Amar Lal: « Gardening »

Chacun cherche un répit, une forme de paix en soi et dans le monde. La ruée cathartique de la musique peut servir de légère panacée, offrant un avant-goût de ce vers quoi nous tendons. Les deux extrémités du spectre sonore servent à cet effet. En général, les individus sont attirés par l’une ou l’autre. Mais dans certaines occasions agréables, il y a quelqu’un qui comble ce fossé. Dans ce cas, cette personne est Amar Lal.

Avant de sortir Gardening, Lal était surtout connu comme guitariste/multi-instrumentiste pour l’un des meilleurs groupes post-hardcore de New-York : Big Ups, C’est une chose qu’on aurait jamais deviné si on se base sur la musique de Gardening. Llal a écemment déménagé à Oakland, en Californie et il a passé en revue ses enregistrements de terrain et ses mixages audio particuliètement variés, pour les codifier dans ce qui allait devenir cet album. Composés entre 2015 et 2018, Lal couvre ici toute la gamme de ce que peut être la musique d’ambiance.

Au lieu de guitares hurlantes et de coups de poing, Gardening évoque l’image de la méditation devant un paysage nourri par le soleil à l’aube. La réflexion, sur soi-même et sur les choses de plus grande conscience, est plus qu’une simple ligne de passage – c’est un style de vie qui va droit au cœur. Lal est un compagnon plus qu’un artiste. Il vous encourage doucement à considérer votre « Priviege » et à arriver dans un lieu de « Stasis » émotionnelle calme et tranquille. Un ami qui vous emmène loin de la folie de la modernité et qui disparaît avec vous dans un bain de la nature.

Lal parvient à contourner les métaphores faciles d’une grande partie de la musique d’ambiance en ramassant des morceaux comme les fruits fredonnants d’un arbre ancien. Les touches classiques façon Eno sont assorties au doux bruissement semblable au frémissement d’un enregistrement de terrain sur « Sunday I : Eyes Closed ». L’appairage de « Timescale Etudes » offre un échantillonnage de boîte à musique déviée de sa fonction et un morceau de synthé t faisant presque écho à la douceur de la bande sonore du Minecraft Volume Alpha de C418. Le meilleur de tot cela sera l’incarnation parfaite de Lal du travail de drone de Stars of the Lid sur « Learning to Surf ». Les tonsalités se répandent en cascade comme la pureté tachetée d’une bulle dans la lumière du soleil ; elle flotte vers le ciel, évitant de justesse un bosquet d’arbres dans sa montée, frissonnant à son apogée. La bulle n’éclate jamais. Elle se dissout simplement de notre vue et laisse derrière elle l’espoir de l’infini.

Never Content, le label qui a sorti Gardening, a inclus une citation de Voltaire sur sa page Bandcamp qui résume la vision du monde que Lal met de l’avant (tout en donnant probablement son titre à l’album) : » »Il faut cultiver notre jardin ». C’est un appel à être de bons gardiens de la planète sur laquelle nous avons été autorisés à vivre, à nous remettre en question et à nous occuper de nos propres cœurs et esprits. Lal est en quête de clarté et commence à la trouver avec le jardinage.

***1/2

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