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Empirion: « Resume »

Formé en 1993, l’Anglais Empirion a été contemporain de de l’émergence de la tendance la plus dansante et « dure » de la house et de l’electro avec des d’ensembles comme The Empirion sort un premier album en 1996… Et puis plus rien en raison d un cancer contre lequel l’un des membres a bataillé durant pluieurs années, avant de parvenir à s’en débarrasser. Le goût et l’envie de faire de la musique a peu à peu refait surface, jusqu’à la réactivation du groupe fin 2010. Le temps de se remettre d’accord sur la direction à donner au nouveau matériel se matérialise ainsi sur Resume.

Empirion considérait ne pas avoir pu s’exprimer à sa guise ; on retrouve donc ici pas mal d’éléments de la jeunesse musicale du duo. Big beat, breakbeat, techno, techno indus se répandent donc au sein de cet album clairement rétro, aux beats secs et aux boucles entêtantes. Très dancefloor, ce disque est l’enchaînement de onze (longs) titres durs et nerveux, traversés de quelques samples vocaux bien sentis au but principalement rythmique. Resume s’adressera donc surtout aux nostalgiques de l’époque et aux amateurs de musique électronique brutale et vénéneuse, datée aujourd’hui, mais efficace.

**1/2

9 octobre 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Vessel: « Queen of Golden Dogs »

Isolé pendant 18 mois dans un coin perdu du pays de Galles, Sebastian Gainsborough, alias Vessel, a imaginé ce mélange peu commun de musiques électroniques, musiques de chambre tonale ou atonale (violon, violoncelle), chants féminins harmonisés et traités.

Outre l’électroacoustique savante, la techno, l’ambient, la percussion polyrythmique, le bruitisme et la musique instrumentale contemporaine, on trouve aussi des éléments stylistiques inspirés du baroque (pour le clavier électronique rappelant le clavecin ou le clavicorde) dans cette proposition.

Très clairement, nous avons entre les oreilles un opus des plus singuliers, riche, touffu, inédit, gracieuseté d’un créateur originaire de Bristol.

 

En fin de vingtaine, ce musicien anglais peut compter sur des connaissances musicales très diversifiées pour concevoir un amalgame aussi solide. Qui plus est, tout le spectre émotionnel est investi.

Ce troisième opus de Vessel est tout sauf linéaire: le chaos, la tristesse, la mélancolie, l’explosion, la violence sauvage, la colère, la guerre, la paix méditative, l’harmonie céleste, l’amour tendre sont tour à tour portés par ce vaisseau polychrome.

Voilà une trame narrative pleine de rebondissements, voilà une oeuvre en bonne et due forme. Vaste palette… vaisseau polychrome.

***1/2

26 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Gudrun Gut: « Moment »

Artiste incontournable de la scène allemande, Gudrun Gut fait partie de ces personnes qui ont bouleversé la musique dans les années 80, via des formations comme, pour parmi les plus célèbres, Einstürzende Neubauten. C’est dire si Gudrun Gut a suffisamment de talent et qu’elle fait montre, depuis presque 40 ans de sa capacité à évoluer constamment.

Avec Moment, elle conjugue habilement ses multiples facettes, avec une audace qui marque les tympans, alliant zones expérimentales et instants de dancefloor langoureux, à l’urbanité caressante.

Moment est sans conteste son meilleur album de par une diversité toute en subtilité et sa concision artistique, sillonnant des océans électroniques au minimalisme fulgurant et des vocaux quasi susurrés qui agissent comme des décharges sensuelles hypnotiques. Très fortement recommandé.

***1/2

6 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Scuba: « Claustrophobia »

Le pedigree de Scuba ne plaide pas pour son inclusion dans ces pages, non pas par ostracisme absolu envers la musique techno mais parce que son iinéraire et son omniprésence dans la faune d’Ibiza ne présage rien de bon dans ce que sa musique véhiculait jusqu’à lors.

Claustrophobia est différent, non pas en raison de son côté sombre et heavy, mais par son traitement que l’on pourrait apparenter à ce que Trent Reznor nous prodiguerait dans un jour où il se serait lévé du mauvais pied. Ici la techno sert d’adjuvant à une humeur et aucunement de moteur et Scuba, sans doute inspiré par ses visites au Japon, a crée ici un album intense qui vous hante et qui ne fait pas que chatouiller le surface de vos neurones.

La première plage de l’album, « Levitation », va mettre en place la tonalité qui imprègnera Claustrophobia avec une utilisation de carillons à vents semblant venus d’un autre monde et de battements en reverb qui, peu à peu, se font plus bruyants comme si quelque chose de menaçant approchait lentement. C’est un son idéal d’une musique pour thriller où les protagonistes tenteraient de s’enfuit d’un danger imminent, c’est aussi un élément donné pour décoder un mystère qui va nous glacer le sang.

Ensuite viendra « Why You Fell So Low », un choix de « single » qui ne surprendra pas avec ses synthés en fusion et ses percussions irrépressibles et les morceaux qui lui succéderont alterneront entre techno harcore (« PCP » ou « Black On Black ») et beats plus subtils et mélancoliques agrémentés qu’ils sont de cordes mélodieuses et de piano (« Drift », « All I Think About Is Death »). Ce dernier titre, en particulier, est la seule composition fait intervenir des vocaux traditionnels dont lécho se fracasse comme du verre sur un mur que seul le piano rythmera.

Même effet sophistiqué sur « Needle Phobia », cette fois-ci avec une ligne de basse qui se tapit sous un piano dont les touches produisent une tonalité à la fois belle et nostalgique. Clasutrophobia n’est pas un album techno de plus qui est censé vous vriller les sens. Il est capable de climats, au même titre que le serait la bande-son d’un film et, si celui-ci est terrifiant, au moins l’émotion n’en sera pas frelatée.

***1/2

 

6 avril 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Three Legged Race: « Persuasive Barrier »

Il ne faudra pas chercher une quelconque assimilation à une musique soit gothique, soit progressive, soit, à la limite, heavy metal dans la pochette de cet album . Celui-ci est un projet parallèle, celui de Robert Beatty, leader de Head Police. Sans son propre nom, il avait enregistré un douze pouces qui montrait son évolutions vers des « beats » techno-friendly, Persuasive Barrier poursuit dans ce même chemin, chemin auquel il ajoute des atmosphères « ambient ».

En Anglais, « three legged race » signifie quelque chose d’embarrassant dans la mesure où on amalgame deux personnes n’ayant rien à voir ensemble mais obligées de l’être. Cet opus s’n fait jusqu’à un certain point le reflet. Robert Beatty semble pourtant parfaitement en contrôle de ce qu’il fait. Ce qui peut paraître gênant est la sensation que l’on passe d’un registre à l’autre, que l’on s’enfonce dans un labyrinthe de synthétiseurs, de notes qui traînent puis s’effilochent au fil de chambres d’échos se voulant dérangeantes. Le tout forme des mélodies visent à nous faire entrevoir des évènement effrayants mais elles sont si travaillées qu’elles se révèlent informes justement. Il y a, au travers de ces harmonies en diagonale, de ces schémas clivés, comme un acharnement à dépeindre la détérioration des choses. On en arrive, alors, à un paradoxe inattendu certainement pour Beatty : à force d’accumuler des variations incessantes, celles-ci sonnent

finalement prévisibles et Persuasive Barrier s’avère finalement itératif et donne l’impression que l’on monte, encore et encore,un même escalier en spirales. Et que celui-ci s’avère de plus en plus laborieux à gravir. Et, quand, à la fin, il daigne ou se résoud à chanter, il est déjà trop tard !

★★☆☆☆

12 janvier 2013 Posted by | Quickies | , , , | Laisser un commentaire

Poolside: « Pacific Standard Time »

Un album connoté « dance » ou « techno » ici ? Petite explication de texte… Un duo « electronica » qui vient du Danemark et qui est basé à Los Angeles d’abord. Ensuite un nom qui indique un lien avec le titre de l’album. Pacific Standard Time est, en effet, ainsi que les Américains font référence àau fuseau horaire de la Côte Ouest. Il suffit de faire le lien avec la Californie, la pochette de l’album où un rebord de piscine très évocateur de certaines toiles de David Hockney, autre expatrié ayant choisi Los Angeles. Qu’obtient-on alors ? Une musique qui, toute électronique qu’elle soit, ne se situerait ni dans les « raves », ni dans les discothèques mais plutôt en ces endroits paresseux qu’on imagine fort bien sis au bord d’une piscine, sous le soleil clair californien lors d’une « barbecue party ».

Nos deux DJs définissent ainsi leur production, de la « daytime disco », c’est à dire des mélodies chatoyantes et des tonalités ensoleillées qui sont parfaitement en phase avec l’esthétique de L.A ., une transe sonique que l’on imagine « blissed out » (pleine de félicité) plutôt que « chilled out ». Glamour donc mais sous une lumière qui sera tout sauf artificielle et qui réchauffera plutôt qu’elle ne flashera comme ces néons dans les virées nocturnes.

Ainsi, « Take Me Home » vous introduit dans un univers estival fait de rythmes accrocheurs et de vocaux aériens et « Without You » est construit sur des « samples » imitant les vagues de l’océan menant, graduellement, à des harmonies vocales délicates chatouillant l’oreille de façon presque subliminale. « California Sunset » étend cette sensation tout comme un « Can’t Get You Off My Mind », morceau sur fond de guitare acoustique et de vagues qui semblent s’écraser sur une plage comme pour ponctuer ce lent cheminement en son long que le rythme paresseux imprime.

« Kiss You Forever » sera, quant à elle, une appropriation de classiques de Bee Gees datant des années 70 remise, c’est la cas de le dire au goût du jour et non pas de la nuit de même que « Harvest Moon » qui, elle, sera une expérimentation à partir d’un morceau de Neil Young.

On le voit donc, Pacific Standard Time sera une variation un thème particulier, schéma répétitif propre à la « dance music » exporté dans un univers plus existentiel (dans le sens ou il est pétri dans le quotidien en non dans le « fun »). Dans un autre domaine, la scène rock le qualifierait de « concept album » dont la faculté serait d’être écouté en ces moments de farniente ou au sortir d’un somme d’après-midi.

8 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , , | Laisser un commentaire

Mogwai: « A Wretched Virile Lore »

https://i0.wp.com/www.soul-kitchen.fr/wp/wp-content/uploads/2012/10/mogwai-a-wrenched-virile-lore-215x215.jpgMogwai n’est pas un groupe pingre si on compte le nombre d’albums, de E.P.s et les « live » qu’ils ont sorti. Ce nouveau disque est un peu particulier dans la mesure où il s’agit de « remixes » des titres de leur dernier opus Hardcore Will Never Die, But You Will, mais ceux-ci ont été remaniés par des artistes qu’ils ont eux-mêmes sélectionnés.
A Wrenched Virile Lore est une «  vraie  » compilation de morceaux remodelés de façon exhaustive, si bien que certaines se monternt totalement émancipées des versions originales. Le choix n’ayant pas été d’émuler systématiquement Mogwai, et ce souvent avec bonheur, cela démontre à quel point la musique de nos Écossais peut être malléable et transposable dans d’autres styles que le son post-rock qui les caractérise.
Quelques artistes vont s’employer ainsi à explorer d’autres univers et à donner à certains titres une dimension spatiale (le synthé froid et le vocoder sur « 
White Noise » interprété par Cyclob), hallucinogène parfois (« How To Be A Werewolf » par Wander Harris), futuriste (« Letters To The Metro » signé Zombi), fragile (l’audacieux et délicieux remix de « Mexican Grand Prix » interprété par RM Hubert) ou mélancolique (un délicat « Too Raging to Cheers » servi par Umberto).
Il va de soin que la conséquence en est des remixes de prime abord assez surprenants et il faut parfois une certaine accoutumance pour les apprécier. Il faudra ainsi un peu de temps pour entrer dans la version planante et légère de « 
George Square Thatcher Death Party » délivrée par Justin K Broadrick ou dans celle, tech-hardcore et invraisemblablement survoltée, de « Rano Pano » livrée par Klad Hest . Toutes ces versions ne procureront pas une adhésion sans limites mais elles sont, la plupart du temps, incontestablement singulières et originales à l’image des concepteurs dont on voit que ça n’est pas le hasard qui a fait que Mogway les sollicite.
La construction, la matière et la versatilité des effets produits nous prouve, si tant est qu’on en avait besoin, que la musique des Écossais est bien plus qu’une progression d’accords sonores et bruitistes mais qu’elle est, au contraire, plus complexe et structurée qu’on pourrait le croire. 

Ces « remixes » sont, finalement, les bienvenus puisqu’ils permettent de réévaluer la musique de Mogwai et même de la révéler. On comprend finalement en quoi la démarche du groupe est cohérente, y compris dans cette manifestation qui nous est proposée.

3 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , , , | Laisser un commentaire