Katatonia: « Dead Air »

En avril, les légendes dark metal suédoises que sont Katatonia ont sorti leur 11ème album studio, City Burials. En temps normal, le groupe aurait tourné l’album dans le cadre des festivals d’été et se lancerait maintenant dans une vaste tournée pour promouvoir le disque. Nous connaissons la suite.

Le 9 mai, Katatonia a retransmis en direct un spectacle « spécial confinement » au Studio Grondahl, en Suède. La set-list était un set complet de 88 minutes, contenant 20 chansons du vaste catalogue du groupe avec trois morceaux de City Burials joués en direct pour la première fois.

Pour ceux dont le cœur a sombré lorsque Katatonia a annoncé son interruption en 2018, l’annonce de leur retour dans la salle de concert, puis l’enregistrement de City Burials, a été accueillie avec un immense soulagement. Formé en 1991 par Jonas Renkse & Anders Nyström, Katatonia est le pionnier du métal progressif et du rock mélancolique depuis près de deux décennies. Et alors que le groupe n’aurait pas eu d’album live sur sa liste au début de l’année 2020, Dead Air semble être, à cet égard, un instantané poignant et important, immortalisant pour toujours le plus étrange des temps que nous vivons en ces moments.

Si vous êtes un fan du groupe, il n’y aura pas grand-chose à décevoir. La setlist de l’album est remplie de morceaux favoris qui se sont imposés dans la setlist suédoise au fil des ans. Si vous connaissez peu Katatonia ou si vous êtes curieux de le connaître, le disque en sera introduction idéale. C’est une démonstration de la magnificence du groupe, du chronométrage immaculé du batteur Daniel Moilanen, du rythme palpitant du bassiste Niklas Sandin, de l’interaction délicate et complexe entre les guitaristes Nyström et le nouveau membre du groupe Roger Öjersson et du chant sombre et émotionnel de Renkse, l’âme même du groupe.

Alors que les applaudissements qui retentissent habituellement à profusion sont absents, Dead Air pulse avec une une énergie qu’il est extrêmement difficile de générer dans des circonstances aussi difficiles. Le groupe est en excellente forme, le timing et l’interaction sont parfaits et bien qu’il y ait quelques défauts technologiques, dans l’ensemble, c’est une représentation étonnante d’un groupe qui a encore tant à offrir. Il y a des petits films et des modifications sur plusieurs chansons, que le groupe a doucement incorporées. « Leaders » en est un exemple glorieux, la basse est omniprésente, les guitares chatoyantes, des éclats de riffs féroces et de petits bijoux pleuvent. Renske en profite pour étirer son chant. De même, le riff de clavier est subtilement modifié pendant « July », qui contient d’ailleurs des riffs exceptionnellement lourds.

Les trois nouveaux morceaux, « In The Winter of Our Passing », « Lacquer » et « Behind the Blood » s’intègrent parfaitement dans le set, confortablement installés aux côtés de « My Twin », « Ghost of the Sun » et « July », des chansons qui sonnent aussi fraîches aujourd’hui qu’à leur sortie. La musique de Katatonia reste incroyablement lourde, principalement à cause du poids des émotions et des sentiments qui déferlent dans leurs compositions. « Omerta », « Evidence », « Forsaker » et « Soils Song » vous rappellent que ce groupe peut se mesurer aux meilleurs d’entre eux. C’est vraiment un groupe dont l’évolution organique ne déçoit jamais.

Pour une année qui a été si difficile, le simple fait que Katatonia puisse sortir de tels enregistrements maintient la foi que nous avons dans le monde du rock et du métal qui nous est si cher. C’est un événement à ne pas manquer.

***1/2

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