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Emma Russack: « Winter Blues »

Beaucoup de questions sont posées par Emma Russack sur Winter Blues son cinquième album, un disque où elle passe beaucoup de temps à s’interroger sur ses motivations sans, pour autant, recueillir de réponses.

Mais c’est, au fond, le but ; Russack a trop de jugeote pour ne pas savoir qu’une interrogation telle que celle posée sur le titre « What Is Love » n’est inéressante que pour les raponses que chacun peut y donner.

En encadrant ces problématiques dans un support musical où domine une chamber pop au ralenti, Russell apporte à la fois ruminations et évite de s’emparer d’un processus de travail sur soi douloureux mais aussi fastidieux pour qui l’écoutera.

La chanteuse a choisi la crête fine qui est celle sise entre dramaturgie et facétie, une approche beaucoup plus organique que celle qui précédait sur son compagnon précédent, un Permanent Vacation ancré dans la quête extatique et idéalisée.

Ainsi, « Be Real » s’ancrera dans un schéma «  riot grrrl » agressif, du moins autant que la chanteuse peut l’être. Nul beaoin de faire démonqtration de dorce pour affirmer son point de vue. Chacun pourra, ici, y trouver sa propre identité ; ouvrer sur son passé ou ses vulnérabilités n’a de sens que si volume et textures ne sont pas mises en avant pour le plaisir de l’être. La chanson-titre est, à cet égard, faite de cette résignation endeuillée où l’artiste s’emploie à traiter avec humour et second degré notre humeur de découragement dans laquelle il est si facile de se complaire en blâmant le temps qu’il fait , ou une chose aussi bien qu’une autre.

Ce disque est, au contraire, une réussite pour cet artiste idiosyncratique et atypique d’explorer ses frustrations et colères sans en faire étalage. Cette approche minimaliste est saisissante tant elle permet de créer une fragilité de toute beauté au sein de cette manière qu’a Russack de s’ouvrir en toute sincérité comme si Winter Blues était un acte de confiance.

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21 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Rosali: « Trouble Anyway »

Les aficionados de la scène indie rock de Philadelphie ont suivi les péripéties musicales du groupe Long Hots. Rosai est une des membres de ce combo, une des figures de proue de la scène indie de Philadelphie. Elle est également guitariste d’un trio au sein duquel elle a décidé de se lancer dans une carrière solo. Celle-ci se manifester aujourd’hui avec un second disque intitulé Trouble Anyway.

A travers ces neuf nouveaux titres, Rosali nous embarque dans un univers indie folk aux relents Americana fortement marqués.. L’entrée en matière nommée « I Wanna Know » nous confirmera cette donne et on pourra en dire autant d’autres perles doucement mélancoliques comme « Dead And Gone », « Who’s To Say » et autres « Silver Eyes ».

Sur Trouble Anyway, Rosali sait émouvoir son auditeur en se mettant à nu. On remarquera des des titres profondément humanistes tels que « Lie To Me » et « If I Was Your Heart » qui nous captivent tandis que la pièce maîtresse de huit minutes nommée « Rise To Fall » emportera le morceau d’un second album qui prouve que la membre de Long Hots peut envisager une belle carrière solo.

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20 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Heron: « Sun Release »

Originaires des régions sauvages de Pennsylvanie, ce quartet instrumental a apporté une bouffée d’air à la scène post-rock avec une musique aux atmopshères fraiches et montagneuses sur son premier album, You Are Here Now. Dès le début, on y a, en effet, discerné un penchant pour l’invention mélodique, une énergie infectieuse et des arrangements exaltants ; une somme de travail qui s’est manifestée par une tatention admirable aux notions de nuances, d’espaces, de tonalités et de textures.

Sur ce nouvel opus, les musiciens se sont appuyés sur ces solides fondations pour établir de nouvelles dynamique dans une structure compositionnelle encore plus solide, raffinée et démonstrative

Sun Release est un collection de superbes compositions post-rock, dont chaque composant peut se singulariser des autres tout en maintenant un flux narratif qui les englobe tous et fournit une merveilleuse synhèse d’écoute.

***1/2

20 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Maes: « The Maes »

Maggie et Elsie Rigby connaissent bien le folk : elles sont carrément nées dans ses jupes. Ce premier album des deux soeurs australiennes en tant que The Maes, un duo forcé par le départ du troisième membre de leur groupe The Mae Trio l’an dernier, est celui d’une liberté inattendue ; un calme nouveau apparaît en effet dans les mélodies, une solidité. Enregistré spontanément pendant une tournée en duo entre le Canada, l’Écosse, l’Irlande et leur ville natale de Melbourne, ce joli exercice de folk minimaliste — parfois plus étoffé, comme sur la belle « Head Over Heels » — entremêle avec adresse violon, mandoline, guitare, violoncelle et banjo.

Qu’elles soient en harmonie ou non, les voix des Rigby — l’une plus mature, l’autre plus perchée — maîtrisent l’art de la nuance, de l’amplitude et du trémolo, surtout sur la lente « February Bride ». Si The Maes ne révolutionne pas le grand bassin du folk, l’entrain et l’expressivité du duo sont, en revanche, de très beaux atouts dans sa manche.

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20 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Thomas William Hill: « Grains Of Space »

Thomas William Hill n’est pas un complet inconnu puisque, avec cet opus sous son patronyme, il était le leader du projet Origamibiro.Cette formation semblant en sommeil depuis 2014, c’est donc en solo que l’acteur central de ce qui était devenu un trio se trouve à œuvrer, dans un registre quelque peu différent de son précédent.

En effet, alors que l’electronica-folk du groupe était principalement sous-tendue par des guitares acoustiques, dont les boucles étaient agrémentées d’électronique, on se trouve ici face à des partitions plus orchestrées et plus riches, convoquant des cordes (violon, contrebasse, harpe), une trompette et des métallophones joués à l’archet pour dialoguer avec plusieurs types de percussions.

Ces dernières, tantôt sèches (kalimba, gong, bol chantant), tantôt électroniques, intentent une conversation avec les autres instruments, générant un résultat à la fois ouvragé et peu chargé. On pourrait craindre un exercice un peu forel et dépourvu d’émoution pourtant, celle-ci n’est pas totalement écartée, par exemple dans les enchaînements de cordes de « Willow » qui, heureusement contenus, nous épargnent toute démonstration ostentatoire.

Avec plusieurs invités Thomas William Hill parvient à varier les plaisirs, faisant, par exemple alterner boucles acoustiques et électroniques tandis. Ce dialogue tempéré se double d’une belle ampleur des arrangements, d’un mix équilibré et d’une ambition certaine ; bref, nous sommes définitivement en face d’un disque plus que convaincant en matière d’expérimentation.

***1/2

20 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Delany: « Mission Creep »

On va éviter l’exégèse historique (celle de Fields Of The Nephilim puis de Rubicon et Carl McCoy) qui a abouti à Mission Creep de Delany. Tout au plus peut-elle nous indiquer la direction prise par le chanteur dans le genre gothique dur cet opus qui repreds dans son line-up beacoup des musiciens impliqué dans ces péripéties musicales.
Mission Creep est un disque cohérent. La forme, les structures sont de facture classique. Le groupe est bien mis en place et l’écriture assez resserrée. Le léger éraillement de la voix ramène forcément au souvenir de Rubicon, quoique le chant paraisse plus géré aujourd’hui, maîtrisé. Ce constat posé, Delany n’essaie pas frontalement de reproduire les ambiances propres à What Starts, Ends. Du temps de Rubicon, il n’avait pas ce recul, n’était pas dans cette gestion-là. La foudre parlait, au risque du débordement : la voix en faisait parfois trop, à manger l’espace plutôt qu’à toujours se cadrer. Delany, faut-il le rappeler, avait les cheveux longs en 1992. Depuis, le sel a mis son grain.
De débordement, il n’est point question sur
Mission Creep : l’énergie est là, contenue. La voix est à sa place, et ses mélodies impactent sensiblement plus qu’au début des années 1990. Flagrant, notamment en comparaison d’un Room 101, second opus de Rubicon (1995) où Delany semblait chercher sa place autant que le groupe se cherchait lui-même. Au bilan, artistiquement, la métallisation aura davantage réussi à McCoy.


Mais la qualité du chant sur
Mission Creep doit aussi et sans aucun doute quelque chose à d’autres choix : celui notamment de baisser la tonalité de la plupart des titres par rapport aux prises originelles, ce qui obligea Andy à refaire. L’histoire de l’enregistrement est dans le livret – une histoire de désir et d’ambition à méditer et surtout, à respecter.
Mission Creep, au bilan, est un disque tout sauf extrême. On a le coup de cœur pour les mid-tempi aux relents héroïques (« Mission Cree », « Oceans Rise », « Hide ») »par préférence à quelques ballades crooneuses : « All Change » » par exemple, qui un brin académique, garde au moins le mérite d’instaurer une pause dans cette collection. La respiration est d’ailleurs ce qui caractérisera sa globalité. Ne s’installe jamais le sentiment qu’il y aurait trop de choses. Le son, en outre, est assez brillant pour une production assurée en autonomie. Un son plus classique que celui du premier Rubicon, resté finalement assez spécifique, mais une force intérieure et propre à Mission Creep demeure.
Ne jamais renoncer à exister, c’est la leçon. Voici le fruit d’un nouveau combat, comme un acte de survie. Un acte d’une accessibilité supérieure mais d’une nature et d’une symbolique similaires, finalement, à celles de
What Starts, Ends, le premier album de Rubicon.

***1/2

20 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Júníus Meyvant: « Across The Borders »

Trois années plus tôt, Unnar Gísli Sigurmundsson s’était lancé en solo avec son premier album Floating Harmonies sous le pseudonyme Júníus Meyvant. Le musicien islandais a tout de suite fait les éloges avec son style soul mâtiné de pop islandaise. Cette année, il récidive avec son successeur intitulé Across The Borders.

Avec l’aide du producteur Guðmundur Kristinn Jónsson, Júníus Meyvant continue son bonhomme de chemin à travers ses onze nouvelles compositions somptueuses et singulières. Toujours à coup d’accents soul et pop, l’islandais ne laissera personne indifférent à l’écoute des titres comme « Lay Your Head » en guise d’introduction mais encore « Love Child », « Holidays » et autres « Let It Pass ».

Across The Borders s’avère plus lumineux et optimiste que son prédécesseur. Et ce sont des titres aux arrangements menés aux cordes et aux cuivres à l’image de « High Alert », « Carry on With Me » et de « Punch Through The Night » qui ne dérogeront pas à la règle tandis qu’on se laisse de nouveau emporter par la voix de stentor de notre hôte. Ce second disque qui contient également d’autres perles du genre comme « New Waves » et la conclusion haletante nommée « Until The Last Minute » sera un coup d’éclat qui continuera à insuffler une bonne bouffée d’air frais venue tout droit de cette féconde scène islandaise.

***1/2

20 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Monnone Alone: « Summer of the Mosquito »

L’Australien Mark Monnone s’est choisi un pseudonyme en trompe-l’œil pour mener sa carrière solo. En effet, celui qui a longtemps tenu la basse auprès les formidables Lucksmiths est loin d’être un musicien esseulé, puisque Joe Foley (Aleks & the Ramps), Louis Richter (Mid-State Orange) et Gus Franklin (Architecture in Helsinki, The Smallgoods) forment le backing band qui l’accompagne pour le deuxième album de son projet Monnone Alone. Enregistré et mixé par le producteur Gareth Parton (The Go! Team, Foals, The Pipettes), Summer of the Mosquito arrive sept ans après sa première échappée solitaire, Together at Last. Disons-le tout net, voilà sans doute ce que nous entendrons de mieux cette année au rayon jangle / power pop, à égalité avec le deuxième album des Hollandais de The Maureens et celui de la paire hispano-écossaise Andrew Taylor – Gonzalo Marcos The Boys Wthe The Perpetual Nervousness.

Avec des guitares jubilatoires (« I Wanna Hide In Yesterday ») ,une délicieuse nonchalance (« Jerry’s Can », » Feeling Together Feels Alright ») et des refrains à reprendre à l’unisson (« Cut Knuckle », « Do It Twice »), Monnone Alone nous fait gagner un temps précieux : en effet, nul besoin de passer des heures à concocter une playlist de nos groupes préférés avant de prendre la route : Summer of the Mosquito ressemble étrangement à la compilation idéale que nous aurions glissée dans la valise.

***1/2

19 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lewsberg: « Lewsberg »

Lewsberg est censé être un des groupes les plus prometteurs en matière d’indie rock aux Pays-Bas, du moins pour les nostalgiques des années 1990. Les influences musicales du combo sont, en effet, assez parlantes et se situent entre Pavement, Parquet Courts et le Velvet Underground.

Sur cet opus de neuf titre le combo a décidé d’aller au plus sirect, il n’est que d’entendre des morceaux bien incisifs à l’image de l’introduction « Vaan » qui a de quoi rappeler « Sunday Morning » mais encore « Terrible » et autres « Chances ».

Tout au long de cet opus, Lewsberg nous entraînera dans ne excursion où il va soulever tout un florilède de questions existentielles qu’il habille parfois d’un college rock accrocheur sur des compositions comme « Non-Fiction Writer »ou bien « Edith ».

Lle quatuor fascine et arrive ainsi à faire entrer l’auditeur dans sonintimité en particulier quand il parvient à y ajouter des effluves de Neil Young sur « Carried Away » ou d’autres, autres, plus Sonic Youth avec la conclusive « Vivar’s Cross Pt. 2 ».

Un bon petit manifeste ; « debut album » idéal pour un groupe qui peut espérer mieux.

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19 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Hey Colossus: « Four Bibles »

Hey Colossus est un combo, non pas difficile à cerner ou à appréhender, mais à apprécier. Entre son chrurgical, In Black And Gold, et domestiqué il est parfois délicat de faire la part des choses et c’était d’ailleurs le cas le cas sur The Guilottine, le précédent opus du groupe.

Four Bibles nous ménagera ce même itinéraire en dents de cie. Pour exemple, un disque qui est capable de faire se succéder un morceau plein d’emphase avec force piano et violon qui frôle le trop-plein sans jamais l’atteindre (« It’s A Low) » et un instrumental complètement bizarre, faussement inachevé, qui emmène le groupe loin des stades qu’il semblait convoiter l’instant d’avant (« Decompression »).

Sur he Guilottine, on naviguait déjà allègrement entre îlots de désespoir et vagues tendues et bruitistes. Four Bibles conservera cette dynamique qui fait que l’on ne saura jamais trop à quoi s’attendre lorsqu’un morceau s’achève et que va débuter le suivant. Surtout, on a de plus en plus l’impression d’être face à un humanoïde à la peau translucide sous laquelle on pourra lire les conflits émotionnels et telluriques qu’il abrite son enveloppe, véritable moteur du groupe depuis ses débuts, il y a onze ou douze disques. C’est pour çette raison qu’on ne peut pas taxer Four Bibles d’album fondamentalet encore moins de ratage complet. C’est pour cela aussi que tout ce qu’il sort est approximativement plus intéressant que n’importe quoi d’autre.

Four Bibles, c’est d’abord une poignée de morceaux grande classe où le spleen érode et consume une éradication qui égratigne le spleen à son tour dans un va-et-vient ininterrompu : « Memory Gore », « Confession Bay », « It’s A Low » ou encore « Babes Of The Plague » sont autant de petites saletés qui ne paient pas de mine de prime abord mais finissent par révéler leur potentiel hautement addictif sans qu’on n’y prenne garde. D’autant plus que la production massive fait briller leurs chromes de mille feux

On pourra préférer le Hey Colossus un peu dégueulasse, recouvert de rouille et de boue amère, cherchant une mise au point approximative où le flou est aussi important que la netteté mais force est de constater que ces morceaux – au cordeau et bien peignés désormais – sont tout simplement imparables. Peut-être pas autant, toutefois, que le fabuleux Carcass – l’indépassable sommet dont il s’avère très difficile de ne pas succomber à son écoute.
Four Bibles, ce sont aussi les onze minutes de « The Golden Bough », un morceau tout mou, légèrement invertébré au regard de ce qui l’entoure, mais qui lui aussi finit par se frayer un chemin vers l’encéphale pour y déverser des endorphines à grande eau. Pourtant, fondamentalement triste et mal foutu, rien ne le prédestine à faire naître autre chose qu’un ennui renfrogné chez l’auditeur mais dans ce cas-là, ce sera tout l’inverse qui se produira.
Four Bibles, ce sont enfin « Palm Hex/Arndale Chins » et le titre éponyme, deux trucs un peu anecdotiques qui peinent à s’imposer mais dont le disque ne pourrait se passer. Le premier permet au groupe de recouvrer tous ses muscles après avoir joué au mollusque et le second emmène rlentement et brusquement Four Bibles vers le silence définitif.
C’est vrai qu’Hey Colossus a changé et qu’il touche aujourd’hui au dernier élément qu’il n’avait pas encore touché et faisait jusqu’ici le lien entre tous ses albums – le son crade, le gros grain – mais il reste néanmoins ce qu’il a toujours été : un groupe colossal.

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19 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire