Ciro Berenguer: « Bruma »

Le guitariste argentin Ciro Berenguer a récemment sorti un nouvel opus, Bruma. Comme la couverture noire de la nuit, un long morceau délicat et bien construit couvre l’intégralité du disque. « Los entresijos de la noche » se traduit par « Les tenants et aboutissants de la nuit », et au cours de ses trente-cinq minutes, la musique finit par s’endormir. Des notes douces tournent et tournent en rond dans un mélange profond de réverbération, et les couvercles s’alourdissent au fur et à mesure que la berceuse progresse. Berenguer utilise une guitare électrique, des synthés, des boucles de bande, des enregistrements sur le terrain et d’autres sons traités pour superposer et traiter le mélange résultant, ce qui permet une écoute parfaite au crépuscule.

Vivant aujourd’hui à Barcelone, Berenguer a une approche variée de la guitare, préférant parfois le traitement de son son par des moyens et des dispositifs électroniques, et jouant parfois de manière traditionnelle, sans filtre ni maquillage en vue pour bloquer ou modifier son véritable aspect. Tout au long du disque, les fragments et les motifs musicaux disparaissent pour revenir plus tard, conférant à la musique une continuité et une cohérence tonale essentielles.

Berenguer se concentre sur l’épanouissement d’un son mûr, en veillant à assurer la plénitude de ses couleurs florales et automnales, et en étant patient dans sa saison de culture. La musique est une guérisseuse, mais Brumafonctionne confortablement dans les domaines de la relaxationn et de l’aisance. Les notes sont presque parfaites et de forme circulaire, et le doux flou de la réverbération la plie vers le sommeil, descendant dans le long sommeil glacé de l’hiver. L’isolement est un thème approprié pour notre étrange nouveau monde, mais la musique introvertie veut rester à l’intérieur, entrer en hibernation ; elle est dans le long et lent processus de fermeture.

La musique est éphémère et élémentaire, contenant un élément de l’air et son chant du soir, couvrant les dernières secondes de conscience ainsi que la lumière montante de l’aube, s’éveillant au son des oiseaux et à une lumière pâle, et se glissant dans la fin du jour, où les panaches de fumée de novembre, provenant de la combustion des feuilles, créent des piliers dans l’air. De la même manière, Bruma colore l’air. Apaisant dans un paysage étrange, Bruma ne se trompe jamais de pied, sa musique patiente est un bienvenu sédatif.

***1/2

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