The Vacant Smiles: « Cooperation »

4 janvier 2020

The Vacant Smiles fait partie de ces groupes auxquels on ne prête pas forcément attention. Le combo australien possède un talent indubitable dans son domaine, à savoir la scène rock psychédélique. Ce talent, malheureusement éclipsé jusqu’à présent, pourra peut-être trouver un écho sur Cooperation, son nouvel opus.

Considéré comme étant une compilation de ses anciens titres, c’est une parfaite occasion de se familiariser avec son univers. À mi-chemin entre surf vintage et rock psychédélique, les Australiens nous servent un cocktail bien frappé sorti tout droit des années 1960. On en veut pour preuve les morceaux entraînants que sont « Made Of Gold » mais encore les plus connus de leur répertoire « Weirdo ($20) » et « Stones ».

Entre la production limpide de « I’m Drifting » et les allures surf-garage bien mises en avant de « Tasmanian Tiger », « Corners » et de « So Tired of Sleeping In », il n’y a qu’un pas. The Vacant Smiles ose tout et sans jamais détourner l’attention de l’auditeur comme l’instrumental volontairement déformé de « Tiger II » et le jazzy « A Pretty Sick Detective ». Cooperation reprend donc toute la quintessence du groupe australien qui gagne tant à être reconnu par un bon nombre de ses pairs.

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The Shivas: « Dark Thoughts »

8 novembre 2019

La côte ouest demeure toujours une destination exotique vue d’ici ! C’est aussi le berceau des Beach Boys, du mouvement pour l’indépendance de la Cascadie, de Nirvana, de la famille Manson, du punk de Dead Moon, de Twin Peaks. Quelle serait la trame sonore idéale de cette région du monde si singulière ? Proposons le dernier et cinquième album du groupe The Shivas, originaire de Portland.

Avec ses « power ballads » (« If You See Me », « Over & Over ») pleines d’une sincérité naïve particulièrement « sixties » et ses hymnes surf-rock au nombre d’accords réduits (« Playing on the Radio », « Gloria »), le quatuor allie cet optimisme caractéristique à la terre promise à une indéniable force ésotérique presque inquiétante. La plus grande qualité des Shivas n’est certes pas d’être originaux, mais d’avoir su rester fidèles à une vision plus artisanale que commerciale au fil de ses treize années d’existence.

***1/2


Dux Louie: « Tonight in Neon Moon City »

20 septembre 2019

Dux Louie est un jeune groupe qui nprésente ici son deuxième disque. Agé d’à peine un an, le quintette pratique un style qu’on imagine mal sortir d’Allemagnes a terre originellle ; le surf rock. Bien sûr, il aurait pu se contenter de se la jouer revival. D’autres le font très bien sans que je ne trouve quoi que ce soit à leur reprocher. Mais ses membres le coupent à l’indie rock et à la lounge pop.

Ceci aboutit à huit titres inégaux mais sympathiques. Ce disque sonne un peu comme un disque de branleur, mais c’est le genre qui veut ça. Et si on ne ressort pas complètement sous le charme, il est inutile de nier le savoir-faire du combo et on ne peut que les encourager à continuer dans ce sens, tout en y mettant n peu plus de conviction et d’énergie.

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The Paranoyds: « Carnage Bargain »

16 septembre 2019

Après L.A. Witch, Bleached et Death Valley Girls, voici venir de nouvelles concurrentes en matière de surf-garage californien. Il s’agit du quatuor féminin The Paranoyds quis vient tout droit de Los Angeles et qui s’est formé il y a maintenant trois années.. Après une poignée d’EPs qui a fait parler d’elles, les musiciennes prennent les devants avec un premier album, Carnage Bargain.

Ce qui fait l’originalité de The Paranoyds, c’est une musique pleine de fraîcheur et d’énergie. Les Californiennes savent aussi bien conjuguer les influences surf-rock que garage rock avec une pointe de psychédélisme digne de B-52’s. Cela donnera des morceaux entraînants comme « Face First » en guise d’introduction efficace mais également un imparable « single » « Girlfriend Degree » qui viendra poser leurs bases féministes ainsi « Egg Salad » et morceau-titre qui saura évoquerla verve de The Breeders.

De nombreuses eutres bonnes surprises seront à déceler au menu de ce Carnage Bargain. On y décèle les influences krautrock et motorik sur « Hungry Sam », le surf-rock mélodique de « Courtney » ou le riot grrl stoner de « Laundry » et de « Heather Doubtfire »avec ses dernières secondes instrumentales psychédéliques complètement réjouissantes. Le duo guitare/orgue trippy fait des merveilles et donne aussi naissance à des moments jubilatoires comme la conclusion digne des B-52’s qu’est « Ratboy ». Pour un premier album, The Paranoyds étonne et détonne et on ne serait pas surpris si le groupe californien atteignait les sommets dans les jours à venir.

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The Molochs: « Flowers In The Spring »

5 janvier 2019

Après un premier opus en 2017, America’s Velvet Glory , The Molochs sont retour avec un Flowers In The Spring qui voit le duo californien renouer avec leur garage-pop rétro à travers des titres ultra-romantiques et sucrés comme « A Little Glimpse Of Death », « Shadow Of A Girl » ou autres « Pages Of Your Journal ».

Une fois de plus, Lucas Fitzsimmons reste un fin mélodiste et sait varier les plaisirs comme bon lui semble entre des titres étrangement slacker placés en début d’album (« To Kick In A Lover’s Door », « I Wanna Say To You ») et d’autres plus orientés vers des influences dylanesques et velvetiennes (« And She’s Sleeping Now », « Wade In The Water »).

Rien de révolutionnaire donc mais plutôt une constance dans des influences ici résolument 60’s.

Des morceaux chaloupés et feel-good comme « Too Lost In Love » et « All The Things That Happen To Me » enfonceront ce clou et nous laisseront digérer ces références avec plus ou moins d’appétit selon notre gouverne.

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Lee Hazlewood: « Cruisin’ For Surf Bunnies »

21 décembre 2018

Si vous ne connaissiez pas cet album de Lee Hazlewood, rassurez-vous, c’est tout à fait normal puisqu’il s’agit d’un album oublié qui n’a jamais vu le jour. Il faisait partie des nombreuses bandes retrouvées dans les archives de son label de l’époque sous l’appellation de Woodchucks. Plus précisément, il s’agit d’un album de surf music instrumental enregistré par Lee Hazlewood au début des années 1960.

Si l’on ne reconnaîtra pas forcément tout de suite la patte du créateur de « The Night Before » ou de « For One Moment, » on pourra sans problème apprécier ce joli exercice style, cette esquisse d’album, avec 12 titres assez courts mais bien agréables.

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The Buttertones: « Midnight In A Moonless Dream »

2 décembre 2018

Les Californiens de The Buttertones nous offrent un rock épidermique et courroucé ; un « surf rock » survolté qui n’a que peu à voir avec celui, lénifiant, véhiculé par les épigones du genre.

Rien de bien neuf, certes, sur ce Midnight In A Moonless Dream mais des salves qui se veulent salvatrices voire éjaculatoires avec des six cordes poisseuses et, entorse à la règle, un saxo qui pourrait s’échapper d’un filme de Tarantino.

Opus déglingué donc, (« Baby C4 ») mais aussi indolent et glauque (« Dont’ Cry Alone ») avec, pour clore sur une humeur moins débridée, un « Brickhead » tout en retenue.

Entre référence, révérence et déboulonnage, voilà un album parfaitement aiguisé et amadoué.

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Fine Points: « Hover »

2 août 2015

Fine Points est un groupe comprenant des membres du combo psyche rock Sleepy Sun et qui, sur Hover, semble avoir amené ses guitares à la plage tant les titres sonnent imprégnés de soleil et teintés de surf.

Les trois plages d’ouverture sont particulièrement représentatives de cet esprit avec ses nappes de fuzz attrayantes et le premier « single », « Astral Season », se meut doucement autour d’un riff de guitare conduisant peu à peu à une climat hypnotique. C’est un titre emblématique de l’espace sonique élevé vers lequel Fine Points veut nous emmener.

Le groupe n’a pas son pareil pour nous entraîner dans un trip typiquement West Coast avec une utilisation particulièrement prégnante de rythmiques surf et de riffs de six cordes incitant à « tripper ».

Le disque souffre néanmoins d’un creux vers son milieu, quand l’excellence pop ne parvient pas à se faire accrocheuse et ne se rattrapera qu’avec le « closer », « In Lavender », un ecellent retour aux racines psyche-rock qui vaut bien certains classiques originaux.

**1/2


Walter TV: « Blessed »

12 juillet 2015

Walter TV n’est pas un inconnu, d’une part parce que Blessed n’est pas son premier album mais parce qu’il est constitué du groupe accompagnant Marc DeMarco. Sa musique est par conséquent loufoque et faite de guitares scintillantes mais cet hommage au surf-rock et son comique sont marqués par une approche étrange véhiculée par un mécontentement social très appuyé.

Les riffs sont punky et ensoleillés mais leur disposition s’accompagne d’une humeur qui incline à la réflexion. En outre, la production est ancrée dans cette attitude « bricolo » qui, d’une part, accentue l’atmosphère laidback et paresseuse et, d’autre part, ne mégote pas sur le côté abrasif de certaines parties de guitares.

On oscillera donc entre un « Surf Metal » dont le titre résumera à lui seul la teneur ou des titres plus terre à terre comme « Paranormal Witness » qui ne sera pas sans évoquer l’approche particulière que peut avoir Ringo Starr.

Si on recherche un disque sans prétention et réclamant de la bonne humeur, TV Walter feront le job et ce n’est pas un hasard si le disque sort pile poil pour cet été.

**1/2


Surfer Blood: « 100 Palms »

21 mai 2015

1000 Palms est un disque plutôt enlevé pour un groupe assailli de problèmes, le plus grave étant le départ de leur guitariste Thomas Fekete en raison d’un sarcome aux poumons.

Le quatuor de Floride a pourtant été capable de puiser dans son escarcelle la plus vive pour confectionner onze titres de surf-rock ensoleillé et clair (pas de fuzz), débridé et plein de verve et de vigueur.

Les textes n’ont, bien évidemment, pas tous cette nature mais sils sont suffisamment bien écrits pour êtres sensibles sans se montrer pesants. Ainsi John Paul Pitts chante sur « Feast Famine », « J’ai fait bonne figure avant mais aujourd’hui je deviens si émacié ». C’est sans doute le morceau phare, tout autant en termes de textes que de musique tant il conjugue accroche imparable et mélancolie diffuse.

Surfer Blood a, pour ce disque, évité tout soutien d’une « major » ; cela rend l’album plus personnel et collaboratif par exemple sur « I Can’t Explain ». On appréciera l’éclectisme dont il fait preuve sur ce quatrième opus preuve s’il en est qu’il dispose encore d’une marge de manœuvre si tant est que les galères ne l’emportent pas.

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