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Poliça & Stargaze: « Music For The Long Emergency »

C’est un curieux alliage que celui de Poliça, groupe synth-wave de Minneapolis avec le collectif musical néo-classique berlinois Stargaze. La résultante en est cet album collaboratif, Music For The Long Emergency.

Le répertoire en est une musique métissée, labyrinthique et savamment orchestrée comme sur « Fake Like » et « Speaking Of Ghosts ».

Conséquence de cet alliage, on passe ainsi par des moments contrastés ; du calme à la tempête, de l’anticyclone à la dépression avec les glaçants « Marrow » et « Cursed » qui, elle, est interprétée par le rappeur local Crescent Moon avec un flux qui accompagne avec brio le ton chaotique du morceau.

Rappelant les travaux des compositeurs du même calibre comme Nils Frahm et Mica Levi, Poliça & Stargaze arrive à passer d’une émotion à une autre, passant du désordre au désarroi notamment sur la pièce maîtresse de 10 minutes : « How This Is Happening » qui fait écho aux élections américaines qui ont dégoûté plus d’un.

Sur Music For The Long Emergency, il est clair que Poliça & Stargaze font la paire. Mêlant les deux antipodes de leur musique, on assiste à un disque riche en contrastes et en émotions fortes comme on en fait rarement.

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29 décembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Video Age: « Pop Therapy »

Il y a deux ans, Video Age avait fait ses premiers pas avec un premier album intitulé Living Alone qui fut de très bonne qualité mais était passé inaperçu. Le duo de la Nouvelle-Orléans composé de Ross Farbe et de Ray Micarelli étonnait pour ses compositions pop synthétique aux allures 80’s jamais surannées. Le groupe récidive ici avec son successeur intitulé Pop Therapy.

C’est à coup de pop rétro-futuriste que Video Age nous fait son retour avec des morceaux anachroniques allant de « Lover Surreal » à « Scenic Highway » en passant par les classes « Days To Remember » et « Paris To The Moon » ou le plus rythmé « Hold On (I Was Wrong) ».

Le duo capte son auditeur avec ses riffs quelque peu funky et ses boîtes à rythme groovy ponctués de synthés vieillots qui font leur effet sur « No Tomorrow » et « Scenic Highway ».

Avec Pop Therapy, Video Age continue à nous envoyer des climats oscillant entre le vintage et une pop futuriste étincelante caractérisée par d’autres morceaux comme « Is It Her? ». Thérapie pop donc, avec ce qu’il faut de « coolitude » pour la rendre, si ce n’est pérenne, suffisamment effervescente.

**1/2

19 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Nun: « The Drone »

Nun est un quatuor australien de minimal synth/punk composé de la chanteuse Jenny Branagan et des claviéristes Hugh Young, Steve Harris et Tom Hardisty. Leur musique trash, composée à base de synthés fuzz et de boites à rythmes minimalistes rappelle à la fois celle du Depeche Mode des débuts et celle de Suicide.
Fort d’un premier album éponyme en 2014, le groupe s’est fait connaître sur le web grâce à des clips un peu hors-normes reprenant l’esthétique VHS des documentaires des années 80 et des titres de chansons rendant hommage à David Cronenberg.

Si discret au point qu’on pensait le groupe séparé, il avait annoncé un nouvel album enregistré en 2016 mais publié seulement maintenant qu’il est signé par un label.
Cette annonce s’était vue suivie de la publication d’un premier extrait sur le web, « Pick Up The Phone », qui voyait le groupe quitter le noir et blanc existentiel caractérisant lson image pour un titre très synthpop et un clip ou la couleur rose prédomine.


The Dome creuse globalement le même sillon que le premier disque éponyme, en y ajoutant un côté nettement plus émotif dans les mélodies. L’énergie et la noirceur prédominent toujours autant, et les titres s’y enchainent avec fluidité.

On en retiendra quelques très bons morceaux comme « Wake In Fright », « Turning Out » ou « Debris » mais le reste sonnera assez convenu pour de la minimal wave. Un ensemble correct que l’énergie vocale de Jenny Branagan transfigurera pour pour lui donner un peu de cette saveur dont la new-wave nous a si souvent sevrés.

**1/2

19 décembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Lusts: « Call Of The Void »

Le premiers opus de Lusts se nommait Illuminations, trois ans plus tard arrive un Call Of The Void dont, étape du deuxième album oblige, on se demande dans quel sens il nous éclairera.

Formé par deux frère (Andrew et James Stone) cet « appel du vide » est illustrateur de la thématique qui le compose. L’air du temps est à la fragilité, la santé mentale ou la nostalgie nihiliste, la palette sonore sera protéiforme, allant de Tame Impala à New Order.

Plutôt campé dans les années 80, le climat général sera résolument post-punk avec des vocaux réduits à l’essentiel, comme détachés, et des instrumentaux qui se taillent la part du lion.

« Promise To Be Good » sera une introduction exemplaire tout comme le « single » « Lost Highway » et cette voix féminine enclavée renforçant un aspect cinématographique venu d’un environnement aliénant. Sur « Lost And Found », le duo ralentit le tempo pour offrir une balade pop-romantique, un apaisant moment d’intimité et de calme.

Le résultat est mitigé, les orchestrations synthétiques alourdissent le propos et occultent les tonalités sombres qui gagneraient à se faire plus prégnantes : si Illuminations fa été un galop d’essai, sa traduction demeure ici un peu clairsemée.

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22 novembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Wild Nothing: « Indigo »

Wild Nothing n’est pas un groupe, mais un projet synth-pop, celui de Jack Tatum. Sur Indigo, un disque défini par une production étoffée et des beats hypnotiques, c’est la synth-pop qui est à l’honneur.

Celle-ci, bien sûr,bénéficie d’une tonalité particulière puisque, loin de s’enferrer dans des envolées, l’album émule le genre en restant le plus près possible de la source. On pourrait presque parler de « synth pop rétro » tant les sons y sont empreints de douceur, le caractère facile et décontracté, une insouciance que rien ne semble pouvoir troubler.

Le disque est instantané et goûtu, qu point qu’il semble même inlassablement parcouru par cette ambiance. Les titres rapides comme « Letting Go » vous accrochent sans vous laisser de répit (guitare foisonnante, vocaux roucoulants) alors que le morceau phare qu’est « Partners In Motion » affiche une vibe new wave laid back avec ses claviers et ses percussions joyeusement agencés sur l’avant comme pour véhiculer un climat de mode de vie noctambule.

Le spectre de vocal de Tatum s’est également amélioré depuis son « debut album » Gemini mais c’est encore là que le bât blesse. L’auto tuning et les mixes vocaux demeurent abrasifs et trop envahissants par rapports aux parties instrumentales. On retiendra, à cet égard un morceau comme « Oscillation » dont le groove régulier se verra quelque peu battu en brèche par le phrasé de Tatum.

Au bout du compte, Indigo recréera de manière plaisante les sons de la synth-pop des années 60 sans pour autant ajouter quoi que ce soit à ce que pourrait être une discographie idéale du genre.

**1/2

5 septembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

CHVRCHES: « Love Is Dead »

Le groupe synth-pop écossais CHVRCHES est de retour avec Love Is Dead. Le trio formé de Lauren Mayberry, Iain Cook et Martin Doherty reprend là où il avait laissé son public avec son album Every Open Eye.

À bien y penser, ne parlons pas de surplace, mais de deux pas en arrière. Peu de chansons ressortent du lot. Les tensions mélodiques les plus réussies s’avèrent celles où Martin Doherty chante, en particulier sur « God’s Plan ».

Quand c’est Lauren Mayberry, on croirait parfois entendre un groupe hommage à Tegan and Sara, sauf sur la belle ballade « My Enemy », où elle accompagne en duo Matt Berninger, de The National (dont la voix polie est toutefois méconnaissable).

Apparemment, CHVRCHES aurait voulu percer le top 40. C’est avec ce plan ambitieux qu’il aurait engagé les réalisateurs Greg Kurstin (Adele, Sia, Beck) et Steve Mac (Ed Sheeran, One Direction). Au bout du compte, Love Is Dead se retrouve assis entre deux chaises.

Sur la chanson « Miracle », CHVRCHES emprunte même des arrangements grandiloquents à Imagine Dragons. On a , en outre, aussi l’impression que le groupe s’est inspiré de certaines instrumentations comme issues de l’univers de Milk & Bone. Ni bon ni mauvais, Love Is Dead s’avère somme toute banal et proprement décousu.

* * 1/2

5 août 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Burning Hearts: « Battlefields »

Sur leurs premiers albums ce duo finlandais composé de Jessika Rapo et Henry Ojala mêlait habilement pop indie et synthe. La trame était faite de mélancolie sombre saupoudrée de douceur comme pour atténuer l’abattement.

Battlefieds est plus affiné et si, on retrouve toujours cet alliage entre synthés glaçants et vocaux qui cajolent, il se manifeste de façon plus proportionnée.

La structure des compositions tout comme les textes visent à aller plus profond dans l’émotion mais avec ces détails qui apportent une lueur toute vacillante et clairsemée qu’elle soit.

« Folie à Deux » adopte ainsi un tempo rapide et le reggae de « Ticket » procurent ainsi un éclairage sur le panorama évoqué alors que « Bodies as Battlefields » associent flambées organiques à grand renfort de riffs de guitares et de rythmiques « house » .

Battlefieds est, au fond, un album dont le sous-texte est frénésie verrouillée d’une part et morosité endiguée, d’autre part. Il ne restera plus à Burning Hearts qu’à apporter, par exemple, onirisme et folk pour que harmonies et poésie se conjuguent plutôt qu’elles ne s’affrontent comme c’est encore le cas ici.

**1/2

27 mai 2017 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Choir of Young Believers: « Grasque »

Grasque est le troisième album de ces sensations indie-pop danoises, c’est le projet alternatif que le leader de Choir of Young Believers, Jannis Noya Makrigiannis avait conçu et qui, finalement, a conservé son nom initial.

Nous sommes très vite projeté dans un loop expérimental qui défie les genres et qui provoque en nous une écoute paradoxale tant elle est à la fois fascinante et déconcertante. Par moments, en effet, celle-ci est glaciale et sombre, mais, presque simultanément, nous sentons y poindre des influences soul et R&B.

Les mélodies sont fuyantes, presque évanescentes, et les rythmiques se font répétitives comme si le fait de les placer ainsi est le fruit d’une stratégie visant à fixer notre attention.

Les standards à la guitare et les schémas du piano sont alors quasiment incognito ; c’est pourtant le fruit d’une indécision créative et de la lassitude qui suscite intérêt et captation. Tout décousu et en cherche de structure, qu’il sonne Grasque nous permet de trouver une synth-pop dénuée d’artifices.

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9 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Jezabels: »Synthia »

Avec un tel titre, il était évident que Synthia, le nouvel album de ce quatuor australien foisonnerait de synthés et de pulsations « dance », un peu moins peut-être de profondes tonalités à la guitare.
En outre, ouvrir son disque avec un morceau de huit minutes est particulièrement ambitieux mais the Jezabels s’y emploient avec fluidité, aisance et grâce.
Au niveau des textes, Synthia est une exploration de thèmes traitant du plaisir, du sexe et de la façon dont la gent féminine est capable d’affermir son pouvoir.
Sur « Smile » Hayley évoque la façon dont ladite sexualité est ainsi agencée (« Call me sexy if you want to » et « Whisper in my ear and tell me all the things you want to do ») avant de s’écriant avec un élan d’affirmation : « Don’t tell me to smile if you don’t know me, brother ! »


« Pleasure Drive » ira, lui vers une sensualité plus fusionnelle et moins heurtée avec des synthés facétieux, des percussions quasi martiales et ces lignes sexy : « I’ve got 6, 6 baby and I like your style, just need one more number and I’ll make you mine ». Le « single » va devenir alors magnétique voire acméique.
Synthia est un véritable nouveau départ pour the Jezabels. Les sons y aparaissent multipliés mais jamais ils ne semblent se confronter au disque ; c’est, au contraire, un effort de cohésion et de cohérence qui va se mettre en place. La production y est pointue comme pour parfaire ce que peut être un accomplissement ; voilà un disque qui mérite une attention plus que prononcée.
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29 avril 2016 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Batteries: « Batteries »

En tant que membre de bis durant de nombreuses années, Sci-Fi Steven réalisé quelques uns des meilleurs disques de dance-punk pop ces derniers temps.Tels qu’ils se présentaient,ils étaient colorés, énergiques et fun. Avec son projet solo Batteries il a choisi une voie qui est un croisement de Gary Numan et The Damned.

On a l’option de la définition ; de la synth-pop avec des guitares coups de fouet ou du space punk avec des synthés. Quelle que soit la réponse chaque titre est ici punchy et poppy et acéré comme des couteaux. Le disque est plus cohérent dans le mesure où le hasard semble ici mis de côté et que ce sont les guitares qui impriment les tonalités. Les titres sont, en outre, accrocheurs et Steven sonne enthousiaste dans autant de titres qui pourraient être des « singles » potentiels : « Straight To Video » qui émule Devo, « Suicide Everything » ou « London », tous deux des rockers et une pop comme sur « Wah Kinder » ou « Flashbacks ».

Batteries est un album qui induit la transe et il n’a pas besoin des procédés traditionnels pour cela.

***1/2

10 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire