She’s got Spies: « Isle Of Dogs »

Parmi les pauvres âmes chargées de planifier le soi-disant Brexit Festival qui se trouvent à court d’idées, elles pourraient peut-être se tourner vers Laura Nunez alias She’s Got Spies pour obtenir des conseils.

En effet, sur « Super Sniffer Dogs », le morceau d’ouverture de son deuxième album, elle imagine une sinistre fête civique dans les tours de l’est de Londres. La sécurité est lourde, il y a des chiens d’élite renifleurs pour tous et il n’est pas question de divertissement. Un événement plus approprié pour marquer ce départ de l’Union européenne que beaucoup ne pouvaient souhaiter.

La chanson a un air de music-hall tordu et donne le ton de ce qui va suivre. Isle of Dogs est certainement une affaire de bricolage, la voix de Nunez se révélant être une narrattice flétrissante et souvent désabusée. Mais, lorsqu’elle manque de valeurs de production raffinées et de perfection vocale, elle compense largement par des éléments plus importants – de bons airs, de l’originalité et de la communication.

« Mariah Pariah » en est un parfait exemple. Débordant d’énergie et de rythmes de Garageband, Nunez se fait passer pour un faux ami. « Tu n’as aimé aucun de mes messages », dit-elle, « tu es une vraie menteuse » (You didn’t like any of my posts. « you’re such a liar..) C’est amer mais irrémédiablement contagieux, et ça nous fait sourire. « Where Did You Go », qui clôt l’album, la voit arriver comme un Billy Bragg féminin, avec une orchestration à bas prix qui rappelle le  Prince of Tears de Baxter Dury.

Nunez partage son temps entre Cardiff et son Londres natal. Elle a appris la langue galloise en s’inspirant de Gorky et des Super Furry Animals, et environ un tiers de l’album est chanté en gallois. « Wedi Blino » se targue d’avoir des claviers d’une excellente qualité sonore, et « Cwymp » » est l’un des plus beaux moments de réflexion parmi les douze morceaux de l’album, même si nous devons admettre que nous ne sommes pas les plus avisés quant à sa signification.

« The Fear » est sans doute notre moment préféré, la meilleure démonstration de sa capacité à lancer des accords inattendus et des rebondissements mélodiques quand on s’y attend le moins. Isle of Dogs est un diamant brut d’une écoute, mais regardez au-delà de ses bords bruts et vous découvrirez que c’est tout de même un bijou.

***1/2

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