Twin Atlantic: « Power »

Bien qu’il soit sur certains radars depuis plus d’une décennie et qu’il ait été fortement médiatisé par des sources telles que Kerrang, Twin Atlantic n’a jamais atteint les mêmes sommets d’euphorie que ses contemporains comme Biffy Clyro. Avec un succès commercial constant, mais tout aussi facilement oublié des programmes radio, le groupe a toujours été très proche de devenir une tête d’affiche de festival.

Leur cinquième album, Power, pourrait marquer une pause à l’anonymat bien méritéepour ce dombo. Enregistré uniquement dans leur studio de Glasgow, le trio nous a offert un album court et percutant, et dans a facilité à nous accrochert est si évidente qu’elle en déevient indécente.

S’éloignant de leur son classique, Power tire son inspiration synth-pop de LCD Soundsystem et de Depeche Mode. Le morceau d’ouverture « Oh ! Euphoria ! » révèle cette chanson, en nous donnainstantanément, une introduction élégante et sexy avant de se lancer dans « Barcelona », un titre qu’on n’aurait aucuen honte à écouter en boucle.

En capturant le son classique de « Barcelona », le frontman Sam Mctrusty montre sa capacité à tisser avec style des paroles intelligentes autour d’un refrain anthemique. D’autres moments marquants sont les lignes de base du Black Rebel Motorcycle Club qui grondent sur le « single » « Novocaine » et « I Feel It Too », le pur plaisir du synthétiseur qui émane d’Ultraviolet Truth et « Messiah » est un chef-d’œuvre à construction lente qui s’insinuera en vous.

C’est un album à écoutes multiples, et il s’améliore à chaque fois. Il se peut que l’on ne capte pas Power dès la première écoute ; plusieurs autre s’imposeront pour que l’on puisse gouter ce son synth-rock un peu crade comme il convient de l’être.

***1/2

Frankie Rose: « Herein Wild »

Frankie Rose n’est guère une inconnue puisqu’elle a été membre des Vivian Girls, des Dum Dum Girls et des Crystal Stilts. Avec un tel CV, sa carrière solo a plutôt bien décollé (en particulier son second disque, un Intestellar dream-pop sur fond de synthés en 2012) et la voilà à nouveau en piste avec Herein Wild.

La veine de ce nouvel opus est assez similaire au précédent, fraîche et légèrement onirique, avec toutefois un tranchant qui lui donne un parfum doux amer. Les compositions sont polies et rêveuses donc, se voulant proche de le mièvrerie mais en gardant d’y tomber, semblables à un groupe comme The Pastels ou des chanteuses des 80’s de type Kim Wilde ou Nena.

Sans surprises si on considère les sonorités de ses grpopes précédents, demeure un esprit noisy mais ses rebords métalliques auront été gommés. Cela donne aux accords de guitares des tonalités toujours brinquebalantes mais dont on a la sensation qu’ils ont été mis sous l’éteignoir par les arrangements lustrés des synthétiseurs.

On peut déplorer cette évolution d’autant que le premier album solo de Rose, And The Outs, était très garage rock mais c’est surtout sur les vocaux de la chanteuse qu’il convient de se concentrer. Elle est toujours aussi plaisante, à l’image de l’environnement sonore choisi, comme sur un « Cliffs As High » qui met à merveille en valeur son timbre envoûtant accompagné qu’il est par un arrangement minimaliste fait d’un piano accablant aux accords étirés et de cordes lustrées et sinueuses.

Cette composition contrastera avec le reste de l’album qui, lui, fait des allers retours continuels entre titres doucement orchestrés par les synthés et cette pop carillonnante aux angles arrondis de style The Smiths faisant des reprises de Suzanne Vega.

Cela résulte en un album agréable mais sans véritable capacité à capter l’attention. Le mixage en est sans doute la cause tant il semble avoir aplati tout relief et toute intensité. Frankie Rose est une artiste dont on connaît la vigueur et l’aplomb ; il est dommage que sa vision sait l’air d’avoir été filtrée par des lunettes roses et que le dérangement auquel elle nous avait habitué soit comme calfeutré par un caisson capitonné.

★★★☆☆