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King Gizzard and the Lizard Wizard: « Infest the Nest’ Rats »

Avec cette bande de fous furieux, on ne sait jamais à quoi s’attendre, En avril dernier, on aurait pu faire part de certaines inquiétudes quant à la direction artistique plus « pop » entendue dans Fishing For Fishies ; disque alliant le boogie rock à des incursions dans le jazz qui évoquait à la fois les formations Steely Dan, The Doobie Brothers, T. Rex et Status Quo.

Mais c’était mal connaître la bande menée par Stu Mackenzie… la voilà de retour avec un quinzième album studio en sept ans intitulé Infest the Rats’ Nest. Enregistré avec seulement trois des sept membres originaux de la formation, King Gizzard and the Lizard Wizard plonge dans les origines du thrash metal. En effet, Stu Mackenzie et Joey Walker alternent entre la basse et la guitare et c’est le deuxième batteur de la formation, Michael Cavanagh, qui s’agite derrière les fûts.

Inspiré parSlayer, Metallica, Exodus Motörhead et consorts de cette bonne vieille époque, le trio ne perd rien de son ADN habituel. Sans conteste, Infest the Nests’ Nest est un album métal, mais à la King Gizzard and the Lizard Wizard… ce qui donne une parfaite mixture de thrash metal, de psychédélisme et de garage rock.

Les riffs sont d’une efficacité redoutable (le changement dans « Organ Farmer » est carrément jouissif !) et la voix de Mackenzie remémore James Hetfield (Metallica) et Denis « Snake » Bélanger (Voivod) à leur apogée. De plus, le penchant heavy rock de certaines pièces, comme « Mars for the Rich » et « Superbug », vient admirablement contrebalancer la frénésie thrash de chansons comme « Planet B » et « Self-Immolate ».

King Gizard and the Lizard Wizard se sert du métal pour passer un message écologique percutant : l’imminence de la destruction de notre planète. Manifestant un mépris et un dégoût sans équivoque pour le consumérisme, Mackenzie met en vedette des personnages en perdition (zombies, cannibales, etc.) dans des scènes apocalyptiques qui s’alignent parfaitement avec l’univers métal.

Les puristes de ce genre musical pourraient rechigner à l’écoute de cette relecture, mais ceux qui suivent les Australiens depuis leurs débuts seront subjugués par la maîtrise musicale incontestable dont ils font preuve. Actuellement, il y a peu de groupes qui peuvent rivaliser avec eux.

Bien au fait que la réinvention du rock est impossible – et pour toutes sortes de raisons qui seraient trop longues à expliciter dans cette critique – King Gizzard and the Lizard Wizard s’efforce tout simplement d’approfondir ses connaissances du rock et de toutes ses déclinaisons, sans aucune exception. Les Aussies nous refont le coup du changement de cap inattendu. Encore une fois, c’est un pari hautement réussi !

****1/2

16 août 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

W.I.L.D.: « The Domination Chronicles »


Depuis quelques années, la carrière de W.I.L.D. a pris un véritable coup d’accélérateur, ce qui en soi est une bonne nouvelle pour ces musiciens passionnés. Après des débuts sous le patronyme de Wild Karnivor, le groupe a connu quelques aléas, a changé de nom, modifié son style et semble aujourd’hui sur une excellente dynamique puisqu’en moins de deux ans W.I.L.D. vient d’offrir deux albums, dont The Domination Chronicles tout fraichement atterri dans les bacs et nous offrant du thrash /death comme si notre vie en dépendait.

On ne tournera pas autour du pot bien longtemps ; The Domination Chronicles s’inscrit directement dans le sillage du très bon Purgatorius leur précédent opus. C’est un W.I.L.D. en pleine forme et hyper créatif que l’on retrouve sur cette nouvelle galette, avec une puissante envie d’en découdre au travers d’un répertoire des plus redoutables. 12 titres, plus de 50 minutes de musique calibrée pour envoyer un maximum mais avec une grande classe en prenant soin de developper de nombreuses ambiances qui renforcent l’impact de chacun des titres présents. Si dans un premier temps on constate vite que W.I.L.D. ne fait pas dans le détail notamment à l’écoute de titres comme « This is Now » « I’m Destroyer » ou encore « Inmate » qui font volontiers parler la poudre, en allant droit à l’essentiel.

Quand on approfondit les choses, on découvre un paquet de subtilités qui donne une toute autre, et belle, allure à l’album. Preuve en est avec les excellents « Jeff Warden » et « Skin and the Bone » dont les rythmiques effrénées sont entrecoupées de passages mi-tempo du plus bel effet et qui laissent la place quand il le faut à de jolis soli de guitares ou à la basse.

Si jusqu’ici on se dit que ce n‘est que du classique, l’équation est bien plus complexe puisque W.I.L.D. bonifie ses morceaux en développant des atmosphères très sombres et anxiogènes autant musicalement que dans les vocaux qui sont tantôt très gutturaux, tantôt plus proches des hurlements de terreurs. La différence et la valeur ajouté de The Domination Chronicles se situent sans conteste à ce niveau, faire du Thrash / Death qui envoie est à la portée de beaucoup de formations, en faire un qui captive est une autre histoire, et W.I.L.D. l’a parfaitement compris. Quelques part on peut comparer le W.I.L.D. actuel (toute proportion gardée avec ce qu’ont fait Vader ou Sepulturas.
Comme pour Purgatorius, W.I.L.D. a bâti The Domination Chronicles autour d’un concept, mais cette fois-ci d’une manière différente puisque les morceaux sont liés par deux, se suivent, et sont vus de deux manières. Une façon singulière et intelligente de traiter le thème de l’emprisonnement, qui revêt plusieurs aspects et ne se cantonne pas à la simple incarcération dans une prison. A cela il faut ajouter une production en béton, ultra dynamique, à la sonorité résolument moderne qui va parfaitement au style de l’album. En bref du joli travail à tous les niveaux pour W.I.L.D. qui en impose énormément un album qui, sans se fixer de limite et en explorant plusieurs facettes de sa personnalité tout en restant cohérent, nous offre un disque puissant et inspiré qui puise sa force au travers d’un concept osé  et superbement mis en scène.

****

15 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Legion of the Damned: « Slaves of the shadow realm « 

Legion Of the Damned n’est pas un nouveau venu sur la scène death / thrash : Slaves of the shadow realm est son septième album studio. Et encore, on ne compte que les disques sous ce nom ; il faut dire que le groupe a également sorti 5 albums sous le nom d’Occult avant ça. Au programme donc, onze titres au potentiel assez grand. Certes, le combo ne fait pas dans la finesse ou dans la technicité, mais il s’avère sacrément efficace. Des riffs old school et mélodiques, un chant déchiré et râpeux, une section rythmique carrée, quelques effets discrets, et une production sans faille.

Effectivement, sur le papier, il n’y a rien d’exceptionnel. D’ailleurs, à l’écoute, on ne saute pas au plafond non plus au premier abord. Mais on est vite rattrapé par la réalité : des groupes capables de laisser la bête sortir trois quarts d’heure durant sans qu’il y ait un seul loup ne courent pas les rues. Inutile de faire les difficiles, on a ici un bon défouloir  si on a envie de ne pas en goûter du bout des lèvres.

***1/2

11 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire