient de fontière entre dream pop et shoegaze.

Jupiter s’ouvre sur un climat tourbillonnant et morose servi par un instrumental « electro » mais ce sont surtout les tonalités les plus sombres qui vont retenir l’attention avec une bataille sourde entre effets électronique et guitares.

« Lazerbitch » enfoncera le clou « heavy » et exemplifie à merveille les multiples facettes du combo : guitares acérées, vocaux longitudinaux et électronique discrète.

Le dernier titre, « Jupiter II », résumera l’album avec sa recherche de paysages soniques sous forme de mélopée comme pour mimer l’expérience humaine dans ses efforts à atteindre l’extase. Magic Wands restent fidèles à cet idéal « lovewave » qui vise à transformer le réalité.

**1/2

Kane Strang: « Blue Cheese »

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Quand on saura que Kane Strang fait partie de la mouvance du label Flying Nun on ne s’étonnera pas que le premier album de l’artiste soit constitué de diverses palettes soniques s’échinant à nous présenter un disque qui soit cohérent et imprégné de l’esthétique lo-fi et de techniques d’enregistrement rudimentaires.

Le son est à la fois étrange et familier, l’atmosshère, comme sur « Full Moon, Hungry Sun », semble vouloir englober tout un univers à perte de vue tout en se cantonnant à un petit espace intime. Les enregistrements sont d’ailleurs faits pour restituer le climat d’un concert, comme si on le suivait mais de loin.

Strang fait penser à Mac Demarco sauf que lui accentue son « songwritin » pour nous offrir une vision plus claire : de la différence qui éclaire chaque composition Strang nous offre un petit opus mémorable, à écouter dans l’herbe allongé sur le dos et regardant les nuages se promener.

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Feels: « Feels »

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Feels font dans le noise rock, un noise rock plutôt furieux englouti sous des torrents de feedback et de fuzz. Pour conjurer la distorsion, le combo mené par Laena Geronimo s’efforce de façonner des morceaux qui tiennent la route en matière de mélodies ; cela peut se révéler sur les tempos changeant constamment de « Today », la basse furtive sur « Slippin » ou la psychedelia détonnante de « Runnin’s Fun ».

« Small Talk » révèlera un talent pop permettant d’écrire des chansons accrocheuse et « Bird’s Eye » à se lancer dans l’expérimentation. Quand on apprendra que Geronimo a joué avec Ty Seagall on comprendra pourquoi notre pygmalion a pu s’entourer d’une artiste aussi éclectique et mordante.

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Eerie Wanda: « Hum »

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Eerie Wanda n’est pas une personne mais le nom que s’est attribué Marina Tadic, une chanteuse compositrice d’extraction croate et hollandaise. « Eerie »(étrange) est un adjectif qui convient bien à l’artiste tant, dans son répertoire, qu’il soit frappant ou tout simplement beau, il y a quelque chose qu’on peut difficilement oublier.

Tadic n’a pas son pareil pour utiliser de façon atypique des structures de chansons traditionnelles, d’y puiser essence-même, comme si il s’agissait d’y trouver la moelle avant d’en reconstituer un squelette.

Les accords de « Happy Hard Times » ont ainsi une résonance transformant la composition en prélude à une déclaration affirmée où se mêlent douceur et mélancolie et la vocaliste est également parfaitement à son aise pour évoquer Hope Sandoval ou… Chris Rea.

Plutôt que d’établir des comparaisons il faut avant tout insister sur l’écho qu’une telle interprétation suscite servie qu’elle est par une musicalité sans failles de la section rythmique.

Un album dont les chansons semblent venir de nulle part est suffisamment chose rare pour que le chuchotement de Hum se transforme en acquiescement.

***1/2

Death Index: « Death Index »

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Ce premier album, éponyme, de Death Index joue sur la concision (25 minutes), la force, peu intelligible comme sur le titre d’ouverture « Fast Money Kill », ou la vitesse, après l’avoir entendu, il est difficile de comprendre ce qui vient de se passer.

Les temps sont rapides, les accords avancent de manière chaotique (« Fuori Corntrollo ») et les basse et percussions s’écrasent avec volupté (« FUP, « Little N Pretty ») ou nous font entrer dans une atmosphère macabre.

Bien sûr la structure des chansons donnent la sensation que tout a été mis là un peu au hasard mais ils s’intègrent et coïncide parfaitement avec le phrasé de leur chanteur Carson Cox. Le titre final, « Pato Con Dio », terminera le disque sur une note plus lente et subtile ; tentative sans doute de nous faire envisager un horizon plus menaçant encore.

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Crater: « Talk to Me so I Can Fall Asleep »

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Si on se situe dans l’electro-pop postmoderne,  Talk to Me so I Can Fall Asleep de Crater est le parfait véhicule. Ce « debut album » capture en effet à merveille les angoisses et les frustrations auxquelles les technologies mobiles ont donné naissance aujourd’hui.

Ce duo féminin de Seattle prend acte du remplacement des moyens de communications humains par le contexte froid que les machines ont imprimé et il le fait par une musique qui vise à aliéner l’auditeur : vocaux bruts, guitares perçantes et phrases dont on peine à définir le sujet.

Les lignes mélodiques sont donc constamment mises à distance et il nous appartient alors à essayer de dénouer l’écheveau où banalité et profondeur semblent vouloir cohabiter. Sur « Ain’t Right » notre incapacité à nous connecter aux autres est pleinement mise à jour tout comme « Habits Die Slow » qui dresse un portrait lucide de la pathologie engendrée par une vie rituelle.

On peut adhérer ou pas à ce constat ainsi dressé et on pourrait souhaiter que Crater ose s’aventurer un peu plus vers des océans expérimentaux véritablement modernes. Quand il y parvient, (« Gross Relations ») on arrive enfin à des climats plus excentriques et ambigus ; c’est cette gestion de l’inconfort qui nous fait espérer une suite plus fructueuse.

***1/2

Coastgaard: « Devil on the Balcony »

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Coastgaard sont de Brooklyn mais leur musique semble plutôt verser du côté Ouest des USA nimbée qu’elle est de psychedelia pop rock et de tonalités qui nous rappellent les années 0 ou 60.

La musique y était, à l’époque, si ce n’est paisible, tranquille et peu vindicative ; axée sur des mélodies ensoleillées (« Old Casino’) et des refrains où l’on croirait entendre les étraves de surf chevauchant les vagues du Pacifique.

« Something Misty » mêlera Beach Boys et Everly Brothers et les textes, fluides, prendront le relais pour véhiculer cette ambiance où les questions ne vont pas plus loin que le thème des relations que chacun a pu avoir lors de son âge tendre.

« Ruminator » ira vers un registre plus musclé à forte connotation « indie » apportant à Devil on the Balcony la tuche dont il avait besoin pour que l’on séloigne du « mainstream ».

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