Slim Twig: « A Hound at the Hem « 

Slim Twig est le pseudonyme de Mak Turnbull, un crooner qui se réclame de la psychedelia et du art-rock, et dont la survenue de A Hound at the Hem reflétait une démarche si particulière héritée de la somme de ses inspirations que celui qui voulait faire de cet album son Pet Sounds vit son label d’alors (Paper Bag) refuser de le sortir en 2012. Selon Turnball celui-ci allait trop loin pour eux, et aussi pour l ‘Amérique du Nord sans doute, et il ne fit qu’une apparition confidentielle en microsillon sur un autre label plus modeste mais à la vision plus tournée vers l’expérimental, Pleasance Records.

Cette expérience engendra amertume et frustration pour Twig, deux sentiments qui se dissiperont peut-être avec une véritable sortie discographique.

Il faut dire que les influences dont il se réclamait n’étaient pas à la portier de le Nord-Américain lambda. Le Lolita de Nabokov d’abord, le disque de Serge Gainsbourg, Histoire de Melody Nelson, lui-même adapté librement de l’oeuvre littéraire ensuite, le tout formellement habillé de cette pop baroque et néo-psychédélique qui a fait le bonheur de maints autres artistes des 60’s et 70’s. Cet opus aurait dû être le moment qui allait définir sa carrière mais le fait que le Canada ait décidé de remettre en cause son contrat a sans doute retardé de bientôt trois ans la connaissance qu’on aurait pu acquérir d’un talentueux, si ce n’est génial, artiste pop.

On trouvera donc, sous la houlette de DFA Records à New York, une chance de voir Turnbull devenir autre chose qu’un musicien culte grâce à ce véritable déluge psychédélique où nappes de basses enregistrées en analogique servent de fondation hallucinante à des riffs en fuzz détonant comme des bombes, des claviers fichés dans l’onirique, des cordes qui n’en finissent pas de monter, des clavecins antidéluviens et emprunts de nostalgie vecteur de textes effrayants et comme issus d’un mode parallèle.

On sait que le Canada a trop l’habitude de vivre dans l’ombre de son voisin pour reconnaître parfois son apport. Peut-être que cette réédition le lui permettra et autorisera à cet album d’être connu non seulement dans ce continent, mais aussi dans le monde entier.

****

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :