Évènements Fraîchement Actualisés

case/lang/veirs: « case/lang/veirs »

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C’est un alliage prometteur que de voir réunies la nonchalance vocale et fanfaronne de Neko Case, la puissance de k.d. lang et de les équilibrer avec la complexité folk de Laura Veirs. Il y a, par conséquent, cohérence à ce que le premier opus de ces dames soit éponyme et que case/lang/veirs amalgame avec brio les élans collectifs du trio.

Les quatorze compositions sont alors comme un « road trip » qui démarre le long des sentiers, collines et voies ouvertes de la Californie et de son au-delà, débutant de manière étonnante avec un « Atomic Number » propre à vous accompagner et vous hanter pour s’égarer vers des territoires plus luxuriants où la voix de Case prendra l’initiative en se détachant des autres réunies.

« Hoany And Smoke » prendra la suite, cette fois-ci mené par une lang aussi indolente qu’elle pourrait l’être avant que Veirs ne prenne l’espace avec un « Song For Judee » une ode embaumée à la chanteuse Judde Still.

« Delirium » , quelques titres plus loin, sera la morceau phare de l’album ; un véritable appel à l’éveil des sens (« The smell upon your skin is firewood ») soutenu par l’émotivité sans pareille de Case et les harmonies vocales éthérées dont elle est entourée.

Le disque aura peine à retrouver son second souffle ensuite avec des morceaux qui voient les artistes s’éloigner du « smooth jazz » (« 100 Miles Away ») pour obliquer vars un folk maniéré (« Supermoon ») dont les arrangements vaporeux incitent à l’engourdissement.

Comme toutes les entreprises nées d’une telle réunion, l’odyssée sera révélatrice de certaines étapes qui sont comme des temps morts. Une telle appellation se justifie une peu comme celle qui avait donné le nom à Croby, Stlls Nash & Young dont on peut suivre la trame jusque dans l’intitulé de ce « debut album ».

Il est indéniable qu’acoquinées ainsi les trois chanteuses ont eu l’intelligence de ne pas se perdre dans des querelles d’ego. On ne peut qu’espérer alors que ces talents mis en commun nous réservent d’autres suites autrement plus intrépides et, pourquoi pas ?, gages de pérennité.

***1/2

Biffy Clyro: « Ellipsis »

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Après leur double album de 2013, l’épique Opposites, les trio écossais nous délivre ici un ensemble de chansons plus ramassées et aigues mais les résultats, sont malheureusement, grevés par une impression d’inconsistance.
Le titre d’ouverture, « Wolves Of Winter », est pourtant un morceau affolant avec ses riffs massif et des chorus qui appellent à être interprétés dans des festivals mais Biffy Clyro ne nous gratifiera que de cette unique composition en termes marquants.

Le « single », « Animal Style », est à cet égard représentatif d’une chanson qui passe à côté de l’impact qu’elle est censées produire. Le reste des morceaux est agrémentés de vocaux nous rappelant les 90’s dans ce qu’elles avaient de plus rebattues, de lignes de guitares à l’encan de cette époque et d’une surproduction intempestive.

On ne retiendra que « Medecine », une « power ballad » qui démontre ici combien Biffy Clyro peut nous émouvoir avec une peu plus de focus dans se veine compositrice.

**

Mick Harvey: « Delirium Tremens »

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Tout bien considéré, sur ce nouvel album, Mick Harvey est reparti vers ce sur quoi il était resté il y a 20 ans avec Intoxicated Man et Pink Elephants, les deux comprenant des adaptations anglaises de compositions de Serge Gainsbourg.

Ce hiatus peut se comprendre en ce qui concerne la réalisation de trois projets aussi significatifs pour l’ancien musicien de Nick Cave, un artiste dont la présence n’a cessé de se faire sensible tout au long de la carrière de Harvey. Avec Delirium Tremens, toutefois, il est parvenu de s’emparer de la noirceur sentimentale du Français et d’en faire quelque chose de nouveau.

Si on considère l’ampleur du catalogue de Gainsbourg, Harvey a ici choisi d’agrémenter la troisième pièce de son puzzle « gainsbourien » en se concentrant sur les éléments kitsch, mélancoliques et les jeux de mots décalés dont raffolait la chanteur.



Les vocaux graveleux de Harvey, le timbre sombre qu’il apporte à sa scansion se font entendre et sentir dès l’ouverture sur « The Man With The Cabbage Head », un rock fuzzy mettant en valeur la chimie envoûtante que Gainsbourg savait apporter à ses textes, chose qui, tout comme pour les autres titres, ne cessera ne nous fasciner. Aucuns des sentiments si caractéristiques de son modèle n’est perdu, par exemple sur « Coffee Colour » ou « A Violent Poison (Thst’s What Love Is) » ; ils acquièrent même une nouvelle vie au point de sonner rafraichissants à nos oreilles.

Si on laisse de côté le charme qui peut s’opérer quand on s’attaque à des reprises de Gainsbourg, Harvey est parvenu à créer un son qui rend indubitablement hommage à son maître mais il a réussi également à nous servir quelque chose qui n’appartient qu’à lui. On retrouvera alors les guitares fracassées et distordues, les chorus psalmodiés sur « SS C4est Bon », les claviers et effleurements de percussions douceâtres de « More and More, Less and Less) ou les valses atmosphériques auxquelles nous sommes habitués et attachés (« The Decadance »).

Pris dans son ensemble, Delirium Tremens conclut, peut-être ?, une trilogie sur une clameur qui fait de cet opus un disque dont l’écoute s’incruste inlassablement et de bout en bout en nous.

****

Hotel Lights: « Get Your Hand In My Hand »

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Une pochette à la Syd Barrett, version The Madcap Laughs, Get Your Hand In My Hand s’en distingue partiellement par une approche plus élégante de la musique.

Il est vrai que Hotel Lights, ou plutôt Darren Jessee, est une des forces les plus imposantes à accompagner The Ben Folds Five ainsi que Sharon Von Etten. Le disque va donc se singulariser par des arrangements somptueux avec des roots que l’on trouve dans la alt-country.

Que ce soit à la guitare (« Everything Hurts You Now »  ou au piano (« Whats Love »), ce genre apparaît comme en filigrane mais c’est surtout sur des titres dantesques comme « Unbound » que les orchestrations à cordes montrent la prégnance et la musicalité du chanteur.

Get Your Hand In My Hand se révèle ainsi comme un « road album » où ce qui prime est l’émotion plutôt que la distance, un cheval d’arçon entre tapisserie et rugosité.

***

 

Greg Lasswell: « Everyone Thinks I Dodged A Bullet »

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Il y a toujours quelque chose qui a à voir avec l’émotion quand la musique alternative s’empare de ce registre et y ajoute une douceur trempée dans un violoncelle et quelques menus effets électroniques.

Le résultat en est éthéré et tempétueux à la fois, comme si il s’agissait de mettre en musique les émanations de la psyché humaine. Cela agit comme un rempart contre le mélodrame car ce à quoi sont soumises nos oreilles sera d’ordre mélodique et harmonique ; un ballotement qui vous conduira doucement trainé par des vagues.

On pensera à Elbow, aux Delgados mais, avec un « Dodge a Bullet » qui se fera entendre comme un opus cinématographique, un « Watch You Burn » ou un « No Surprises avec ses violoncelles en écho, nous aurons avant tout ,en Greg Lasswell un artiste suffisamment inspiré pour expérimenter et complexifier son approche.

***1/2

Club Sport: « This Is Our Vice »

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Il aura fallu un certain temps pour que ce quintet de Brisbane sorte un nouvel album mais This Is Our Vice est preuve que ce hiatus n’a pas été inutile.

Nos Australiens n’ont toujours pas abandonné leur surf pop tropicale mais leur son est devenu plus mature et intéressante . Les vocaux de Tim Nelson ont cette humeur maussade qui intervient à contrepoint de leur tonalité habituelle.

De ce point de vue « Only Friend » l’illustre à merveille, et « Cant Save You » déploie des synthés hypnotique comme pour étoffer l’ensemble.

Les chorus de « It Kills Me » sont, eux, de la plus belle veine en terme d’accroche ce qui tend à prouver que le combo a su très bien distiller un poil de mélancolie dans un environnement sonique jusqu’alors moins teinté d’intempérance.

**1/2

Steven James Adams: « Old Magick »

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Pour faire de la bonne musique il suffit simplement des bonnes idées, les compétences nécessaires à les mettre en place et la confiance à vous faire aborder le travail en studio.

Cela exclut derechef l’accompagnement d’une dizaine de musiciens de sessions pour les arrangements, un producteur trop intrusif dans son entreprise de polissage de l’instrumentation et un œil cyniquement fixé sur le hit-parade.

Steven James Adams et son nouvel album, Old Magick, en est justement la preuve tant il frappe par son climat dépouillé. Le chanteur et leader de The Broken Family Band disait vouloir réaliser un disque minimaliste dans son instrumentation ; c’est chose faite mais il ne s’agit pas ici d’un opus dont l’impact serait a minima.

Old Magick nous remet en mémoire la puissance que la musique acoustique pouvait générer quand les morceaux étaient axés sur nos peurs et frustrations. « Togetherness » évoque la façon dont nos société traite les personnes issues d’autres pays de manière suffisamment accessible et accrocheuse pour que n’importe qui puisse s’y reconnaître. Ce point de départ sera confirmé par un « King of the Back of the Bus », une autre composition phare où l’insouciance de la jeunesse passent insensiblement au stade de la maturité.

Old Magick est une leçon de vie qui illustre la notion de ne hjamais considérer les choses comme acquises et de les savourer quand nous en avons encore le temps.

***1/2

Bill Pritchard: « Mother Town Hall »

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Depuis plus de 20 ans la carrière de Bill Pritchard a atomisé fans et critiques grâce à une musique à haut indice d’octane, des créations qui mélangent sans mal une pop rock aux arrangements solides et des flirts de crooner poussant vers les produits « Tin Pan Alley ».

Mother Town Hall, le nouvel album de notre auteur compositeur et multi-instrumentiste est une nouvelle démonstration des jeux de mots pleins d’esprit et de la musicalité raffinée de l’artiste.

Il est vrai que le bonhomme est doté d’une voix suave et élégante qui lui permet d’interpréter ses habillés d’esthétisme avec charme et conviction. Les passages au piano sont entraînants, les cuivres majestueux et les guitares scintillent ; le tout évoque vie, amour et joie. Hormis les jolis sons qui gouvernenent ainsi le disque, on ne pourra également qu’être frappé par des textes qui nous présente une panoplie de personnalités colorées et intéressantes.

Mother Town Hall balance accords dissonants et accroches lourdes et fringantes. « Weaven » est de la power pop sertie d’or, « Victorious » un shuffle vaudeville funky et « My First Friendship » est délivré avec douceur et sensualité.

On passera à d’autres textures, plus désinvoltes, avec « Mont St. Michel » ou à des choses plus électrifiantes sur « The Lamplight » et sa néo-psychedelia qui déambule en autant de virages.

Mother Town Hall est un disque pleine de classe mais aussi d’honnêteté ; il conciliera des manœuvres orchestrales magiques et une pop immédiate qui rappellera les Kinks, Bowie ou Elvis Costello.

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Qluster: « Echtzeit »

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Hans-Joachim Redelius est la première partie de ce duo Krautrock qui officie sous le patronyme de Qluster. Son confrère, Dieter Moebius, se sépara de lui en 2010mais le premier n’a jamais cessé d’exercer cette profession de vagabond musical qui lui a fait commettre plus de 70 albums dans les 55 dernières années.


Echtzeit, est le sixième opu souq le nom de Qluster (avec Onnen Bock et Armin Metz) est c’est quii le premier depuis la mort de Moebius l’été dernier. L’humeur de Roedelius est, on peut le comprendre, contemplative mais elle demeure très expressive. Tout les arrangements se font autour du jeu de piano de Hans-Joachim et beaucoup de celui sort de ses gammes se veut mélodique. Le rythme, posé, contribue à accentuer une démarche propre à de telles circonstances endeuillées décorées d’oscillations passées au synthétiseur et d’effets de distorsion . Qluster saura alors amalgamer paino soul (« In denen Händen ») et fragments méditatifs bippés avec «  Verdweile doch »pour que son effort conceptuel ne soit ni répétitif ni encalaminé.

***1/2

Prince Rama: « Xtreme Now »

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Comment ne pas juger un album selon sa pochette ? Quand vous arborez un petit sourire façon Mona Lisa et que vous présentez des jambières et des gants affichant des coloris en néon le tout dans un décor à la décadence byzantine vous conviendrez que le spectacle que vous promet Xtreme Now est propre à susciter émoi et frémissement. Le dernier album ce duo de Brooklyn n’est pourtant pas aussi naïf et unidimensionnel qu’il y paraît.

Tarama et Nimai Larson affectionnent en effet une approche expérimentale qu’elles cultivent sans vergogne.

Xtreme Now est pourtant un disque qui respire de façon bizarre la sincérité. Leur glam-pop a un côté excitant et effrayant en même tempos et cela est propre à fasciner. En même temps le second degré permet de rendre la chose inaccessible. Un titre comme « Fantasy » le résume très bien tout comme le genre qu’elles ont qualifié de « no age », véhicule aux boissons énergisantes malgré la griserie fugace qu’elle procurent.

On est alors dans cette idée que la musique moderne se vampirise elle-même ; de la caféine, des bombes coiffantes et des synthés accrocheurs comme si seul cela suffisait.

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