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Tant qu'il y aura du Rock!

Seth Nehil: « Skew / Flume »

Seth Nehil ne se repose pas confortablement sur ses lauriers et ses succès passés ; de ceux de Gang of Four qui ont quitté Austin vers vers 1998 ( Michael Northam, John Grzinich, Olivia Block et Nehil) c’est ce dernier qui a le plus progressé et s’est montré le plus aventureux même si ses anciens comparses ne sont pas resté inactifs. Cesrécents disques portent les influences d’artistes ayant oeuvré dans les théâtres d’avant-garde.

La musique est ainsi hautementfragementée hachée, alant de drones cinématographiques à des « field recordings » en perpétuelle mutation. On à l’impression d’une musique créée dans les arrière-cours d’une machine à sampler et certainement pas de quelque chose qui aurait été conçu dans un club ou au travers d’une boîte à rythmes.

Ceux-ci sont hachés et répétitifs, les voix bégayées et l’électronica a ce bourdonnement particulier dont il est difficile d’identifier la source. Rien à voir avec la production de Esplendor Geometrico même si on pourrait se dire que ce dernier aurait pu sonner de cette manière tant les aupoudrages bryitistes se ressemblent. Sur « Veer » on entendra un vieille réminiscence de musique concrète accompagné de ce qui semble être un copier/coller de sonorités ; un condensé emblématique de l’approche radicale qui le caractérise.

***1/2

18 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Bring Me The Horizon: « amo »

On n’a pas eu besoin de l’attendre longtemps ce nouvel album lde Bring Me The Horizon. Lévolution de Bring Me The Horizon depuis Count Your Blessings laisse perplexe. Jusqu’à Sempiternal, tout allait à peu près bien, même pour les fans de la première heure. On allait de plus en plus vers la mélodie, mais cela restait suffisamment heavy pour que l’on s’y retrouve sans sourciller. Ça s’est franchement compliqué avec That’s The Spirit en 2015, qui voyait la bande abandonner toute forme de violence pour se concentrer uniquement sur la
mélodie et les refrains ultra accrocheurs. Quatre ans plus tard, ça ne va pas s’arranger pour les fans. amo coupe totalement le cordon avec toutes leurs sorties précédentes. Electro, pop, hip- hop, rock, c’est ça que vous entendrez pendant les 52 minutes et 13 morceaux qui composent cette nouvelle production.

Le principal souci d’amo, ce ne sont mêmes pas les chansons. C’est simplement que les quatre titres proposés en amont de la sortie officielle de l’album sont ceux le plus portés guitares de l’album. Du coup, difficile de digérer le reste d’une traite à la première écoute. « Mantra » aurait pu se retrouver sur That’s The Spirit et fait le lien entre les deux albums, « Wonderful Life » emprunte un riff à Limp Bizkit et balance du refrain catchy à qui veut bien tendre l’oreille (des cuivres sur le final et quelques mots susurrés par Dani Filth, tandis que « Medecine » et Mother Tongue » (d’où est tiré le nom de l’album) sont des titres qu’auraient pu composer Linkin Park, radiophoniques et suffisamment poppy pour attirer les ondes radio. Et que dire ? Ça fonctionne sans problèmes.
On retrouvera des traces de grosses guitares sur l’excellent « Sugar Honey Ice & Tea », où les synthés et les voix trafiquées sur le refrain son réellement bien vus et sur la bien nommée et beaucoup plus remplissage « Heavy Metal » (qui ne lnest pas vraiment). Le reste des titres naviguera donc bien entre electronica et hip-hop et pop. « Nihilist Blues » (avec Grimes en invitée) et « why you gotta kick me when I’m down » qui balancent synthé et beats, et réussissent à nous faire nous emballer bien qu’elles ne soient pas des chansons qu’on imaginait un jour sortir sur un disque de Bring Me The Horizon.
Par contre, quand le groupe se plante, il le fait bien comme il faut : « In The Dark » est trop gentillette et aurait pu être chantée par un épigone de Justin Bieber et « Fresh Bruises » sera aussi à mettre du côté des ratés.


La surprise viendra en fait de « don’t know what to say » qui clôt l’album de manière des plus orchestrales (sûrement inspiré de leur live au Royal Albert Hall où la bande avait été accompagné d’un orchestre symphonique) et est au final une belle réussite. C’est une ballade, mais elle tient le coup avec des paroles pleine de sensibilité à propos d’un proche atteint d’un cancer. On sent sur ce final que la groupe est en total contrôle de son son et ce n’est pas un hasard si amo a été produit par Jordan Fish et Oli Sykes. D’ailleurs on sent clairement l’énorme influence du claviériste-percussionniste-chanteur depuis son arrivée ; il n’est que se rappeler Worship, son ancien groupe de chillwave…
Ce n’est assurément plus du deathcore, mais depuis la sortie de leur premier album, Bring Me ne l’est plus véritablement. Il faudra donner du temps à ce disque, qui paradoxalement et malgré son apparente accessibilité, est tellement varié, que l’on a du mal à y trouver un fil conducteur. Une fois acceptée que le groupe ne reviendra plus jamais en arrière et avance comme bon lui semble, il sera plus aidé de reconsidérer Amo pour ce qu’il est ; un album concept autour de l’amour, beau et destructeur à la fois inspirée de la propre histoire de son frontman. Expérimental, hétérogène, bizarre, mais aussi hyper catchy, on ne pourra reprocher au combo de stagner au travers de cet opus.

***1/2

18 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Emarosa: « Peach Club »

Parfois, l’artwork en dit long sur le contenu sonique d’un album. La pochette du nouvel et cinquième album de la formation post-hardcore originaire de Lexington, Kentucky, est même carrément la continuation de ce que l’on peut y entendre. Une ambiance 80’s c’est la première chose qui nous vient à l’esprit à la vue de la pochette. Oubliez donc tout ce que vous savez de la bande, oubliez les grosses guitares (à peu de choses près), oubliez les refrains héroiques (ils ont même fini par s’autoparodier sur 131 sorti en 2016), et ouvrez bien grandvos oreilles. Et surtout ayez l’esprit ouvert. Un peu à la manière de Bring Me The Horizon qui a vu son univers évoluer drastiquement, Emarosa tout cassé ou presque pour reconstruire un son tout beau, tout neuf.
Foin de critiques, jamais la voix de Badley Warren n’avait autant mise en avant, jamais la section rythmique n’avait été aussi groovy et les guitares n’ont jamais sorti des mélodies aussi sexy. C’est une métamorphose totale que se déroule dans nos oreilles. Le premier single présenté à la toile, « Giving Up » annonçait de toute façon la couleur : funky, sautillant, des cuivres chauds et absolument indispensables, un refrain plus-catchy-tu-meurson ne peut plus  addictif; et si cette chanson est l’arbre qui cache la forêt, cette dernière est foisonnante et ce « Giving Up » n’était que l’amuse-bouche d’une sélection remplie de surprises toutes plus sucrées les unes que les autres.


La bande a choisi d’évoluer plutôt que de sortir le même album encore et encore. Et ils ont eu raison, car Peach Club va remporter le morceau. Des morceaux plus doux (« Don’t Cry », le très beau final « Wait, Stay » qui montre à quel Brendan a une voix absolument incroyable), du tube énorme rempli de synthés 80’s (« Cautious » et « So Bad »), de l’électro-pop (« Get Back Up », « Comfortable ») et le morceau qui fait le lien entre les prédécesseurs et leurs aspirations présentes (« Hell Of It » où les grosses guitares sont de sortie). 37 minutes et 11 morceaux plus tard, on a déjà envie de se remettre Peach Club entre les oreilles. C’est un bon signe.
On peut critiquer le fait que Emarosa soit devenu un groupe nettement plus pop avec ce nouvel album. Mais sans enlever les qualités de leur sorties précédentes (ils n’ont jamais été avares en refrains accrocheurs les bougres), on entre ici dans un autre monde. Et le point fort, c’est que malgré tous ces changements, on retrouve malgré tout leur patte, et cela ne pourrait pas être un autre groupe. Peach Club est une évolution que l’on en attendait pas d’eux et qu’on imagine sans retour en arrière possible.

***1/2

18 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Blanck Mass: « Animated Violence Mild »

On dira de cet album qu’il est peut être un poil plus hardcore que ses prédécesseurs, qu’il est plus orienté dans cette veine techno dérangeante, un peu bruitiste, un peu punk dans l’esprit mais aussi teinté d’IDM. Làs, de tout ces superlatifs, on écoutera, ici le dernier Blanck Mass qui se paye le luxe d’être de loin le meilleur du compositeur, l’écossais Benjamin John Power. Rythmique ultra, rapide, martelé comme sur des tambours de guerre, claviers puissant, mélodique et violents, chants syncopé à la limite de l’audible. Ici, tout est rapide, tout est fort, le volume est à fond et le bouton ne répond plus. C’est une charge violente contre le consumérisme qui détruit civilisation et planète, c’est tout un mode de vie qui est passé au hachoir à viande pour mieux en extraire l’insupportable.

A l’image de la pomme ensanglanté dans une main propre, d’une société d’apparence propre mais ultra violente dès qu’on qu’on gratte le vernis une société égoïste ou la survie passe par la mort, ou à minima la souffrance de l’autre, bref, un cauchemars de société mais une utopie du libéralisme dans toute sa splendeur.

Un autre niveau de lecture existe, plus simple, moins politisé, plus lumineux, qui reste toujours un peu en retrait, preuve qu’il reste quand même un peu d’espoir derrière la musique, malgré la rage qui transpire par tout les pores de ces huit pistes. Une manière de se mettre au niveau de la meilleure concurrence hardcore.

***1/2

17 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Frank Turner: « No Man’s Land »

A peine un an et demi après son dernier disque Be More Kind, Frank Turner sort on huitième album studio. Derrière le nom de No Man’s Land se cache un projet qui permet au chanteur anglais d’allier deux de ses passions : la musique et l’histoire.En effet, ce nouveau disque est un album-concept ayant pour objectif de mettre à l’honneur treize femmes dont les vies et histoires valent la peine d’être racontées aux yeux de Frank Turner. Plus concrètement, il s’agit de douze personnalités historiques, plus ou moins connues, et sa propre mère.
Par le passé, Frank Turner s’est toujours démarqué par sa volonté de se renouveler et de ne jamais rester enfermé dans un style ou une thématique prédéfinis. Ainsi, sur Be More Kind, il avait expérimenté avec des sonorités plus électroniques et des mélodies plus pop, s’éloignant du folk inspiré de punk auquel on s’était habitué. Ce nouvel album nous surprend de nouveau avec un style plus doux et épuré que ses précédentes œuvres.
No Man’s Land débute par deux titres qui ont tout ce qu’il faut pour attiser la curiosité. « Jenny Bingham’s Ghost » est une chanson folk entrainante et accrocheuse, suivie de « Sister Rosetta, » premier « single » sorti de cet album. C’est la chanson qui, musicalement, se rapproche le plus du Frank Turner qu’on connaît. Au niveau des paroles, on appréciera l’histoire de Sister Rosetta Tharpe qui, dès les années 1930, a joué un rôle prépondérant dans la création du genre du rock’n’roll et qui, après avoir été longtemps oubliée, a récemment été admise au Rock and Roll Hall of Fame pour ses mérites.
Après ce un début prometteur, l’album s’essouffle peu à peu, même si son hétérogénéité musicaled emeure assez remarquable. En effet, le style de chaque chanson s’adapte en fonction de l’histoire racontée. « The Death Of Dora Hand », par exemple adoptera un style country en adéquation avec la thématique Western que le titre abord ; quant à « Nic »a, titre faisant référence à la mécène de musique jazz Pannonica de Koenigswarter, Turner a opté pour un style jazz doux qu’on ne lui connaissait pas encore.


Les moceaux posés et calmes posés et calmes représentent, toutefois, des moments de répit bienvenus sur ses précédents albums, et ils constituent la majorité de No Man’s Land. Cela ppourrait s’avérer décevant pour ceux quin’ont d’yeux que pour l’énergie qui se dégageait d’albums comme Positive Songs For Negative People et England Keep My Bones.
Parmi les moments les plus forts de l’album, en revanche, on se devra de noter « The Graveyard Of The Outcast Death, » titre acoustique qui puise toute son énergie dans une montée en puissance progressive et l’ajout d’instruments et chœurs au fur et à mesure, comme pour mieux souligner le message de la chanson. « A Perfect Wife » se distinguera par une pop douce avec un riff accrocheur et une mélodie qui reste dans la tête, tandis que « Silent Key » sera une reprise de la chanson du même nom publiée initialement sur Positive Songs For Negative People.
Au niveau des paroles, cet album est de loin le plus ambitieux de la discographie de Frank Turner qui souhaite à la fois divertir et informer avec ces treize histoires. Pourtant, en trois minutes, on ne peut pas raconter la vie d’une personne. Même un parolier doué comme Frank Turner doit l’admettre. C’est pour cela qu’il accompagne la sortie de son nouvel album d’un podcast intitulé « Tales from No Man’s Land » qui lui donne l’occasion d’approfondir ses recherches sur les personnalités présentées dans ses chansons et d’échanger avec des spécialistes en la matière. Un nouvel épisode du podcast est dévoilé chaque semaine précédant la sortie de l’album. Une initiative originale et qui enrichit cet album-concept d’une autre dimension.
No Man’s Land va donc bien plus loin qu’un simple disque de musique. Il s’agit d’un projet ambitieux qui a pour objectif d’informer et de rendre hommage à des personnalités féminines fortes et souvent oubliées de l’histoire. Rien que pour cette idée originale et le message que Turner souhaite faire passer, ce nouvel album mérite toute notre attention, même si musicalement il a tendance à s’éloigner trop de ce qu’on apprécie chez Turner.
L’album ravira donc certainement ceux qui ne se contentent pas de la musique seule, mais qui ont envie d’aller plus loin et d’en savoir plus sur ces treize femmes qui sont aussi des icônes.

****

17 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Júníus Meyvant: « Rearview Paradise »

Un inédit inattendu de Júníus Meyvant ne peut causer qu’un soupir d’aise. Six mois seulement après Across the Borders, l’artiste et musicien islandais flamboyant vient de laisser tomber quelques morceaux conçus pour la majorité l’hiver, avec en plus une version retravaillée de « Carry On With Me », plus raffinée, sans ses pulsations originelles. Ce microalbum n’est ni tout à fait folk, ni tout à fait pop, ni seulement soul : Rearview Paradise est tout cela, une ravissante exécution qui renoue avec le côté minimaliste de Júníus Meyvant — ses constructions aérées, sa voix rude couchée sur des vagues — sans pour autant oublier son récent basculement dans la foison instrumentale.

Comment fait-il pour suinter autant d’extravagance et de simplicité mêlées ? Son caméléonisme est encore une fois l’essentiel du spectacle. Du puissant gospel-soul d’ »Ain’t Gonna Let You Drown », avec cuivres et piano, à la pop insulaire d’U »nder Violent Snow », introduite au clavecin, c’est de nouveau de la prestidigitation. Du vrai Meyvant.

***1/2

16 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

King Gizzard and the Lizard Wizard: « Infest the Nest’ Rats »

Avec cette bande de fous furieux, on ne sait jamais à quoi s’attendre, En avril dernier, on aurait pu faire part de certaines inquiétudes quant à la direction artistique plus « pop » entendue dans Fishing For Fishies ; disque alliant le boogie rock à des incursions dans le jazz qui évoquait à la fois les formations Steely Dan, The Doobie Brothers, T. Rex et Status Quo.

Mais c’était mal connaître la bande menée par Stu Mackenzie… la voilà de retour avec un quinzième album studio en sept ans intitulé Infest the Rats’ Nest. Enregistré avec seulement trois des sept membres originaux de la formation, King Gizzard and the Lizard Wizard plonge dans les origines du thrash metal. En effet, Stu Mackenzie et Joey Walker alternent entre la basse et la guitare et c’est le deuxième batteur de la formation, Michael Cavanagh, qui s’agite derrière les fûts.

Inspiré parSlayer, Metallica, Exodus Motörhead et consorts de cette bonne vieille époque, le trio ne perd rien de son ADN habituel. Sans conteste, Infest the Nests’ Nest est un album métal, mais à la King Gizzard and the Lizard Wizard… ce qui donne une parfaite mixture de thrash metal, de psychédélisme et de garage rock.

Les riffs sont d’une efficacité redoutable (le changement dans « Organ Farmer » est carrément jouissif !) et la voix de Mackenzie remémore James Hetfield (Metallica) et Denis « Snake » Bélanger (Voivod) à leur apogée. De plus, le penchant heavy rock de certaines pièces, comme « Mars for the Rich » et « Superbug », vient admirablement contrebalancer la frénésie thrash de chansons comme « Planet B » et « Self-Immolate ».

King Gizard and the Lizard Wizard se sert du métal pour passer un message écologique percutant : l’imminence de la destruction de notre planète. Manifestant un mépris et un dégoût sans équivoque pour le consumérisme, Mackenzie met en vedette des personnages en perdition (zombies, cannibales, etc.) dans des scènes apocalyptiques qui s’alignent parfaitement avec l’univers métal.

Les puristes de ce genre musical pourraient rechigner à l’écoute de cette relecture, mais ceux qui suivent les Australiens depuis leurs débuts seront subjugués par la maîtrise musicale incontestable dont ils font preuve. Actuellement, il y a peu de groupes qui peuvent rivaliser avec eux.

Bien au fait que la réinvention du rock est impossible – et pour toutes sortes de raisons qui seraient trop longues à expliciter dans cette critique – King Gizzard and the Lizard Wizard s’efforce tout simplement d’approfondir ses connaissances du rock et de toutes ses déclinaisons, sans aucune exception. Les Aussies nous refont le coup du changement de cap inattendu. Encore une fois, c’est un pari hautement réussi !

****1/2

16 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Lena Andersson: « Söder Mälarstrand »

Lena Andersson est un personnage de fiction créé par Kyoka une artiste japonaise et Eomac, pricteur irlandais. S’étant rencontrés à Stockholm au sudio EMS, il décidèrent très vite de travailler ensamble sur le système audio Buchla dudit studio.

Par la suite, ils se sont mis à travailler sur de nouvelles sources sonores instrumentales au studio Etopia basé à Saragosse.
Pendant ces improvisations une base de travail marquée par le principe de suestions/réponses a été établi entre les deux artistes, chacaun s’appuyant sur ses propres ressources et se nourissant du talent de l’autre.

L’approche expérimentale de Kyoka est libre et elle contraste habilement avec les montages habiles de Eomac, ces réflections non conventionnelles devenant la force motrice du tandem. Kyoka se délecte de « field recordins » une arabesque de fragments vocaux viennent perurber les apports rythmiques charpentés de Eomac comme sur « Das Tier » par exemple. « 39 Years Later » ou « Mystic » s’épanouissent sur une texture vive qui aura été condensée sur la console de mixage de manière à amplifier ls dramaturgie du moment évoqué.

L’immédiateté de cette collaboration sera à la base d’une synergie des techniques de production de chacun des artistes ; une stratégie sans faille à laquelle ne manque ni la liberté créative absolue ni la conscience professionnelle de la fonction musicale.

Söder Mälarstrand capture ainsi la collaboration intuitive entre les deux producteurs au travers de leur dialogue et de leurs origines géographiques, le titre de l’album étant un hommage de ce Stockholm qui aura réuni les musiciens.

***1/2

16 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Mårble: « Criminal Russia »

Nommer son album Criminal Russia tout en venant de Sibérie fleure bon une certaine ironie, pourtant l’univers Mårble n’a rien à voir avec celui du réalisme, soviétique ou pas. Au contraire, Anton Glebov alias Mårble va chercher son inspiration dans des racines plus immémorielles faites de contes de fées ou l’environnement est celui de faune et flore fantastiques, d’où le surréalisme n’est jamais loin.

Cette recherche poétique se traduit musicalement par des grooves jazzy et des espaces incertains à la lisière de l’apesanteur et de l’abstraction. Pour cela l’artsite manie avec subtilité les contrastes et les nuances, environnement sunraturel qui vise à, magiquement, nous capter. Spirituellement on sera loin de tout matérialisme ; l’onirisme n’est jamais loin, toujours présent dans sa ferveur animiste et païenne.

***1/2

15 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Metz: « Automat »

Toujours aussi cacophoniques, les trois enragés canadiens de Metz nous offrent un album de diverses pépites. La compilation de raretés qui ne sont plus trouvables, ou que personne ne cherchait vraiment explose de partout. Le trio brille dans le chaos. Ils continuent d’explorer les différentes manières de hurler, pour notre plus grand plaisir. C’est effréné. La batterie coupe le souffle comme un coup de coude dans les côtes, la guitare grafigne la peau, pendant que la voix pue la tequila et le sel. Attention à vos plaies apparentes.

Si c’est votre entrée en matière avec le groupe, vous aurez droit à un tour d’horizon assez complet de ce que le trio canadien à offrir. Ils prouvent qu’ils sont à leur place autant dans les bombes punk rock courtes (« Dirty Shirt ») que les moments plus en longueurs qui rappelle presque la lourdeur progressive du métal. L’influence lourde du métal se fait plus sentir d’ailleurs dans l’album en passant par moment par le drone. D’ailleurs, la finale massivement bruyante d’Eraser, après une introduction qui aurait pu être écrite par Ty Segall, me donnait l’envie d’en entendre plus. En utilisant judicieusement la distorsion, « Leave me Out » paraîtra plus longue qu’elle ne l’est. Les notes s’étirent à l’infini ou c’est peut-être le bruit résiduel de mes nouveaux acouphènes.

Ceux qui connaissent le groupe seulement avec leurs parutions sur Sub Pop seront contents de découvrir de leurs idées parues avant la signature avec la maison de disque légendaire. De vieilles idées, mais qui sonnent comme des nouvelles. Entre les deux, on pourra préférer les plages plus longues. « Ripped on the Fence » étonnera par les variations beaucoup plus complexes que ce qu’ils nous ont habitué. Ils s’essaient même à des rythmes franchement déconstruits (« Soft Whiteout, Lump Sums » et la chanson-titre,) qui donnent l’impression d’être des improvisations restructurées où la distorsion fait loi.

Au final, aucune déception, quelques beaux moments et plusieurs petits éclats de génie grinçants. Cet album intermède est diablement efficace, prend presque des allures de compilation « live » avec les qualités d’enregistrements à la qualité variable. Pour d’autres artistes, peut-être que cette inégalité technique dérangerait, mais pour Metz ça s’emboîte parfaitement à leur univers à cran.

***1/2

15 août 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire