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Chelsea Wolfe: « Unknown Rooms : A Collection of Acoustic Songs »

Apokalypsis représenta une Épiphanie, pour Chelsea Wolfe déjà de par la nature de ses chants funèbres et sombres, pour le public qui lui permit de percer. Unknown Rooms : A Collection of Acoustic Songs n’est pas exactement une suite logique survenant un an après mais c’est peut-être ce qui rend l’entreprise plus intéressante. Le précédent disque était étonnamment dense, fait de cris distordus, de réverbeb, de chansons jouées sur sous une atmosphère sombre, pesante et saturée, cet opus voit Wolfe retrouver plusieurs de ses musiciens. Cette fois pourtant, elle et son groupe ont mis l’accent sur la fragilité et la versatilité de sa voix, éléments qui parfois se perdaient dans un Apokalypsis dominé par un vacarme low-fi.

Sur scène, Wolfe portait souvent des masques, volonté peut-être d’établir une distance avec son audience, ici on peut se dire que, priorité étant donnée à sa voix, l’approche sera plus directe avec une plus grande exposition de sa sensibilité.

Les cordes sont abondamment utilisées sur ce nouvel album, très souvent en complément de la voix comme sur « The Way We Used To » au point oque la finesse et la fluidité de son chant suggèrent un violon, et vice-versa. Cela n’empêche pas de laisser un véritable sentiment de mystère flotter autour du disque et de créer un monde de rêve et d’introspection assez nouveau.

Elle ne s’écarte pas loin de ses thèmes habituels – l’amour, la mort, la solitude, la terreur – mais elle les inscrit dans une perspective légèrement différent. Sur les chansons les plus marquantes, elle l’intensité prend alors une myriade de dimensions : « Flatlands » superpose une mélodie folklorique innocente en apparence que des cordes rendent peu à peu complexes, et « Spinning Centers » est un morceau de surréalisme folk où le cauchemar afflue à la conscience et dans lequel Wolfe évoque son bien-aimé avec une voix de soprano susurrante et effrayée. Pourtant, sur « Boyfriend », c’est elle qui à son tour tout aussi terrifiante donnant ainsi à la passion un terme quelle appelle « cancer ».

La plupart du temps, Wolfe utilisera la palette sonore du mieux possible vu les limites de l’instrumentation. L’intimité prendra alors un tour plus théâtral et hétérogène; « Appalachia » mélange guitares vives et cordes séduisantes, « Our Work Was Good » a un étonnant côté western spaghetti et « I Died With You » tout comme « Hyper Oz » sont de jolies petites vignettes au surréalisme étrange.

« Sunstorm », qui termine l’album, est lui marqué par un clavier au son bizarre se chevauchant à un chant, comme un duo entre les mémoires contradictoires.

Quand on sait que Unknown Rooms : A Collection of Acoustic Songs était, selon Wolfe, un recueil de « chansons orphelines », on ne peut qu’être charmé par l’intensité qu’elle sait faire vibrer dans un album la plupart du temps acoustique et dépouillé. On pense parfois à la rêverie mercuriale de Cat Powers ou à la crudité fantomatique de de P.J. Harvey ; il n’en demeure pas moins que cet album est d’une beauté tellement sidérante qu’elle peut parfaitement devenir obsédante. Petit prix à payer pour aborder les rivages du dérangeant et du méconnu quand on imagine que, quelle que soit la direction que Wolfe prendra prochainement, elle ne sera pas simple mais en voudra la peine.

9 décembre 2012 - Posted by | Chroniques du Coeur | , , , ,

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