The Mowgli’s: « Waiting for the Dawn »

25 avril 2015

Le « debut album » des Mowgli’s sonne comme si il avait été fait pour les jours chauds de l’état. Il n’est pas besoin d’aller plus loin que le « single » « San Francisco » avec ses tonalités ensoleillées de guitar pop façon 60’s et des textes parlant d’amour et d’harmonie pour s’en convaincre.

Cette mentalité crypto-hippie se fraye d’ailleurs son chemin au travers des 13 plages de Waiting for the Dawn.

Comme Edward Sharpe And The Magnetic Zeros avant eux, le groupe interprète le genre de chansons qui vont à la rencontre de nos oreilles avec grâce et qui pourraient illustrer nombre de publicités estivales à la télé.

On pense par exemple à « Just Say It » ou « Clean Light » qui, écoutées les yeux fermées, nous feraient sans peine imaginer une voiture cabriolet pour teenagers ou un nouveau lecteur MP3.

C’est cela qui fait de l’album quelque chose de quelconque. On a déjà entendu et on entendra encore des disques de ce type ; on ne retiendra que « Slowly Slowly » pour rompre avec cette homogénéité ce qui est signe de soirée festive peu mémorable le lendemain.

**1/2


Triptides: « Predictions »

6 janvier 2014

Un album de surf pop peut paraître hors saison mais Predictions de Triptides permet d’offrir des réminiscences agréables d’autant, qu’à l’écoute, il permet une visite au sein de trois périodes de la musique pop-rock qui demeurent liées.

Il y a d’abord un son rappelant Love et The Leaves, les sixties donc, les années 80 représentées ici par ce qui s’apparente au Paisley Underground d’ensembles comme The Rain Parade ou Plasticland et une affinité actuelle avec des groupes comme Tame Impala. Ce deuxième album est la suite parfaite de Sun Pavilion avec ses guitares qui crépitent et carillonnent, simplement le son psychédélique s’expose ici d’une manière plus grandiose et aboutie.

Sans surprise celui-ci sera comme perçu au travers d’un nuage, emprunt d’une douce euphorie où le soft-pop se combine au garage et où le tout est percuté par des six cordes glorieuses où réverb et échos font force de loi.

Tout ceci s’encadre par des vocaux mélancoliques et doucereux aptes à nous procurer cette sensation d’évasion face au quotidien si nécessaire parfois.

On ne trouvera ici, bien sûr, rien de fondamentalement original mais, pour ce qui, au départ était un projet conçu dans une chambre de manière informelle, on ne pourra pas reprocher à Predictions d’être prévisible. Le répertoire l’est en effet, la manière l’est également mais avec une verve digne de considération et s’il est une dernière critique à émettre c’est que justement la dernière partie du disque est un peu faiblarde. Reste un album réjouissant à écouter pour s’imprégner de saisons passées mais aussi à venir.

★★★☆☆

Young Dreams: « Different Places »

27 mars 2013

Young Dreams un groupe qui porte bien son nom de par sa musique est juvénile et fraîche et le titre de son premier album est tout aussi judicieux car Different Places évoque des influences qui partent dans beaucoup de sens. Ce groupe de pop symphonique norvégien a compris jusqu’à 12 membres et, malgré cette pléthore, le disque, loin de sonner chaotique, est une bien bel exercice en tant que vecteur d’intimité.

Que ce soit par sa maîtrise à faire naître des mouvements spacieux et élaborés ou par ses harmonies doucement tissées, Between Places est un album de dream pop luxuriante qui se révèle tout sauf vide et donne une coloration vivante au climat onirique qu’il nous propose. Les orchestration sont majestueuses, un peu comme si Young Dreams avait remplacé des arrangements de type Beach Boys par des claviers. « The Girl That Taught Me To Drink And Fight », par exemple, se déroule sur plus de 10 minutes et les couches d’arrangements qui se superposent en arrière fond ne peuvent que rappeler Pet Sounds. Même les vocaux ont ce côté éventé qui fait penser à Brian Wilson mais, loin d’être un avatar des Garçons de la Plage, Young Dreams se révèle avant tout comme une groupe plus expérimental dans l’éthéré.

Les passages orchestraux, l’exotisme de certains arrangements ou l’usage de l’électronique montrent, en effet, qu’ils se situent dans un monde bien à eux. Les cordes de « Fog Of War » sont de véritables fléchettes, les percussions de « Footprints » des marches en avant et les synthés de « Wounded Hearts Forever » lustrés à souhait.

Different Places est tout simplement confondant dans cette versatilité étalée sur chaque plage. Il justifie en quoi un un album de chamber-pop ne peut pas être pétrifié et, si on devait risquer une dernière analogie, on pourrait tout bonnement dire qu’il fait penser aux délicieux Zombies qui seraient passés sous les pattes de Trevor Horn à la production.

★★★★☆