The Transcendence Orchestra: « All Skies Have Sounded »

1 juillet 2021

The Transcendence Orchestra présente son mystérieux et cathartique troisième album studio All Skies Have Sounded, un opus qui poursui t et prolonge ce que lon avait déjà perçu sur Feeling The Spirit , le projet de drone ambiant d’Anthony Child et Daniel Bean, sorti en 2020.

Les deux artistes continuent ainsi de nous faire voyager dans les profondeurs d’une ambient vaporeuse, à grands coups de synthéfiseurs nous transportant dans des contrées cosmiques à la beauté enveloppante.

Chaque sonoritése veut une ode à l’élévation de l’esprit sise, toutefois, dans noirceur omniprésente faite de monolithes spatiau qui seraient issus dces rivages égarés dans l’infini de la voie lactée.

Le duo développera ainsi des climats volant dans un univers sombre, se mouvant au gré de vaques synthétiques et se bourrissant des mélodies tournoyantes comme pour parvenir à ladite transendance au moyen des décharges apaisantes qui ponctent ses titres et qui parachèvent à merveille la volonté hypnotique des ons de ces cieux ici évoqués.

***1/2


Technicolor Blood: « Technicolor Blood »

6 juin 2021

De la musique pour plonger. Profond. Ou pour s’envoler. Loin. Il y a quelque chose de thérapeutique dans ce rock de garage trempé dans la psychedelia à fort dosage de pissenlits hallucinogènes. Ça permet d’échapper au présent pesant. Chacun des six titres de ce premier 33 tours du quatuor (après deux 45 tours) est en cela un point de départ sans point d’arrivée déterminé. Il fait bon se perdre dans l’espace en compagnie de la dénommée Sonic Space Sister, quelque part entre les 13th Floor Elevators et The Cult.

L’immersion dans les distorsions des guitares et des synthés d’origine dans Mœbius ou Never Command est pareillement salutaire : on oublie tout, on ne sait plus si on flotte où si l’on se noie, on suit le courant, et puis voilà ! Ils savent y faire, ces quatre aguerris du bruit lancinant d’ici : les lascars ont déjà exploré pas mal de mondes dans leurs groupes d’avant, notamment Spacy Steph avec Le Chelsea Beat. Du bagage et des voyages : c’est la promesse. Et elle est tenue.

***1/2


Rose Bolton: « The Lost Clock »

22 mai 2021

Tapez « Rose Bolton » sur Google et vous obtiendrez des milliers de résultats liés à un personnage de Game of Thrones. C’est dommage, car les efforts de Bolton (de Rose, en fait) sur The Lost Clock pourraient mériter au moins quelques milliers d’auditeurs. Son travail passé est assez varié et elle a été active dans le domaine des bandes sonores, ce qui est un contexte qui informe cette sortie.

Les quatre pièces présentées ici sont des compositions ambiantes/électroniques lentes et introspectives couplées à des percussions d’objets trouvés. L’instrumentation traditionnelle se faufile dans ces structures, au point qu’il peut être difficile de discerner la source ultime de certains sons.

Mais l’identification précise de ces sons n’est pas nécessaire, et Bolton utilise cette ambiguïté pour créer des paysages sonores à la fois idylliques et obsédants.

Ainsi, le morceau-titre de 12 minutes comprend ce qui semble être des instruments à cordes pour accompagner des couches de drones et une pulsation régulière. « The Heaven Mirror », un morceau d’une longueur similaire, comporte des cordes, des grondements et des chatoiements de synthétiseurs, ainsi qu’un thème anguleux au piano. Bolton développe ces efforts à son propre rythme, ce qui donne une impression d’atmosphère ponctuée par une présence inquiétante occasionnelle.

***1/2


Natura Est: « Real Seasons »

22 mai 2021

Real Seasons est un opus de dark ambient hardcore avec des drones profonds et des vagues de textures multicouches. Ces murs générés par les synthétiseurs varient en douceur sans pour autant s’approcher de l’irrégularité. Celles qui se situent dans le bas du registre grondent et tremblent avec un mouvement tectonique tout en restant sans battement.

Ces éléments organiques sont combinés avec des patchs de synthé qui ressemblent à des voix torturées ou à des chants dans les derniers morceaux.

Ainsi, certaines parties de « Midsummer » sonneront presque comme des chants. Le morceau le plus long, « The Trilogy of Harvest »,sera un paysage d’enfer obsédant de huit minutes, roulant et bouillonnant avec une colère contenue malgré son rythme délibéré. Tout au long de l’album, on sent une noirceur qui ne s’estompe jamais.

Natura Est est le duo de Tony Young et Andreas Davids. Real Seasons propose sa propre version de la nature, entre indifférence et malveillance. Écoutez à haut volume pour en apprécier les détails.

***1/2


The German Ocean: « The German Ocean »

18 mai 2021

The German Ocean est un duo basé au Royaume-Uni, composé de Darren j Holloway et Gavin Martin, et cet album éponyme est leur premier album. Les sons évoquent de façon cinématographique ceux d’un sous-marin de la Seconde Guerre mondiale se frayant furtivement un chemin à travers la mer du Nord. D’où le nom du groupe et le titre de l’album. En substance, ces efforts s’inscrivent dans la lignée des genres drone et dark ambient, avec des textures spacieuses, des tonalités pulsées et oscillantes, ainsi que des accords de guitare et d’orgue longs et granuleux.

L’atmosphère lente est ponctuée de moments propulsifs, de nature presque mécanique. Ces morceaux tendent vers la mélancolie, voire l’anxiété, avec un danger juste à portée de vue. Le résultat est un album mystérieux et fascinant, qui a beaucoup à offrir aux fans de Lustmord ou de Sunn O))). Hautement recommandé.

****


Stian Balducci & Kjetil Jerve: « Tokyo Tapes: Piano Recycle « 

15 mai 2021

Le « transcendantal » artiste norvégien Kjetil Jerve et le producteur Stian Balducci présentent le disque immersif Tokyo Tapes : Piano Recycle ; une collection d’archives épique fusionnant des textures ambient, drone et expérimentales. Réalisé dans un souci d’émotion live, cet aspect de la collection ajoute à la spontanéité innovante et au dynamisme du duo. Les deux hommes sont très fiers de dévoiler ce magnifique nouveau projet.

Kjetil a été une figure importante de la nouvelle vague de musiciens de jazz norvégiens, et de même, Stian, bien que venant d’un milieu strictement électronique, a évolué vers le jazz étendu et les genres improvisés. Les influences claires du jazz sont perceptibles tout au long de l’album de 18 titres, dans lequel le classicisme et l’électricité se combinent, à travers des textures floues, des paysages sonores cinématiques et des mélodies d’une beauté obsédante.

Centré sur les rêveries pianistiques uniques de Kjetil, il est ensuite modelé par Balducci par le biais d’une déformation créative afin de concevoir et d’esquisser de nouveaux instruments à travers le support initial du piano. Le résultat est un disque à la fois archaïque et contemporain, qui s’inspire clairement d’Alva Noto/Sakamoto et Bugge/Schwarz et les reconnaît comme des prédécesseurs, mais qui, en même temps, se situe sur son propre plan artistique.

***1/2


Mariel Roberts: « Armament »

3 mai 2021

Armament est le troisième album solo de la violoncelle de Mariel Roberts et il fait suite à Cartography, paru en 2017. Écrire sur sa musique est un défi, car elle étire les notions de ce que les sons de son instrument devraient et peuvent être utilisés pour faire. Sur quatre pistes dont la durée varie d’environ cinq minutes à plus de dix-sept, Roberts utilise des archets et des plumes traditionnels, des techniques étendues et des traitements électroniques pour créer un ensemble multicouche.

En effet, il n’est pas évident au premier abord qu’il s’agisse d’un album de violoncelle solo. Souvent, son jeu manuel joue un rôle de second plan face à des vagues de murs de bruit. La mélodie cède la place à la texture et aux formes abstraites, même si l’on est capable d’identifier quelques notes individuelles qui suivent un modèle lâche ou sont librement improvisées.

Elle est percussive, utilisant le corps du violoncelle pour créer des impacts qui se fondent en raclements, grattages et grincements. Ces derniers sont accompagnés de boucles et d’échos, de notes longues et de drones multipistes denses.

Mais ce qui est le plus convaincant dans Armament, c’est la façon dont il fonctionne dans son ensemble. Enregistré en 2019, il y a une tension sous-jacente qui capture notre malaise et notre anxiété pré-pandémique. Son jeu plus agressif est parallèle à celui des événements actuels, de manière expositive plutôt qu’approbatrice. Dans sa discordance, Roberts évoque un monde qui a mal tourné – peut-être un précurseur involontaire de cette année funeste et presque perdue qu’est 2020.

***1/2


Anat Ben-David: « The Promise of Meat »

19 avril 2021

Anat Ben-Simon est une artiste inclassable dont la particularité est de mélanger les genres, que ceux-ci soient pop, électroniques ou classiquees. À cet égard, The Promise Of Meat sera une œuvre d’une tréngeté distinctive étrangeté dans la mesure où elle prend ses racines dans des textes de différents auteurs (Gottfried Benn, Monique Wittig, Hito Steyerl, William Golding) traitant de l’interaction entre l’homme et la nature.

The Promise Of Meat fait ainsi penser à un opéra hanté, avec des soubresauts expérimentaux inquiétants dont ne pourra se dégager qu’un sentiment de malaise tant il va écorcher nos rêves les plus étranges.

La voix d’Anat Ben-Simon survole l’ensemble des compositions, en mode chanteuse habitée par une horde d’émotions se bousculant à la surface de nos neurones et qui, ce faisant,, injectent un jus vénéneux au travers de textes qu’elle va interprète de manièr ecommitatoire.

On sera ainsi littéralement captivé par ces atmosphères chargées de tensions, ces lacérations où se superposera une électronique déviante et une instrumentation tourbillonnante au-dessus de volcans en ébullition. The Promise Of Meat est une œuvre totale, un objet musical d’une radicalité époustouflante, jouant magistralement sur l’équilibre ténu qu’est la démarcation entre raison et émotion.

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BirdPen: « All Function One »

11 avril 2021

BirdPen – Dave Pen (voix, guitare) et Mike Bird (guitares, claviers) – sont de retour avec leur sixième album, enregistré au début de l’année 2020 alors que le duo assistait à la pandémie mondiale. C’est sur cette base que sont nés les thèmes lyriques de l’album, centrés sur l’auto-isolement et la peur du monde extérieur.

Tout d’abord, cet album de BirdPen est un grand classique et il faut persévérer dans l’écoute car c’est un bon morceau de musique. Bien sûr, il y a quelques tubes instantanés comme « Modern Junk », qui se rapprochent le plus de la pop au sens commercial du terme. Sinon, BirdPen emprunte diverses voies musicales, de l’électronique sur « Flames «  à l’étrange et,, le merveilleux « Blackhole ». 

« Changes » , avec son chant monotone, est très austère et souligne à quel point nous dépendons de la technologie et sommes, à bien des égards, contrôlés par elle. « Universe » est plus enjoué, même si, pour être honnête, il n’est pas si enjoué que ça ! La guitare hypnotique sur « Invisible » fait briller cette chanson, preuve que BirdPen est plus qu’un simple groupe d’électronique.

Une musique pour l’ici et le maintenant, car BirdPen capture dans sa musique et ses paroles beaucoup de peurs et de problèmes auxquels nous avons tous été confrontés ces dernières années, ainsi que l’utilisation croissante et la dépendance de la technologie dans nos vies quotidiennes. Un album qui vaut la peine d’être écouté.

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Reid Karris: « Obscure Sorrows »

9 avril 2021

L’improvisateur de Chicago Reid Karris est de retour avec un nouvel album solo, Obscure Sorrows, un opus qui a été enregistré en décembre 2020, et met en scène Karris sur tous les instruments. Il s’agit notamment de la batterie et de diverses percussions d’objets, ainsi que de la guitare électrique. Je ne serais pas surpris qu’il y ait aussi quelques skatchboxes et/ou post-traitements.

L’approche de Karris est extérieure et libre, avec très peu de structures ou de motifs répétitifs. Au lieu de cela, il crée un amalgame bruyant de deux ou trois pistes de percussions qui se chevauchent, ainsi que des techniques étendues à la guitare. La percussion est lourdement chargée en cymbales, avec des cloches, des bols et des éléments de craquement.

Son approche de la guitare est bruyante et expérimentale, avec le frottement et le grattage des cordes pour créer des textures granuleuses, ainsi que la distorsion et l’écho des pédales d’effets. Mais le sentiment général qui se dégage d‘Obscure Sorrows est celui de la densité. Karris a beaucoup de choses à faire ici, surtout pour un album solo, et il est à l’aise pour remplir l’espace libre avec autant de sons qu’il peut. Ainsi, l’album avance à un rythme rapide.

Si l’on devait considérer l’improvisation sur un spectre allant du plus systématique au plus libre, Karris se situerait carrément à la dernière extrémité. Contrairement à ses précédents albums, celui-ci explore les extrêmes sans prétention.

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