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JEFF The Brotherhood « Hypnotic Nights »

JEFF The Brotherhood est effectivement une fratrie, Jake et Jamin Orall, composée donc de deux éléments dont aucun d’entre eux, facétie oblige, ne se prénomme Jeff . Hypnotic Nights est leur septième album, le premier pour une « major ». Cela ne va pas pour autant changer la nature de leur répertoire (un mélange de power pop, de heavy rock et de garage (on pense à Weezer) même si, passage chez Warner Bros aidant, ils ont pu bénéficier de moyens plus conséquents. On retrouvera donc aux manettes et à la guitare le de plus en plus demandé Dan Auerbach des Black Keys.

Sur ce plan-là, le son va devenir plus ramassé et constant, s’éloignant peu à peu des tonalités psychédéliques que le groupe affectionnait auparavant. Leur disque précédent, We are The Champions sic!) avait développé un style fait de décontraction et d’une certaine impression de laisser aller (le « slacker rock ») ; si celui-ci perdure, par exemple sur les morceaux d’ouverture « Country Life » et « Sixpack », Auerbach va s’efforcer d’arrondir un peu les angles.

Hypnotic Nights va donc se révéler plus « réfléchi » dans la mesure où les riffs saturés qui ornaient les compositions « power pop » précédentes et leur prodiguaient versatilité sont remplacés par une approche plus monocorde, comme si, un bon ombre d’années plus tard, le duo embrassait la cause « grunge ».

Cette méthode a ses avantages et ses inconvénients. Les bonnes nouvelles seront que, à l’instar de We Are The Champions, « Hypnotic Mind » délivre un solo de guitare incandescent et propre à réjouir ses fans précédents, que « Staring at the Wall » rappelle ces hymnes à une adolescence frustrée auxquels Jay Reatard nous a habitués et que « Mystic Portal II » s’envole sous un flot de cithares.

À la décharge du groupe, et peut-être qu’Auerbach aurait du imposer sa patte, le disque souffre d’un manque de cohérence évident. La dynamique est présente mais les frères Orall auraient certainement bénéficié de voir leurs compositions être plus canalisées. On s’interroge ainsi sur le choix d’une reprise de Black Sabbath, « Changes », empesée dans des synthés pour clore le disque. Il semblerait que, conscients du côté répétitif et pesant de compositions parfois balourdes, JEFF The Brotherhood ait, artificiellement, opté pour cette dérivation. Ne reste plus qu’à espérer que celle-ci ne se transforme pas, par la suite, en dérive…

29 novembre 2012 Posted by | On peut faire l'impasse | , , , , , | Laisser un commentaire