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Rapid Talk: Interview de Chelsea Wolfe

Depuis ses débuts, Chelsea Wolfe a toujours eu une approche où elle infusait effroi dans la musique alternative. La voilà de retour avec un 3° album,  Pain Is Beauty , auquel on peut accoler des substantifs comme « hantise » ou « beauté » tant il baigne dans une épaisse atmosphère menaçante qui ne vous laisse aucun répit. Elle nous parle ici de ce nouvel opus et de sa tournée « live » avec Queens of the Stone Age.

Où en êtes-vous par rapport à ce nouvel album ?

En ce moment, on se demande comment on va pouvoir ‘interpréter en tournée. Parfois nous avons des titres que nous avons testés « live », parfois c’est le contraire et vous devez les ré-apprendre. On est en plain dans les détails techniques et, en même temps, je travaille sur des films et des vidéos, en particulier un court-métrage avec quelques morceaux du disque dirigé par Mark Pellington ainsi qu’une vidéo dans le désert pour « Kings ».

Comment Pain is Beauty se compare-t-il à Apokalypsis et The Grime and the Glow selon vous ?

Je pense parfois que mes albums n’ont rien à voir les uns avec les autres car mon état mental est différent à chaque fois. Sur The Grime and the Glow je débutais en tant que musicienne, mon approche était celle de demos sur un 8 pistes car j’étais en rébellion contre tout ce qui était trop produit et qui inondait le marché. Sur Apokalypsis, j’enregistrais « live » avec mon groupe ; l’accent était donc sur l’énergie. La plus grande partie de ce nouvel opus date de 2012 et a son origine dans mon désir de donner une place aux sons électroniques que mon ami Ben Chisholm et moi avions composés depuis des années ainsi que de donner plus de place aux émotions qui étaient en moi.

Vous semblez vouloir toujours développer votre son plutôt que de vous reposer sur ce que vous connaissez ; diriez-vous que c’est exact ?

Je n’aime pas me sentir confinée à un seul son ou à une unique style de musique. J’ai toujours considéré que ma musique était bipolaire ou qu’elle avait de multiples personnalités car sur un disque je pouvais avoir une plage acoustique, une autre électronique, un son rugueux ou, au, contraire, propre. J’estime que l’humeur et le concept me permettent d’agencer mes compositions. J’aime essayer et apprendre de nouvelles choses, dans la musique tout comme dans la vie.

Comment avez-vous approché le travail en studio cette fois ?

J’ai tout enregistré sous forme de demos, la plupart des paries étant déjà écrites. On a travaillé dans un studio à Los Angeles avec un super ingénieur du son, Lars Stalfors pour capturer un plus gros son et être capable de le reproduire dans notre « home studio ». Il nous a apporté un point de vue extérieur également, ensuite on a mixé pendant assez longtemps avec Chris Common. Le mixage est la partie la plus importante pour moi car vous devez vous rappeler de tous les éléments et les moments qui ont trait à l’enregistrement et les amalgamer de la meilleure façon possible. J’ai tout dans ma tête mais je dois être très consciente et organisée pour ne rien oublier.

Y-a-t-il eu un moment de ce temps passé en studio que vous avez voulu délibérément changer ?

Je n’aime pas être limitée par le temps aussi je n’aime pas le pression d’avoir un impératif strict. La musique fonctionne avec le temps et au ralenti en ce qui me concerne aussi il est mieux pour moi de prendre le temps de tout développer. À l’avenir, j’aimerais construire un meuilleur « home studio » de manière à nous imposer notre propre rythme de croisière. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir avec moi Chris Common qui a été très patient durant cette période de mixage.

Vous avez beaucoup travaillé avec votre ami Ben Chisholm ; qu’est-ce qui vous a amenée à le faire avec un membre du groupe ?

Ce sera un projet solo à part mais mes autres musiciens apportent beaucopup aux enregistrements et aux concerts. Ben est arrivé il y a 3 ans, à un moment où je voulais vraiment ajouter une composante électronique sans savoir à quel point il allait devenir un tel partenaire en termes de composition. On a commencé à écrire des titres électroniques dans l’intention d’en faire un projet différent. Finalement nous avons été tellement occupés avec Chelsea Wolfe que nous avons décidé d’y incorporer certains titres à l’album et aux concerts. Ben est très fort coller le montage ; il peut prendre une tout petit extrait de voix ou de violon et le travailler en une ½ heure pour en faire quelque chose de totalement nouveau et magique. Il a aussi crée beaucoup des « beats » de cet album en utilisant seulement des « samples » enregistrés dans notre environnement : de la vapeur, un ascenseur industriel par exemple. C’est également un merveilleux pianiste et j’espère produire d’autres projets avec lui.

Est-il difficile de collaborer objectivement avec une personne que vous voyez régulièrement ?

Je suis toujours très objective aussi il y aura toujours des tiraillements issus de la façon dont nous abordons la musique. C’est un travail que nous prenons sérieusement aussi nopus sommes désireux d’y mettre le temps et l’énergie nécessaire.

Quelle a été votre principale motivations dans l’écriture de Pain is Beauty ?

Des choes très élémentaires comme les désaatres naturels, l’intensité de la nature, la généalogie, les tourments de l’amour. Le rapport avec la terre et la possibilité que les coutumes et la mythologie de nos ancêtres demeurent en nous de part notre lignage. La façon dont les humains perturbent la nature et aussi comment elle peut être plus puissante que nous.

Pain is Beauty va très bien avec votre son influencé par le gothique. Pourquoi avez-vous choisi de le nommer ainsi ?

Ça me semblait être un bon résumé des différents thèmes et idées de l’album. J’aime qu’un titre de disque donne un aperçu de ce qu’on va entendre. En même temps il faut qu’il soit aouvert à l’interprétation. Pour moi, ça fait partie d’un processus de guérison, semblable à la nouvelle forêt qui apparaîtrait après un feu. On surmonte les choses, on devient plus fort, plus avisé et c’est cela qui rend la chose si belle.

Puisque un autre impératif est de partir en tournée ; comment vivez-vous ces moments sur la route par rapport au studio ?

J’adore enregistrer même si c’est très fatidieux. Je crois écouter un enregistrement est, quelque part, plus intime qu’être au milieu d’une salle pleine de spectateurs. Il m’a fallu beaucoup de temps pour me sentir ne serait-ce qu’un minimum à l’aise sur scène. Mais parfois l’énergie et si intense que tout prend un nouveau sens, plus spécial. Je suis assez impatiente de retrouver ces moments, surtout par le fait que c’est un nouveau groupe et aussi de nouvelles chansons. On doit tourner avec des combos que j’aime beaucoup, Russian Circles et True Widow. Et puis partir en tournée est comme une vacance me permettant de m’éloigner de chez moi à Los Angeles. J’habite dans une très vieille maison infestée d’araignées et dès que j’y reste trop longtemps elles commencent à s’en prendre à moi ! Ça n’est pas vraiment mon chez moi, j’y travaille et retourne en Californie du Nord quand je peux.

Que peut-on attendre de Chelsea Wolfe dans un avenir pas trop distant ?

Eh bien on ouvre pour Queens of the Sone Age en tournée. C’est un de mes groupes favoris, ce sera donc un vrai cadeau. Ensuite ce sera les festivals et d’autres tournées. J’écris toujours même dans ces moments-là. Comme je le disais, la musique ne vient pas dans un certain ordre et à un moment voulu. Je pense donc déjà au prochain album et je dois aussi passer un peu de temps à Seatlle pour travailler sur un projet commun avec King Dude qui sortira cette année.

29 avril 2014 - Posted by | Rapid Talk

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