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Dis Fig: « Purge »

Felicia Chen, alias Dis Fig, assemble les sons avec ses émotions aux allures de montagnes russes, capables de montées d’adrénaline et de chutes de tension, de virages à 360° et de sorties de route en milieu urbain.

PURGE, son premier album, est une bouffée d’oxygène chargée d’oxyde de carbone saturée de combustible inflammable.

Les frontières se chevauchent et donnent naissances à des titres en mouvement, tiraillés entre colère exutoire et intériorité dévastée, recherche d’un soi en mutation, isolé du reste du monde.

Dis Fig cherche la tranquillité mais est poussée vers son opposé, extrémisme bousculé par une personnalité intense, prise entre radicalité personnelle et dévastation sonique.

Sur PURGE, les opposés s’allient pour dessiner une société au bord de la fracture, renouveau nécessaire avant le grand saut pour l’inconnu. Mais soyez sans crainte, Dis Fig nous accompagne, chargée d’indécision et de jusqu’au boutisme, bande-son de fin du monde aux allures de ces trompettes de Jéricho dont la teneur n’a pas de pareil.

***1/2

19 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Martijn Comes: « Interrogation Of The Crystalline Sublime »

Martijn Comes est un artiste néerlandais né en 1979, diplômé notamment en composition pour film au Conservatoire d’Amsterdam en 2010. Ses productions sont éditées par des labels tels que Clinical Archives ou IO Sound avant d’arriver chez Moving Furniture Records et de collaborer avec les artistes du label néerlandais.

C’est le format de Interrogation Of The Crystalline Sublime qui a d’abord retenu notre attention. Ce double album est composé d’un premier volet écrit et interprété par Martijn Comes, une pièce unique, un drone puissant et mouvant d’une durée de 1h précise. L’originalité provient du second CD, composé de 8 remixes, alors que ce genre musical ne nous semble pas a priori le plus adapté à la relecture. C’est en tout cas suffisamment rare pour être noté.
Bien que Martijn Comes soit l’artiste principal de cette production, nous passerons rapidement sur son unique pièce, tout simplement envoûtante. Un démarrage timide qui semble formé par un mélange de drone et de nappes, un son étouffé, retenu, qui prend progressivement son envol, en particulier avec l’arrivée de souffles au bout de 5-6mn. Les éléments fusionnent petit à petit, les souffles vont et viennent, tandis que les tonalités oscillent imperceptiblement, formant une ambient minimale mais habitée.

Les remixes quant à eux sont bien sûr contraints par le temps et s’étalent en moyenne sur 6 à 7mn avec, et c’est ce que l’on appréciera aussi, une variété de ton en fonction des partis pris par chacun des protagonistes. D’un côté, on trouve des artistes qui restent fidèles au genre, comme par exemple Scant Intone qui ouvre la marche avec un son très clair, limpide, faisant abstraction des souffles de la version originale. On aura plaisir à retrouver ici Mitchell Akiyama qui reste sur des drones d’abord timides, puis malmenés en jouant sur des variations de niveau sonore ou incorporant, un peu à la manière de Haarvöl, sifflements stridents et textures bruitistes. On remarque chez ces artistes une tendance à introduire la pièce dans un style qui leur est cher, pour intégrer progressivement les drones de Martijn Comes. Giulio Aldinucci et Orphax n’échappent pas à cette approche que l’on pourrait qualifier de facile, même si le résultat reste au final tout à fait pertinent, que ce soit par l’adjonction de craquements de vinyles ou de bruitages d’insectes.
Dans les versions les plus surprenantes, on notera d’abord le travail de Zeno van den Broek qui prend le parti de transformer les drones de Martijn Comes entre raclements granuleux et textures fracturées. Plus classique dans son style, mais avec là encore une approche atypique, Alberto Boccardi semble avoir samplé les drones d’origine pour les balancer sous forme de tonalités abruptes, de claquements fracturés d’un son très « laptop ». Un tout autre style enfin avec l’Espagnol Juan Antonio Nieto qui se sert des drones de Martijn Comes pour habiller ses improvisations électroacoustiques.

On l’ara compris, on a affaire à une production surprenante de part sa richesse, mais cohérente de part le choix des artistes ici impliqués.

***1/2

19 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Matt LaJoie: « The Center and the Fringe »

Les compositions de Matt LaJoie tournent en boucle autour de quelques notes jouées sur une guitare électrique, les cordes sont pincées, il y a de la reverb ainsi que du delay et les lignes mélodiques procurent immédiatement quelques vertus thérapeutiques. Elles se superposent progressivement les unes sur les autres, et l’on imagine instantanément le guitarist en train de sampler ses arrangements au gré de l’inspiration. Le sommeil peut attendre et cette musique narcotique se déploie lentement, nous plongeant dans un état second formant un mandala.

Sur « Venusian Ballroom », Matt LaJoie déploie progressivement ce psychédélisme doux fait de guitares claires et de bourdonnements hypnotiques rappelant la musique de Herbcraft et son folk cosmique.

Six minutes et vingt-deux secondes plus tard, le morceau restera à jamais dans cette cité spatiale imaginaire cachée au plus profond de notre imagination,et ce, sans que substance hallucinogène ne soit nécessaire.

***1/2

18 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Simon Scott: « Soundings »

Après FloodLines et un album live suivi d’une ressortie de Below Sea Level), Simon Scott semble se trouver à dans une niche adéquate puisque l’Anglais propose, avec Soundings, un disque entre ambient et « field recordings ». En effet, profitant d’une sorte de tour du monde réalisé avec Slowdive (dont il tient la batterie) en 2014 lors de la reformation du groupe, le musicien a capté des sons et des enregistrements un peu partout avant d’y ajouter quelques instruments réels.

C’est ainsi qu’une guitare électrique saturée vient placer ses traits sur les nappes extérieures (« Mae ») ou que, dans un registre nettement moins éclatant, les cordes de Charlie Campagna et Zachary Paul enrobent avec suavité les textures du Britannique (« Nigh »).

Alors qu’on craignait un peu (et les premières minutes ne font rien pour écarter ce léger scepticisme) que Simon Scott limite un peu son intervention à un simple pressage de la fonction « enregistrement » de ses machines, ses apports instrumentaux viennent conférer une dimension toute autre, nettement plus riche.

Au surplus, plus le disque avance, plus la longueur des morceaux s’allonge, partant d’environ quatre minutes pour terminer au-delà du quart d’heure. Comme souvent avec pareil registre, le musicien trouve évidemment matière à déployer son propos avec cette durée étendue. Quelques bruissements et crépitations continuent de s’entendre, reflets des captations réalisées de par le monde, mais l’adjonction des cordes, des accords de synthé, de rythmiques un peu lointaines et autres traitements permettent d’aller vers des contrées plus riches encore.

****

13 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Max Ananyev: « Frontier »

Un musicien peut révéler des talents divers dans des styles musicaux très variés. C’est le cas de Max Ananyev qui, après avoir sorti Water Atlas, un album d’ambient où se distinguaient les sonoités du piano et de la guitare sur des nappes très reposantes, propose cette fois un album composé uniquement autour de la guitare acoustique.

Un album constitué de 12 titres pour guitare classique que Max Ananyev dédie aux rues, à l’eau et au ciel de Saint-Pétersbourg, ville où il réside depuis 6 ans. Un album dépouillé et apaisant, lumineux et printanier dans lequel les notes de guitares rayonnent sans rien autour. Superbe.

***1/2

8 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Billow Observatory III: « Chroma/Contour »

Il s’agit ici du troisième album u tandem, Jonas Munk et Jason Kolb. Travaillant toujours autour d’une structure assez minimale, forme de réduction de ce que chacun sait produire de son côté. C’est ainsi que la longueur des neuf titres de cet album (près de six minutes de moyenne) permet aux deux musiciens de débuter par des nappes et des textures plutôt minces, voire difficilement perceptibles, avant d’intégrer quelques rythmiques et des instrumentations plus riches (arpège de guitare identifiable, par exemple).

S’agissant de l’atmosphère d’ensemble, on retrouve cette belle coloration, un peu lumineuse, un peu chatoyante, tout à fait caractéristique des travaux personnels de Jonas Munk quand il opère sous le nom de Manual. Les reflets aquatiques des composantes électroniques participent également de ce constat (« Bright Lands Rising ») et le traitement de la guitare de Jason Kolb s’associe aussi à cette tonalité, parfois détachée, souvent agrémentée de « delay ».

Quelquefois, on a l’impression que Billow Observatory est proche de basculer dans une surenchère, retenant ses guitares et synthés de s’ébrouer dans un torrent sonore (« Trumbull »), mais ces instruments sont à chaque fois contenus, maîtrisés par le duo. Peut-être néanmoins qu’à force, on aurait été preneur que Munk et Kolb se débrident et se dérident un peu, osant (pourquoi pas sur le dernier titre) se faire un rien plus flamboyants ; mais, assurément, la ligne est ici bien tenue.

***

7 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Original Past Life: « Inference/Interference »

On avait déjà fait connaissance de Adam Trainer que moitié du duo Gilded, auteur d’un disque paru en 2012. Le bassiste s’exprime à présent au sein d’un autre groupe, Original Past Life, dont le nouvel album nous arrive avec une formation de type guitare-basse-percussion, agrémentés de synthés et d’électronique. Le trio nous y propose le résultat de sessions d’enregistrement largement improvisées, dans un registre entre free jazz et expérimentations.

La durée variable de chacun des neuf morceaux d’Inference/Interference permet aux trois musiciens de moduler les atmosphères, entre moments plus enlevés, voire légers, quand la cymbale se trouve frappée métronomiquement (« Infinity ») et passages nettement plus sombres, quasi-plombés par les guitares saturées ou par les interventions des percussions très métalliques. À d’autres instants, le propos se fait plus dépouillé, concentré sur un échange entre six-cordes triturée et frappes éparses sur la batterie (« Taken By Gauze »).

On frôle alors une forme de doom-jazz pas si repoussant que l’intitulé stylistique pourrait le laisser supposer, tant la noirceur des nappes et traits lancinants de guitare s’accorde bien avec les rythmiques free jazz. Plutôt intéressant, le travail d’Original Past Life prend certainement davantage d’ampleur en concert, l’écoute sur disque étant un peu trop réduite pour pleinement apprécier les rec

6 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Snow Palms: « Everything Ascending »

Disons le d’emblée, les deux titres qui composent Everything Ascending sont d’une beauté éblouissante. Un éclat auditif qui vous prend dès les premières mesures pour ne plus vous lâcher d’une semelle.

Snow Palms alias David Sheppard combine les instruments percussifs avec subtilité, entremêlant glockenspiel, marimba, synthé modulaire avec l’aide de Matt Gooderson (Infadels), appuyé par la clarinette de Christian Forshaw (Michael Nyman Band, Icebreaker) et les vocaux de Megan Gooderson (London Philharmonic Choir).

Avec « Everything Ascending » le temps s’arrête pour nous enchainer à un instant d’élévation méditative, où les images se bousculent et nous entrainent au delà des mots.

Si Everything Ascending est une nouveauté, le deuxième titre « Circling » (tiré de l’album Origin And Echo) est une relecture éclatante réalisée par Matt Dunkley avec le String Quartet. Un deux titres en forme de petit bijou jouissif.

***1/2

2 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Silk Road Assassins: « State Of Ruin »

Le trio Tom E Vercetti, Chemist et Lovedr0id qui forme Silk Road Assassins, propose un premier album State Of Ruin, construit à coups d’ambiances minimales, où l’espace prend le temps de s’évaporer, mêlant éléments grime et trap fiévreuse, électronique soyeuse et froideur lumineuse, le tout pour un opus à la noirceur en apesanteur.

La grande force de State Of Ruin est de développer des atmosphères jouant constamment sur les contrastes, ne sombrant jamais vraiment sur un versant, tout en privilégiant un jeu de lumières en équilibre.

Construits dans la dispersion géographique des auteurs, chacun y apportant sa touche, les 14 titres forment un ensemble cohérent à la narration prenante, créant des hauts et des bas, des moments de tension et des relâchements à propos, offrant un écrin luxueux à ce projet qui bien que ne révolutionnant en rien les musiques d’aujourd’hui, est suffisamment intéressant et créatif pour attirer l’oreille d’auditeurs curieux. A noter les contributions de Kuedo sur « Split Matter » ainsi que WWWINGS sur l’explosif et éclaté « Shadow Realm ».

***1/2

2 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Kryshe: « Hauch »

Alors que ses EP étaient publiés sur diverses structures (voire en autoédition), Kryshe semble avoir trouvé une terre idoine pour ses albums ; de même, sur le plan musical, il paraît s’être fixé sur un registre entre ambient et avant-jazz. Sous ce rapport, les bois sont à nouveau présents, comme quelques instruments à vent et un piano. Tous ces concours retrouvent les tonalités étouffées qu’on mettait déjà en exergue il y a deux ans, forme de permanence stylistique qui résulte aussi des conditions d’enregistrement d’Hauch.

En effet, enregistrés à l’occasion d’un déménagement par Christian Grothe, les huit morceaux de l’album ont été saisis sur tablette numérique avant d’être retranscrits sur cassette, avec la compression qui accompagne ce support.

 

Cette compression entraîne alors cette double impression d’entendre des instruments très contenus mais qui, mis côte à côte, constituent des ensembles à la belle ampleur. Il en va également ainsi des vocalises, présentes sur la moitié des titres ou quand les doigts courent sur les doigts des cordes atonales et dialoguent avec un clavier plus cristallin (« Luftspalt II »).

Lorsque la guitare est davantage mise en avant, ou quand il s’agit d’éléments plus directement électroniques, l’atmosphère se fait plus sépulcrale, voire un peu anxiogène (« Gong »). On s’en sera rendu compte : la variété est de mise chez Kryshe, alors même que l’Allemand ne propose pas forcément des morceaux très étendus dans le temps ; c’est dire sa qualité d’écriture.

***1/2

24 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire