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Júníus Meyvant: « Across the Borders »

Il y a quelque chose de particulier chez Júníus Meyvant, une identité autre ; c’est plus que jamais clair avec Across the Borders. Deux ans et demi après Floating Harmonies, l’artiste et musicien islandais, spécialiste de l’orchestration ample et luxuriante, déploie cette fois non plus un folk habillé de pop, mais une pop habillée de soul ; un pas plus en evant dans le flot dansant qui servait de toile de fond à ses morceaux.

Il n’y a donc plus trop de cette mélancolie acoustique en floraison, pourtant si harmonieuse, sauf peut-être dans le relâchement de qui essaime certains passages.

Cela dit, son rythme est toujours foisonnant : cordes, cuivres, guitares électriques, piano, percussions (celles, très solides de « High Alert » par exemple) font monter un fumet de pop-rock façon années 1980.

Avec sa voix agréablement râpeuse, même certaines passages un brin suaves (dont « Carry On With Me ») gardent un relatif effet brouillon. Si la fragilité de ses débuts nous fait défaut sur ce nouvel opus Júníus Meyvant aborde toujours ses compositions comme une redoutable, et par conséquent périlleuse, exploration.

***1/2

3 février 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Molly Burch: « First Flower »

Molly Burch continue de nous enchanter avec ce First Flower qui fait suite à Please Be Mine paru en 2017. Dans un registre pop folk mâtiné de do-wap et de country, voilà un opus qui lui donne ce charme rétro incomparable.

La native d’Austin Texas délivre une suite de chansons irrésistibles aux mélodies légères et vite mémorisables. Accompagnée par une guitare aux accents surf délicieux, Molly Burch confirme là sa capacité à composer de bonnes chansons mais aussi son talent de vocaliste aux multiples registres.

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29 octobre 2018 Posted by | Chroniques "Flash", Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Strumbellas: « Hope »

Puisque Mumford & Sons ont abandonné les violons pour les guitares électriques, ce troisième album des Strumbellas pourrait bien permettre au combo canadien de renouer avec cet oriflamme « indie americana ».

Produit par Dave Schiffman (Hohnny Cash, Haim ou Weezer), Hope est une introduction très claire à ce qu’un son gros, large et taillé pour les stades peut ressembler. Le groupe a toujours fait preuve d’une certaine faconde pop en nous proposant des titres accessibles qu’ils parvenaient à greffer sur des refrains hymnaux de type folk-pop et des textes abreuvés de ces démons intérieurs dont Simon Ward, leur chanteur, était la proie.

Le titre d’ouverture, « Spirits », en est une démonstration flagrante, lui qui figure déjà dans les charts outre-Atlantique. D’une manière générale, la mayonnaise prend plutôt bien, les refrains ont cette qualité universelle qui leur permet d’être repris en choeur sans vergogne mais, si on s’éloigne d’une démarche qui nous fait prendre les chansons les unes après les autres, l’ensemble souffre assez vite d’une certaine imprécision. On y ajoute des formulations qui ont peine à se défaire de certains clichéss, ce qui, quand on se veut dans une positivité vectrice d’espoir et, à l’image de la photo d’une ambiance festive on est très vite frappé par un climat redondant.

L’impact émotionnel est indéniable, les vocaux suffisamment dépenaillés pour faire sourdre l’affect mais l’effet soul recherché, par exemple sur « Dog » ou « The Hired Band »), souffre de la comparaison avec une simple ballade au piano comme « I Still Make Her Cry ».

Entre The Lumineers et Springsrteen, Hope nous propose des compositions que l’ion peut reprendre aisément en festivals, étayant refrains positifs, violons et tonalités comme un groupe de six membres peut en engendrer ; il suffira désormais de faire en sorte que les chorus triomphants n’édulcorent pas ces climats lugubres qui,trop sous-jacents encore, donneront chair à ce qui demeure écorché.

***1/2

4 juin 2016 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Lily & Madeleine: « Keep it Together »

Sur leur précédent album, Fumes, Lily & Madeleine évoquaient de manière assez mature (elles avaient 18 et 21 ans) qu’il fallait parfois se satisfaire de ce qu’on avait sans aspirer à plus. Sure Keep it Together le duo d’Indiana reprend les mêmes thématiques d’insécurité, d’identité et d’angoisse sociale.

Alors que, antérieurement, il y avait une sorte de joli contraste entre les motivations et les talents à les exprimer, nous sommes ci desservis par uns sorte d’aseptisation entre le fond et la forme, des textes peu revigorants et des harmonies vocales qui délient comme une gaze informe. Le titre d’ouverture, « Not Gonna », en est une introduction révélatrice tout somme le sont une instrumentation sans lustre et unidimensionnelle.

On notera toutefois la note finale, « Nothing », qui pourrait être évocatrice de ce que le « songwrting » americana peut nous proposer de meilleur.

**1/2

29 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Lee DeWyze: « Oil & Water »

Le folk a toujours été un élément essentiel dans la musique de Lee DeWyze avant qu’il ne se rende célèbre avec American Idol. Sa carrière solo a toujours porté cette empreinte et ces tentatives de s’éloigner de l’image qu’il véhiculait (à savoir le nouveau Justin Timberlake) et Oil & Water il semble avoir encore plus retrouvé ces racines.

Les titres sont intimes et tendres, en majeure partie acoustiques et ce qui en sort est un immense aveue de solitude dans lequel il expose sans fard ses vulnérabilités.Les mélodies sont subtiles et (trop?) sentimentales et l’instrumentation réduite au minimum. Ce minimalisme permet de mettre encore mieux en valeur une voix rocailleuse.

Musicalité et thématique vont de pair alors pour nous conforter dans cette idée que DeeWyze ne vise pas au triomphe mais à la sincérité.

**1/2

27 avril 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Sarah McQuaid: « Walking Into White »

Sarah McQuaid est une folk-singer dont Walking Into White est le quatrième album. D’entrée l’impression donnée est que nous flottons au vent mais que nous ne sommes jamais éloignés d’une falaise escarpée. Son jeu de guitare est fluide et rappellera quelque part celui de Roy Harper et sa voix est à la fois douce et apaisante tout en maintenant un écho d’autorité qui semble acquis par la sagesse.

Le titre d’ouverture, « Low Winter Sun », évoquera The Who période Quadrophenia à la foi aérien et dénudé tout comme «  Where the Wind Decides to Blow » empruntera de manière flagrante au rock and roll.

« Yellowstone » versera, lui, dans le classicisme espagnol tandis que les harmonies a cappella à trois voix de « Sweetness And Pain » véhiculera mystère et brume. Un hyme religieux écrit par Saint François d’Assise et mis en musique par William Henry Drape, « Canticle of the Sun », apportera, enfin, une part de majesté à un album qui baigne dans une obscurité qui est également source de réconfort.

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20 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Lucy Rose: « Work It Out »

Lucy Rose est-elle juste in voix en quête de la sienne ? Elle assure les backing vocals de Bombay Bicycle Club mais, sur ce deuxième album, elle semble vouloir sortir du moule folk-pop dont ne reste que la trace sur le titre d’ouverture, « For You », qui pourrait aisément la cataloguer comme une autre de ces chanteuses véhiculant des climats endeuillé.

Cette collection de compositions est, en vérité, très éclectique et elle met en valeur la diversité d’une artiste qui a également travaillé avec The Manic Steet Preachers.

De la pop accreucheuse façon « Our Eyes » au turbluant et rtnébreux rocker qu’est « Köln » en passant par le shuffle acoustique indie de « My Life », le talent mélodique de la chanteuse dévoile ici ce qui est on atout principal.

Les choses se font même encore plus intéressante dans le dernier tiers de Work I Out avec la mélancolie électro d’un nocturne « She’ll Move » ou l’electro pop insolente et nerveuse de « Cover Up » à rendre verte de jalousie Lilly Allen.

En recherche d’une voix, certes ; mais pas loin de la trouver.

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6 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Hayden: « Hey Love »

« Without this love, there would be no reason for either of us », ainsi chante Hayden sur la chanson titre de son nouvel album, le neuvième.

Comme les précédents, il s’agit d’un « home recording » mais sur un nouveau label, changement apparemment motivé par le manque de suivi et des rumeurs annonçant sa mort en 2010.

Qu’elles qu’aient pu être ses raisons, Hey Love est son disque le plus abouti et cohérent. C’est aussi l’album où va le retrouver à son plus intime (traduisez « vulnérable ») et capable de poétiser les relations les plus tortueuses au travers dlesquelles il est passé.

Cette érosion sentimentale se fait jour dans ses vocaux voilés comme s’il était épuisé par les épreuves du quotidien ; « These are troubled times » chante-t-il sur le morceau du même nom et ce thème va courir tout au long de Hey Love, par exemple avec « If More Things Go Wrong ».

Les accords de piano se font sombres, les tempos semblent atteints par la glaciation, et la guitare acoustique laborieusement frappée soulignent ainsi la solitude qui l’entoure.

Ce qui différencie ce disque d’une myriade d’autres oeuvrant dans le même registre est la beauté en filigrane des compositions, que ce soit de la pop orchestrale ou du folk-pop larmoyant (« Time Ain’t Slowind Down For Us », « No Happy Birthday ») et uen voix en falsetto qui rappelle par moments Neil Young.

Le morceau le plus émouvant sera « Five Seasons » qui ne sera pas sans évoquer « Imagine » ou le « closer », « Shelter », qui encadre ce qu’est une relation dans un huit-clos au piano proche de la claustrophobie.

Hayden alterne optimisme et cynisme mais la progression répétitive des arrangements, si elle est facteur d’unité, rend parfois les choses quelque peu statiques. On passera sur ce défaut confrontés comme nous le sommes par la réalité brute de l’esseulement et cette mince lueur de victoire qui scintille encore, telle un chant d’espoir, au travers de ses textes et compositions.

***1/2

18 juin 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Kathryn Williams: « Hypoxia »

Il est intéressant que sur ce nouvel opus, Kathryn Williams, l’une des meilleures songwriters folk-pop du Royaume-Uni ait décidé de réaliser un concept album inspiré du seul roman de Sylvia Plath, La Cloche de Détresse.

La vie et les œuvres de cette dernière ont fortement impacté des artistes de nombreuses générations ; de Ralph McTell à Of Montreal, Belle & Sebastian ou Ryan Adams, mais il y en a peu qui, comme Williams, sont parvenus à une plus grande compréhension du roman en y voyant autre chose qu’on ouvrage pour adolescentes qui se complaisent dans l’ennui.

Hypoxia (le terme médical pour caractériser le manque d’oxygène dans le corps) fait peut-être référence au suicide de Plath mais il reflète surtout la façon musclée qu’avait d’écrire la femme de lettres. Des morceaux comme « Mirrors », « Beating Heart » « Cickoo » ou « The Mind has its own Place » s’inspirent de scènes et d’histoires tirées du livre et la combinaison de mélancolie et de mélodie qu’en fait Williams est parfaite.

***1/2

14 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Of Monsters & Men: « Beneath The Skin »

Beneath The Skin comme le suggère son titre est une affaire bien plus sombre que son prédécesseur très pop. Il est produit par Rich Costey (Sigur Rós, Frank Turner, Muse) signe quele combo folk pop islandais semble avoir remplacé ses tendances enlevées par un sérieux introspectif qui incline à nous plonger dans un univers de récession et, parfois même, de morbidité.

Les instruments se sont électrifiés et les compositions complexifiées. Plus de nonchalance ici mais des crescendos tempétueux qui accentuent mélodrame et théâtralité. On a comme une recherche de solennité très « stadium rock » et on ne peut s’empêcher de voir dans « Organ », la seule plage acoustique et calme, comme un alibi à cette nouvelle emphase. Elle sert aussi de révélateur cruel en nous montrant en quoi un combo n’a pas besoin d’effervescence bruitiste pour atteindre la sincérité.

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9 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire