Ty Segall: « Freedom’s Goblin »

Freedom’s Goblin est le 10° album en 10 ans de notre garae-rocker favori. Sa prolixité se dénombre aussi sur sa durée (19 plages et 75 minutes) le tout rempli d’explorations soniques et de ces caprices musicaux éphémères qui font partie de son essence. Seule différence, au lieu de les émietter sur divers projets, les voilà tous réunis sur un opus qui se veut gargantuesque.

Le titre d’ouverture, « Fanny Dog », démontre combien Segall s’est éloigné de ses débuts lo-fi subtils et nuancés. Ici, nous sommes conviés à une présentation triomphante et dramatique, nourrie de guitares cacophoniques et de basses pénétrantes le tout pour célébrer … l’intelligence de son chien (sic!). C’est une notule charmante car irrévérencieuse, en phase parfaite avec le propos du chanteur qui se sent ouvertement indifférent à la marche du monde et choisit de se concentrer sur le rock and roll, pur et dur.

Ne pas se montrer simplificateur consistera alors de nous abreuver de longs solos de guitare (« And Goodnight », « She, » ou « Alta ») mais le disque nous offre également es pauses acoustiques plus reposantes (« The Last Waltz », « The Lady’s on Fire » ou, a contrario, des basses sanguinolantes (« Talking 3 », « The Main Pretender »).

« Meaning », « Despoiler of Cadaver » et une reprise crasseuse du « Every 1 is a Winner » de Hot Chacolate assurera cette diversité dont se réclame l’artiste mais ce seront les passages les plus directs et tamisés qui procureront les plaisirs auditifs les plus gratifiants (« You Say All the Nice Things » ou « I’m Free ».)

«  5 Ft.Tall » représentera le passage audacieux indispensable à tout album du musicien mais l’ensemble de Freedom’s Goblin témoignera avant tout de l’assurance que peut avoir Segall à se plonger sans hésitation dans tous les abysses musicaux qui lui viennent à l’esprit.

Prolixe mais avant tout bourreau de travail malgré un semblant de désinvolture, Freedom’s Goblin est le nouvel opus d’un artiste qui n’hésite toujours pas à s’emparer sans vergogne du fameux slogan acid rock de la West Coast : « turn on, tune, in, drop out »).

***1/2

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