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Tant qu'il y aura du Rock!

Molly Sarlé: « Karaoke Angel »

Le trio américain Mountain Man continue de se fractionner en projets solo : après Alexandra Sauser-Monnig plus tôt cette année, Molly Sarlé prend à son tour guitare et voix pour avancer seule. Karaoke Angel, un exercice de country-folk introspectif et vibrant, incarne parfaitement cette saison-ci, sa noirceur précoce, ses ciels couverts, ses dernières lueurs dorées. Avec sa voix fragile mais enveloppante comme un duvet chaud, Molly Sarlé roule dans sa gorge une vie d’expériences et de représentations du soi.

On la voit enracinée autant sur la côte pacifique américaine, où cet album a commencé à naître il y a plusieurs années, que dans une forêt altière des Appalaches, destination de ses mélodies comme des incantations. Il faut justement voir Karaoke Angel comme une montagne, avec deux versants : un rythmé, avec guitare électrique et percussions, et un mouvant, où Molly Sarlé chante des flammes à la robe ample, parfois proches de psalmodies — comme la sublime Twisted.

***1/2

8 novembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Shivas: « Dark Thoughts »

La côte ouest demeure toujours une destination exotique vue d’ici ! C’est aussi le berceau des Beach Boys, du mouvement pour l’indépendance de la Cascadie, de Nirvana, de la famille Manson, du punk de Dead Moon, de Twin Peaks. Quelle serait la trame sonore idéale de cette région du monde si singulière ? Proposons le dernier et cinquième album du groupe The Shivas, originaire de Portland.

Avec ses « power ballads » (« If You See Me », « Over & Over ») pleines d’une sincérité naïve particulièrement « sixties » et ses hymnes surf-rock au nombre d’accords réduits (« Playing on the Radio », « Gloria »), le quatuor allie cet optimisme caractéristique à la terre promise à une indéniable force ésotérique presque inquiétante. La plus grande qualité des Shivas n’est certes pas d’être originaux, mais d’avoir su rester fidèles à une vision plus artisanale que commerciale au fil de ses treize années d’existence.

***1/2

8 novembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jazzbois: « Jazzbois Goes Blunt »

Jazzbois est un trio jazz / hip-hop basé à Budapest qui propose un mélange parfait entre jazz et beat hop hop tranquille.  La formation joue sa musique avec piano Rhodes, synthés, guitare, batterie et sampler en toute décontraction et avec un vrai talent pour créer des musiques jazz cool 70’s très bien fichues.

L’album comprend 11 titres assez groovy qui feront aisément votre affaire pour un moment de détente dans ces heues où la sirée va succéder à l’après-midi et où le entre chien et loup s’installe doucement.

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8 novembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Girl In Red: « Beginnings »

Girl In Red a, jusqu’à présent, un parcours fulgurant. Il y a un an et demi quasiment personne n’avait entendu parler de cette jeune norvégienne qui enchaîne désormais les concerts à guichets fermés dans des salles de plus en plus grandes. Avec ses chansons composées dans sa chambre, elle a séduit à une vitesse fulgurante grâce aux réseaux sociaux un public de grands ados qui se sont retrouvés dans ses textes, mais pas seulement.

Beginnings est la synthèse de ses deux premiers EPs ; on remarque d’ailleurs une évolution sonore dans la seconde moitié du disque, mais aussi des titres de plus en plus forts, « Dead Girl In The Pool » et « I’ll Die Anyway » en tête. Comme quoi parfois l’authenticité ça paie.

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2 novembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Men I Trust: « Oncle Jazz »

L’album a beau s’appeler Oncle Jazz, il sera avait tout question ici de pop moelleuse et sensuelle avec le trio québécois Men I Trust qui propose là son 3e album en 5 ans.

Rien à jeter parmi 24 titres qui constituent ce disque. Mieux que ça, malgré sa durée de 71 minutes, ce double album ne se révèle jamais lassant, bien au contraire ! Il aurait plutôt tendance à nous envelopper dans un confort absolu. Avec son groove léger, ses sonorités bien rondes et la voix sublime et charmeuse la chanteuse guitariste Emma Proulx, Oncle Jazz est un vrai délice… quelque part entre Mac DeMarco, Beach House et Chromatics…

En effet, Men I Trust partage des points communs avec Johnny Jewel et ses groupes, notamment dans cette manière de faire sonner la reverb ou de développer des ambiances electro pop 80’s tendance « fin de soirée »… mais avec ce petit truc en plus à aller rechercher du côté du jazz peut-être, dans ce petit groove qui rend cet album qui ferait le même effet qu’une couette bien douillette.

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2 novembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Hotel Pools: « Constant »

Il y a comme un plaisir coupable d’écouter de la musique Chillwave et/ou Vaporwave. L’une et l’autre on la particularité de me plonger dans un état de semi sommeil conscient. Je ne parle pas, évidemment, de la fatigue venue de l’ennui, qui est une des pires qui soit, mais de cet état de veille consciente ou tout parait plus lent et plus beau. Ici il fait froid, mais je suis au chaud dans mon gros pull en laine et mes chausson fourré. Le soleil se couche dehors, le bleu nuit se mêle à l’éclat gazeux orange des réverbères. De la fenêtre de mon appartement, on devine la ville qui se couche dans une brume légère qui donne un coté exponentiel au panorama.

 

Si vous avez déjà ressenti ce genre de moment hors du temps, et que vous comprenez ce que je vient de dire, alors nul doute que Constant, de Hotel Pools, est fait  pour vous. Rythmes lents et métronomiques, hypnotiques, plage de synthés vintages à gogo, ambiances feutrées pour un instant de pause bien mérité.

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2 novembre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Masasolo: « Bridges »

Embarquement immédiat pour le Danemark avec le quatuor Masasolo. Leur nouvel album Bridges vous fait voguer vers les confins du rock psyché, à tendance expérimental. Leurs penchants pour cette musique alternative sont plus que louables, mixant avec habileté les codes des années 70 avec ceux d’aujourd’hui.

Comment, à cet égard, ne pas se déhancher sur « Gimme gimme gimme » ? L’énergie musicale de Masasolo se distille au fil des variations de rythme de la batterie et des synthés, ponctuant avec délicatesses paroles et émotions. Bref, une bande-son organique.

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28 octobre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Luke Temple: « Both-And »

Ceux qui ont beaucoup aimé les albums de Here We Go Magic seront sans doute comblés par cet album solo de son frontman, Luke Temple. Pas à son coup d’essai, le résident de Salem mélange ici tout un tas d’influences et réussit un mariage parfait entre pop, folk, krautrock, etc…

Le tout sera agrémenté de bidouillages électroniques qui viennent relever les mélodies parfaites imaginées par le chanteur. Un disque extrêmement gracieux, entre titres entraînants et mélopées langoureuses.

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28 octobre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

electric street queens: « Thank You Good Night »

Ici, on est dans l’objet « fun », on pratique le sivertissement et le second degré ; ce qui signifie qu’on se garde bien de trop vulgariser. On a pourtant choisi de laisser parler les voix féminine dans ce quatuor, parité aussi militante que possible obige . Ça parle de sexe, un peu beaucoup, dans une bonne humeur poisseuse qui sent la bière, le tabac et les coups d’un soir. Sans être totalement en roue libre, cette musique garage punk réussit à ne pas trop se prendre au sérieux tout en proposant pas mal de variations sur le même thème.

C’est aussi frais et sucré qu’un album de Caroline Rose, dans un genre différent. En tout cas, c’est franchement énergique, frais et bien composé. On sent un peu le disque enregistré à l’arrache, légère vulgarité assumée. En ces temps où règne la bienséance, parler d’envie a valeur d’Ordre du Mérite ; à écouter « sans entraves ».

***1/2

18 octobre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Ringo Starr: « Grow Old With Me »

En 1980, un John Lennon tout frétillant avait des chansons nouvelles qui se bousculaient au portillon. Assez pour deux albums, et assez pour en offrir quelques-unes au cher Ringo, comme toujours. On savait qu’il lui réservait Life Begins at 40, mais c’est tout récemment que Ringo a su que la très belle Grow Old With Me lui était également destinée. Un peu comme Good Night sur « l’album blanc » des Beatles, la mélodie était dans le registre de Ringo, et le sentiment idoine pour notre batteur au grand cœur.

Voici donc le cadeau enfin reçu : la version de Ringo est le premier extrait de l’album What’s my Name : ça passerait inaperçu,autrement. Un quart de siècle après « Free as a Bird / Real Love », on a là le poignant point d’orgue de l’histoire : Paul McCarney est à la basse, harmonise un peu, le presque octogénaire Ringo tape sur ses peaux à la Ringo. Oui, pardi, ça sonne Beatles. Mais oui, on craque.

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18 octobre 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire