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theAngelcy: « Nodyssey »

theAngelcy est totalement méconnu sur nos terres, ce qui est un peu logique en raison de son origine, Israël, et  ce, malgré l’intérêt qu’avait soulevé leur indie folk de leur premier album en 2014, Exit Inside.

Ce que l’on retient chez theAngelcy est leur capacité de mêler indie folk aux influences balkaniques et tziganes. Et cette fusion se fait bien ressentir sur des titres chaleureux et romantiques de « Rising » à « Vera » en passant par les allures de Fleet Foxes sur « Breakdown » et de The Decemberists de la belle époque sur « Cetacean Stranding ».

A coup de guitares acoustiques, de clarinettes et de violons, le groupen’est jamais avare en arrangements notamment sur des morceaux plus rythmés comme « Everyone (and Their Mom) ». Nodyssey s’avère être une écoute plutôt sympathique même si on peut relever tout de même quelques passages à vide avant que cela ne reparte avec « Mona Lisa ». Clôturant l’opus avec le morceau-titre, theAngelcy prouve qu’il n’est pa dépourvu d’originalité même si on aurait préféré quelque chose de plus accrocheur.

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8 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Luca Forcucci: « B(l)(e)(e)(n)(dings) »

Accompagné de la pianiste et ethno-musicologue Cara Stacey et du poète et musicien Mpho Molikeng, tous les deux d’origine sud-africaine, Luca Forcucci livre un album B(l)(e)(e)(n)(dings qui fait la jonction entre instruments indigènes et modernité électronique.

B(l)(e)(e)(n)(dings est une expérience qui se vit de l’intérieur, procurant des sensations familières par des procédés qui ne le sont pas. On est transporté et balloté par les vagues successives d’instruments traditionnels s’imbriquant dans des bribes de sonorités électro-acoustiques aux origines diverses, créant des paysages aux frontières instables recouvertes d’un voile de poésie taillé dans une matière poreuse.

B(l)(e)(e)(n)(dings est le fruit d’une étroite collaboration entre les trois participants, chacun apportant ses connaissances et son ressenti, mixant les cultures et le temps, les techniques et les émotions, le tout appuyé en concert par les films de travaux d’agriculteurs dans les champs, en Afrique du Sud et au Lesotho, filmés par Phill Niblock dans les années 70, connu pour avoir produit l’album d’Arthur Russell, World Of Echo. Un fort beau voyage.

***1/2

27 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Synaesthesis: « Another Point of View: Lithuanian Art Music »

La Lituanie n’en finit plus de révéler de jeunes artistes, qu’ils soient compositeurs ou musiciens, à l’image de l’ensemble de musique contemporaine Synaesthesis, formé par le chef d’orchestre Karolis Variakis et le compositeur Dominykas Digimas, entourés d’une pléiade de musiciens, partageant avec eux le goût pour la musique contemporaine sous toutes ses coutures.

Avec leur premier album Another Point Of View: Lithuanian Art Music, Synaesthesis marque les esprits par sa capacité à s’approprier les oeuvres de jeunes compositeurs lituaniens tels que Dominykas Digimas, Andrius Arutiunian, Julius Aglinskas, Rita Mačiliūnaitė, ainsi que celles de plus anciens comme Ramūnas Motiekaitis, Rytis Mažulis et Ričardas Kabelis, et en offrir un lecture minimale intense, où les silences ont leur espace.

Synaesthesis s’inscrit dans les formations de musique contemporaine qui comptent, combinant pour chaque titre les musiciens les plus adéquats, de manière à frapper nos oreilles sans ornements. Un opus qui livre une partie des capacités d’un groupe qui devrait continuer à faire parler de lui dans les sphères appropriées. Très fortement recommandé.

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Nkisi: « 7 Directions »

Née en République Démocratique du Congo, Nkisi a grandi en Belgique avant d’émigrer à Londres. Ces changements géographiques et culturels ont certainement eu une incidence sur la création de celle qui est aussi,  la co-fondatrice du collectif NON Worlwide.

7 Directions respire superbement la transe héritée des rythmiques africaines, qui vous transporte du coté de cette animalité intérieure, que la musique révèle sur les pistes de danse.

Nkisi conjugue les éléments avec élégance, enrobant de nappes évanescentes une production enracinée dans des énergies telluriques qui font vibrer nos sens et respirer notre intellect.

Expérimentaux de par leur façon naturelle de marier les cultures, les sept titres qui composent l’album forment un tout synergique, concentré vers un futur en mouvement, sur lequel plane les fantômes de la culture bantoue aux migrations constantes, répartie sur le continent africain et réunie par les langues.

Les sonorités organiques des rythmiques contrastent avec l’électronique, tout en élaborant un monde singulier qui doit autant à la culture occidentale qu’à son héritage africain, proposant un univers complexe à l’approche hypnotique, qui voit éléments gabber et techno indus se diluer dans des marées de mélodies venimeuses, surgissant de jungles luxuriantes auréolées de puissance et de légèreté.

***1/2

7 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

El Búho: « Camino de Flores »

Robin Perkins et un producteur de musique britannique qui travaille sous le nom de scène El Búho. Non seulement est-il dépourvu d’attaches géographiques, son répertoire musical semble vouloir s’apparenter à ce même cheminement Camino de Flores, son deuxième album, est une escapade de sons ambient en plusieurs lieux frémissants — jungle, plage, espace, piste de danse — qui ne se décrit pas tout à fait unilatéralement.

El Búho aime en effet superposer des couches mélodiques, où se distingue néanmoins toujours un droit fil, et jouer sur des sons trompe-l’oeil : ce bruit d’insectes (véritable), ne serait-ce pas finalement des percussions ? Très inspiré par la nature, cet album divertissant est parfois calme (« Mirando el Fuego »), mais sa ligne est surtout pulsatile, façon électro de jardin, avec un bel enrobage de rythmes latins, avec flûtes et vents andins — sorte de joie insouciante qui, parfois, trempe dans une vase inquiète (« Mot Mot »). Voilà le travail curieux d’un vrai caméléon.

***1/2

19 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Ecovillage: « Sacred World »

Voulu et conçu comme un voyage intérieur autant pour ceux qui l’ont composé que pour l’auditeur, Sacred World est l’œuvre de Ecovillage, un duo suédois (Emil Holmstrom et Peter Wikstrom), accompagné ici du musicien Gayle Ellett.
Un album d’une beauté incroyable, nourri de sonorités aussi diverses que variées issues d’instruments traditionnels (Harmonium, guitare, Ukulélé, flûtes, Tanpura, Udu…) mais aussi de fields recordings, de fragments sonores (bruits de la mer, chants d’oiseaux…) captés en Californie ou au Maroc.

Démarrant sur une tonalité ambient guitar, l’album ne cesse d’évoluer au fil de titres plus lumineux les uns que les autres, renvoyant en permanence à l’auditeur des ondes positives et bienfaitrices.
Derrière ses allures de musique new age dédiée à la médiation, Sacred World n’en reste pas moins un solide album d’ambient music, mélangeant avec délice sonorités acoustiques et électroniques pour un voyage musical au coeur de différentes cultures, de différentes époques. Une merveille !

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3 décembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Elisapie Isaac: « The Ballad Of The Runaway Girl »

Les chanteuses folk venues du Nord ont quelque peu le vent en poupe, Elisapie Isaac est peu ou prou de cette lignée mais à un niveau plus septentrional puisqu’elle est née d’un mère inuit et d’un père terre-neuvien et vit désormais dans l’Arctique canadien.

The Ballad Of The Runaway Girl est son quatrième album et, à l’image de ses racines cosmopolites, il est enregistré alternativement en Anglais et en Langage inuit. Son univers est ici épuré mais savamment orchestré ; une musique un peu world et sans frontières où cohabitent blues, rock ,folk ainsi que climats hantés comme, par exemple, dans le refrain de « Don’t Make Me Blue »,.

Sans frontières mais aussi sans âge, il est avant tout ici question de prêter hommage à ses racines avec un adjuvant de taille, celui d’une voix vectrice d’émotions (« Una », ou la ballade « Rodeo (Yadi Yada) » dans un esprit très proche de Mazzy Star).

Les références à son indemnité sont, bien sûr, légions à l’exemple de « Qanniuguma » ou des humeurs contemplatives de « Darkness Bring the Light ».

Tradition et modernité se juxtaposent alors comme pour montrer que, toute « runaway girl » qu’elle puisse être, Elisapie Isaac se situe avec grâce ailleurs.

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7 novembre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Brwon Bird: « Axis Mundi »

Voilà environ un an, le chanteur et guitariste de Brown Bird, David Lamb, succomba à une leucémie à l’age de 36 ans. Son groupe, réduit très vite à un duo avec sa femme MorganEve Swain, construisait une carrière artistique ascendante tant elle était talentueuse et unique. Elle combinait en effet le folk, le rock et des les nourrissait de souches d’Europe de l’Est et extrême orientales intrigants et façonnait un univers musical extraordinaire de passion et d’émotion.

Fits of Reason fut leur seul et unique album et, si il marquait une évolution vers le « mainstream », maintenait sa singularité. Avant sa mort, Lamb avait enregistré des demos et celles-ci furent complétées par Swain, son frère et un ingénieur du son pour qu’elle soient restituées dans leur intégrité.

Axis Mundi est une expression tirée des carnets de Lamb et représente l’endroit où la terre et le ciel se rencontrent. C’est un disque plus orienté vers le rock mais il conserve les idiosyncrasies « world » qui caractérisaient le duo. On ne peut, derrière l’énergie, occulter l’approche sombre des choses que Lamb souhaitait mettre en place ici. « Pale and Paralyzed », « “Forest of Fevers » et « Tortured Boy » en sont témoignage même si, malgré des vocaux un peu enregistrés en-dessous, ce sont des titres qui impliquent une forte détermination de par l’interprétation qui en est donnée.

Swain a choisi de conserver certains titres instrumentaux tels quels mais les parties où elle a ajouté ses vocaux, par exemple sur «  Novelty of Thought », montrent une concision et une résolution parfaitement en phase avec son époux.

L’appréhension qu’elle a de lui et de son œuvre est le plus bel hommage qui pouvait lui être rendu et, même si certains passages auraient pu être dégrossis, Axis Mundi est certainement le disque le plus fort que le duo a et aurait pu réaliser.

***1/2

1 mai 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Mark Olson: « Good-bye Lizelle »

Mark Olson semble avoir fait le deuil de ses précédents partenaires (The Jayhawks puis Mockingbird Time) et Good-bye Lizelle est son premier album solo depuis quelques années. On le voit ici travailler en duo avec Ingunn Ringvold et nous proposer un mélange assez riche d’arrangements qui prendront de court tout amateur d’americana traditionnelle et de vocaux peinés se fondant avec la voix plus douce de Ringwold.

L’instrumentation est organique interprétée par Neal Casal des Cardinals, Aaron Sterling (Liz Phair) et Danny Frankel (kd Lang) et on assiste ici à aucune démonstration d’égos. Les compositions sont livrées avec ce naturel de ceux qui n’ont plus rien à prouver et elles sont, pour la plupart, issues d’enregistrements pris sur le vif qui se lisent comme un carnet des voyages que Olson a entrepris ces derniers temps (Arménie, Afrique du Sud, Finlande ou Tchéquie).

Ainsi « Jesse In An Old World » affiche une tonalité très orientale, « Lizelle Djan » semble tiré d’un clavecin façon sonate de Purcell ou « Running Circles » voyage de manière hybride entre une bande-son à la James Bond et concoction japonaise à grand renfort de cordes frappées et d’harmonies vocales.

«  Heavens Shelter » reproduira la même délicatesse ne serait-ce qu’au niveau du chant, des lignes de guitares toute simples et de la voix fragile de Ringwold qui rappellera ici celle de Stevie Nicks.

L’album restera toutefois bien enraciné dans les USA en particulier avec la rythmique en staccato de « All These Games » ou la mélodie sinueuse et pop de « Cherry Thieves ».

Aucune mauvaise chanson ici, juste divers degrés dans l’excellence ; on sort de l’écoute du disque comme revigoré et rafraichi. Good-bye Lizelle est un bel exemple d’artiste qui suit son instinct créatif, jamais il n’a sonné aussi libre et inspiré.

***1/2

13 avril 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire