Gauntlet Hair: « Stills »

Sur leur premier disque, éponyme, ce duo originaire du Colorado semblaient avoir appris leur art en écoutant Animal Collective ou Yeasayer tant il dirigeait sa « noise pop » dans une direction assez excentrique. Stills est de ce point de vue l’album « sophomore » idéal dans la mesure où il les voit approfondir ce cheminement en lui donnant une dimension plus sinistre, électronique et proche du « goth pop ». Ils ont en effet puisé dans le post-punk et la musique industrielle des années 80 et 90 pour créer un monstre, menaçant certes, mais aussi plein d’une verdeur joyeuse.

La première comparaison serait avec un Trent Reznor encore jeune et en plein processus de maturation : l’atmosphère est devenue plus sonique qu’auparavant, avec du « fuzz » et de la « reverb » bien sûr mais ces effets sont placés aux bons endroits afin de ne pas occulter les objectifs de l’album.

Ceux-ci sont de créer des atmosphères plus tumultueuses, avec d’immenses effets de synthés mais la guitare fluide de Andy Rauworth demeure l’élément-clef. C’estr sur elle que vont se greffer des séquences de percussions inhabituelles à la Pink Floyd, des vocaux sensuels mais étouffants façon The Church ou The Cult (un « New to It » plein de béatitude ou des « G.I.D. » et « Waste Your Art » plein de mordant).

Tout cela souligne la diversité d’un album qui échappe aux canons du rock industriel et de la pop ; en lui donnant un semblant d’exultation il revitalise un genre, celui de la « noise pop », qui s’écarte avec bonheur des schémas traditionnels que nous connaissons peut-être un peu trop avec No Age ou autres Japandroids.

★★★½☆

Adam Stafford: « Imaginary World Collapse »

Imaginary Walls Collapse est un album qui a failli ne jamais voir le jour dans la mesure où Adam Stafford, ex-leader de Y’all Is Fantasy et aussi cinéaste respecté, avait presque décidé de quitter la musique.

Le disque ne déroutera pas ceux qui sont familiers avec ses techniques d’enregistrement particulières : des riffs portant le poids de la « reverb » passés en boucles et créant des nappes sonores sur lesquelles vont s’entrechoquer boîtes à rythme et percussions massives. Ce pourrait être rébarbatif sauf que Stafford ne perd jamais, dans ses compositions, une certaine faconde lui permettant de créer d’essentielles accroches pop.

Son dernier « single », « Please », en est d’ailleurs la confirmation avec une orientation vers le marché américain très flagrante, et surprenante même pour cet artiste écossais. Tout l’album aura ainsi ce focus, parsemé d’embellissements soniques allant donc des « loops » à une utilisation inventive de pédales à effets, le tout accompagné de quelques gammes toutes simples à la guitare contrastant avec la complexité des arrangements.

Imaginary Walls Collapse est, à cet égard en contraste total avec une des précédentes productions, Awnings un album expérimental enregistré a capella. Ici, on a plutôt droit à une orchestration sans orchestre dans la mesure où le disque s’éloigne des boursouflures trop arrangées de certains de ses concerts et où le son est presque maigre. Cela rend l’opus plus impérieux d’une certaine manière dans la mesure où sa complexité donne envie de s’y plonger plus profond. « Invisible Migration » véhicule ainsi une atmosphère sinistre et des textes obliques clôturés par des effets en écho, le tout conduit pas un seul tempo, celui d’un accord de guitare, rendant l’ensemble hypnotique.

Le fait de s’entourer de musiciens ne rend pas pour autant le disque plus traditionnel ; ceux-ci n’interviennent que pour donner une armature aux morceaux les plus complexes, se mettant ainsi au service de la vison tordue de Stafford. Il en sera ainsi pour les vocaux doucereux de Siobhan Wilson concourant à accentuer l’effet de transe conféré à la distorsion de « His Acres », ceux de Anna Miles sur le cryptique mais engageant « Please » ou, enfin, avec un «  Sound of Fear Evaporating », expérimentalisme ajouré par une sensibilité pop.

Imaginary Walls Collapse est un album intense qui ne demande qu’à nous ouvrir les oreilles et chatouiller notre esprit. Il pourrait être un disque phare si il parvenait à réconcilier les tenants de l’expérimentation et ceux d’un rock ouvert désireux d’emprunter des sentiers aventureux sans y perdre pour autant son âme.

The Octopus Project: « Fever Forms »

The Octopus Project a autant de cordes à ses guitares qu’un poulpe peut avoir de bras. Technophiles consacrés sans pour autant faire de la techno, sorciers de l’électronique sans verser à fond dans l’electro, piliers du rock sans nécessairement en abuser  ; la musique du quatuor ressemble à un kaléidoscope qui, depuis 14 ans, a écumé une gamme insensée mais soigneusement organisée d’explorations visuelles et soniques hautement énergétiques.

Leur problème a été, jusqu’à lors, de parvenir à transférer sur disque la vibration que leurs concerts émettaient. C’est, en partie, ce que réussit à faire Fever Forms, leur cinquième album. L’entrée en matière, «  The Falls  », est significative avec son duel de guitares explosif se disputant la suprématie de leurs riffs respectifs et les 12 plages vont très vite nous entraîner dans un torrent de mélodies vocales tourbillonnantes, emplies de réverbérations et de textes psalmodiés. «  Pyramid Kosmos  » fait perdurer cette prédilection à la folie en y incorporant un synthétiseur entreprenant et agressif scandant le rythme des percussions toute les huit mesures avant que celles-ci ne s’envolent dans les hautes sphères.

Le «  single  » «  Whitby  », nous fera brièvement retoucher terre avant que le voyage intergalactique ne reprenne avec le bref «  Unspool  » puis «  Choi Signs  » et «  Perhap  », un instrumental chargé de théramine, le plus ancien instrument électronique inventé en 1919. « Death Graduates », « The Mythical E.L.C. » et « Mmkit », eux, s’évertueront à dépasser, un peu comme Hawkwind et leur « space rock », la vitesse de la lumière et, pour prouver son éclectisme ravageur, le groupe se paiera le luxe de frayer aussi dans l’univers d’un optimisme, débridé lui aussi, que ce soit sur leur second « single » « Sharpteeth » ou sur la « power pop » de «  The Man with the Golden Hand ».

The Octopus Project démonte, avec Fever Forms, qu’il n’est pas qu’un projet mais qu’il est passé au stade de la réalisation, de la concrétisation voire, peut-être, de la consécration.

★★★★☆

The Candles: « La Candeleria »

Un bref coup d’oeil au C.V. de Josh Lattanzi, leader des new-yorkais The Candles révèle une histoire impressionnante :sur les dix dernières années il a joué de la basse pour The Lemonheads, Ben Kweller et Albert Hammond Jr., et avec The Candles, il faisait partie de l’ensemble « live » de Norah Jones.

Malgré ces, relatifs, seconds rôles, ce second album, La Candeleria, (nommé d’après un faubourg de Bogota) il lui a pas semblé difficile d’entrer dans le rôle d’auteur-compositeur et, surtout, de la faire avec la confiance et l’habileté d’une artiste émérite. Le disque se compose de dix plages nimbées dans des mélodies power pop chatoyantes et riches d’arrangements qui, plutôt de s’ancrer dans le fracas de « power riffs » à la guitare, font à la part belle à un schéma « Americana » judicieusement divisé entre The Byrds et Big Star.

« Hello Blue » est ainsi construit sur de foisonnantes couches de guitares électriques aux tonalités carillonnantes et un clavier Rhodes, alors qu’un morceau comme « Blind Light » va, lui, présenter d’épais strates de percussions caressantes, de slide guitar et de piano. Le titre phare sera « As Far As I Know », il le sera autant pour sa qualité mélodique que pour la manière dont il opère une transition fluide entre une ballade acoustique dépouillée bâtie sur de légers arpèges de six cordes au climat tapageur d’un groupe de country-rock lancé à pleine allure.

On pourrait au chapitre des influences Wilco, Jackson Browne ou The Grateful Dead, mais The Candles ont le mérite de bien s’en habiller et de nous livrer avec The Candeleria un album ficelé de sa propre personnalité et plein de surprises.

★★★½☆

Fossil Collective: « Tell Where I Lie »

Cela fait plusieurs années que Johnny Hooker et David Fendick frisent le succès grâce a un buzz essentiellement acquis sur le net. Leur premier album Tell Where I Lie remplit certaines promesses mais n’a en rien de foncièrement original.

Sis dans une démarche plutôt axée sur le soft roots rock, ce groupe de Leeds n’a pourtant pas d’identité sonore distinctive. La chanson d’ouverture, « Let It Go », est plaisante mais fait ainsi penser qu’on écoute une chanson des Fleet Foxes et, comme les onze autres titres, sera agréable à écouter sans qu’une des compositions se détache du disque.

Ceci dit, Fossil Collective sont bons dans ce qu’ils font. « Wolves » est une ballade au piano exemplairement réconfortante tissée à partir d’une guitare folk dans laquelle la six cordes électrique de Fendick apporte une touche d’énergie à des textes ambigus et sombres. C’est de la « mood music » par excellence tout comme sur la fluidité qui accompagne « When Frank Became An Orb ». Rhythmique tendue mais suffisamment simple, cordes et claviers « ambient » fantomatiques rappelleront Bon Iver en un déroulé presque sans accrocs.

Ce sont des éléments qui malheureusement n’imprègnent pas tout cet album manquant singulièrement de diversité, semblable à cette sensation de retrouver un vieil ami qu’on a pas vu depuis longtemps mais dont le discours reste néanmoins familier. Un disque idéal à écouter en une journée pluvieuse mais dont on ne recommanderait pas l’écoute en boucle à moins de vouloir s’envaser dans le spleen.

★★½☆☆

Speedy Ortiz: « Major Arcana »

Fans de Taylor Swift, réjouissez-vous, un groupe du Massachusetts, Speedy Ortiz semble vouloir marcher sur des traces similaires  !

Un premier «  single  » avait créé un «  buzz  » avec son mélange crépitant d’accords de guitares mariés aux vocaux cryptiques de Sadie Dupuis, accrocheurs en diable, suffisamment en tous cas pour captiver et capturer l’attention de la gente issue de la pop. Quelques autres «  singles  » avaient suivi et Major Arcana sort enfin, album peut-être pas majeur, mais suffisamment charmeur pour se placer directement dans la lignée du «  college rock  » le plus assumé.

Les voisins bostoniens comme Helium, Blake Babies et Belly sont indubitablement leurs prédécesseurs mélodiques tout comme le fait d’enregistrer avec le fameux ingénieur de son du studio Fort Apache, Paul Q. Kolderie et Justin Pizzoferrato (Sonci Youth). Ici la cnovenance géographique rejoint avec à-propos l’héritage pop-rock de Speedy Ortiz.

Celui-ci est, à ce sujet, complexe, à l’image de l’intrication des compositions et de la façon dont les guitares de Dupuis et de Matt Robidoux s’entrelacent en rythmes flexibles, montant et descendants, et constants contrepieds. Le résultat est parfois hanté (un «  Casper (1995) » aux textes dramatiques), nuancé comme le nostalgique « No Below » mais la cohabitation avec des exercices de hargne adolescente comme « Plough » fonctionne à merveille.

Major Arcana est un disque séduisante et plutôt enchanteur. Il fonctionne parfaitement dans son mix de chansons « radio friendly » et de culture de l’excentricité. Il conviendra indubitablement à l’audience à laquelle il s’adresse référencée plus haut.

★★★☆☆

PDA: « Part Time »

La frontière entre l’hommage et le pistache est très ténue : voilà ce que suggère l’écoute de Part Time, le second album de PDA. Echo & The Bunnymen The Cure ou New Order ont inspiré tant de groupes qu’on n’est jamais très loin de la saturation. Part Time va s’employer à leur rendre justice avec sa musique maussade remplie d’effets de reverb et d’electronica. « I Want To Go » fait du plus Cure que Cure eux-mêmes avec une voix à la Robert Smith, des chorus où les pédales soniques des guitares font leur travail et « I Won’t Be Your Little Secret » rappellera Talk Talk avec ses percussions très new wave façon années 80 et le participation de Johnny Marr à la six cordes. « Night Drive » sera un autre des morceaux synth-pop et rien de plus et, même si l’humeur générale est appliquée et bénéficie d’une flamboyance presque pop, l’impression générale sera que nous sommes en face d’un album kitsch avant toute autre chose.

Ainsi « PDA » sonnera comme une résurgence de Duran Duran, avec ses irruptions synthétiques capricieuses, « I Belong To You » ressemble à un titre des Cars par son introduction électronique accouplée à des riffs pop et « I Belong To You » sera une chanson d’amour traditionnelle et définitive percutée par un chorus de lignes de basse funky-jazz. « All My Love and All Your Love (Together We Are Fine) » renchérira dans ce côté groovy évoquant Devo par le rythme constant de sa caisse claire et de ses cymbales.

On peut finalement blâmer les années 80, soit pour ce qu’elles ont apporté, soit pour le fait qu’elles sont arrivées avant PDA ; reconnaissons toutefois au groupe le fait de ne pas être monomaniaque dans ses influences revendiquées et de nous offrir un panorama mollement rafraichissant d’autant plus qu’il ne l’est que par éclipses.

★★½☆☆

Hebronix: « Unreal »

Il est curieux que pour son premier album solo sous le nom de Hebronix, Daniel Blumberg entame Unreal par la phrase : « I am not in control. »

C’est pourtant un sentiment de liberté qui marque l’ancien leader de Yuck et de Cajun Dance Party. Peut-être même un peu trop dans la mesure où le disque se distingue totalement de ses travaux précédents en abandonnant ce rock flamboyant et fanfaron à la Dinosaur Jr. pour six titres sonnant irréels en effet tant ils sont ralentis par une sorte de stoner rock paresseux s’étirant sur 7 ou 8 minutes tout au long de ses six plages.

Langueur et onirisme comme sur « Unliving » invitant à « fermer ses yeux », rêverie accentuée par une voix chuchotée, des guitares à peine frappées et ce don de la ballade majestueuse que possédait Pavement. « Wild Whim » suivra un format similaire, un voyage éthéré dans ce que le rock alternatif peut proposer, avec, quelques élans plus virulents marqués par une fuzz à la Teenage Fan Club.

« Viral » Blumberg marmonne des vocaux à la limite de l’assonnance, approche post-rock aidant, mais « Garden » ou « The Plan » marquent très vite les limites de ce rock aux contours labyrinthiques tant il s’avère systématique. Au fond Unreal est un disque qui est symptôme d’affranchissement avec cette compulsion qui en découle, explorer des territoires qui lui soient nouveaux.

Le problème est que ceux-ci ressemblent plus à ce rock indé fort en vogue tout au long des années 90 avec son cortège d’instruments à vent désaccordés, de violons hantés par l’égarement et d’un improbable métissage de « grunge-jazz » et de « indie-funk ».

Unreal est un effort ambitieux à dénicher de nouvelles structures soniques mais on ne pourra pas ne pas être perdu dans le dédale qui le constitue.

★★★☆☆

Letlive: « The Blackest Beautiful »

Quand ce groupe post-hardcore explosa dans la conscience rock de L.A. en 2010 avec Fake History on chercha tout de suite des comparaisons faciles.Les parallèles avec Refused et Glassjaw suffirent dans ce premier temps pour lui permettre d’acquérir une audience convenable mais ce bon sens mettait en évidence un manque de créativité dans une optique de carnage contrôlé.

Ce troisième album, The Blackest Beautiful, les voit enfin, frénétique tel qu’il est, adopter une approche plus spécifique.

Le chanteur Jason Butler reste toujours la pièce maîtresse du combo avec une voix pleine de mordant qui restera cramponnée en cinquième (voire sixième) vitesse tout au long des 11 plages qui composent le disque.

Mais, à l’inverse de Fake History, ses performances ne sont pas systématiquement incendiaires et font preuve d’une certaine aisance modulée. On s’en rend compte dès le titre d’ouverture, « Banshee (Ghost Fame) » où il ajoute du panache à sa voix et est accompagné d’un groupe qui n’hésite pas à aller contre les conventions habituelles du genre. De ce point de vue, letlive se distingue de la cohorte des groupes post-hardore avec une une maestria étonnante.

«  White America’s Beautiful Black Market » est ainsi une composition plus qu’engageante ; un crossover rock-rap qui évolue ensuite en une section où les 32 mesures traditionnelles d’une chanson pop sont brusquement sabotées à mi-parcours avant de déboucher sur une diatribe contre les gouvernements.

Les thèmes ne seront pas nouveaux mais la façon dont ils sont véhiculés musicalement leur donne une résonance inhabituelle. Il y a ici des mélodies, des structures dans les compositions qui sont claires ce qui donne à The Blackest Beautiful un aspect presque pop.

Voici un album qui ne délaisse pas la brutalité qui a fait connaître Letlive, mais qui est parfaitement contrebalancé par un esprit qui vise à l’expérimentation. Il est prélude à une question qui ne peut que surgir alors : vers où s’aventurera ce groupe la prochaine fois.

★★★½☆

The Silver Seas: « Alaska »

Comment fonctionne un groupe qui réside dans une ville très connotée musicalement (Nasville et sa mouvance folk/country/roots/ singer-songwriter assez rugueuse) et qui évolue sur un registre entièrement déconnecté de son environnement ? C’est la question qui vient à l’écoute de Alaska, quatrième album de The Silver Seas, combo dont le répertoire se situe dans le domaine de la pop-rock délicate et presque virginale.

Le fait que ce soit leur quatrième opus semble indiquer qu’ils le vivent assez bien dans la mesure où ils paraissent satisfaits d’être ce type de groupes, discrets certes, mais qui font de cette discrétion un atout et lui donnent ses lettres de noblesse.

Tout est basé ici sur l’habileté à façonner des chansons de façon qu’on pourrait qualifier d’artisanale et de leur donner une luxuriance exempte de toute éraflure. Des morceaux comme « Roxy », « A Night On The Town », « Sea Of Regret », « As The Crow Flies » ou « Alaska » semblent avoir cette signature implantée dans leurs gènes et on se prend à penser à Fleetwood Mac, Steely Dan ou Rufus Wainwright en les écoutant. Les arrangements sont élégants, variés et foisonnants, mais aussi légers et emprunts de grâce ; cette faculté d’arriver à suggérer les mêmes effluves qui avec une pedal steel, qui avec un banjo, qui avec de simples guitares et des vocaux graciles donne à Alaska une patine qui lui est propre sans pour autant nous lasser.

The Silver Seas cultivent à bon escient l’école du « happy but sad », Alasaka pourrait être la bande son idéale pour un film indépendant à petit budget qui traiterait avec aménité de ces émois adolescents, volatiles par essence.

★★★☆☆