Jay Jay Johanson: « Rorschach Test « 

Deux ans après l’excellent Kings’ Cross, Rorschach Test voit le crooner suédois revenir avec un treizième album à la tessiture et au style immédiatement reconnaissabless, un opus qui ouvre un nouveau chapitre sonore dans l’exploration des arcanes de sa psyché. Sans bouleverser ses fondamentaux mélodiques et rythmiques, ni son logiciel en mode spleen, l’artiste continue de déployer une poésie intime avec cette élégante sincérité à laquelle nous nous sommes habitués.

Depuis son opus Whiskey en 1996, Jay Jay Johanson n’a eu de cesse de nvouloir nous griser dans ‘une liqueur douce-amère fusionnant trip-hop jazzy, piano et boucles synthétiques. En deux décennies de productions, sa signature sonore ne s’est jamais vraiment essoufflée, mais avec Rorschach Test, l’impression de déjà entendu fait à nuveau surface. Pulsations sombres, aspérités bossa nova, pop nonchalante, gimmick easy listening… le dandy nordiste aconserve toujours l’art de trouver des ressorts ornementaux pour rester fidèle à son univers, sublimer le velours de sa voix et garder agréablement captif son public.

Les dix titres downtempo qui composent ce nouvel album offrent une ligne directrice mélancolique assez fidèle à la « weltanschauung » de l’artiste. L’album s’ouvre sur l’élégiaque « Romeo » orné de s percussions caverneuses servant de toile de fond à la voix délicate et plaintive de Johanson. Il est suivi par le deuxième « single », le magnifiquement ornementé par son clip « Why Wait Until Tomorrow ». Pour les accents nocturnaux du dique, lnotre chanteur a, à cet égard, fait appel au photographe islandais Benni Valsson à même ; selon lui, de le filmer marchant dans les rues désertes d’un Paris confiné et capturer ce qu’il nomme « un moment à part, une atmosphère qui ne se répétera jamais ».

Le chaloupé « Vertigo » sera émaillé de textures Bossa Nova faussement solaires et l’étonnant « Amen » empruntera emprunter les accords du britannique « God Save the Queen » dans un arrangement gospel….

«  I don’t like you », en duo avec Sadie Percell inaugurera la seconde partie d’un album et ss’est ouvert sur une ligne rythmique légèrement plus accentuée. On retiendra, pour la bonne bouche, l’atmosphère anxiogène du titre « Stalker » qui, avec ses guitares électriques tourbillonnantes et ses lignes de clavier spectrales, marquera la seule rupture stylistique de l’album. L’instrumental aérien  » »Andy Warhol’s Blood for Dracula» offrira, lui, une respiration pianistique avant les deux derniers titres de l’opus. Johanson puisera, par ailleurs, dans la thèmatique vampirique à plusieurs endroits de l’album de manière détournée, évoquant l’état d’éveil nocturne, l’esprit obscurci et le sommeil diurne.

Introspectif, l’album est une plongée au cœur d’une psyché soumise aux aléas de la vie, des sentiments et du quotidien. Ce treizième opus, qui emprunte à juste titre son nom au test projectif de Rorschach, est une nouvelle occasion pour Jay Jay Johanson de fouiller sa personnalité, de contacter et d’interpréter ses propres émotions et, sait-on jamais, d’activer les nôtres.

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