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Tor Lundvall: « A Strangeness In Motion – Early Pop Recordings 1989-1999 »

Ceux qui connaissent les travaux de Tor Lundvall et son ambient cinématographique passablement sombre (par exemple Empty City ou le récent A Dark Place, lent et envoûté) vont s’étonner devant ces travaux. On a ici une pop wave très narrative, parfois gentiment dansante (« The Night Watch ») alors que ses compositions lorgnent habituellement sur le descriptif et les climats (on retrouve cet axe dans l’introduction de « Lessons that Kill » par exemple). Plutôt datés et donc passablement au goût du jour, ces miniatures (« Fligh » est un instrumental et plusieurs titres marquent un état finalisé) amuseront les fans de Duran Duran, Talk Talk ou les Pet Shop Boys (« Original One », la voix sur « The Melting Hour »), davantage que ceux de Depeche Mode ou du premier Ministry. 

Heureusement, la conception de ces titres, remisés jusqu’alors, s’étend sur une décennie, de quoi modifier progressivement leur ADN. Les détails affluent, les morceaux, travaillés, dévoilent des teintes doucement grisées (« Procession Day », « August Rain »).

Ce pas de côté se justifie dans l’œuvre habituelle de Tor Lundvall. Cependant, on reste sur sa faim : cet univers plus chatoyant est maîtrisé en termes de prise de son, mais sans risques (le doucereux « Procession Day », la délicatesse de « Hidden ») et, plus dommageable, sans personnalité suffisamment affirmée. Le disque peut plaire, mais n’apporte pas la découverte qu’on attendait à la lecture de la promotion : à l’image de « The Clearing », bien porté par des trouvailles synthétiques, les compositions retombent régulièrement dans l’anecdotique. Bien produits, il manque toujours à ces titres un éclat, une tournure plus étonnante, un refrain, un gimmick (« Watched » se tient à la porte des tubes indolents qu’on aimerait aimer). 

Tor Lundvall restera reconnu pour ses apports à une scène ambient cinématographique, pas pour son implication de compositeur dans la scène electro-pop-wave. Ce disque peut, à cet égard, se cantonner dans les curiosités avec la prégnance que xe type de compilation peut avoir.

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16 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Keane: « Cause And Effect »

C’est au terme d’une pause de six années et d’une petite incartade solo de son leader Tom Chaplin que Keane nous reviennent avec un sixième album studio intitulé Cause And Effect.
Un titre comme une analyse de ce qui a mené le groupe à se séparer un temps et à se consacrer à d’autres projets, qu’ils soient musicaux ou personnels. La cause : un travail très prolifique depuis leur début de carrière en 2004, un succès quasi ininterrompu surtout au Royaume-Uni avec tous les aléas liés au statut de pop star, et la quarantaine approchant, des envies légitimes d’épanouissement familial. L’effet : un disque très bien construit, destiné à conforter les fans et, à l’occasion, en convertir quelques autres.
Les ingrédients qui ont fait le succès de Keane sont à nouveau réunis : en premier lieu la voix de Tom Chaplin d’une intensité si pure – qu’il aborde le registre du grave comme de l’aigüe – qui n’a pas bougé d’un iota depuis les débuts. En second lieu, la mélodie. Tous les titres sont construits autour d’harmonies bien distinctes, qu’elles soient déclinées au piano ou à la guitare. Ici, premier bémol, l’orchestration pop paraît poussive, en particulier sur des titres un peu dansants tels « You’re Not Home », « Love Too Much » et « Pages ». Les effets de synthé rendent les morceaux un peu légers, les imprégnant de ce son mainstream très apprécié des radios anglaises. Le « single » « The Way I Feel » entre totalement dans ce cadre. On l’accompagne du pied, on chantonne, mais on oublie rapidement pour passer à autre chose.

La réussite de cet album réside dans ses ballades. Tom Chaplin est la véritable pierre angulaire du son de Keane. Sa voix simplement accompagnée d’une musique douce donne une profondeur véritable à des morceaux comme « I Need Your Love », « Put The Radio On » et « Strange Room ». On se souvient tous de l’efficacité dévastatrice d’un titre comme « Bedshaped »), où Tom Chaplin jouait de variations d’une élégance folle dans son timbre et son jeu de piano.
C’est à se demander si ce dernier ne mériterait pas de se consacrer à une carrière solo en mode chanteur à piano. Il manque à ce disque une empreinte un peu sombre, que de simples mélodies à la guitare (même acoustique) auraient pu apporter. Il ressort une petite impression de rester sur sa faim, surtout après une si longue pause. Le talent de composition est là mais une variation dans leur empreinte musicale quinze ans après leurs débuts nous aurait prouvé qu’ils ont mûri, tout comme leur public.
Fort de deux premiers albums particulièrement brillants, les concerts de Keane sont généralement généreux en titres de cette période phare. Le groupe ne se transforme alors pas en bête de scène, mais sait impulser une certaine dynamique à des morceaux qui passent un peu inaperçus sur leurs autres disques. L’interprétation de ce nouvel album en live est donc très attendue.
En quelques mots,
Cause And Effect ne révolutionne pas le petit monde de Keane mais conforte le groupe dans sa capacité à composer des titres solides, dans une lignée musicale quasi ininterrompue depuis 2004.

***1/2

16 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Future Teens: « Breakup Session »

Future Teens avait réalisé, il y a quelques années, un premier album nommé Hard Feelings. Le quatuor venu de Boston arrivait à émouvoir avec des histoires personnelles sous fond d’indie rock/pop-punk. De retour avec Breakup Session il nous narre la fin des vécances et le temps de dire adieu à certaines habitudes prises par les amoureux

L’été se termine et il est temps de dire adieu à nos habitudes et aussi à nos amoureux de vacances. Telle est la principale devise d’un combo qui entreprend, sur cet album, un virage résolument emo. Cela s’entendra sur des morceaux sentimentaux à l’image de « Happy New Year » en guise d’introduction avec, en outre, l’interprétation riche en émotions d’Amy Hoffman.

Ce ne sera que le début car le groupe décide de vider son sac sur des titres comme « Born To Stay », « Frequent Crier » ou encore de « So What ». Le tandem Amy Hoffman/Daniel Radin se partage le micro et fait partager ses frustrations et ce sentiment de ne pas être accepté par ses pairs Cela se fera également au travers de titres teintés d’ironie comme « Emotional Bachelor » et « Swiped Out » qui resteront un pur condensé de rock « emo. » Le virage musical qu’entreprend Future Teens n’étonne qu’à moitié car ce courant permet de mieux transmettre leurs émotions. En ce sens, Breakup Session arrivera à convaincre partiellement.

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16 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Secret Shame: « Dark Synthetics »

La première chose qui vient à l’esprit lorsque l’on écoute Dark Synthetics, le premier opus de Secret Shame, c’est qu’il s’agit d’un disque habité. Que ce soit dans le chant ou les mélodies, l’atmosphère qui se dégage de ces sept titres est à la fois ténébreuse, ensorcelante et tendue. Un coup de maître pour cette jeune formation américaine originaire d’Asheville en Caroline du Nord. Les cinq membres du groupe – Lena (chant, synthés), Nathan (batterie), Matthew (basse), Billie (guitare) et Ryynikki (guitare lead) – sont influencés par le deathrock / gothic rock des années 1980, Skeletal Family et Siouxsie & The Banshees.
La réussite de ce disque doit beaucoup à la voix incroyable de Lena, il n’y a qu’à écouter sa performance sur « Gift » pour s’en rendre compte. On pense à Siouxsie bien sûr, mais aussi à Jehnny Beth des Savages par moments pour le côté presque possédé de ses performances.

Mais Secret Shame c’est aussi un sens inné de la mélodie, la basse typement post-punk est toujours impeccable et il y a un gros travail sur les guitares, souvent mises en valeur comme sur « Comfort » ou sur « Creature » à l’ambiance horror movie. Sur « Haunte », ce sont les synthés qui sont mis en avant pour un résultat de toute beauté. Les thèmes abordés sont aussi sombres que leur musique, la violence domestique (« Calm ») ou encore la maladie mentale (« Dark » ». Ce dernier est d’ailleurs incontestablement le tube de l’album : le chant de Lena y est hanté, la ligne mélodique imparable et l’ambiance effrayante à souhait.
Dark Synthetics est un album maîtrisé de bout en bout, incroyablement moderne malgré ses influences indéniables. Secret Shame est un vent de fraîcheur sur la scène gothic / post-punk. Finalement, le seul reproche que l’on puisse faire à ce disque tient à sa brièveté (moins de vingt-sept minutes) ce qui donne forcément envie d’en entendre plus. Un groupe à suivre de très près.

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16 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Charli XCX: « Charli »

A 27 ans, cette jeune femme de Cambridge signe ici son quatrième album, opus censé lui faire prendre une nouvelle dimension.  Le premier « single » de ce nouvel effort étant sorti début octobre 2018 (« 1999 » avec Troye Sivan), autant dire que les fans ont su se montrer patients. Six « singles » supplémentaires plus tard, voici donc Charli, quatrième album de Charli XCX.

Les hostilités débutent avec « Next Level Charli », idéal pour entrer dans l’univers de XCX ; aller vite et ne pas regarder en arrière. Arrive ensuite le tube « Gone », une vraie pépite pop où les voix des deux artistes (elle et Chris) se mêlent idéalement et dont le résultat est une rencontre qui fait mouche.

Deuxième gros duo et pas des moindres, « Cross You Out » avec l’aide de Sky Ferreira. Les synthés pop sont encore et toujours bien présents, et ce titre plus calme permet de faire redescendre la température. Il confirme un bon usage du vocoder. « 1999 » accompagné de Troye Sivan reviendra donner le rythme ; ce sera un des meilleurs morceaux du projet et il raconte l’envie des deux artistes de revenir à la fin du XXème siècle.

On continue avec « Click  » et l’aide de Kim Petras et Tommy Cash qui pourra bizarrement faire penser Big Sean, Jay-Z et Kanye West, bien sûr en plus pop. Petras s’insère plus que bien tandis que Cash apporte toute sa rage pour clôturer. Arrivera alors « Warm » avec les soeurs HAIM, une des collaborations les plus attendues mais quelque peu décevante.

« Thoughts » va alors démontrer que Charli peut très bien se débrouiller toute seule, même si l’on peut regretter que le rythme soit resté si calme. De plus, on se perd un peu sur la fin et ses vocalises. Mais « Blame It On Your Love » avec la confirmée Lizzo nous rappelle le talent de XCX a confectionner des bombes pop, non pas ici en soutien mais en contrôlant les trois quarts.

Un enchaînement de quatre titres en solo arrive alors. » White Mercedes » nous fait entendre une petite guitare qui nous rappelle son passé, et de beaux violons qui sont plus qu’appréciés. « Silver Cross » a des allures de gros son taillé dance-floor qui n’est pas sans rappelé toutes les collaborations de Charli avec de grands noms de l’électro et

« I Don’t Wanna Know » sera déal pour nous apaiser. On l’entend peu chanter ainsi, avec une voix douce et si belle, et il sera difficile de ne pas admettre qu’elle manie l’exercice fort bien. « Official » clôturera ces quatre titres avec une nostalgie dans les paroles et des rimes assez bien trouvées qui ne pourront que toucher tant ils s’inscrivent en conformité avec l’élan artistique qui caractérise désormais la chanteuse.

***1/2

16 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Paranoyds: « Carnage Bargain »

Après L.A. Witch, Bleached et Death Valley Girls, voici venir de nouvelles concurrentes en matière de surf-garage californien. Il s’agit du quatuor féminin The Paranoyds quis vient tout droit de Los Angeles et qui s’est formé il y a maintenant trois années.. Après une poignée d’EPs qui a fait parler d’elles, les musiciennes prennent les devants avec un premier album, Carnage Bargain.

Ce qui fait l’originalité de The Paranoyds, c’est une musique pleine de fraîcheur et d’énergie. Les Californiennes savent aussi bien conjuguer les influences surf-rock que garage rock avec une pointe de psychédélisme digne de B-52’s. Cela donnera des morceaux entraînants comme « Face First » en guise d’introduction efficace mais également un imparable « single » « Girlfriend Degree » qui viendra poser leurs bases féministes ainsi « Egg Salad » et morceau-titre qui saura évoquerla verve de The Breeders.

De nombreuses eutres bonnes surprises seront à déceler au menu de ce Carnage Bargain. On y décèle les influences krautrock et motorik sur « Hungry Sam », le surf-rock mélodique de « Courtney » ou le riot grrl stoner de « Laundry » et de « Heather Doubtfire »avec ses dernières secondes instrumentales psychédéliques complètement réjouissantes. Le duo guitare/orgue trippy fait des merveilles et donne aussi naissance à des moments jubilatoires comme la conclusion digne des B-52’s qu’est « Ratboy ». Pour un premier album, The Paranoyds étonne et détonne et on ne serait pas surpris si le groupe californien atteignait les sommets dans les jours à venir.

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16 septembre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Long Beard : « Means To Me »

Voilà qutare ans, une jeune musicienne s’était lancée dans la scène rock avec un premier album intitulé Sleepwalking. Il s’agissait de Long Beard qui est le projet de la native du New Jersey Leslie Bear qui avait séduit avec sa fusion entre indie rock et bedroom-pop des plus attachantes. Cette année, elle effectue son grand retour avec son second opus, Means To Me.

Dix nouvelles compositions où Long Beard (qui est accompagné du musicien Craig Hendrix) repousse les limites. Cela se fait à coup de morceaux planants et mélodiques que la musicienne de New Brunswick arrive à envoûter son auditeur avec, entre autres, le titre introductif nommé « Countless » qui annonce la couleur. Celle-ci est placée sous le signe de la sérénité et de la nostalgie comme l’affichent des titres à l’image de « Getting By », « Sweetheart » et de « In The Morning » où chaque accord de guitare lumineux et chaque rythme chaloupé arrivent à se conjuguer avec l’interprétation toujours aussi somptueuse de la jeune femme

Avec une production plus pointue que sur Sleepwalking, Long Beard parvient à mettre de plus en plus en avant un sens du songwriting particulièrement solide. Means To Me regroupera aussi des morceaux chaleureux comme « Forever » et « Monarch » où on se laisse guider par les instrumentations lumineuses et aériennes sur lesquelles il est impératif de souligner le travail titanesque de Leslie Bear et de son acolyte Craig Hendrix. A mille lieues de son prédécesseur, ce second opus se laisse écouter les yeux fermés, des yeux permettant de penser que la native du New Brunswick a de beaux jours devant elle.

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16 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Alex Cameron: « Miami Memory »

En l’espace de ces deux albums que furent Jumping The Shark en 2016et Forced Witness l’année suivante, Alex Cameron a réussi à se réinventer. L’ex-Seekae est devenu en quelques années une référence sur la scène indie australienne et pas seulement en raison de son côté dandy inimitable. Il faut croire qu’il il compte ne pas s’arrêter en chemin et la preuve en est avec sa troisième livraison intitulée Miami Memory.

Pour la première fois dans sa discographie, l’Australien a décidé d’être heureux dans sa vie et de le partager. Fini de se considérer comme un loser infini, Alex Cameron déclare sa flamme à celle qui partage sa vie depuis maintenant trois ans l’actrice Jemina Kirke. Tel est la principale inspiration de ce Miami Memory rempli de déclarations d’amour sous fond de morceaux aux inspirations 80’s comme « Stepdad » qui ouvre le bal avec ses allures de disco orchestral mais également « Gaslight » et « Bad For The Boys ».

Avec cette écriture toujours aussi imagée, ironique et moins centré sur la toxicité masculine par rapport à ses prédécesseurs, Alex Cameron pousse néanmoins à la réflexion quand on s’y attend le moins. C’est exactement le cas sur « Far From Born Again » qui tente de déstigmatiser l’industrie du sexe avec ironie ou sur le morceau-titre où il détaille ses escapades coquines avec sa moitié. Pour le reste, le chanteur n’a pas perdu son sens de la démesure avec d’autres morceaux comme « End Is Nigh », « PC With Me » ou encore « Other Ladies »,où, si l’amour reste un des vecteurs les plus forts dans notre vie, il est aussi question de sexe, d’enfants, de trahison et de divorce (« Divorce »). On serait tenté de dire qu’Alex Cameron se montre un peu ici fleur bleue, mais c’est justement ce qui fait son charme sur ce troisième album. Cette part de naïveté et de romantisme ne poeut, au fond, que le rendre plus humain.

***1/2

16 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Deadthrone: « Premonitions »

Post hardcore ? Metalcore ? Post hardcore ? On ne sait pas trop quel qualificatif donner à ce premier album de Deadthrone. Un peu de tout ça probablement. En tout cas, si ça ne sonne absolument pas original, c’est dans l’air du temps et que cela se nomme la modernité. Toujours estil que c’est plutôt bien foutu, que les mélodies pop sont sympathiques et que le riffs sont épais comme on les aime et que l’alternance de voix emo et deathcore couplée à quelques éléments electro dynamisera le tout.

Premonitions est un premier album à prendre pour ce qu’il est ; franchement mais pas foncièrement renversant. Vouloir en faire un opus accessible enegendre le risque de le faire sonner quelque peu édulcoré ce qui ne pourra que faire renâcler le fondamentaliste du genre.

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15 septembre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Ventura: « Ad Matres »

Ce trio hélvétique œuvre dans le shoegaze et ce quatrième album depuis Ultima Necat les voit rompre un silence qui durait depuis 6 ans. Le temps semble leur avaoiré été profitable car Ad Matres est sans doute le meilleur album du combo.

Ce réveil est moins électrique que précédemment mais tout aussi douloureux. Alourdi par le deuil d’une mère disparue et bousculé par l’arrivée d’un nouveau batteur, ce nouveau chapitre reste marqué par une certaine noirceur de ton autant que par une volonté farouche de résilience ; souffrir, certes, mais aussi effacer avec, en introduction, un instrumenta, « Acetone », pour, enfin, repartir.

Le noise-rock plutôt frontal se voit ainsi enseveli sous une avalanche d’overdubs de guitares héritées de ce shoegaze qui se résume par cette formule : tête dans le guidon et yeux rivés sur les pédales.

Défilera alors tout un pan de l’histoire de ce rock alternatif qui fraie dans le chéma adolescence tourmentée façon Shellac ou ces digressions noisy à la Sonic Youth ou Labradford, voire Fugazi.

La force de Ventura, toutefois, sera de dépasser ces références écrasantes en y apportant équilibre et légèreté. Cette position passera notamment par la voix mélodieuse voire discrète de Philippe Henchoz contrastant impeccablement avec les déferlantes furieuses de l’instrumentation. Le tout sera étayé par unep roduction magistrale, celle de Serge Moratel (Knut) qui sait rendre encore ici ce contraste pertinent et d’une efficacité redoutable. De quoi satisfaire les oreilles les plus exigentes mais aussi les plus adaptables.

***1/2

15 septembre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire