Of Montreal: « UR FUN »

UR FUN ? Seulement deux mots, dont une abréviation ? Où sont les formules grandiloquentes ? La mythologie, le psychédélisme, les références shakespeariennes, ou victorienne, ou de science-fiction ? Changement radical dans l’abondante production de Kevin Barnes ? C’est vrai qu’on avait depuis un temps cessé de prêter attention, la combinaison esthétique naïf-thèmes noirs finissant par lasser. Le paradoxe s’y trouve toujours, mais il est vrai que UR FUN marque un tournant, en quelque sorte. D’abord, finis les costumes.

Puis, les références sonores vont pêcher dans les synthés et drum machine façon années 1980. Cyndi Lauper et Janet Jackson, a même cité Barnes ! Il a indiqué vouloir faire un disque sur lequel toutes les chansons pourraient être des succès radio. On n’en est pas encore tout à fait là. Si les extraits déjà dévoilés (« Peace to All Freaks », « Polyaneurism », « You’ve Had Me Everywhere ») révèlent des qualités pop incontestables, il est — comme toujours chez Of Montreal — difficile de faire fi du remplissage.

***1/2

UUBBUURRUU: « UUBBUURRUU »

Il suffit d’un coup d’œil sur la pochette du premier album de UUBBUURRUU pour comprendre son manège : tout pour le rock et pour avoir du fun. Le quintette montréalais assume sa posture heavy-psyché-prog-rock, doit-on conclure après avoir hoché de la tête en écoutant ce joyeux ramassis de clichés des styles des années 1970, dans les textes autant que dans le son. C’est quasiment un motif de guitare de Black Sabbath qui ouvre l’album sur « Stone Men ». Sur « Chaos Rider », un solo d’orgue évoquant les dérapages d’Iron Butterfly.

Des titres de chansons aussi grotesques que « Spacecraft to Your Dreams », « Feel Alright in Hell » (l’une des meilleures !) et « Pentagram ». Une sincère lettre d’amour au stoner rock d’antan, solidement réalisée par Samuel Gemme (Chocolat, Anemone) qui défoule et fait sourire.

***1/2

…And You Will Know Us By The Trail of the Dead: « X: The Godless Void and Other Stories »

Après cinq ans d’absence, la formation menée par Conrad Keely et Jason Reece était de retour vendredi dernier avec X : The Godless Void and Other Stories. En 2014, la formation, amalgamant la furie du punk hardcore à des influences de rock progressif, nous balançait l’excellent IX; un disque plus conceptuel queLost Songs, mais qui gardait intacte cette frénésie qui a toujours caractérisé le son de…And You Will Know Us By The Trail of the Dead

Avec ce 10e disque en carrière, le groupe célèbre cette année son 25e anniversaire d’existence. Réalisé par Conrad Keely lui-même, avec l’aide de l’ingénieur de son Charles Godfrey (of Montreal, Yeah Yeah Yeahs), ce nouvel opus réinstaure au premier plan l’alternance vocale et rythmique entre Reece et Keely; les deux s’échangent conjointement les rôles de batteur, de guitariste et de chanteur tout au long de l’album.

La genèse créative s’est amorcée dès le début de 2018 après que Keely ait déménagé ses pénates dans sa ville de naissance : Austin, Texas. Le compositeur résidait depuis près de cinq ans au Cambodge. C’est ce retour forcé aux États-Unis qui a plongé l’artiste dans une morosité accablante. Quitter un pays qu’il aimait profondément pour revenir en Amérique a ouvert quelques plaies, semble-t-il… Le musicien s’est également inspiré d’un livre de Steven Pressfield intitulé The War of Art bouquin qui met en lumière les formes de résistance rencontrées par les artistes, entrepreneurs, athlètes et autres qui tentent de franchir leurs propres barrières créatives.

Sur X : The Godless Void and Other Stories, Trail of Dead n’a rien perdu de sa légendaire intensité, mais le groupe a su la bonifier à l’aide d’un apport mélodique fertilisé. « Children in the Sky « est un alliage réussi de ce qu’a toujours proposé la formation, mais recelant un je-ne-sais-quoi qui fait penser à Oasis. Même les moments « prog » situés en fin de parcours (« Who Haunts the Haunter », « Blade of Wind » et « Through the Sunlit Door ») sont somme toute terre à terre et accessibles.

Même si les fans reconnaîtront aisément la formule « Trail of Dead » et malgré la répétitivité de certains arrangements et motifs de guitares, les crescendos sont toujours aussi cathartiques. Petit bémol ? Une conclusion d’album plus aérienne qui amoindrit quelque peu l’impact incontestable des sept premières chansons.

Sans être la meilleure galette de Reece et Keely, des titres comme « All Who Wander », » Into the Godless Void, Children of the Sky » et « Who Haunts the Hunter » vous replongeront dans ce côté « en crisse » qui nous plaît tant chez Trail of Dead. X : The Godless Void and Other Stories consolide les acquis du groupe : des guitares musclées détenant des ascendants hardcore manifestes et une sensibilité mélodique qui a fait ses preuves.

Un très bon coup d’envoi à cette nouvelle année musicale… pour ceux qui aiment le rock!

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Les Profondeurs de l’Apprentissage: « Interview de The Slow Show »

Issu de Manchester, Slow Show a toujours été une entité unique parmi les groupes indés. Engagés à créer des expériences auditives et non entravés par les tendances dominantes du jour, les quatre membres de Rob Goodwin, Frederick’t Kindt, Joel Byrne-McCullough et Chris Hough font œuvre et marque avec leur puissante musique minimaliste depuis près de dix ans maintenant. Qu’il s’agisse du baryton profond et percutant de Rob Goodwin qui frappe le premier ou de l’œuvre instrumentale incroyablement émouvante de ses compagnons de route, The Slow Show est (et a toujours été) un groupe qu’il vaut la peine de bien connaître ; leur musique est le genre de musique qui répare un cœur brisé et apaise une âme en peine. Cette année, ils ont lancé leur œuvre la plus ambitieuse et la plus élégante à ce jour dans leur troisième album Lust and Learn, un pastiche émotionnel immersif plein de chaleur, de douleur et de tout ce qui se trouve entre les deux.

Lust and Learn annonce le retour au premier plan de The Slow Show après une interruption de près de trois ans. Le premier album du groupe, White Water, sorti en 2015, a placé la barre très haut où sa volatilité reflète les aspects les plus bruts de l’expérience humainee, en particulier la voix profonde où le minimalisme rencontre l’opulence, et les deux se fondent ensemble dans une fusion organique. L’obscurité et la lumière se heurtent gracieusement comme des amants perdus depuis longtemps.

Le deuxième album de 2016, Dream Darling, semble continuer là où White Water s’est arrêté, avec des chansons comme le « singl e»e épique « Ordinary Lives », qui s’enflent d’une force obsédante.

Les trois années suivantes ont vu des changements au sein et autour de The Slow Show avec changement de label de disque, et un bon dix-huit mois passés à peaufiner ce qui allait finalement devenir le troisième album studio complet du groupe.

« Nous avons passé de longues périodes à travailler sur des idées seules, puis nous nous sommes rencontrés pour de courtes et intenses périodes pour peaufiner des choses ensemble, » explique Goodwin. « Cet espace et cette distance ont eu une influence positive sur le disque. »

Ces sorts intenses se jouent à travers une expression gracieuse et sophistiquée de thèmes aussi nuancés et profondément humains que le deuil et la guérison. « J’aimerais dire que je suis mieux maintenant que je suis à la maison, mais je suis encore dans les basses eaux », chante Goodwin au milieu d’un piano sombre, d’une section rythmique qui bat et de l’époustouflante Halle Youth Choir. Ses paroles se fondent dans le paysage comme un seul morceau d’un plus grand récit sonore qui fait mal avec une grâce rédemptrice. Comme dans beaucoup de créations de ce groupe, « Low » dépasse largement les limites habituelles d’une chanson dans ses efforts pour faire ressentir au public.

« The Fall » semble être la chanson qui fait le plus mal et qui guérit le plus. Pour le groupe, ils ont écrit « The Fall » après qu’un efan leur ait envoyé un courriel « pour dire comment leur chanson lui a sauvé la vie. » . Elle était sur un pont d’autoroute quand une chanson du Slow Show est arrivée. » »Elle est dans une meilleure situation maintenant, et son expérience a inspiré une chanson qui capture vraiment tout ce qu’il y a à aimer de ce groupe. Ses paroles capturent à la fois les profondeurs de la dépression et du désespoir, ainsi qu’une sorte de processus de guérison et de rédemption qui sort de l’obscurité pour aller vers la lumière. »

Bien qu’il serait négligent de ne pas mentionner le poids évocateur de chansons comme « Eye to Eye », « Exit Wounds » et « Places You Go », ou l’incroyable prouesse vocale de la chanteuse invitée Kesha Ellis, ces aspects sont finalement des morceaux d’un ensemble profond. Lust and Learn est une bande son cinématographique, à couper le souffle, qui donne des frissons aux moments qui comptent le plus dans notre vie. C’est un caméléon complexe plein d’émotions enchevêtrées ; une entreprise brute et épique de 47 minutes qui peut vous épuiser à court terme, mais qui vous laisse mieux et plus épanoui à long terme.

Two Door Cinema Club: « False Alarm »

Que l’on soit un fan depuis l’époque de « I Can Talk » et » Something Good Can Work, » ou que vous veniez de découvrir Two Door Cinema Club, leur nouvel album False Alarm ne décevra pas. Le trio d’Irlande du Nord Alex Trimble, Sam Halliday et Kevin Baird se plonge dans un territoire musical plus profond avec un opus se rapprochant davantage des années 80 en utilisant des synthés, des beats dance rétro et des morceaux à base de paroles.

False Alarm est conçu aour véhiculer un climat cinématographique, un peu comme un vidéoclip parodique de science-fiction, et la sortie de leur album dans l’espace. Cet opus apporte clarté vocale, maturité et confiance, sur une toile de fond d’exploration musicale. Bien que toutes les expéditions ne réussissent pas à atteindre leur but, suffisamment de tentatives d’aventures se soldent par des atterrissages sûrs.

Le groupe est capable de maintenir un niveau de qualité qui ne souffre pas, même en prenant des risques stylistiques qui les protègent d’être catalogués ou comparés à d’autres groupes indie pop. Ils mettent en avant leurs talents de synthétiseurs dans « Satisfaction Guaranteed » avant de nous transporter vers une nouvelle évolution du funk et du disco avec « So Many People », reflétant leur volonté de sortir de la catégorisation d’un genre spécifique. Le message est clair : « j’ai été tellement de gens, j’en suis encore un, celui que vous n’avez jamais rencontré » ce qui dénote la même idée que, en tant qu’individus et en tant que groupe, ils ne sont pas prévisibles ou facilement définissables.

La pensée attire l’attention avec un mélange de précision, des paroles poignantes et le falsetto de Trimble riche en décoration numérique. Ici, à mi-parcours de l’album, nous avons un aperçu de la lutte artistique : se battre pour changer de jeu, être authentique, produire un son unique, et découvrir une place dans ou plutôt un espace en dehors du paysage musical actuel.

Le titre s’efface à mi-parcours, indiquant la nature continue de cette lutte. Il y a peu de temps pour les méandres philosophiques qui nous attirent avec « Dirty Air », un titre sexy et granuleux, imprégné d’un chant à la Bowie. Les dernières chansons, « Satellite » et A »lready Gone, » apportent une sorte de réponse pleine d’espoir aux réflexions faites plus tôt dans l’album.

Bien que cet album emmène les auditeurs dans quelques directions, il a une qualité thématique qui lie le tout. Que vous soyez un aficionado de la musique ou un auditeur occasionnel, False Alarm a quelque chose de frais.

***1/2

SUSS: « High Line »

Le précédent album de SUSS (Ghost Box) ressemblait à la BO d’une longue balade à travers les paysages de l’Ouest américain, avec ces boucles lancinantes et surtout cette guitare aussi tranquille que céleste qui venait servir de guide, de fil rouge à un ensemble de titres Ambient Country hérités à la fois de Morricone, Daniel Lanois et Brian Eno.


Au final, un album d’ambient country très beau, à écouter dans un style ambient country assez peu abordé habituellement
Sur ce second album, la musique du quintet New Yorkais évolue sensiblement. La guitare dobro, la pedal steel, l’harmonica sont toujours bien présents mais la musique se fait ici plus atmosphérique, plus éthérée, avec une présence de nappes de synthés plus marquée. Mais reste toujours ce sentiments d’évoluer dans des payasses sonores en toute sérénité, avec ce son de basse si caractéristique qui évoquera sur le titre « 
Wetlands » le son de Labraford. Au final, un album d’ambient country très beau, à écouter dans un style ambient country assez peu abordé habituellement.

***1/2

Interview de Emma Ruth Rundle: « La Dualité de l’Art et de l’Artiste »

Emma Ruth Rundle ne se prête pas à l’écoute passive. Son dernier album, On Dark Horses, trouve l’artiste partageant des luttes personnelles, combinant une instrumentation atmosphérique et émotionnellement prenante. Rundle explore des terrains difficiles et compliqués, comme les défis posés par la maladie mentale ; en créant ce disque, elle a cherché à présenter une œuvre musicale qui serait galvanisante et qui donnerait de l’espoir.

L’art de Rundle contient un équilibre remarquable entre le sentiment et la technicité. Elle tisse des mélodies dans des moments lumineux de mélancolie avec ses inflexions vocales, en maintenant un ton de guitare sombre qui permet une fusion captivante. Rundle dit qu’elle cherche à explorer les sons qui lui viennent naturellement à l’esprit et les sentiments qu’ils véhiculent.

« J’ai tendance à prendre la guitare et à jouer jusqu’à ce qu’il y ait quelque chose qui me touche », dit-elle. « C’est presque comme un processus thérapeutique, qui me permet d’extraire ces idées et ces symboles et de commencer à en esquisser les paroles.

La musique que je fais est le résultat de toutes les influences que j’ai eues en grandissant dans les années 90 » ajoute-t-elle. « Elle est affectée par l’état émotionnel dans lequel je me trouve lorsque je l’écris. Le processus est en quelque sorte l’aboutissement de l’histoire de ce à quoi j’ai été exposée et qui a formé mon style d’écriture et ce que je ressens. Je pense que ce que je fais est plus un courant de conscience dans ses étapes de formation. »

On Dark Horses incarne une dualité fascinante ; le flux de l’instrumentation offre une présence à la fois obsédante et douce alors que Rundle exhale une voix chaude, parlant du pouvoir de se déplacer à travers la lutte. La douleur et l’honnêteté s’accrochent à la limite de chacun de ses mots, offrant un élément intime d’introspection personnelle. La création d’une telle œuvre est exigeante ; pour Rundle, il y a une dualité dans le processus créatif. L’équilibre entre le fait de trouver l’œuvre stimulante et cathartique. Elle dit : «  Chaque disque a été différent, mais avec Marked For Death en particulier, je pense que j’ai ressenti une telle libération après l’avoir enregistré. Je n’ai pas joué de la guitare pendant environ trois mois après ça ; j’ai senti que ma vie avait changé pour le mieux. Mais quand j’ai commencé à tourner pour la musique, ça m’a en quelque sorte ramené psychologiquement là où j’étais quand je l’ai fait ».

Bien que ses efforts aient consisté à créer des paroles et une musique habilitantes pour On Dark Horses, Rundle partage également qu’elle se trouve dans une situation difficile, faisant face à des sentiments contradictoires concernant son processus créatif et son interprétation.

« J’ai l’impression qu’avec On Dark Horses, j’ai essayé d’écrire des idées et des thèmes plus forts sur la façon de surmonter les obstacles dans les paroles et la musique, pour pouvoir renforcer cela en moi pendant la tournée, la performance et le soutien du disque. En interprétant cette musique, j’espérais qu’elle serait plus puissante. Mais je suis actuellement à la croisée des chemins et j’ai du mal à jouer en ce moment. Je sens que lorsque je ne suis pas dans une bonne position, je commence peut-être à associer un peu trop mon instrument à la confrontation de choses qui peuvent être difficiles à gérer pour moi. Cela m’a conduit à me battre avec l’écriture et la volonté de jouer même. »

Elle poursuit : « Cela s’ajoute aussi à beaucoup d’anxiété que je ressens à l’idée de me produire sur scène. Je n’ai jamais eu envie de me tenir devant les gens et de chanter mes sentiments. La musique et la performance ont un effet sur moi ; je pense que j’en souffre en ce moment. »

Rundle se lancera dans une tournée avec Thou, un groupe d’avant-garde de la Nouvelle-Orléans, en soutien à l’album. En préparant cette tournée, compte tenu de ces conflits, Rundle reconnaît qu’il y a beaucoup de choses à attendre avec impatience. Non seulement elle est excitée de tourner avec Thou, mais elle est aussi captivée par leur talent artistique. « Je suis une grande fan de leur musique depuis quelques années. Ils ont juste cette lourdeur dans leur musique qui fait quelque chose pour moi ; elle allume la sérotonine dans mon cerveau. J’écoute vraiment beaucoup ce groupe, et il y a beaucoup de diversité dans leur catalogue. C’est mon groupe préféré en ce moment. »

Contrairement à la vulnérabilité qui vient avec un spectacle solo, Rundle trouve que c’est une opportunité de jouer avec un groupe complet. Pour entreprendre cette tournée, elle a besoin de la force qu’elle a démontrée dans son travail ; à bien des égards, sa perspective du bien représente les thèmes que l’on retrouve dans On Dark Horses. Même lorsque les temps sont compliqués, et que nous sommes conscients des défis qui nous attendent, il y a un moyen de continuer à aller de l’avant. Rundle prend la route en cherchant à établir des liens avec les autres et à partager sa musique.

« Il y a eu une certaine positivité lors de la prestation en direct et le fait de jouer avec le groupe a été très énergisant. Il y a eu beaucoup de commentaires positifs de la part des gens lors des spectacles, et il y a eu beaucoup de grande énergie. Je pense que la nature de cette musique crée un lien avec certaines personnes d’une manière qui me semble significative, et cela signifie beaucoup pour moi de rencontrer des gens comme ça lors des concerts et de voir comment la musique et les concerts peuvent être efficaces ».

Daniela Savoldi: « Ragnatele »

Parmi les nombreux talents originaux et intrigants de la musique actuelle, on a tendance à passer à côté de Daniela Savoldi est une violoncelliste italo-brésilienne qui s’efforce de penser musique néoclassique autrement. Cela s’est vu sur ses deux premiers albums et cela se confirme définitivement avec son successeur intitulé Ragnatele.

Sur ces six titres, elle incorpore des éléments ambient et drone sur sa musique méditative et cinématographique. Il en résulte unopus des plus labyrinthiques avec des morceaux venus d’ailleurs tels que l’introduction du disque qui annonce la couleur et mettant en avant une voix des plus fébriles mais bien également « Improvviso » et « Space » jamais dénués de poésie. Avec ses drones grinçants rendant ce virage plus radical et expérimental sur des titres quasi-noisy tels que « Storia Di Un Attentato » et « Dada », la violoncelliste rajoute plus d’une corde à son arc et fait de ce Ragnatele qui se clôt avec le nerveux « Modulatori » un disque où le dissonant rencontre la poésie.

***1/2

Seabuckthorn: « Crossing »

Seabuckthorn s’était fait remarquer par un album solennel nommé A Horse With Too Much Fire paru l’an dernier. Alors que l’on pensait qu’Andy Cartwright allait effectuer une courte pause après un tel disque, il nous détrompre avec un nouvel album intitulé Crossing.

Pour ce nouvel ouvrage discographique, Seabuckthorn s’aventure vers des contrées plus ambient et drone tout en restant dans ses recoins blues et folk. Cela donne un disque instrumental planant et un brin inquiétant avec des titres lancinants et magnétiques allant de « Premonitions » à « I Encountered Only Dark » en passant par « The Cloud And The Redness », « The After Quiet » ou bien encore « The Observatory » qui regorgent d’une incroyable beauté.

Crossing est composé de trois intermèdes musicales qui assure parfaitement la cohésion de ce disque si fantomatique et voyageur. Seabuckthorn est dans son élément lorsqu’il s’agit de naviguer dans des recoins dronesques que ce soit sur « It Can Ashen », « Cleanse » ou bien sur « The Surrounds ». S’achevant sur un glorieux « Crossed », le musicien britannique prouve qu’il n’est pas à court d’inspiration avec ce disque chavirant mais aussi éthéré.

***1/2

The Catenary Wires: « Til The Morning »

The Catenary Wires est un duo formé par Amelia Fletcher et Rob Pursey qui ontégalement d’autres projets qui se doivent d’être notés ; Heavenly ou encore The Temper Trap. Ils restent néanmoins unis comme jamais sur leur nouvel album intitulé Til The Morning.

Une fois de plus, on se laissera emporter par la tranquillité et la sérénité que nous propose le tandem. Il suffira, à cet égard, d’écouter des morceaux harmonieux et nostalgiques à l’image du titre introductif nommé « Dream Town » qui annonce la couleur ou bien des titres somptueux à l’image de « Sixteen Again », « Dark Brown Eyes » et autres « Love On The Screen » sentant bon le rock californien des années 1960-1970 et le soleil.

Il sera, également, Impossible de ne pas frissonner en écoutant les douces et entraînantes mélodies de « Tie Me On The Rails » ou bien même de « So Quiet In This Home » et « I’ll Light Your Back ». Ce second album du duo qui s’achèvera sur un plus nostalgique « Dancing » qui que l’alchimie entre Fletcher et Pursey fonctionne tout aussi bien sur le registre plus large de la twee-pop actualle.

***1/2