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Oh Sees: « Face Stabber »

Il aura fallu une année complète à John Dwyer pour se décider à donner un successeur à Smote Deceiver. Si ce dernier se posait comme une espèce de chimère musicale allant piocher son inspiration dans des influences jazz, prog, space rock, garage voire metal, Face Stabber, lui, va encore plus loin dans l’expérimentation. Dans la volonté immuable de rompre avec toute étiquette que l’on aurait pu leur coller, Dwyer et ses collaborateurs préfèrent en effet s’aventurer sur les terrains plus fantasques du jazz fusion et du heavy-prog, tout en continuant de distiller un garage psychédélique dont eux-seuls ont le secret.

Le « single » « Henchlock », mastodonte de vingt minutes clôturant l’affaire, pourrait bien à lui seul faire office de mise en abîme de ce nouvel album. Porté par une rythmique aux faux airs de kraut sur laquelle vient tout du long s’opérer un dialogue halluciné entre guitares électrisantes et distordues donnant la réplique à des synthétiseurs plus cosmiques, le morceau nous propulse dans une atmosphère spatiale où les notes semblent flotter en suspension au milieu des échos et des réverbérations.

Dans la même veine bien que beaucoup plus court, « The Experimenter » résumera assez bien le tournant opéré par Oh Sees depuis Smote Reverser. En effet, on y retrouve peu ou prou les mêmes ingrédients rythmiques et vocaux, avec un côté garage beaucoup plus marqué dans les guitares. Le tout offre ainsi une progression habilement scindée en deux parties, dont l’énergie latente ne cesse de monter en pression, jusqu’à finalement exploser en un excès de guitares dont la violence ne fait que renforcer le contraste avec la relative tranquillité du reste du titre.

On aurait pu s’y préparer, mais on se laisse prendre au jeu tant le talent du génial Dwyer réside aussi et surtout dans l’interminable jeu de piste qu’il n’a de cesse de développer à travers ses différentes productions. Les motifs se créent, nous emportent avec eux, disparaissent, puis reviennent un peu plus tard, transformés, pour mieux céder la place à d’autres structures en ne laissant à l’auditeur aucune seconde de répit.

Si « Scutum & Scorpius » fait également figure d’odyssée psychédélique aux côtés du beaucoup plus dynamique S.S Luker’s Mom, ce nouvel album sait aussi brosser les amateurs de garage de la première heure dans le sens du poil, en proposant quelques titres nettement plus caractéristiques de la formation. « Gholü » et « Heartworm » par exemple, dont les guitares saturées à souhait venant supporter la colère grondante de Dwyer ne seront pas sans rappeler « Overthrown », tandis que « Face Stabber, » « Fu Xi », et l’incroyable combo « Poisoned Stones/Together Tomorrow », eux, miseront plus sur leur rythmique démentielle que sur leurs accords.

Si Face Stabber se veut d’une variété et d’une originalité rarement égalée dans la discographie de son géniteur, l’album renforce par là sa volonté de s’extraire des carcans sans doute un peu trop rigides du garage qui l’a vu accéder à la consécration. John Dwyer s’envole ainsi vers d’autres horizons, tout en ne perdant jamais vraiment de vue cette griffe si particulière qui donne aujourd’hui à Oh Sees de faux airs d’un Zappa qui aurait malencontreusement eu la main un peu trop lourde sur le cocktail L.S.D/Speed.

***1/2

21 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

WHY ?: « AOKOHIO »

Le retour en grâce de WHY ? fut bien accueilli en 2017 avec son album Moh Lhean. L’un des actes les plus sous-estimés de la scène indie rock américaine avait enfin convaincu pour son côté romanesque et planant. Et bien deux ans plus tard, Yoni et Josiah Wolf remettent une couche avec un disque ambitieux nommé AOKOHIO.

Il ne s’agit pas ici d’un album à proprement parler pour autant, ;WHY ? nous offre un disque visuel et AOKOHIO veut raconter l’histoire de Yoni Wolf en six parties bien distinctes.Sur ces 19, puis 33 minutes, la tête pensante de cLOUDDEAD et d’Hymie’s Basement se met à nu avec cette même fusion indie rock/hip-hop qui favait fait mouche parcimonieusement sur notamment « Peel Free », « Stained Glass Slipper » et autres « High Dive ».

Au cours de ces six chapitres et sur des morceaux ultra-courts (dépassant rarement les 3 minutes), l’ensemble se montre bien nourri en influences en tous genres. Avec des interludes en guise de saynètes, on arrive ainsi à rentrer dans la psychologie de son auteur. En même temps, même si des titres comme « Good Fire », « Krevin’ » ou bien encore « The Crippled Physician » valent leur pesant d’or, certains autres se révèlent soit surchargés, soit inachevés.

L’arrière-goût restera donc mitigé même si on sauré apprécier l’ambition qu’a Yoni Wolf à nous inviter dans son jardin secret et vouloir raconter son histoire.

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21 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Peaer: « A Healthy Earth »

Il y a trois ans, Peaer avait fait un grand bruit sur la scène indie rock/math rock américaine avec un premier album. Le trio de Brooklyn composé de Peter Katz, Thom Lombardi et de Jeremy Kinney s’est fait remarquer par son attention aux détails en compta,t toujours sur cet atout, ils publie ici un nouvel album, A Healthy Earth.

Su ces onze nouveaux morceaux, Peaer reprend là où il s’est arrêté trois ans plus tôt. Avec des compositions toujours aussi pointues et précises comme le titre introductif, « Circle » bien rentre-dedans mais également « Like You » qui alterne calme et tempête et un « Commercial » où la fusion musicale continue de tenir ses promesses. Pour la première fois, le groupe de Brooklyn fait parler lses angoisses et frustrations sur un plan plus global afin d’établir une sorte de communion avec son auditoire.

On aura droit à diverses surprises comme les accents synthétiques de « Ollie » avec un solo de clarinette, ou encore le planant « Multiverse » qui voit le groupe avair recours à l’Auto-Tune pour contraster avec le courant math-rock implacable pur jus de « Don’t » et « In My Belly ». Après une intermède acoustique reposante du nom de « Wilbur », Peaer viendra mettre un coup final avec le fougueux « Have Fun!!» bien cacophonique et cathartique. A Healthy Earth, permet ici d’évacuer son anxiété et de de repartir d’un pied plein de santé et d’un brio qui rime avec trio.

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21 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Infinity Crush: « Virtual Heaven »

Des larmes avaient été versées à l’écoute d’Infinity Crush et de son album Warmth Division en 2016 . Caroline White de son vrai nom a su émouvoir son auditoire à travers ses textes personnels et ses compositions bouleversantes. Restait donc à savoir de quoi allait se composer son nouvel album,Virtual Heaven.

La protégée de Sam Ray continue sur sa lancée avec treize nouveaux morceaux ne dépassant jamais les trois minutes et à la croisée de la bedroom-pop et de l’indie folk. Écouter Virtual Heaven, c’est ainsi comme plonger dans un univers paradisiaque et céleste et on plonge facilement à l’écoute des somptueux morceaux comme « misbehaving » qui ouvre des hostilités veloutées de manière enchanteresse, mais aussi « drive thru » et « car ».

Moins crève-cœur et plus orchestral que par le passé, il semblerait que Caroline White ait enfin trouvé son nirvana. Sa voix somptueuse habille avec classe les textures rêveuses de « minnesota », « pink moon » ou encore de « mirror » comme il se doit et on atteint le Très Haut auprès d’elle. La native de Maryland gagne de plus en plus en assurance et même si elle ne possède pas les mêmes caractéristiques de Julie Byrne, nul ne peut penser qu’elle n’a pas eu lamain heureuse dans ces exercice de style touchants que sont « green » et « nothing ».

Sur Virtual Heaven, Infinity Crush semble avair cicatrisé du mieux possible ses maux les plus profonds et s’être libérée de ses chaînes pour briller au plus haut.

***1/2

21 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Hold Steady: « Thrashing Thru The Passion »

Cela fait plus de quinze ans que The Hold Steady reste en activité. Le groupe indie rock de Brooklyn mené par Craig Finn (qui a récemment publié un album solo) n’avait pas donné signe de vie depuis cinq ans et lson sixième album Teeth Dreams. Lesvoici enfin de retour et en bonne et due forme avec Thrashing Thru The Passion.

Dès les premières notes du mid-tempo « Denver Haircut », les dés ainsi lancés nous montrent que The Hold Steady n’a rien perdu de sa verve. On retrouve toujours cette verdeur avec l’interprétation toujours aussi percutante de Craig Finn ainsi que cette fusion entre classic rock et power-pop remise au goût du jour qui a fait la réputation du combo notamment sur des morceaux à l’image de « Epaulets » mais aussi de « Traditional Village » qui rappelle aussi bien Billy Joel qu’E Street dans la démarche et « Blackout Sam ».

Entre riffs flamboyants, cascade de claviers et quelques éclats de saxophone, The Hold Steady ne perd jamais une once d’inspiration. Thrashing Thru The Passion sent le perfectionnisme à tout va que ce soit sur des titres à l’image de « You Did Good Kid » ou bien même du plus classique « Entitlement Crew » aux claviers fiévreux et « Star 18 ». Le groupe de Brooklyn se ressource et balance, sur ce septième opus, une sauce qui se veut homogène et compacte, bien à l’image, enracinée ici dans le passionnel du sextet.

***1/2

21 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lilith: « Safer Off »

Parmi les nouveaux venus de la scène indie rock de Boston, on pourra compter sur Lilith qui, malgré son patronyme, ne pratique pas une musique sulfureuse. Il s’agit, en effet, d’un trio indie rock qui avait publié quelques EPs avant de se lancer définitivement dans l’aventure de l ’album.

À mi-chemin entre power-pop et garage-pop mélodique, Lilith donne les raisons pour lesquelles on peut espérer compter sur eux. C’est à travers des riffs acérés qui contrastent aux douces voix du tandem Liuzzo/Rose Francis sur des titres bien entraînants comme « Vacation » en guise d’introduction mais également « I’ll Come Over » et « Lines Align » qui font la richesse du trio d’Allston. Prônant l’amitié et le respect de chacun sans tomber dans le larmoyant, le groupe se démarque de la norme sans, pour autant, s’en affrancir définitivement.

On prendra plaisir à fredonner les mélodies de « Coward » (et de son sequel instrumental au piano en guise de conclusion) sans oublier de « Garden » et « In Real Life » tant Lilith remplit le cahier des charges de façon convenable. Il en résulte un Safer Off homogène et compact faisant bien ressortir le talent du trioà proposer un univers rafraîchissant sans subvertir qui ou quoi que ce soit .

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21 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Seth Nehil: « Skew / Flume »

Seth Nehil ne se repose pas confortablement sur ses lauriers et ses succès passés ; de ceux de Gang of Four qui ont quitté Austin vers vers 1998 ( Michael Northam, John Grzinich, Olivia Block et Nehil) c’est ce dernier qui a le plus progressé et s’est montré le plus aventureux même si ses anciens comparses ne sont pas resté inactifs. Cesrécents disques portent les influences d’artistes ayant oeuvré dans les théâtres d’avant-garde.

La musique est ainsi hautementfragementée hachée, alant de drones cinématographiques à des « field recordings » en perpétuelle mutation. On à l’impression d’une musique créée dans les arrière-cours d’une machine à sampler et certainement pas de quelque chose qui aurait été conçu dans un club ou au travers d’une boîte à rythmes.

Ceux-ci sont hachés et répétitifs, les voix bégayées et l’électronica a ce bourdonnement particulier dont il est difficile d’identifier la source. Rien à voir avec la production de Esplendor Geometrico même si on pourrait se dire que ce dernier aurait pu sonner de cette manière tant les aupoudrages bryitistes se ressemblent. Sur « Veer » on entendra un vieille réminiscence de musique concrète accompagné de ce qui semble être un copier/coller de sonorités ; un condensé emblématique de l’approche radicale qui le caractérise.

***1/2

18 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Bring Me The Horizon: « amo »

On n’a pas eu besoin de l’attendre longtemps ce nouvel album lde Bring Me The Horizon. Lévolution de Bring Me The Horizon depuis Count Your Blessings laisse perplexe. Jusqu’à Sempiternal, tout allait à peu près bien, même pour les fans de la première heure. On allait de plus en plus vers la mélodie, mais cela restait suffisamment heavy pour que l’on s’y retrouve sans sourciller. Ça s’est franchement compliqué avec That’s The Spirit en 2015, qui voyait la bande abandonner toute forme de violence pour se concentrer uniquement sur la
mélodie et les refrains ultra accrocheurs. Quatre ans plus tard, ça ne va pas s’arranger pour les fans. amo coupe totalement le cordon avec toutes leurs sorties précédentes. Electro, pop, hip- hop, rock, c’est ça que vous entendrez pendant les 52 minutes et 13 morceaux qui composent cette nouvelle production.

Le principal souci d’amo, ce ne sont mêmes pas les chansons. C’est simplement que les quatre titres proposés en amont de la sortie officielle de l’album sont ceux le plus portés guitares de l’album. Du coup, difficile de digérer le reste d’une traite à la première écoute. « Mantra » aurait pu se retrouver sur That’s The Spirit et fait le lien entre les deux albums, « Wonderful Life » emprunte un riff à Limp Bizkit et balance du refrain catchy à qui veut bien tendre l’oreille (des cuivres sur le final et quelques mots susurrés par Dani Filth, tandis que « Medecine » et Mother Tongue » (d’où est tiré le nom de l’album) sont des titres qu’auraient pu composer Linkin Park, radiophoniques et suffisamment poppy pour attirer les ondes radio. Et que dire ? Ça fonctionne sans problèmes.
On retrouvera des traces de grosses guitares sur l’excellent « Sugar Honey Ice & Tea », où les synthés et les voix trafiquées sur le refrain son réellement bien vus et sur la bien nommée et beaucoup plus remplissage « Heavy Metal » (qui ne lnest pas vraiment). Le reste des titres naviguera donc bien entre electronica et hip-hop et pop. « Nihilist Blues » (avec Grimes en invitée) et « why you gotta kick me when I’m down » qui balancent synthé et beats, et réussissent à nous faire nous emballer bien qu’elles ne soient pas des chansons qu’on imaginait un jour sortir sur un disque de Bring Me The Horizon.
Par contre, quand le groupe se plante, il le fait bien comme il faut : « In The Dark » est trop gentillette et aurait pu être chantée par un épigone de Justin Bieber et « Fresh Bruises » sera aussi à mettre du côté des ratés.


La surprise viendra en fait de « don’t know what to say » qui clôt l’album de manière des plus orchestrales (sûrement inspiré de leur live au Royal Albert Hall où la bande avait été accompagné d’un orchestre symphonique) et est au final une belle réussite. C’est une ballade, mais elle tient le coup avec des paroles pleine de sensibilité à propos d’un proche atteint d’un cancer. On sent sur ce final que la groupe est en total contrôle de son son et ce n’est pas un hasard si amo a été produit par Jordan Fish et Oli Sykes. D’ailleurs on sent clairement l’énorme influence du claviériste-percussionniste-chanteur depuis son arrivée ; il n’est que se rappeler Worship, son ancien groupe de chillwave…
Ce n’est assurément plus du deathcore, mais depuis la sortie de leur premier album, Bring Me ne l’est plus véritablement. Il faudra donner du temps à ce disque, qui paradoxalement et malgré son apparente accessibilité, est tellement varié, que l’on a du mal à y trouver un fil conducteur. Une fois acceptée que le groupe ne reviendra plus jamais en arrière et avance comme bon lui semble, il sera plus aidé de reconsidérer Amo pour ce qu’il est ; un album concept autour de l’amour, beau et destructeur à la fois inspirée de la propre histoire de son frontman. Expérimental, hétérogène, bizarre, mais aussi hyper catchy, on ne pourra reprocher au combo de stagner au travers de cet opus.

***1/2

18 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Emarosa: « Peach Club »

Parfois, l’artwork en dit long sur le contenu sonique d’un album. La pochette du nouvel et cinquième album de la formation post-hardcore originaire de Lexington, Kentucky, est même carrément la continuation de ce que l’on peut y entendre. Une ambiance 80’s c’est la première chose qui nous vient à l’esprit à la vue de la pochette. Oubliez donc tout ce que vous savez de la bande, oubliez les grosses guitares (à peu de choses près), oubliez les refrains héroiques (ils ont même fini par s’autoparodier sur 131 sorti en 2016), et ouvrez bien grandvos oreilles. Et surtout ayez l’esprit ouvert. Un peu à la manière de Bring Me The Horizon qui a vu son univers évoluer drastiquement, Emarosa tout cassé ou presque pour reconstruire un son tout beau, tout neuf.
Foin de critiques, jamais la voix de Badley Warren n’avait autant mise en avant, jamais la section rythmique n’avait été aussi groovy et les guitares n’ont jamais sorti des mélodies aussi sexy. C’est une métamorphose totale que se déroule dans nos oreilles. Le premier single présenté à la toile, « Giving Up » annonçait de toute façon la couleur : funky, sautillant, des cuivres chauds et absolument indispensables, un refrain plus-catchy-tu-meurson ne peut plus  addictif; et si cette chanson est l’arbre qui cache la forêt, cette dernière est foisonnante et ce « Giving Up » n’était que l’amuse-bouche d’une sélection remplie de surprises toutes plus sucrées les unes que les autres.


La bande a choisi d’évoluer plutôt que de sortir le même album encore et encore. Et ils ont eu raison, car Peach Club va remporter le morceau. Des morceaux plus doux (« Don’t Cry », le très beau final « Wait, Stay » qui montre à quel Brendan a une voix absolument incroyable), du tube énorme rempli de synthés 80’s (« Cautious » et « So Bad »), de l’électro-pop (« Get Back Up », « Comfortable ») et le morceau qui fait le lien entre les prédécesseurs et leurs aspirations présentes (« Hell Of It » où les grosses guitares sont de sortie). 37 minutes et 11 morceaux plus tard, on a déjà envie de se remettre Peach Club entre les oreilles. C’est un bon signe.
On peut critiquer le fait que Emarosa soit devenu un groupe nettement plus pop avec ce nouvel album. Mais sans enlever les qualités de leur sorties précédentes (ils n’ont jamais été avares en refrains accrocheurs les bougres), on entre ici dans un autre monde. Et le point fort, c’est que malgré tous ces changements, on retrouve malgré tout leur patte, et cela ne pourrait pas être un autre groupe. Peach Club est une évolution que l’on en attendait pas d’eux et qu’on imagine sans retour en arrière possible.

***1/2

18 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Blanck Mass: « Animated Violence Mild »

On dira de cet album qu’il est peut être un poil plus hardcore que ses prédécesseurs, qu’il est plus orienté dans cette veine techno dérangeante, un peu bruitiste, un peu punk dans l’esprit mais aussi teinté d’IDM. Làs, de tout ces superlatifs, on écoutera, ici le dernier Blanck Mass qui se paye le luxe d’être de loin le meilleur du compositeur, l’écossais Benjamin John Power. Rythmique ultra, rapide, martelé comme sur des tambours de guerre, claviers puissant, mélodique et violents, chants syncopé à la limite de l’audible. Ici, tout est rapide, tout est fort, le volume est à fond et le bouton ne répond plus. C’est une charge violente contre le consumérisme qui détruit civilisation et planète, c’est tout un mode de vie qui est passé au hachoir à viande pour mieux en extraire l’insupportable.

A l’image de la pomme ensanglanté dans une main propre, d’une société d’apparence propre mais ultra violente dès qu’on qu’on gratte le vernis une société égoïste ou la survie passe par la mort, ou à minima la souffrance de l’autre, bref, un cauchemars de société mais une utopie du libéralisme dans toute sa splendeur.

Un autre niveau de lecture existe, plus simple, moins politisé, plus lumineux, qui reste toujours un peu en retrait, preuve qu’il reste quand même un peu d’espoir derrière la musique, malgré la rage qui transpire par tout les pores de ces huit pistes. Une manière de se mettre au niveau de la meilleure concurrence hardcore.

***1/2

17 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire