The Lemon Twigs: « Do Hollywood « 

Que les têtes pensantes des Lemon Twigs, les frères Brian et Michael D’Addario, soient vêtus de vêtements «  vintage  » fleurant bons les sixties et qu’ils se considèrent comme des «  étrangers dans le monde moderne  » rappellent immanquablement ce titre de Brian Wilson, «  I Just Wasn’t Made For These Times  ».

Bien que de Long Island, le son du combo semble, lui, définitivement figé sur cette période certes, mais aussi sur certains de ses représentants issus de la Côte Ouest. La lignée Beach Boys y est évidente, mais aussi d’autres influences comme Tom Petty, les Beatles, la pop AM acide et Harry Nillson.

Sur Seine (Rock en Seine oblige) on pourra y découvrir les mânes théâtrales et bondissantes de Alice Cooper ou Sparks, mais aussi celles des Doors,de Janis Joplin, Tim Curry ou même des Mothers of Invention.

Spectaculaire et hypnotique, le groupe l’est indéniablement, mais c’est avant tout le talent mélodique du duo qui peut inciter à se plonger dans l’écoute de leur seul et unique album le bien nommé Do Hollywood.

Certaines des compositions sont, en effet, plutôt directes et instantanées («  Baby Baby  », «  These Words  ») mais un bon nombre d’entre elles se veulent passablement bizarres, par exemple «  Those Days Is Comin’ Soo  », un titre classic rock subverti par des codas étranges et des changements de tempo évoquant Brian Wilson ou Sgt. Peppers.

Sur « Haroomata » le même procédé burlesque évoquera, lui, une absurdité que ne renierait pas Benny Hill alors que « As Long As We’re Together » cultivera cette psychedelia qui sent bon le confort de l’ouvrage bien fait dans lequel on peut se claquemerer. C’est au détour de ces deux tendances que se révèleront l’habileté du combo à esquisser inventivité sans flagornerie aucune, bref à se montrer impressionants et originaux. La comparaison à Harry Nillson y est on ne peut plus évidente ne serait-ce que par des arrangements irrépochables ou des ballades au piano de type « How Lucky Am I ? » ou lesouriant « I Wanna Prove To You ».

Une bonne moitié de Do Hollywood est, à cet égard, réjouissante même si on y sent certaines lacunes en termes de cohésion. Il est, en effet, parfois difficile de pouvoir suivre un thème sans que les compositions ne soient pas affectées par des renversements drastiques comme si Lemon Twigs s’évertuaient à faire étalage de versatilité plutôt que de nous épargner le moindre ennui. Les variations des chorus deviennent alors forcées, peinent à nous accrocher et à soutenir notre attention.

Do Hollywood nous empêche, finalement, de nous installer non pas par manque dinspiration mais par une déficience en terme de focalisation. L’album aurait pu être un fantastique EP s’il n’avait pas été grévé par sa nature schizophrénique ; voilà un opus qu’il est diffile d’aimer pleinement mais qui est suffisamment accrocheur pour qu’on s’autorise de multiples écoutes.

****1/2

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s