No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Citizens!: « European Soul »

Citizens ! avaient envoyé une « demo » qui avait convaincu Alex Kapranos (Franz Ferdinand) de leur donner leur chance. Tout comme ces derniers, le combo œuvre dans les confins les plus sordides de la pop. Sur « (I’m in Love Your) Girlfriend » la voix saccarinée de Tom Burke ne parvenait d’ailleurs pas à compenser la verdeur des textes.

Avec European Soul, le groupe a mis de côté l’artistique pour monter un peu plus le volume. Le disque vise à composer des titres pour dance-floors ; recette garantie pour satisfaire les masses.

Le résultat est prévisible, un accompagnement musical qui serait idéal pour mettre en son American Psycho si ça n’avait pas déjà été fait ; une intimité inexistante et des titres confectionnés pour les fêtes ou les concerts.

Le problème est que beaucoup ne sont que des bouche-trous et que, même si on ne recherche pas l’émotion, il est des moments où s’invite un désir de minimalisme. « European Girl » apporte une pause bienvenue mais de courte durée. Si on cherche autre chose qu’une bande son pour festivals et barbecues, on passera son chemin.

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23 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Wombats: « Giltterbug »

Glitterbug est un titre qui va très bien à ce nouvel opus scintillant des Wombats. Le registre y est toujours une synth-pop légèrement sucrée à laquelle le groupe avait déjà apporté des chorus accrocheurs et des textes énergiques sur ses précédents opus mais celui-ci va encore plus loin dans le faste grâce à une production encore plus électronique et le but avoué qui en découle ; atteindre un plus large public, celui qui écoute la radio.

Ainsi, «le « single »  Greek Tragedy » a le potentiel nécessaire pour devenir un hit par sa combinaison de chorus infectieux et de production pop lustrée. Si l’utilisation des synthés des Wombats est parfois un peu lourde (« Isabel » ou le pont de « Your Body is a Weapon », l’inventivité est toujours là. Avec une thématique centrée sur les jolies filles et les fêtes débridées, le groupe vise à créer un album idéal pour être joué dans une soirée pop. À maints égards ils y parviennent malgré une approche, parfois agressive. Glitterbug rempli sa fonction, aucune raison de ne pas s’y couler.

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23 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Kathryn Calder: « Kathryn Calder »

« Slow Burning » est le titre d’ouverture du 3° LP épnonyme de Kathryn Calder qui tient les claviers chez New Pornographers. C’est une morceau downtempo à l’image du disque et dans une veine synth pop similaire à celle de Etiquette et Gold & Youth. Calder y appose des vocaux charmants sur une toile de fond faite de paysages soniques électroniques et minimalistes sur un album co-produit avec son mari, Colin Stewart.

Calder a le don pour les mélodies et un goût certain pour des textes introspectifs et on perçoit, à l’écoute, une fragilité et une insistance sur des textures nébuleuses et, par conséquent, clairsemées. Il est vrai que tous ses disques ont été couturés par la mort (sa mère puis son père) et, ici plus qu’avant, les éléments ils assument une forme musicale plus vide et désolée. Ce n’est sans doute pas un disque facile mais il nous procure connaissance de ce que peut être la perte d’un être cher et la réalisation de notre incertitude. À ce titre, il mérite de ne pas être considéré uniquement comme un « downer » déprimant.

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22 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Eternal Death: « Eternal Death »

Johan Angergård a une assez longue carrière dans la musique pop ; il s’est essayé à de nombreux styles et il faut avouer qu’il est parvenu à tous les maîtriser. Avec Club 8 il s’est aventuré dans la dream-pop mélancolique, la noise-pop pleine de feedback avec The Legends et l’indie-pop sucrée avec Acid House Kings.

Sur l’éponyme Eternal Death, le voilà équipé pour une pop avec un « P » majuscule et, pour cela, il s’est en effet entouré de la vocaliste Elin Berlin pour confectionner un son où les synthés ont la part belle et où les références à des groupes vintage comme Human League sont légions.

Angergård va pourtant resté ancré dans la scène actuelle telle qu’elle a été popularisée par des groupes comme Chvrches ou Purity Ring en construisant une musique autour de percussions insistantes et de murs d’electronica qui surplombent en nous envahissent de manière si puissante qu’elles ne sont jamais loin de nos transporter dans un état second.

Eternal Death comme son patronyme l’indique ne fait pas dans le « easy listening » même si les mélodies sont accrocheuses car les textes sont délivrés par Berlin avec un registre perçant, dur et d’une agitation flottante qui s’insinue, telle une marée, dans tous les recoins de nos conduits auditifs.

Il y a dans ce disque un fort courant de mélancolie sombre que ce soit dans la musique et dans les lyriques ou chaque composition semblera vouloir s’acharner à obscurcir notre paysage, parfois de façon irrépressible.

Les synthés ne laissent pas non plus beaucoup d’espace pour que l’on puisse respirer et, appariés à la voix douloureuse de Berlin, Eternal Death ne nous procure pas une pop qui vibre mais plutôt une pop qui sanglote et qui attend vainement une quelconque délivrance.

Il est de rares moments où les deux artistes semblent prendre un malin plaisir à se complaire dans un registre plus enlevé, sur la disco de « Head » ou « Cry » et la ballade 50’s de « Love » ; on aurait aimé qu’ils soient plus fréquents tant ils sonnent comme des parenthèse et non le véhicule d’une joie de vivre.

L’impression générale restera, au final, celle d’une sinistrose dont il est impossible de se défaire et le résultat celui d’une musique « mainstream » qui se donne tous les moyens pour ne pas y tomber.

***1/2

1 mars 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Charli XCX: « Sucker »

À première écoute, ce deuxième disque, après True Romance, laisse assez indifférent. IL est vrai que le précédent n’avait pas été accueilli avec chaleur et que on aurait pu craindre que Sucker rassemble ce que la pop a de pire.

Si l’album, en effet, s’empare des recettes les plus éculées du genre, il le fait avec un côté écervelé tout sauf honteux et comme son but, tout primaire qu’il soit, est de divertir, il y parvient sans peine. Ça n’est, certes pas, un opus qui sera disséqué dans dix ans mais il est idéal pour ce à quoi il est destiné, chanter dans sa voiture ou danser avec des amis, maintenant un esthétique pop 80s ‘(« Doing It ») mais y installant une mentalité punk rock qui fait de Sucker autre chose que de la synth pop mainstream.

Le « single » « Boom Clap » sera familier puisque il figure dans la bande-son de The Fault in Our Stars mais d’autres morceaux méritent notre attention ; « Break The Rules » est un titre pop punk exemplaire d’agressivité et un chorus chanté pourtant ridicule, « Body of My Own » où la chanteuse met en avant sa sexualité libérée sur un beat dance qui semble ne jamais cesser et « Need Ur Luv » sera un « closer » atypique par sa vibe empruntée aux girl groups des 60s.

Les vocaux et l’attitude de Charli rappellent souvent Gwen Stefani : un mélange d’attitude cool et de comportement underground qui donne à sa musique un côté plus aventureux que celle de Selena ou Demi. Ajoutons qu’elle sait comment écrire une bonne chanson pop (c’est elle qui était derrière le « I Love It » de Icona Pop) et on peut prévoir qu’elle sera, en temps utile, apporter un peu plus de profondeur à son esthétique et à ses textes.

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2 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Electric Youth: « Innerworld »

Dans la dream pop électronique il y a des éléments qui sont profonds et intangibles, et certains sont parfaitement assimilés par Electric Youth. Ile st possible que cela vienne de la longue connexion amoureuse et romantique qui unit Bronwyn Griffin et Austin Garrick, mais il est rare qu’un album soit capable de restituer cette qualité intuitive et onirique qui semble émaner d’un autre monde. Beaucoup d’artistes s’en réclament, mais les treize titres qui composent Innerworld sonnent véritablement comme si ils étaient issus d’ailleurs. Ils flottent dans une sorte d’éther, celui où la umière se mêle étrangement à l’obscurité et où ces deux éléments glissent librement l’un vers l’autre. Electric Youth est un duo canadien qui, à l’écoute de ce disque, est un des plus prometteurs ensemble de ce pays.

Innerworld s’ouvre sur un instrumental qui établit l’humeur de ce que sera l’album, un « Before Life » qui élève l’auditeur dans les nuages, « Runaway » sera, par contraste, une suite explosive, une chanson dream pop classique bâtie autour de la notion de fuite. Si on conjugue tout cela avec la troisième plage, « We Are The Youth », on pourrait avoir l’impression d’être dans les clichés mais la manière fraîche et urgente dont tout est interprété est plus avant tout un exercice réussi d’expression pure et sincère qu’autre chose. Voici un album qui fait se sentir bien et qui donne à l’idée de fuite un parfum capiteux.

Il a sans doute été bizarre pour un groupe aussi neuf de voir sa réputation liée, avec « The Hero », à la bande sonore du film Drive mais cette contribution a été assez bonne, au milieu d’une des meilleurs bandes-sons de ces derniers temps, pour faire comprendre qu’ils méritaient bien plus.

Innerworld, de ce point de vue, devrait être une petite consécration, ce serait le minimum qu’on est en droit d’attendre d’un disque qui rend la saison d’hiver si exaltante et riche de possibilités.

***1/2

3 novembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Lights: « Little Machines »

Valerie Poxleitner est une chanteuse synth- pop canadienne qui, en tant qu’artiste, répond au nom de Lights. Ses influences sont, selon elle, Kate Bus, Patti Smith et Björk ; c’est du moins celles qu’elle cite pour son quatrième album, Little Machines.

Malgré la participation de Mark Stent qui a collaboré à l’opus de Björk en 1997, Homogenic, le troisième album de Lights, un Siberia qui lui avait permis d’avoir un succès mainstream en 2011 avait peu en commun avec l’univers de la chanteuse islandaise. Il en sera presque de même ici hormis l’introduction, « Portal » qui est un merveilleux exemple d’electronica introspective. Il n’y a, non plus, guère de signe de Patti Smith dans ce disque et, si les mélodies vocales en piqué de « Muscle Memory » font écho à la Kate Bush des mid-80’s, on peut considérer que ce qu’elle désigne comme source d’inspiration est quelque peu trompeur.

En fait, loin de ce mélange de new wave, de rock ardent et de pop d’avant-garde auquel on s’attend, Little Machines est un album d’electro-pop direct qui délaisse la rudesse de ses prédécesseurs en faveur d’une production 80’s et de gros chorus scintillants.

C’est une formule apte à produire un certain nombre de « hits » comme les beats galopanst et les synthés bouillonnants qui entourent « Speeding », l’euphorique « single » « Here We Go » ou le totalement infectieux « Same Sea ».

Le revers de cette formule est qu’elle a tendance à devenir répétitive au bout d’un moment sur une durée de onze plages. Cela se ressent dans la deuxième partie du disque qui lutte pour nous délivrer quelque chose qui ne soit pas instantanément oublié.

Récemment mariée et ayant donné naissance à un enfant, on retiendra l’humeur optimiste de Little Machines mais, maintenant que son tranchants a été émoussé, il pourrait lui être difficile de se distinguer d’une scène synth-pop qui ne cesse de grandir.

**1/2

26 octobre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Kyla La Grange: « Cut Your Teeth »

Les notes de synthés sont souvent glaciales et peu accueillante au départ, elles fonctionnent pourtant ici grâce à la voix désespérée de Kyla La Grange sur la chanson titre qui ouvre son deuxième album et cette phrase, « Tu n’as jamais su mon nom » dont on peut penser que Cut Your Teeth lui permettra peut-être de s’en faire un.

« Maia », qai suivra, est d’ailleurs plus enlevé puis vient ensuite « Cannibals » que la lenteur rend difficilement accessible malgré un rythme qui se veut plein de langueur mais ne parvient pas à entraîner notre attention. « I Don’t Hate You » est plus intéressant, en particulier par son chorus qui ne peut que nous faire dodeliner de la tête mais ce sera précisément cette alternance de moments contrastés qui pourra rebuter à l’écoute de l’album.

Cut Your Teeth pourrait donc être un excellent opus si il était organisé différemment. Les passages les plus sombres et sensuels sont les moments clés du disque en particulier un « I’ll Call For You » à vous couper la respiration mais trop souvent l’impression est que nous avons affaire à un disque qui s’essaie à diverses choses. Tout ne fonctionne pas mais rien ne peut nous laisser -indifférent néanmoins.

Peut-être est-ce le temps pris, deux ans, entre cet album et le premier, l’impressionnant Ashes, qui a suscité trop d’impatience et, si des titres tropicaux comme « The Knife » séduira avec ses steel drums, ses cordes et des rythmes secs, le disque pris dans son ensemble se montre moins réussi. On ne retiendra que « Fly », un « Never That Young » aux reflets sombres et soyeux et, enfin, un « Get It » qui terminera l’album sur une note qui nous fait regretter ne pas bénéficier d’un plus gros son tout au long de Cut Your Teeth.

Kyla La Grange a une voix dont la qualité n’est plus à démontrer mais elle semble encore être à la recherche de la musique idéale pour la mettre en valeur.

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8 juin 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Eno & Hyde: « Someday World »

Sur quel terrain qui leur serait commun pourraient se rencontrer Karl Hyde, conny pour son travail avec le mgroupe de musique électronique Underworld, et Brian Eno dont le C.V. Laisse entrevoir une myriade de possibilités en matière de collaboration artistique ? Pour leur premier album ensemble, il sera nécessaire de s’ affranchir de toutes les préconceptions esthétiques qu’on pourrait avoir.

Les « beats » sont l’élément clef d’un grand nombre de plages et le duo a décidé de prendre ici une approche extrêmement variée en ce qui a trait aux structures rythmiques. Celles-ci sont assez infectieuse et les inventions mélodiques sont construites à partir d’elles sans que l’une ou l’autre ne prenne le pas sur l’autre. Pour « A Man Wakes Up », qui rappelle le travail de Eno avec The Talkings Heads par exemple, le tempo donne le la menant au chorus mais la chanson demeure l’élément primordial.

Eno et Hyde ont composé et interprété les neuf plages et ils sont bénéficié de la présence de Will Champion de Coldplay et de Andy Mackay, l’ex Roxy Music. Quelques titres seront assez rudimentaires avec une instrumentation aussi basique que les « backing vocals » ; ainsi l’esprit folk de « Who Rings The Bell » pourrait parfaitement s’intégrer à l’univers de Mumford & Sons. Le final, « To Us All » , sera même quasiment un instrumental mené par une guitare acoustique et une touche de claviers avant que des harmonies ne viennent brièvement le couronner dans ses dernières mesures.

Là où les choses sont plus intéressantes est quand el duo s’éloigne de son chemin avec un virage à angle droit, jazzy et proggy, pris sur « When I Bulit This World » ou même dans un « Daddy’s Car » qui révèle à quel point ils sont conservé un esprit « pop » et « fun » grâce à sa rythmique introduisant un interlude de cuivres du plus bel effet funk. Enfin, alors que « Satellites » sonne en son entame comme s’il voulait émuler des passages répétitifs à la Philip Glasse, la progression mène insensiblement la chanson vers des vocaux bilieux partageant la scène avec des soubresauts électroniques insistants.

Someday World est donc un album axé sur les chansons où Eno & Hyde semble se sentir dans une zone de confort. Si on prend comme archétype de l’opus un « Witness » qui parvient, de façon intrigante, à concilier structure directe et éléments expérimentaux qui taquine les fondations du morceau, il ne serait pas impossible que , si prochaine coopération il y a, elle s’annonce particulièrement fructueuse.

***1/2

24 mai 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Wye Oak: « Shriek »

 

Jenn Wasner, la chanteuse de Wye Oak avait déclaré, qu’après huit an de carrière, le duo noisy et fok rock de Baltimore n’utiliserait pas de guitares sur son prochain album. Les « singles » « The Tower » et « Glory », présents sur Shriek, avaient confirmé la chose de manière plutôt convaincante en particulier les synthés à contretemps du premier titre rappelant étrangement « The Logical Song » de Supertamp.

La chanson titre est encore meilleure avec ces accords électroniques en arpèges en synchronie presque divine avec les vocaux angéliques de Wasner. Avec la basse en staccato de « Before », on a droit à un début sans faute, une belle présentation de ce que la pop su=ynthéttique peut offrir de plus riche et fleurissante.

La voix de Wasner est, incontestablement, l’atout-maître dans Shriek ; leur acuité vocale est confondante et, utilisée au maximum de ses possibilités, elle fait de cet album une véritable épiphanie.

Elle alterne entre de légères touches angéliques et des tonalités enlevées qui démontre un spectre sensiblement plus large et plus déterminé qu’auparavant donnant ainsi au disque un sens de la direction peu commun.

Pourtant, si les premières compositions sont inspirées, la dynamique s’étiole ensuite assez rapidement. « Paradise » et «  Despicable Animal » sont des exercices peu aboutis de textures dream pop ressassées à l’envi, ce qui malheureusement donne à la deuxième partie de Shriek l’impression un peu amère de musiciens s’étant amusés naïvement avec de nouveaux jouets, les claviers, puis de les avoir abandonnés sur le sol.

Wye Oak s’étaient lassés de leur vieux répertoire ; il était prévisible qu’ils auraient besoin de changement. On hésite ici entre les admirables options qui ont été retenues au préalable et le regret de leur précédent répertoire qui peut surgir au bout d’un moment. La solution serait peut-être de ne pas revendre leurs six cordes et de nous offrir un nouvel opus plus équilibré au lieu d’un L.P. qui ne vaudrait que pour sa face A.

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30 avril 2014 Posted by | Quickies | , | Un commentaire