« Remake, Remodel »

Longtemps (plus d’un an) « éloigné des stades » pour des raisons qui avaient trait à ces petites saloperies qui vous rongent les neurones et soumis à de nombreuses éclipses, je vais enfin oser « parler plus vite que la musique » et m’aventurer à ces petites activités qui tiennent au coeur, à l’oreille et ont toujours eu cette capacité à me faire vibrer.

Cette phase d’amélioration me permet d’entrevoir quelque chose qui va au-delà de la rémission et envisager un retour à une existence fonctionnelle, que ce soit autant en termes physiques que mentaux.

Plaisir et soulagement vont désormais guider une reprise de mes humeurs (chroniques) et conversations (interviews) dont il me tarde de retrouver le goût. Je quitte donc les « bon courage » qui m’ont accompagné ces longs mois pour entamer avec un nouvel appétit cette reprise encore plus « rock and roll » que celle qui m’animait avant que les atteintes à ma constitution soient presque venues à bout de mon intégrité.

J’espère, y trouver pour moi et y procurer à ceux qui me lisaient cette même source de jouissance que celle qui va désormais animer lesdites sources de jouissances qui jalonnent encore cette gamme de notes enrichies de décibels alimente si bien.

Welcome back donc, pour moi comme pour vous !

De la Misère en Milieu Indépendant…

De temps en temps on voit apparaître dans la sphère « indie » quelques sorties discographiques labellisées « supergroupe » puisque enregistrées par des musiciens venus d’autres combos. (http://wp.me/p2Lg5f-1l9)

C’est une notion assez étrange que celle-ci puisque la démarche « indie » (on parlera au sens large) est plutôt faite de discrétion et d’introspection et non d’exhibitionnisme.

Sa genèse en est, en fait, liée à une époque bien connotée (les années 70) et à un genre particulier (le rock progressif pour faire court), éléments favorables à son apparition.

De quoi est constitué l’ADN du « prog rock » ? D’une volonté de mettre en place de nouvelles facettes au Rock et, quelque part, de le rendre respectable au même titre que d’autres musiques. Les conditions étaient une technicité impeccable, une approche de la composition différente (titres plus longs, influences jazz, classiques ou issues d’autres continents) et se manifestait de manière particulière ( doubles albums, concept albums, concerts vécus comme des happenings).

On peut comprendre que, les musiciens rivalisant de dextérité, il était tentant de se constituer en supergroupes, formations dans lesquelles chacun pouvait faire preuve de ses acrobaties musicales et aussi de confronter egos boursouflés à autres egos boursouflées.

On peut comprendre une telle approche en reliant ces deux éléments d’autant qu’était née la notion de « rock star » (pas nécessairement liée au rock » sérieux » mais témoignage d’une certaine époque, la contre culture, la contestation) où la musique rock était fédératrice, où tout jeune et un peu moins jeune s’y reconnaissait et où certains musiciens étaient considérés comme des icônes.

Pourrait-on aujourd’hui écrire un livre comme Diary of A Rock & Roll Star ? (Ian Huntern leader de Mott The Hoople). La réponse est dans la question.

Trouve-t-on aujourd’hui des groupes d’aujourd’hui capables sur leurs seuls noms de remplir des stades ou de voir leurs disques attendus comme des événements presque planétaire ? Autre question, même réponse ; certainement pas Franz Ferdinand, Muse ou Arctic Monkeys

Ajoutons également qu’à cette époque la demande était supérieure à l’offre. Combien d’albums sortaient chaque année ; pas assez pour étancher notre frustration. On comptait les jours avant un nouveau disque de Led Zep, Deep Purple, Pink Floyd voire Yes (liste non exhaustive) et, parallèlement au développement du phénomène rock stars et à l’évolution de la musique les artistes ont aisément franchi le pas et ainsi sont nés Emerson, Lake & Palmer, Blind Faith ou Beck, Bogert & Appice (liste toujours non exhaustive.)

Aujourd’hui ces groupes, tout comme ceux de « classic rock » font désormais figure de dinosaures ; il est vrai que bien des choses ont changé depuis.

Le « prog rock » est au musée et le concept de rock star s’est étiolé en raison de divers phénomènes.

David Bowie a sans doute été la dernière et lui a probablement donné le coup de grâce avec son album Ziggy Stardust, le terme même s’est s’est édulcoré et a été récupéré tout comme celui de « rock and roll » (il suffit de voir la presse parler de l’accueil « comme celui d’une rock star » que l’UMP a récemment réservé à Sarkozy ou à de donner à une ambiance chaude, tendue et n’ayant rien à voir avec la musique la description de « rock & roll ») pour constater que le terme a évolué au point de ne plus signifier grand chose.

Plus important est le fait que le public et l’évolution de la distribution ont changé. Alors qu’avant le rock était « universel », parallèlement à une société se « communautarisant » la musique populaire s’est atomisée et des niches sont apparues avec leurs genres, leurs sous-genres, leurs chapelles.

Au rock « underground » des années 70 et vecteur d’une certaine révolte a succédé, et là nous schématisons à nouveau, l’indie rock sous ses diverses ramifications et avec une optique beaucoup moins tournée vers l’extérieur. Il est plus question d’introspection que d’ouverture vers le monde et, de ce fait, cette « timidité » produit d’une part une musique moins démonstrative (le lo-fi ou même le shoegaze très rêveur finalement), des attentes plus clairsemées de la part du public et des ambitions moindres chez les artistes.

On pourrait nuancer en disant que nous n’avons jamais rencontré un musicien alternatif qui n’a jamais rêvé de devenir une star, mais ceci est une autre discussion, et, vraisemblablement, chose peu probable.

Le rock indie se satisfait et se nourrit d’une audience relativement moyenne d’autant que la « concurrence » est plus forte.

Combien de disques de rock alternatifs (et autres) sortent chaque année ne serait-ce qu’en France ? Des milliers. Aux États-Unis on peut multiplier le chiffre par 10. Le public (déjà assez étoffé) est confronté à une offre qui s’est renversée et qui excède désormais la demande.

Mauvaise pioche pour les nouveaux groupes, sans compter l’arrivée de l’Internet et du téléchargement, légal ou illégal. Le résultat a changé le rapport que le public peut avoir à la musique. Le numérique (CD) avait entraîné déjà une approche beaucoup plus froide, moins sensuelle et moins organique. Les téléchargement la dématérialisent totalement et la relation qu’on peut établir à la musique est devenue immatérielle ; il n’y a plus d’appropriation (dans le sens positif que peut avoir ce terme) et cela change la valeur qu’on donne à ce média.

Le rock alternatif en est déjà victime car la musique est désormais considérée comme un divertissement au même titre qu’un autre (le jeu vidéo, la télé, les réseaux sociaux).

Voilà pourquoi le concept de supergroupe pour des artistes indie est presque une incongruité, ou alors il ne fait référence qu’à la réunion de musiciens peu ou prou renommés et peu ou prou inspirés. Il ne s’agit pas ici de juger ou de porter des jugements esthétiques sur tel ou tel artiste ou tel ou tel phénomène, juste de faire un point sur l’état de la musique populaire qui n’engage que nous.

Voilà la raison qui nous a fait paraphraser les Situationnistes et intituler ce petit article : « De la Misère en Milieu Indépendant ». Tout partiel qu’il est, il n’est pas inexact. Puisse celui qui aime vraiment la musique continuer à acheter des disques plutôt que les télécharger (ou alors simplement pour en avoir un aperçu et fixer ses choix),  continuer à aller voir les groupes « live » et non pas se borner à écouter ses musiques dans sa chambre comme pour suivre cette tendance qu’ont certains groupes indie à, désormais, les y enregistrer.

Rituel quand tu nous tiens…

Il est des rituels dont on est libre de s’abstraire aussi, tout comme l’année dernière, inutile de chercher un classement des « meilleurs albums de l’année ». D’autres s’en chargent fort bien.

Il en est d’autres qui ont trait au calendrier et, qu’on le veuille ou non, nous rendent sujets à certaines statistiques ou autres bilans.

Les chiffres bruts, gracieusement fournis par notre prestataire, sont plus qu’encourageants. Alors que nous continuons à fonctionner par le bouche à oreille et sans aucune démarche publicitaire nous sommes arrivés, pour l’année 2013, au nombre de plus de 15000 visites (sic!) et que, loin d’être cantonnées à notre « doulce France », on en trouve en Belgique, Suisse, Grande-Bretagne et même États-Unis.

On ne va pas crier victoire ; nous ne sommes en concurrence avec personne ! Simplement nous accueillons ces chiffres comme un soutien, une forme de message qui nous incite à continuer dans notre approche, quitte à la peaufiner, voire à la modifier sensiblement.

Nous allons nous y atteler au long de 2014 en espérant que ces changements progressifs auront l’heur de susciter les mêmes réactions et critiques, la plupart du temps constructives, dont nous sommes honorés.

Nous restons néanmoins fidèle à notre approche qui se veut exempte de compromis et fonctionnant sur le registre de l’honnêteté intellectuelle, celle qui n’est pas nourrie par les disques, reçus ou pas, et le « hype » qui lui aussi, hélas, ne mourra jamais.

Tête froide nous garderons mais sans renier notre enthousiasme. Nous tenterons de décrypter ceux qui sont les tenants d’un rock intellectuel ou « respectable » sans pour autant tomber dans le verbiage, et préserverons cette flamme juvénile et bondissante pour ceux chez qui grandir ne signifie pas se prendre au sérieux.

Nous terminerons donc en faisant nôtre cette phrase de Boileau :

« Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement ».

Et souscrirons à ce rituel qui consiste à présenter nos meilleurs vœux, toujours emprunts de cette verve rock & roll qui ne veut pas nous abandonner.

 

 

Des Chiffres & des Lettres…

Les chiffres sont parfois source de déplaisir et on peut souvent leur faire dire ce que l’on veut.

Ceux de notre hébergeur sont tombés pour cette fin d’année : en deux mois et demi d’existence, sans messages publicitaires, sans vouloir créer « buzz » ou « hype » » et simplement par le bouche à oreille nous avons recueillis plus de 1500 visiteurs.

La moyenne est donc de plus de 20 visiteurs par jours avec des pics à 50 !

Il n’est donc pas déraisonnable de remercier ceux qui nous honorent par leurs visites, tout comme ceux qui nous gratifient de commentaires et de messages, qu’ils soient encourageants ou polémiques.

Cela pèse encore peu sans doute mais c’est un début qui va au-delà de ce que l’on pouvait espérer au préalable.

Nous oeuvrerons encore mieux l’année prochaine pour que notre lectorat s’amplifie et qu’il reçoive la juste reconnaissance des efforts que nous continuerons à déployer sur la ligne qui est la nôtre.

QUE LE ROCK SOIT AVEC EUX !

Quant à nous, cela fait longtemps qu’il nous habite…

Top ou pas Top?

Il est une tradition bien établie en fin d’année, un rituel auquel tout organe de presse se sent obligé de souscrire, le fameux Top 10 (ou 5, ou 20) de ce qui a été le plus marquant au cours des 12 derniers mois.

En matière de Rock, chaque rédaction ou rédacteur doit s’acquitter de la lourde tâche de désigner ses albums favoris.

Pourquoi, en l’occurrence,  ne pas le faire ?

Déjà qu’une chronique est foncièrement subjective, comment justifier un classement qui ne se base que sur une appréciation. En quoi tel ou tel disque serait #1 et tel autre #2 ?

L’échelle des préférences est chose suffisamment délicate pour ne pas être réduite, selon nous, à ce type d’exercice.

Et puis quand il s’agit d’établir un classement, encore faudrait-il que tout le monde joue dans la même catégorie. Comment comparer un groupe débutant d’un combo ayant déjà plusieurs disques à son actif ?

Comment, en outre, juger un groupe par exemple « power pop » d’un ensemble qui ferait du « freak folk » ?

En conséquence, deux disques valant chacun 4 étoiles par le même critique ne pourront « jouer dans la même catégorie » puisque ils sont animés par une démarche différente.

Va-t-on mette dans le même sac un album de rock expérimental et un autre de rock and roll « revival » ? Et quels seraient les critères permettant de dire que l’un est plus méritant que l’autre ?

On sait, en outre, très bien à quoi l’esthétisme bien pensant abouti : la sclérose. En quoi également ce qui a été loué un jour sera voué aux gémonies le lendemain. 

La musique est, aujourd’hui, pléthorique, avec une offre d’un niveau moyen et qui excède en outre la véritable demande. Elle est de surcroît atomisée ; on pourrait même dire qu’elle est en proie au communautarisme dans lequel chaque chapelle se sent investie du bon goût et de l’incorruptibilité. En schématisant on pourrait emprunter le titre de cet opuscule des Situationnistes publié en 1967, De la Misère en Milieu Étudiant et le renommer : De la Misère en Milieu Indépendant (article qu’on ne se privera peut-être pas, un jour, d’écrire).

On peut le déplorer mais c’est un constat. Il n’existe plus, de nos jours, d’artistes fédérateurs comme il y en avait avant. Il ne s’agit pas de citer de noms mais tout féru de Rock ne pourra qu’être familier avec les référents.

Alors quel intérêt de rassembler dix disques dans un bilan, dix disques choisis de façon presque aléatoire, dix disques dont on sait qu’il n’auront qu’une notoriété ne dépassant pas le cercle de ses adeptes et une durée de vie (pourquoi un an, pourquoi pas un mois?) qui en sera la conséquence.

Il est donc grand temps de relativiser l’impact d’un artiste sur la chose rock ; à moins qu’on ne se satisfasse de rester dans sa petite niche.

Bref donner 4 étoiles à tel chanteur aussi oecuménique qu’il peut l’être (Jason Lyttle par exemple) montre bien qu’il n’atteindra jamais le 5 étoiles et ne représente rien à un 4 étoiles qu’on aurait donner aux Beatles, Led Zeppelin ou Pink Floyd (liste non exhaustive).

Voilà en vrac en quoi un Top 10 ne trouvera pas grâce ici : lire une chronique étayée (chose à laquelle ce site ambitionne) permettra de mieux se forger un avis et d’écouter en conséquence.

En bref, un Top c’est « pas top »!!

Une musique à vomir.

Il est des petits épisodes dont l’ironie fait, parfois, chaud au cœur. Après le désagrément survenu sur scène à Justin Bieber voilà qu’une autre « star » en a été victime.

On ne va pas se moquer de ce genre d’incident qui peut atteindre tout le monde mais juste monter en quoi il sont révélateurs de ce qu’est devenu la scène musicale.

Cette brave Lady Gaga a donc eu un renvoi intestinal en plein concert mais, miracle de la technologie, elle a pu continuer à chanter.

Bref, « the show must go on » comme on dit mais l’audience présente au spectacle s’est aperçue, si tant est qu’elle s’en souciait, que l’artiste (sic!) faisait du playback.

Cela ne changera sans doute pas la face du monde, ni celle de la façon dont fonctionne aujourd’hui la Société du Spectacle, bref ça ne permettra pas à ce que d’un mal puisse sortir un bien.

Cela nous confortera, par contre, sur le fait que Lady Gaga comme tant d’autres fabriquent une musique à vomir.

Me revient un concert d’Elton John à Bercy voilà plusieurs années. Lui aussi avait été victime d’un léger malaise. Il était revenu sur scène peu après en s’excusant d’abord, puis en déclarant qu’il ferait en sorte de rattraper ceci. Résultat le concert avait duré une bonne heure de plus que prévu.

On peut déplorer ce qu’il a fait de sa carrière musicale, on doit néanmoins admettre que, lui, savait encore ce qu’être un « performer » voulait dire.

Du Caillou au Camée. (sic!)

L’autre jour une information n’a pu que faire bondir l’humble rédacteur rock que je suis. Il était question de la énième tournée des Stones qui roulent toujours mais semblent désormais, et depuis quelques temps déjà, le faire pour les espèces sonnantes et trébuchantes.

Personnellement les Stones m’ont rarement touché, quelques albums plus un Best of suffisent à ma discothèque. Mais là n’est pas le problème. On ne peut qu’être pris de vertige (et aussi peut-être d’une autre chose qui s’apparenterait à de la gêne voire du dégoût) devant le prix demandé pour les places.

On rétorquera que chacun est libre de les acheter ou de ne pas le faire mais, là encore, le problème ne se situe pas là.

50 ans est un âge canonique, à célébrer absolument, mais il est, quelque part, navrant de voir tant de cynisme affiché de la part de tenants qui se voulaient anti-système.

Le Rock, ou plutôt un certain Rock, est devenu une marchandise, un produit de luxe.

On avait eu droit aux « tribute bands », ces groupes qui s’emparaient du répertoire de leurs artistes favoris pour les réinterpréter à leur manière.

On a, ensuite, assisté à l’éclosion des groupes « look alike » ; ces sosies de musiciens mythiques (Floyd Led Zep où même….ABBA!, etc.) et leurs longues tournées, parfois mondiales, interprétant à l’identique un répertoire qui n’était pas le leur.

On se plaît à penser que les Stones font aujourd’hui partie de cette dernière catégorie.

Puissent-ils trébucher sur les espèces qui les font encore rouler, à défaut de sonner comme ils le faisaient du temps lointain (et pas seulement en terme d’années) où ils étaient encore subversifs.