PlanetDamage: « Relapse Protocol »

Le premier album de Planetdamage, Relapse Protocol, suit en grande partie une formule électro-cyberpunk qui est, du moins en apparence, très familière. Des lignes de synthétiseurs et des motifs de batterie pulsés sont le lit sur lequel sont posés des monologues angoissants, à demi criés et légèrement déformés sur la politique et l’état du monde, infusés de frustration et de détermination. Ce sont les paroles qui sont placées au centre de la scène, tandis que l’électronique est surtout là pour fournir un cadre et un sentiment d’urgence.

L’affirmation de « Kompromat » selon laquelle l’histoire est truquée, « Hi Rez Lo Life » qui s’intéresse à l’Internet et aux médias sociaux, parle de « pay per click » ou « Vex » qui a recours à la désignation d’une sélection de multinationales à considérer avec suspicion en sont des exemples alors que ‘The Mark » utilise le chant de questionner l’autorité, un message qui atteindra que ceux qui le font déjà. On n’est pas forcément en désaccord avec de telles affirmations mais on les voudrait moins maniérées.

Aussi, bien qu’il soit relativement court (40 minutes), l’album finit par être un peu dramatique et d’une seule ntonalité. Le fait que les pistes soient enchaînées de manière fluide crée parfois un mouvement intéressant mais il ne sert malheureusement qu’à mettre en évidence les similitudes excessives de ton et de rythme entre chacune des plages. La voix y est, en outre, toujours la même, a tendance à banaliser le message qu’elle tente de transmettre. Ajoutons un manque flagrant de drame dans le discours, tant au niveau des paroles que de la musique : les synthés sont légèrement agressifs mais n’ont jamais vraiment fait parler d’eux, et les remplissages et les chutes sont clairsemés, secs et simples. Ainsi, l‘ouverture de « Regret Gunner » est prometteuse, puis s’aplatit très vite. Sans vouloir se plier à la culture populaire dominante, quelques riffs plus forts n’auraient pas été de trop, en particulier quand des bribes de techno sont à l’honneur (« Firewalls »ou les tons légèrement acides de « The Mark »)qui manquent trop caractère distinct et perspicacité lyrique pour pouvoir gagner en écoute et popularité..

**1/2

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