The Jacques: « The Four Five Three »

Après la mort tragique de Will J Hicks qui, depuis longtemps, était leur bassiste ainsi que quelques changements de personnel, les Jacques se sont installés sur un line up stable comprenant Finn O’Brien (voix, guitare), Elliot O’Brien (batterie), Harry Thomas (claviers) et James Lay (basse). Venant de Bristol et de Londres (le guitariste, et chanteur/compositeur, Finn O’Brien et son frère Elliot O’Brien aux percussions) sont tous deux nés dans la capitale anglaise et ont été élevés et scolarisés à Bristol, avant de revenir à Londres. Leur premier album, The Four Five Three, oscille entre des influences punk abrasives et déformées, une instrumentation chaotique et une luxuriante dream-pop.

L’album s’ouvre sur « Born Sore », un morceau de musique assez sombre sur la naissance, la fertilité et le péché originel. Une batterie, des synthés déformés et une ligne de basse lancinante nous mettent sur la voie avant que la voix discrète de Finn O’Brien ne donne à ce morceau un air plutôt menaçant. Les chansons se construisent au fur et à mesure de leur progression avant de se terminer presque abruptement. « Kiss the Pharaoh » était une proposition intéressante qui semblait parfois avoir un léger accent égyptie, mais, une fois de plus, c’e sera une composition intense et sombre, avec un chant plus profond presque obscurci tout au long.

« Swift Martin » arborera un vrai rythme électronique avec des accords de guitare qui s’écrasent et une batterie qui suit le rythme. C’est une autre chanson qui encourage l’interprétation religieuse, car le chant de Finn O’Brien semble se dissimuler dans la cacophonie du bruit et qui rappelle par moments Gang Of Four. « Do Me For A Fool », lui, évoquera The Libertines à première écoute ; un air joyeux qui semble être un éloge de l’amour et qui est très différent de ce qui s’est passé auparavant sur le plan musical.

« The Ugliest Look » se moque des cercles sociaux prétentieux qui entouraient l’époque de Finn au Goldsmiths College et où les paroles complexes sont partagées rapidement sur une toile de fond musicale merveilleusement animée. « Count On Me Pt 1 » et « Count On Me Pt 2 » bien que séparés sur le disque sont presque des images miroir l’un de l’autre, toutes deux des compositions floues, grunge et décontractées avec une voix déformée et des paroles indéchiffrables.

« Tiny Fuzzy Parasite » et « Cradle My Heart » sont pris en sandwich entre les deux parties de « Count On Me » et « Tiny » était censé être écrit comme une parodie assez effrayante, mais véhiculant un charme doux et sirupeux. Le sujet concerne le fait que nous avons chacun notre propre version de Dieu. Bien qu’il ne soit pas un prêcheur, on peut lui trouver un attrait sous-jacent et une vibe musicale plus lourde.

Mamacita est un mot utilisé pour désigner ou décrire une belle femme ou une belle fille et « Holy Mamacita » est une chanson d’amour avec une petite pirouette où il sera question de laisser tomber quelqu’un. C’est un titre qui transmet doucement le message, avec des voix délicatement partagées. « Hendrik » est le plus ancien morceau de l’album et a été renommé pour célébrer l’un des amis les plus proches de Finn qui avait toujours aimé cette chanson avant sa mort. L’interprétation y assez rapide, jouée de façon complexe, verbeuse mais extrêmement agréable.

« Taste The Mexican Sun » est tiré d’une légende apparemment dénuée de sens que Finn et Will ont remarqué sur un gobelet en plastique alors qu’ils traînaient dans un festival de musique. Il s’agit d’une autre balle courbe avec une légère touche mexicaine due à ce qui semble être une trompette jouée tout au long du numéro. La voix de Finn se fond presque dans le mixage, ce qui lui donne un charme envoûtant.

L’album se termine avec « God’s Lick » qui évoque des souvenirs doux-amers de sessions de jam sans fin lorsque Will était dans le groupe. C’est un morceau partagé en toute tranquillité qui semble flâner avec peu de direction ; un choix intéressant pour clore l’album.

Le groupe a été décrit comme granuleux, déformé, luxuriant, rêveur, discordant, infectieux, inventif, évocateur, romantique et ridicule. Une évaluation juste et la plupart de ces descriptions sont reprises dans The Four Five Three. Il y a, certes, beaucoup à apprécier avec cet album, mais jil donne parfois l’impressiond’avoir été réalisé pour plaire à toute le monde. Il sera, par conséquent, intéressant de voir comment et vers où le groupe va s’acheminer.

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