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Joep Beving: « Henosis »

Joep Beving est un musicien hollandais dont Henosis constitue le quatrième albume. Son univers est avant tout onirique, à la fois poétique et sombre, le tout imprégné de fascination pour le merveilleux

Pour ce faire, grande place est sonnée aux mélodies et harmonies avec, pour oblectif, nous plonger dans un bain où l’imaginaire cinématographique, celui du cinéma muet des années 30, peut se déployer à foison (« Orvonton » ou « Sol Adn Luna »).

Henosis est un double album instrumental avec une belle part donnée aux cordes et une electronica dont les sonorités sont aussi ample que le spectre chisi. Entre néo classique et musique ambient on appréciera ce registre fourmillant d’inventivité et de créativité.

***1/2

17 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Tom Adams: « Particles »

Un travail de composition toujours aussi intéressant pour le musicien canadien Tom Adams qui signe avec ce « Particles » un point de rencontre entre travail au piano classique et musique électronique à tendance ambient. Si certains lui reprocherons peut être une certaine monotonie, on est pas tous fait pour écouter ce genre de  musique, les autres apprécierons ces variations spatiale et infinies tout comme ses ambiances de voyages à travers l’immensité.

Porté par de triste notes de piano, imbibé et mélancolique, Particles s’écoute d’une traite, sa durée de trente minutes en fait un compagnon idéal dans la lecture des romans de Laurent Genefort, Alain Damasio ou James S. A. Corey. Un album peut être anecdotique mais qui vaut bien qu’on s’y arrête, ne serait ce qu’une fois.

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13 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Catacombe: « Scintilla »

Tout le parti prix de l’album est un voyage dans le temps. Ou comme le défini lui même le groupe, avant toute les révolution, humaine ou technique, avant l’avènement des premières civilisations, au moment primordial de la découverte du feu, et du bond en avant que ce fut pour les premiers hominidés, découvrant ces étincelles scintillantes. C’est dans cette perspective que le groupe portugais à composé ce Scintilla, huit titres orientés post-rock et post-métal tachant de mettre en musique cet instant primordiale ou l’évolution à basculé de façon irrémédiable vers ce que l’on est maintenant.

Un album puissant, tout en boucles hypnotiques et riffs accrocheurs / ravageurs. Profond et intense, d’un force évocatrice certaine, il est de ces album qui nourrissent l’imagination par le biais de l’émotion. Composé avec brio par un quatuor qui n’en est pas à son premier coup d’éclat, Scintilla est sans aucun doute un grand album, très réussit, qui fera date dans le genre.

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13 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Rafael Anton Irisarri: « Solastalgia »

Ils ne sont qu’une poignée, à posséder le talent de faire résonner les émotions avec une musique qui parait si simple en apparence mais qui ne l’est pas, bien au contraire. Rafael Anton Isarri est de ceux là. Ceux qui captent l’ambiance avec un brio incroyable, surfant bien au delà du reste de la vague. La musique ambient et drone peut paraitre chiante, et à bien des titres, elles peut  l’être. Un simple tour sur bandcamp suffira à vous faire détester une majorité de disques fait par des poseurs qui se contente de copier de vielle recettes. Ce disque n’est pas de ceux ci, de même que son auteur.

Ce disque est quasiment parfait, équilibré, c’est un cas d’école du genre. Il n’est ni trop long ni trop court, il brasse de nombreuses ambiances, il favorise l’imagination : allez vous vous imaginez au milieu d’une  lande brumeuse, ou bien dans un vaisseau à destination des lunes de Jupiter ?

La musique se fait discrète, mélodique, puis puissante dans une explosion de lumière selon l’instant, elle à en elle de la majesté, et de cette impression qu’on à quand on entre dans une église, qu’il faut se taire et écouter, chuchoter, pour entendre, qui sait ?

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13 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Jefre Cantu-Ledesma: « Tracing Back the Radiance »

S’il est vrai que Jefre Cantu-Ledesma ne nous a pas toujours séduit à travers son importante production, voici un album fortement attachant. Trois pièces le composent : deux longues dérives organiques de 15 à 20mn et un morceau plus court de 5mn.

En ouverture, « Palace of Time » installe un jeu de drones oscillant de façon imperceptible, et donnant tour à tour la parole musicale à plusieurs invités : flute, harpe (Mary Lattimore), violon, traitements électroniques, voix, se suivent, s’interpénètrent et disparaissent au loin. L’équilibre entre l’instrumentation en direct et l’électronique est fluide, parfaitement maintenu. L’atmosphère est détendue, aérienne, et lorsque le piano distille trois notes liquides, on pense à l’univers éthéré d’Andrew Heath.

« Joy » est la courte pièce centrale : le multi-instrumentiste privilégie ici une légère boucle de vibraphone offerte à la clarinette basse de Jonathan Sielaff. soufflée sur de longues notes qui impriment une sonorité grave et hiératique. « Tracing Back the Radiance » clôture l’ensemble avec une nappe aux irisations multiples, pulsant par vagues aux côtés d’une chorale céleste d’une douceur infinie. Un moment de grâce. dont l’auditeur sort apaisé et purifié.

***1/2

13 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Anzio Green: « Lygan »

Après un premier album en 2008, Anzio Green, avait récidivé avec A Day Without Distance, paru cinq ans plus tard. Alors qu’une nouvelle période assez longue vient de s’écouler, les Londoniens reviennent avec un troisième opus, nouvel exemple d’une approche commune pertinente et fondée. De fait, comme on l’indiquait il y a plus de dix ans, Anzio Green n’est pas uniquement un moyen pour Wil Bolton et Mark Streatfield de se retrouver et de confronter leurs savoir-faire personnels, mais plutôt de développer un propos propre à ce duo.

C’est ainsi qu’entre ambient légèrement torturée et introduction de notes un peu ouatées, les Anglais délivrent cinquante-cinq minutes intéressantes, réparties sur cinq morceaux avec une inscription avérée dans la durée, dispositif à même de goûter l’évolution de chaque titre et l’introduction des nouveaux éléments.

Qu’elles viennent du clavier ou de la guitare, les courtes strophes mélodiques interviennent ainsi toujours en contrepoint des nappes et accords de synthé plus appuyées, comme pour ne jamais verser complètement dans la noirceur.

Dans ce contexte, même les explosions apparaissent comme contenues et maîtrisées tandis que les pulsations sourdes emmènent l’electronica-dub de « Bright River » vers quelque chose de très alangui. Si Lygan ne décolle jamais complètement, ni n’impressionne suffisamment, il constitue assurément un ouvrage consistant, occasion de donner, tous les cinq ou six ans, des nouvelles de ce duo cohérent.

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9 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Seabuckthorn: « Crossing »

Sortie après sortie, le label Eilean semble pousser les artistes qui y contribuent, à produire à la fois le meilleur d’eux-même et leur productions les plus singulières. C’est ce que l’on retrouve aujourd’hui avec ce nouvel et huitième album de l’anglais Andy Cartwright.
Cet album généreux par sa longueur (54 minutes), et sa densité, est principalement composé avec une guitare à résonateur. Plus qu’un album solo de guitare, Seabuckthorn dépasse les limites de son instruments le long de ces 14 morceaux sombres et habités. L’utilisation éparse de banjo, percussion et surtout de clarinette viennent apporter de nouvelles variations singulières aux morceaux.

A la fois drone, ambient ou blues, la musique de l’anglais défie les genres et les clichés pour se forger sa propre trajectoire fascinante et changeante. Catwright développe une parfaite maîtrise de l’espace dans ces productions à la fois rêveuses et viscérales.
Indispensable.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Caught In The Wake Forever: « Waypoints »

Fraser McGowan peaufine désormais quasiment un album chaque année. Si ses précédents disques étaient pour la plupart réalisés en solo, l’avant-dernier (Version & Delineation) – minimal et diversement convaincant, paraissait avec le concours du mystérieux Glacis. Avec Waypoints, le multi-instrumentiste écossais s’ouvre à nouveau aux contributions : celle électronique de Darren Galloway ; celles de Colin Morrison à la guitare classique Ibanez, et Yellow6 à la guitare électrique.

Ce nouveau cru en formation étoffée livre des passages remarquables. Ensemble ils approfondissent des esquisses créées par McGowan au cours des quatre dernières années. Les deux guitares, notamment, donnent une coloration chaleureuse à des morceaux à tonalité mélancolique, tels que « Carousel » ; ou « The Houses Here Have Changed Lately » qui commence comme une mélodie néo-classique flânant entre piano et guitare, puis se transforme en une ambiance plus organique et environnementale, animée par des sons d’insectes ou de batraciens et des grésillements radiophoniques. « Just Above The Floodlines », d’apparence très simple, répétant quelques notes de piano hypnotique sur un rythme un peu bancal, est un des plus beaux titres.

On retrouvera dans « Wool & Wire » et dans presque tout le disque ces bruissements mystérieux, craquements, glitch et autres signaux venant troubler l’atmosphère comme captés par un immense télescope sous un ciel étoilé. Ils forment une sorte de trame émotionnelle qui fait écrin à l’instrumentation mélodique et rend ce disque attachant.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Big Bend: « Radish »

Nathan Phillips, l’homme derrière Big Bend, s’inspire, pour créer, de son quotidien ; e de son boulot dans un café, laissant les mélodies de la radio du bar s’imprégner en lui pour les chantonner discrètement lorsque les clients ne le regardent pas, et improviser pendant les silences. Radish est le premier album de Big Bend où Phillips se risque à chanter. Et on se demande pourquoi il ne l’a pas fait plus tôt ; sa voix douce n’est pas sans rappeler le Mark Kozelek des débuts, avec davantage de retenue. Lui qui s’était auparavant illustré au sein d’une musique instrumentale beaucoup plus proche d’un minimalisme gorgé d’un psychédélisme assez abrasif, le voici à présent à écrire des chansons calmes, aux sonorités douces, qui développent un écosystème passionnant – les instruments respirent, les timbres s’invitent et puis repartent…

On pense parfois à un Mark Hollis aux arrangements plus luxuriants. Radish se ressent avant tout comme une expérience de studio. Nathan Phillips, semble avoir envisagé les différents segments de son album au cours de sessions studio séparées les unes des autres (par groupes de 4 musiciens à la fois, si on en croit les infos à disposition), ce qui est à la fois super et frustrant. Exemples: « Swinging Low » et « Four », qui font intervenir la violoncelliste Clarice Jensen et le gourou new age Laraaji (avec un sample vocal de la mère de Nathan, chanteuse d’opéra, sur la première des deux pistes), laissent bien deviner qu’il s’agit de parties coupées de sessions bien plus longues. Et si ce sont deux morceaux superbes, on assiste à regret à l’arrêt prématuré de « Four », qui développait une stase parfaitement reposante, qui aurait bien pu durer 10 minutes de plus, et qui se voit obligée de conclure brusquement.
Mais il s’agit là de plaintes secondaires ; s’il est vrai que Radish peut laisser par moment l’impression d’un patchwork de sessions différentes (cas étrange de ce « 12′ – 15 », brève pièce électroacoustique contemplative avec Susan Alcorn, fort belle mais curieusement placée entre deux chansons « pop » qui auraient tout aussi bien pu se suivre), chacun de ces segments est d’une beauté paisible qui réchauffe l’âme.

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30 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Ann Annie: « wander into »

Spécialisé dans l’utilisation des synthés modulaires, l’Américain Ann Anne propose un nouvel album doux et bucolique, caressant et, pour tout dire, irrésistible.

Ann Annie c’est Eli Goldberg, un jeune musicien, producteur de musique électronique, basé à Portland en Oregon qui, depuis quelques années, compose avec un synthé modulaire, un laptop et quelques instruments (guitare, piano…) et field recordings des sortes de bandes originales pour la mer, la montagne et la nature en général avec des petites intonations nippones ici ou là.


Véritable hymne à la méditation, au farniente et à la position allongée, son dernier album wander into et un précis d’ambient music matinée de Folktronica.
Les sonorités cristallines, les mélodies miniatures très bucoliques qui se dégagent de cet album le rendent tout de suite très attachant et captivant.
Un album qui a, en plus, le pouvoir de vous aérer le cerveau.

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28 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire