Black Nail Cabaret: « Gods Verging On Sanity »

De bon goût. Poli. Lisse. Urbain. Beaucoup de personnes se sont constamment tournés vers ce genre de termes pour décrire le son du duo Black Nail Cabaret, qui a quitté Londres pour la Hongrie, et pour cause : Les productions sculptées de Krisztian Arvai et la voix toujours riche et sensuelle d’Emese Arvai-Illes invitent à ces adjectifs. Mais tout en parlant de la considération qui entre clairement dans la livraison du travail du duo, ce genre de langage ignore souvent l’attrait pop immédiat de leur fusion de l’électro et de la synthpop. Le nouveau LP Gods Verging On Sanity met ce dernier en avant sous la forme d’un disque économique et accrocheur qui fait passer les forces et les charmes du duo dans un ensemble de mélodies élégantes et mémorables.

Le disque passe rapidement d’un état d’esprit et d’un mode à l’autre, avec un sens du rythme que l’on trouve rarement dans ce genre de disque luxueux qui mérite d’être salué pour sa conception sonore mais qui est rarement diffusé dans les clubs. Les accroches mélodiques, les rythmes bruyants et les ballades downtempo sont tous jonglés en succession rapide. La course effrénée de « Black Lava » fait place au rebondissement électropop de « Spheres » avant que la programmation stricte et énergique de « No Gold » ne s’impose. Les voix de contrôle d’Arvai-Illes sont plus que suffisantes pour maintenir l’ensemble, mais la gamme de sons souligne les refrains et les mélodies mémorables de chacun des morceaux. Lorsque les choses se terminent avec la disco de la diva à la noix de « Children At Play » (avec une possible recréation du célèbre sample de ESG « Moody » en fond), on est transporté à travers une pléthore de styles qui démentent les 37 minutes relativement brèves de Gods Verging On Sanity.

Cet opus est le rare album qui invite à des comparaisons avec le Depeche Mode moderne mais qui trouve Black Nail Cabaret en tête sur les points. Alors que DM vient de sortir trois albums consécutifs de synthpop de bon goût et en conçue, mais finalement oubliable, Black Nail Cabaret a trouvé un moyen d’exploiter les mêmes sons sans perdre l’âme ou les crochets. Le show-stopper du mid-album « My Casual God » fait appel à Arvai-Illes, désespéré et nu, pour qu’il contrôle et fasse pression sur une figure de synthétiseur claustrophobe qui se répète. C’est l’un des meilleurs morceaux qui a été donné à entendre jusqu’à présent en 2020, et il montre à quel point Black Nail Cabaret est devenu un groupe puissant et concentré. Recommandé.

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