No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Hauschka: « A Different Forest »

Hauschka délaisse pour un temps ses pianos préparés pour revenir à quelque de chose de plus traditionnel avec un travail en solo sur son instrument de prédilection.
Cet album rassemble des titres assez sobres, avec des tonalités différentes de titre en titre. Pas forcément ce qu’on a entendu de plus saisissant dans le genre, mais on passe malgré tout un agréable moment en compagnie de cet excellent pianiste allemand.
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13 février 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Black to Comm: « Seven Horses For Seven Kings »

Le musicien allemand Marc Richter, l’homme derrière Black to Comm, s’est constitué progressivement une solide discographie en créant surtout des bandes sonores pour performances, pièces théâtrales ou encore films. Ce registre artistique n’est pas un élément anecdotique, dans le sens où ses expérimentations sonores prennent pour chaque occasion une allure précise.

L’expérience de ses différents albums démontre  que Richter est loin d’être un musicien avare en terme de contenus sonores proposés, et Seven Horses for Seven Kings ne déroge absolument pas à la règle. Mais il y a sûrement, vis-à-vis de l’accessibilité de la musique de Richter, un tournant subtil ici qui se manifeste par une démarche assez composite mêlant drone, expérimental et éléments orchestraux.

Sur Seven Horses for Seven Kings cette méthode est poussée à son paroxysme comme l’atteste l’ouverture de l’album (« Asphodal Mansions ») où les cuivres sont annonciateurs d’un théâtre sonore plutôt obscur dont la latence se retrouve dans la plupart des productions du musicien.

Cela se confirmera sur « A Miracle No-Mother child at your Breast » avec les échos ténébreux des rythmes se mêlent à des sons électroniques tranchants qui grésillent, crépitent et forment un délicieux tourbillon.

Les compositions font rarement de place à des propriétés minimalistes, puisque Richter prendun malin plaisir à saturer les couches sonores et jouer avec les intensités. Cela peut même se dérouler à l’intérieur d’un morceau, comme dans « Ten Tons of Rain in Plastic Cup », où le musicien n’hésite pas à casser le mouvement ascendant de la ligne sonore avec un brutalisme inattendu.

En outre, cela participe d’une recherche plus générale r de l’éclatement des sonorités, où les instruments comme la clarinette (« Licking the Fig Tree »), le piano (« Double Happiness in Temporal Decoy ») mais aussi les percussions ou les voix (« If Not, Not ») semblent davantage fonctionner comme des prétextes, des outils, afin d’élargir un maximum les effets horizontaux de sa musique.

La production de l’album est en ce sens à la hauteur, puisque toutes les orchestrations sont rendues selon leurs justes valeurs incisives et riches. Le revers de la médaille sera une systématisation des procédés qui peut tendre à lasser mais aussi à perdre le fil de l’écheveau sonique alors que nous avons été assujettis àmaints procédés hétéroclites.

Autant dire que Seven Horses for Seven Kings apparaît comme un album hautement exigeant, laissant peu de place à la distraction consolatrice ou à des moments de répit. Ce sera le prix à payer pour apprécier pleinement toute composition de Richter qui, au final, s’élabore comme des fragments qui répètent inlassablement la sensation d’une fin des temps et dont l’issue se trouve à chaque fois retardée.

***1/2

6 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Croatian Armor: « ISA »

Loke Rahbek alias Croation Armorn’en finit plus d’élargir sa palette, déjà large, avec la sortie de son nouvel opus ISA, dont les qualificatifs manquent pour tenter d’en retranscrire la teneur.

Futuriste et avant-gardiste, ISA l’est sans conteste, pris dans une tourmente de machines cousines du HAL de 2001, L’Odyssée de L’Espace accompagné de sonorités organiques échappées d’un espace-temps indéfinissable.

Si les voix invitées sont au centre de ce projet, de Frederikke Hoffmeier (Puce Mary) en passant par Alto AriaJonnine Standish Soho Rezanejad, elles deviennent entre les mains de Loke Rahbek un amas de mots issus de la bouche de chanteurs-conteurs devenant anonymes, les timbres se voyant pitchés ou passés par des effets, pour devenir des outils dont le but est de servir la narration et de rendre perceptible l’imperceptible, de flirter avec la poésie pour s’envoler vers des contrées audacieuses à la beauté crépusculaire.

Les contrastes se chevauchent et se percutent avec délicatesse, bâtissant des atmosphères fragiles baignées de science-fiction éblouissante et de sensations étranges qui parcourent l’épine dorsale pour exploser doucement dans nos neurones gorgés de bulles chromées. Croatian Amor file seul pour ouvrir la route, bâtissant album après album un univers aux allures de grande aventure humaine, gorgée d’amour et d’intensité émotionnelle.

***1/2

2 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

John Escreet: « Learn to Live »

La présentation l’album du pianiste, claviériste et compositeur anglais John Escreet avait été faite au Jazz Gallery de New York. Prédisons d’emblée que’on aurait tort d’associer Learn to Live au jazz-fusion post-Miles Davis ou même rock progressif des années 70. Bien sûr, user de synthétiseurs et de Fender Rhodes (et aussi de piano) dans le contexte d’un jazz musclé peut déclencher tous les clichés de ce type, mais il faut se rendre à l’évidence: quoique gonflée de testostérone, cette musique (écrite et improvisée) est nettement plus contemporaine, plus savante, plus virtuose dans ses exécutions.

On sait aussi que les musiciens entourant Escreet (le saxophoniste Greg Osby, le trompettiste Nicholas Payton, le bassiste Matt Brewer, les batteurs Eric Harland et Justin Brown n’ont pas grand-chose à voir avec quelque conservatisme fusion ou prog.

Autour des compositions de John Escreet, ils cherchent visiblement à actualiser ces formes populaires et savantes en souscrivant à leurs avancées harmoniques, mélodiques et texturales d’aujourd’hui… sans renier leurs origines pour autant. Enfin bref, on est vraiment en 2019, loin des relents passéistes et surannés.

***1/2

28 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Adam Basanta: « Intricate Connections Formed Without Touch »

En même temps qu’une tournée en duo avec le saxophoniste Jason Sharp, Adam Basanta publie ici un album solo. Connu pour ses travaux électroacoustiques, comme pour ses propositions plastiques, le Canadien s’attache à livrer six morceaux et un remix dans lesquels les improvisations de sa guitare sèche se trouvent découpées, remontées et agrémentées de divers apports.

Comme souvent dans un tel registre, les interventions de l’instrument acoustique prennent plus ou moins de place, et sont plus ou moins perdues dans les expérimentations électroniques. C’est ainsi qu’on passe d’un morceau où les cordes de la guitare sont très identifiables (le morceau-titre, qui ouvre l’album) à une piste beaucoup plus ambient, dans laquelle affleure à peine le nylon et le métal de la six-cordes (« Flora & Fauna) », puis à une autre plus abstraite et remplie de fluctuations électroniques (« Joy »).

Les tapotements, ici présents, peuvent, au regard des conditions d’enregistrement de cet album, être lus comme des petites frappes d’Adam Basanta sur les cordes de sa guitare, captées par ses micros et retraitées par la suite. En vérité, on se rend alors compte que, plus le musicien s’écarte de son postulat de départ, plus il se fait pertinent, à l’image de « 1000 Tunnels » et sa confrontation entre pépiements électroniques et petites bribes mélodiques, jouant habilement sur le caractère aigu des sonorités convoquées.

Forts d’un tel déroulé, nous ne serons pas surpris de parvenir alors au remix de « Flora & Fauna », intitulé « Alien Architecture », où la présence de la batterie de Basanta donnera encore davantage de corps à l’ensemble.

***1/2

22 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Buke And Gase: « Scholars »

Il est des musiques autant épuisantes qu’inspirantes. Le duo new-yorkais Buke and Gase fait certes partie de cette frange marginale de la musique indie pour qui le goût de l’expérimentation l’emporte sur le désir de jouir d’un succès de masse. Six ans après l’excellent General Dome, Arone Dyer et Aron Sanchez remettent ça avec Scholars, où post-punk, prog et pop baroque font encore bon ménage.

Buke and Gase (autrefois épelé Buke and Gass) ont souvent fait parler d’eux pour la singularité de leur proposition. À la fois musiciens et inventeurs, les deux comparses ont littéralement créé leurs instruments de leurs propres mains : un ukulélé baryton pour « Dyer ») et une guitare composée à la fois de cordes de basse et de guitare (la gase) pour Sanchez. À cela s’ajoutent divers instruments de percussions actionnés par les pieds et des pédales d’effets faites maison. Le résultat sonore est forcément un peu éclectique, et le duo a su se forger un style quasiment inimitable.

Dans sa critique de General Dome en 2013, on peut s’étonner que le succès de Buke and Gase demeure encore modeste malgré la voix superbe de Dyer et l’inventivité des mélodies. On aurait pu croire également que le fait d’avoir été recruté par la maison de disques des frères Dessner (The National) allait assurer au duo une certaine visibilité médiatique, mais ça n’a pas été le cas. La raison en est peut-être que le groupe peine à s’affranchir de son étiquette de simple « curiosité », alors que sa musique mériterait pourtant d’être écoutée pour ses qualités, aussi inclassable soit-elle, et non pas seulement comme un phénomène un peu bizarroïde.

Scholars permettra peut-être à Buke and Gase de dépasser le stade de la confidentialité. Certains éléments peuvent le laisser penser. Sans avoir perdu de sa prédilection pour les constructions complexes où les rythmiques binaires et ternaires s’entrechoquent parfois, le duo offre ici quelques chansons un peu plus accessibles malgré leur hyperactivité, et qui lui vaudront sans doute certaines comparaisons avec le travail de St. Vicent. C’est notamment le cas de « Derby », extrait lancé en octobre dernier, où la voix puissante de Dyer, sorte d’hybride incongru entre Victoria Legrand de Beach House et Gwen Stefani, surfe sur une pulsation lourde et inquiétante. On pense aussi à « Grips » ou « Flock, » qui flirtent avec le R&B et même le hip-hop, mais dans une esthétique qui n’a bien sûr rien à voir avec les canons du genre.

Sur le plan instrumental, le jeu de Dessner (non seulement sa « gase » mais aussi la multitude d’effets qu’il lui applique) continue de s’abreuver à diverses traditions de musiques hors normes. Sa façon d’attaquer les notes graves dans l’intro du morceau-titre rappelle le travail de This Heat, un des groupes les plus inventifs de la vague post-punk de la fin des années 70 et du début des années 80. Les amateurs du groupe de rock progressif King Crimson (la période post-1970) reconnaîtront aussi certaines envolées dignes d’un Adrian Belew sur une composition comme « Pink Boots ».

Si Scholars s’avère un album tout à fait réussi qui plaira aux amateurs de musiques aventureuses de toutes sortes (le duo a déclaré qu’il faisait du chamber punk), il n’en demeure pas moins que Buke and Gase peut parfois épuiser nos oreilles. Entre les manipulations appliquées à la voix (oui, il y a de l’auto-tune) et le vrombissement des percussions, le groupe ne nous laisse pas beaucoup de temps pour reprendre notre souffle. Mais on ne peut pas lui reprocher de faire dans la facilité.

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22 janvier 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Puce Mary: « The Drought »

La Danoise Frederikke Hoffmeier alias Puce Mary, sort son nouvel opus The Drought, opérant une transition par rapport à son album précédent, le bien nommé The Spiral, un opus fait d’ambiances torsadées et chargées d’effluves industriels et de bruitisme trépidants.

Puce Mary semble s’être assagie livrant des titres moins frontaux qui font place à des atmosphères plus chargées de détails, travaillant le son différemment avec plus d’éléments et une spatialisation tournoyante.

The Drought porte bien son nom, tant l’aridité de l’ensemble laisse parfois un peu sur sa faim. En effet, la trop grande uniformité de l’ensemble et le manque de disparité donne la sensation que le disque n’évolue pas vraiment, malgré la grande qualité de réalisation sonore.

Puce Mary semble moins acharnée que par le passé, oubliant parfois de changer de braquet pour nous surprendre,offrant un disque qualitatif mais sans véritable surprise, ses compositions s’inscrivant dans les codes du genre.

Un disque mi-figue mi-raisin qui sera l’occasion pour les néophytes d’apprécier les talents de la jeune danoise, dans sa version la plus abordable, en attendant quelque chose de plus entreprenant et convaincant.

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2 janvier 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Randall Dunn: « Beloved »

Membre des très mystiques et mélangeurs Master Musicians Of Bukkake et ingénieur du son renommé, Randall Dunn a notamment mis ses talents au service de Six Organs of Admittance, Earth, Mamiffer, John Zorn, Tim Hecker, Black Mountain, Wolves In The Throne Room, Oren Ambarchi ou encore les divers projets de son compère Stephen O’Malley, de KTL à Sunn O))). Excusez du peu ! Il n’a, en outre, besoin de personne pour nous embarquer dans de fabuleux voyages mentaux aux majestueux paysages lunaires et ravagés

Pour Ambarchi et O’Malley, le New-Yorkais tenait également les claviers sur l’halluciné Shade Female From Kairos ux impressionnants crescendos de tension hypnotique et d’errance cauchemardesques. Beloved a plus d’un point commun avec ce dernier opus, si ce n’est qu’il s’avère encore plus magnétique dans ses textures et ambivalent dans ses influences, capable de mêler ambient vocale au chant planant, déstructurations électroniques et incursions free jazz sur le fantasmagorique « Something About that Night » avant de décliner sur les 9 minutes ésotériques de « Theoria : Aleph » un dark ambient de purgatoire pour cordes capiteuses et chœurs synthétiques gutturaux puis d’enchaîner sur le futurisme à la Blade Runner d’un « Mexico City » au lyrisme radiant.

Cette ambition libertaire, le line-up du disque s’en fait le reflet, du génial clarinettiste jazz/ambient Jeremiah Cymerman sur deux titres à l’Islandais Úlfur Hansson (guitare) remarqué dans nos pages l’an dernier en passant par l’omniprésent Shahzad Ismaily (Marc Ribot’s Ceramic Dog, Carla Bozulich, Sam Amidon, Chantal Acda…) à la basse. Quant à Randall Dunn, ses synthés analogiques aux textures mouvantes et organiques contribuent tout autant à donner chair à ces méditations sur ce qu’il nomme « l’angoisse, la paranoïa, différentes nuances d’amour, différentes prises de conscience de la mortalité », qui culminent d’emblée sur un « Amphidromic Point » aux drones cinématographiques particulièrement évocateurs et sur « Lava Rock and Amber » dont le piano sépulcral et les cordes hantées renvoient à une imagerie baroque et horrifique.

« Living, dying, loving… in the midst of nothingness » chante Zola Jesus, autre invitée de marque, sur le planant « A True Home », donnant une dimension presque mythologique à notre humanité en souffrance sur fond de beats aux allures de battements cardiaques et de nappes rétro-futuristes éthérées dignes du meilleur de Tangerine Dream.

Si Randall Dunn parle de nos errances intimes voire subconscientes, alors Beloved en est la cartographie, une allégorie de nos parcours de vie chaotiques et changeants et de leur influence sur nos personæ mais surtout un chef-d’œuvre de musique expérimentale accessible et captivante.

****1/2

18 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Amnesia Scanner: « Another Life »

Ville Haimala et Martti Kalliala, le duo qui compose Amnesia Scanner, livrent un premier album qui en met plein les oreilles, de par la pertinence de leurs compositions en forme de miroir sans tain d’un monde qui part en vrille, et une utilisation brillante des nouvelles technologies, exploitées sous toutes leurs coutures ou presque.

Arty et avant-gardiste sous pour autant être abscons, Another Life est un opus à la complexité raffinée, où les couches et les styles se superposent avec souplesse, explosant les conventions pour flirter avec une certaine idée du chaos, faussement désordonné.

Tout est histoire d’angle et d’approche, bribes de métal, électro aux pulsations dancehall, vocaux trafiqués, noise vocodée… Amnesia Scanner s’en donne à coeur joie pour faire éclater en mille morceaux les atmosphères en mouvement, secouant les rythmiques à coups de shakers timbrés.

Musique pour musée d’Art Contemporain ou source sonore pour dancefloor futuriste cherchant à bousculer des danseurs en état de transe, Another Life mélange subtilement séquences hardcore et expérimentations sauvages, virées poétiques et ambient rouillé, avec une intelligence qui vire à l’obsession.

Un album des plus intransigeant et intrigant qui peut s’avérer jouissif, sous certaines conditions.

***1/2

13 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Unknown Mortal Orchestra: « IC-01 Hanoi »

IC-01 Hanoi est le cinquième opus de Unknown Mortal Orchestra ,combo dirigé par Ruban Nielson. Le disque suit un premier album éponyme censé peut-être introduire le groupe à ceux qui ne le connaissaient pas.

La surprise résiderait alors dans le fait que, alors que le précédent était plutôt expressionniste façon soul lustrée, celui-ci est instrumental ce qui ne peut que laisser libre cours à ce qui est du ressort de l’imagination.

L’instrumentation est, d’ailleurs, atypique (bugle, apport de musiciens vietnamiens) et le répertoire ira lorgner du côté de Hendrix ou de Miles Davis. Il est fait d’explorations soniques (« Hanoi 1 » ou « Hanoi 3 ») pour le premier et d’improvisations jazzy (« Hanoi 6 » pour le second.

Le pont, psychédelisme expérimentation, se fera au prix de refrains lancinants et hypnotiques, de saxophones et de guitares n’attendant que le moment propice pour se défaire de leur feutrine en glissando ouatée pour se faire explosives.

On reconnaîtra l’habileté et la compétence instrumentales ; on regrettera que tout tourne à l’exercice de style un peu stérile.

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12 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire