No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Minor Pieces: « The Heavy Steps Of Dreaming »

Le duo canadien Minor Piece présente une suite de chansons totalement habitées, portées par des voix profondes pour une expérience musicale assez intense. L’évocation de The Heavy Steps Of Dreaming constituera donc une exception à la règle. Il s’agit du premier album du duo Minor Pieces composé des Canadiens Missy Donaldson et Ian William Craig.

Dès le titre d’ouverture, Rothko, difficile de ne penser à Low ou Grouper, des formations capables de composer des chansons folk lentes et brumeuses nourries d’ambient music et d’expérimentations, donnant des choses habitées et souvent bouleversantes.
Ici Minor Pieces propose sa propre version du slowcore avec un style qui consiste à associer guitare, machines, bandes magnétiques, basse et synthés aux voix superbes et changeantes de ses deux membres.


Avec une forme de classicisme évident, les deux canadiens chantent dans des registres très variés, en étant capables de passer de voix d’opéra à des tonalités à caractère plus religieux.
Un album inclassable, très original, d’une intensité remarquable, à la beauté sombre et envoûtante dont les titres renferment par moment une dimension cinématographique évidente. Une musique à vivre autant qu’à écouter.

****

22 octobre 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Hovvdy: « Heavy Lifter »

Ce duo indie folk venu d’Austin avait bénéficié d’un bon petit succès d’estime sur son « debut album » Cranberry. Il s’emploie à le confirmer sur son deuxième opus, Heavy Lifter. Ce dernier est composé de treize nouvelles chansons sereines et nostalgiques où Hovvdy nous embarque dans une virée doucement mélancolique.

Cela commence avec l’introduction somptueuse nommée « 1999 » avant que des moments plus optimistes ne surgissent tels que « Mr. Lee » qui suit. Le duo d’Austin enchaîne ballades mélancoliques dignes d’Elliott Smith comme « So Brite », « Lifted » ou bien encore « Feel Tall ».

Très vite, Hovvdy tirera son épingle du jeu avec des compositions rappelant le regretté Mark Linkous comme le poignant « TellmeI’masinger » ou fait un clin d’œil à la scène bedroom-pop lo-fi notamment sur « Tools » où Charlie Martin a recours à l’Auto-Tune sans oublier sa boîte à rythmes punchy qui rappelle un peu (Sandy) Alex G et les projets de Sam Ray.

Pour le reste, on se laissera emporter par cette douce mélancolie acoustique des titres comme « Ruin (My Ride) » et « Pixie » ou par des virées faussement country de « Watergun ». Toute cette richesse mélodique se retrouve sur un Heavy Lifter des plus envoûtants montrant que le duo d’Austin sait nous emporter comme peu en sont capables

***1/2

22 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Dead South: « Sugar & Joy »

The Dead South est un quatuor qui nous propose, depuis ses débuts, un mélange bluegrass country à la fois simple et terriblement efficace, et doté d’un caractère fort bien retranscrit par la voix gouailleuse de son leader Nate Hilts. Mais c’est bien l’unisson, l’harmonie entre les musiciens du combo qui est mise en valeur au travers des treize titres de cette nouvelle glorification de leurs racines musicales.

Alors bien sûr, si vous faites une poussée allergique dès le premier titre de leur album , inutile de poursuivre l’écoute, puisque chaquemorceau conservera un charme qui rendra l’ensemble homogène. Bref, pas vraiment d’évolution en vue donc. Cela signifiera que les détracteurs du groupe s’ennuieront toujours aussi ferme, mais, que les autres ne pourront que se réjouir de la route prise avec Hits et ses acolytes.

***1/2

22 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sean O´Hagan: « Radum Calls, Radum Calls »

Ce nouvel album de Sean O’Hagan est le deuxième en 29 ans sous son nom propre. Pour ce représentantde la ligne pop claire, décision a été prise de « Voyager léger ». Et sa production tend une nouvelle fois vers des sommets déjà touchés par les Grands Anciens de la Pop. Grands Anciens dont l’esprit est parfois resté embrumé, grisé par l’ivresse des cimes, Brian Wilson en tête. Épaulé par son vieux complice de Microdisney, Cathal Coughlan, le leader des fabuleux High Llamas, lui, a su rester l’esprit clair et ouvert. Les mélodies de ce nouvel LP relèvent aussi bien des canons pop que de l’electronica cher au groupe franco-britannique Stereolab, dans lequel le multi-instrumentiste a joué entre 1993 et 1994 et qu’il accompagne encore parfois lors de concerts.

Le ton de l’album tout entier est donné par le single « On a Lonely Day (Ding, Dong) ». Sean O’Hagan nous emmène dans un monde de bulles de savon que l’on se plaît à observer grossir et dont on ne sait où elles vont aller lorsqu’elles s’envolent, nous échappent et que l’on espère, en retenant notre souffle, qu’elles n’éclateront pas. La vie est ainsi vue à travers le prisme déformant de ces globes éphémères aux trajectoires aléatoires.

Du duo amoureux « Take My Steps (Nora Bramms) » en passant par « I Am Here » à l’atmosphère féerique ou encore l’instrumental « Better Lull Bear » jusqu’au presque easy listening « Clearing House », les titres nous entraînent dans le monde fantasque et ironique du chanteur où le temps qui passe est suspendu, le temps d’un album, le temps d’une bulle de savon…

Sean O’Hagan demeure depuis plus de trois décennies parmi les orfèvres pop les plus précieux de notre époque. Gageons que le garçon continue à se payer le luxe d’être toujours léger et à ne pas être avare de sa production (seul ou bien accompagné), afin que nous puissions le plus longtemps possible en profiter. Nous répondrons toujours présents à l’appel.

****

21 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Third Eye Blind: « Screamer »

Le groupe  de rock alternatif californien Third Eye Blind sort, mine de rien, son sixième album studio, Screamer. Le quintette avait annoncé ne plus vouloir enregistrer de disque studio pour se concentrer uniquement sur les tournées et la sortie de quelques EP. Finalement, ce qui devait n’être qu’un EP s’est transformé en un douze titres en support de la tournée du même nom.

Ce nouvel opus s’ouvre sur un duo avec la chanteuse pop Alexis Krauss. Et on voit immédiatement que la musique du comba a évolué et amorcé un virage beaucoup plus pop que précédemment. Avec cette évolition, la formation risque de laisser des fans sur le bord de la route. Les rockeurs nostalgiques de la première heure ne s’y retrouveront sûrement pas. Hormis peut-être sur « Turn Me On » qui laisse la part belle à la guitare électrique.

Les Américains ont, en effet, choisi d’utiliser des beats simples et dynamiques combinés à des paroles répétitives, à l’image d’un morceau tains morceaux comme « Tropic Scorpio » a le mérite de nous faire sortir de nos schémas.

L’univers de chaque titre sera d’ailleurs différent et, bien que les textes parlent beaucoup de drogue et d’argent, la voix chaude et émouvante du leader nous entraîne dans un « Walk Like Kings » qui ne pourra que fédérer le spectateur pendant les concerts. On imaginera la même réaction de la foule sur la mélodies accompagnée au piano qu’est « Got So Hig »” ou « 2X Tigers » bel exercice hip hop du projet.Autre bouleversement, le choix de l’autotune risque de ne pas plaire à tout le monde mais, petit bonus adressé aux plus réticents, l’ensemble se conclura sur une jolie version acoustique de « Who Am I ».

Avec ce projet très étonnant, Third Eye Blind surprend et prend le risque de perdre une partie de son public pour explorer de nouvelles couleurs musicales et conquérir de nouveaux fans. Espérons pour le quintette que le jeu en vaudra la chandelle.

***

21 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

King Nun: « MASS »

Les Londoniens de King Nun ont enfin sorti leur premier album après la sortie de deux « singles ». Sur MASS, on retrouve un joyeux mélange de leurs influences rock, indie, grunge et parfois même un peu pop, qui, un peu par miracle, trouvent une cohérence irréfutable. La signature musicale King Nun est bien là, brillante.

Le groupe aime aussi se jouer des règles. Sur le « single » « Low Flying Dandelion », par exemple, qui va à l’encontre de toutes les règles mélodiques. C’est aussi le cas avec « Sharing A Head With Seth « aux paroles sombres habillées par la mélodie la plus joyeuse de l’album. King Nun aime brouiller les pistes et associés les contrairesen explorent des horizons musicaux très variés, avec beaucoup de vista et de jubilation face à cette liberté.

Theo Polyzoides, chanteur, frontman et compositeur du groupe, est derrière la grande majorité des textes de cet album et défend avec beaucoup d’ardeur ce besoin de partager ses sentiments avec le monde. Loin des clichés de la musique adolescente -là encore, une preuve de maturité- MASS aborde autant la dépression avec beaucoup de poésie sur « Black Tree », la masculinité toxique sur « Cowboy » ou encore l’anxiété sur la chanson d’introduction, « Mascara Runs ». Avec un talent certain pour l’écriture et la poésie, il n’y a pas de censure pour des thèmes pas forcément évidents à aborder et chanter sur scène.

L’album se révèle avec 11 titres uniques et d’une intensité élevée. Les quatre londoniens ont créé une atmosphère particulière sur ce « debut album » qui reste toujours espiègle et plein d’espoir même dans les thèmes les plus sombres. Le rock à guitare est donc loin d’être enterré, si l’on en croit la relève qui arrive.

***1/2

21 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Kraak & Smaak: « Pleasure Centre »

Cela fait plus de quinze ans que Kraak & Smaak est présent sur la scène même si il n’a pas la reconnaissance de ses pairs. On avait laissé le trio néerlandais avec un cinquième album bien rafraîchissant nommé Juicy Fruit déal pour cet été-là. De l’eau a coulé sous les ponts mais cela n’empêche pas pour le groupe de prolonger sa démarche musicale avec Pleasure Centre.

Avec ces quinze nouveaux titres, Kraak & Smaak ira mettre de l’eau dans son vin. Son funk électronique parsemé de downbeat prendra des rayons de soleil en posant ses valises sur la Côte Ouest des Etats-Unis selon leurs dires. Très vite, la saison estivale ne semble pas lointaine à l’écoute des morceaux ensoleillés comme l’introduction ou encore »In Plain Sight » conviant un certain IVAR (que l’on retrouvera plus tard sur la conclusion bien soulful nommée « Naked »).

Que l’on danse sur le percussif « Say The Word » avec Nic Hanson ou sur le funky « 24HR Fling » en compagnie de Wolfgang Vanbrun ou que l’on plane sur les sons de « Don’t Want This To Be Over » avec Satchmode ou du magnifique « Sommeron » conviant la coréenne imagi, Kraak & Smaak arrive à toucher sur sa cible. Il y en a pour tous les goûts sur ce Pleasure Centre que ce soit pop psychédélique (« Twilight » avec Izo FitzRoy et « Same Blood » avec le groupe The Palms), soul (« Sweet Time », « Out In The Daylight ») et électro-funk (« Guilty Discomforts », « I Think »), le trio hollandais nous offre un autre cocktail musical diversifié qui fait parti de ces disques qui jouent les prolongations aux heures festives.

***1/2

21 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Vagabon: « Vagabon »

L’album Infinite Worlds de Vagabon a figuré dans le Top 10 des meilleurs albums de 2017 pour certains. Il faut dire que Laetitia Tamko a débarqué de nulle part et nous a offert un premier disque indie rock riche en émotions. Depuis, l’artiste new-yorkaise d’origine camerounaise a décidé de nous surprendre de nouveau avec son nouvel opus

Un changement drastique s’opère pour notre Vagabon avec, pour commencer son départ vers d’autres cieux artistiques en matière de labels. Musicalement, elle élargit sa palette m en s’éloignant des influences indie rock qui ont fait sa personne (Modest Mouse, Built To Spill, Frankie Cosmos…) pour puiser du côté de la pop des années 2000 avec un soupçon plus christique qu’à l’accoutumée. Il en résulte des morceaux autoproduits et audacieux comme « Full Moon In Gemini » en guise d’introduction mais également les allures new wave de « Flood » et le bouleversant « In A Bind » où les sonorités digitales ont remplacé les guitares du premier album.

La voix de Vagabon se rapproche de plus en plus de celle de Sampha tellement la ressemblance est flagrante sur l’entêtant « Water Me Down » où l’on flotte sans souci ou encore « Wits About You ». Une dimension spirituelle se dégage tout au long de ce second opus où les chorales gospel peuvent se faire entendre de temps à autre tandis que les timides gadgets électroniques se frottent à des arrangements plus organiques notamment sur « Please Don’t Leave The Table » où l’on attendait à quelque chose de plus simple et la superbe hymne nommée « Every Woman ».

Le second album de Vagabon fonctionne de façon cyclique et ce n’est pas un hasard si ce disque se clôt sous une version remix hip-hop de « Full Moon In Gemini ». Cela prouve à la new-yorkaise de nous offrir un moyen de se découvrir sous un nouveau jour passant de la remise en question à l’acceptation avant de passer à l’évolution pour devenir une meilleure personne qu’elle ne l’est déjà.

***1/2

21 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

YĪN YĪN: « The Rabbit That Hunts Tigers »

YĪN YĪN est un combo qui nous vient de Maastricht et qui est du genre à mêler pop psychédélique et funk asiatique digne des années 1960 et 1970, comme l’atteste leur premier album nommé The Rabbit That Hunts Tigers.

Beaucoup avaient dansé sur les rythmes entêtants du morceau « One Inch Punch » et bien avec ce premier album, on est plus que servi. Après avoir mis en boîte une poignée de morceaux à l’intérieur d’une école de ballet dans un village hollandais au pied d’une montagne nommée Alpaca Mountain, YĪN YĪN continue de s’inspirer de la disco issue de la sono mondiale. Et c’est avec des morceaux instrumentaux résolument psychédéliques comme « Pingpxng » mais également « Thom Ki Ki » et « Alpaca » que l’on a affaire et qui nous feront danser jusqu’à l’aube.

Leur disco-funk aussi bien afro et asiatique des décennies antérieures arrive à nous hypnotiser comme il se doit. YĪN YĪN a beau jouer la carte du mystère mais cela ne nous empêche pas de réchauffer les cœurs avec des titres entraînants et groovy à l’image de « Kroy Wen », « Sui Ye » ou bien encore « The Sacred Valley of Cusco » qui pourraient faire office d’une bande originale d’un village hippie de la Chine du Sud dans les années 1960. Avec ce premier album, le quatuor de Maastrichtest propre à réchauffer les organismes lorsque les températures avoisinent les degrés négatifs.

***

21 octobre 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Take Offense: « Keep an Eye Out »

Ceux qui ont connu les fastueuses années du Speed Metal au début des années 80, celles qui ont amené ensuite les pointures du Trash Metal que sont devenus Slayer et Metallica, seront sans doute amusés de découvrir que 30 ans après, ce son contenu de perdurer.

Mais c’est plutôt du côté du hardcore qu’il faudra aller chercher les influences de Take Offense avec un son qui rappela par exemple celui des mythiques New Yorkais de Agnostic Front qui s’apprêtent d’ailleurs à sortir un nouvel album. 

***

20 octobre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire