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Cut Worms: « Hollow Ground »

Cut Worms est le projet musical du jeune auteur-compositeur-interprète et musicien venu de Brooklyn nommé Max Clarke qui est baigné dans les années 1960 comme l’atteste son premier album intitulé Hollow Ground.

Composé de dix morceaux, Cut Worms aura de quoi rivaliser avec Jacco Gardner et sa pop baroque résolument vintage et doucement psychédélique. Il n’y a qu’à juger les écoutes de l’introduction nommée « How It Can Be » pour s’en apercevoir sans oublier les arrangements martiennes des titres comme « Don’t Want To Say Good-bye » et la version retravaillée de « It Won’t Be Too Long ». On peut bien sûr compter sur la patte de Jonathan Rado de Foxygen à la production qui se fait ressentir sur des ritournelles rétro de « Till Tomorrow Goes Away » et de « Hanging Your Picture To Dry ».

Entre son interprétation rappelant quelque peu Bob Dylan des débuts et ses compositions sentant bon les virées nocturnes et lunaires, il n’y a qu’un pas chez Cut Worms. On peut aussi bien taper du pied sur « Think I Might Be In Love » et sur « Cash For Gold » que de planer à l’écoute de la romantique conclusion qu’est « Mad About You » prouvant que le natif de Brooklyn réussit plutôt bien dans son registre bedroom-pop aux allures 60’s. Hollow Ground est une plutôt bonne entrée en matière, et même bouffée d’air frais dans ce milieu bien concentré.

***1/2

13 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Hollow Hand: « Star Chamber »

L’Angleterre regorge de songwriters légendaires et l’île semble y donner naissance de façon régulière. Peut-être Max Kinghorn-Mills s’ajoutera-t-il à cette liste. Si la question se pose c’est parce que le bonhomme, assorti de son groupe Hollow Hand, vent de sortir un album, Star Chamber, qui ne peut qu’évoquer les mânes de Syd Barrett.

Produit « at home » ce n’est pas pour autant un opus bricolé. Les bruits qu’i s’y insinuent sont délicats et les harmonies vocales délicieusement ajourées comme aux plus beaux temps de cette pop folk british et de ces dérivations baroques.

Les guitares sont entrelacées en arabesques au sein de rillons qui font comme partie d’un paysage bucolique , les guitares acoustiques se mêlent aux orgues avec une simplicité qui cache la travail performant des arrangements.

 «  One Good Turn » ira chercher les Byrs ou Love, «  Blackberry Wine » évoquera le Paul McCartney de Ram et « World Outside » lorgnera du côté des Kinks.

On n’oubliera pas les incontournables, à savoir les Beatles ( « It’s You », « Made Up My Mind »), Fairport Convention (« Two Of Us « ) ou, plus proche d’aujourd’hui, Midlake avec les somptueux les choeurs de « Land Of The Free ».

Dire que Star Chamber est une réussite se doit d’être modulé par l’adjectif »totale » . Aussi bien dans l’épique que dan l’intimiste, l’album ne peut que nous caresser dans le sens des poils, ceux qui affleurent à la peau et ceux aussi qui s’épanouissent en nuées gracieuses autour de l’esprit.

****1/2

2 novembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

The Black Hollies:  » Somewhere Between Here And Nowhere »

The Black Hollies sont certainement Somewhere Between Here And Nowhere car après tout il y a peu d’appréciations pour un groupe « classic rock » au milieu de l’effervescence indie. Il y a pourtant un son qui restera perpétuellement d’actualité et c’est celui-ci que The Black Hollies souhaitaient recréer.

Le combo a passé plus de trois ans à creuser le rock des sixties ; abordant le blues-rock et ses « raves », la pop baroque mélancolique, la psychedelia incandescente et même le son des groupes de la British Invasion.

Ce trio du New Jersey avait donc peaufiné le revivalisme au point d’en faire une science mais il lui semblait nécessaire de changer sur ce 4° album. Justin Angelo Morey composa une toute nouvelle panoplie de titres enregistrée sur une durée de plusieurs années. Tout en n’abandonnant pas leur son psychédélique épais ils l’ont cependant mis à jour en éraflant quelque peu leurs titres autrefois cristallins.

On retrouve donc ici des éléments venus d’un spectre plus large : le « drone » hypnotique des 90’s façon Spacemen 3, les rythmiques entraînantes du rock allemand des 70’s ou le garage-pop constellé de « reverb » de contemporains comme The Black Lips.

Cette métamorphose était osée mais elle est dans l’ensemble réussie. La production est détonante et riche, peine de riffs tranchants et d’atmosphères nuancées et le travail du groupe (en particulier Jon Gonnelli aux claviers vintage) est excellent. Les compositions s’emboîtent comme sur un concept album qui n’en serait pas un, chacun partageant la force de son cœur mélodique et de ses tonalités brumeuses. « When It’s Time To Come Down » est vrombissant, morceau phare d’un disque qui comporte sa propre unité. The Black Hollies se sont rapprochés de Jesus & Mary Chain en n’en gardant que le nécessaire, ils cessent aujourd’hui d’être la transposition de ce merveilleux groupe qu’était The Left Banke.

★★★½☆

19 novembre 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire