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La Luz: « Floating Features »

Ce troisième album de La Luz mérite que l’on s’attarde dessus. Emmenées par l’envoûtante Shana Cleveland, ces quatre californiennes glissent sur la vague neo-surf pour notre plus grand plaisir. Floating Features est un album passionnant, qui témoigne d’une oeuvre à la fois complexe et terriblement addictive, oscillant entre la superficialité d’une musique teintée par les sixties, et un psychédélisme élégant.

« Floating Features » est aussi le morceau instrumental qui introduit ce troisième opus et il le fait de belle manière. À entendre les cordes de sa Fender vintage, Shana Cleveland nous plonge immédiatement dans une ambiance digne d’un film de Tarantin et nous procure une légère tension musculaire, signe de l’incroyable plaisir que seule peut nous procurer la musique.

La voix de Shana Cleveland se dévoilera quelques secondes plus tard, sur « Cicada ». Spectrale et mystérieuse, son souffle s’évanouit dans un chœur orgasmique, sur fond d’une guitare syncopée d’un violent écho. La Luz s’amuse d’images ambiguës, tissant des ambiances déroutantes, en mêlant au spectacle de l’étrange, une étonnante simplicité qui rend ce troisième opus extrêmement facile d’accès. Ainsi, avec la légèreté d’une guitare acoustique, « Mean Dream » reprend les codes d’un surf rock pleinement 60’s à mid-tempo, avant de laisser place à l’un des morceaux les plus intrigants de l’album, « The Creature ». D’une ambiance fantomatique se dégage un solo de guitare particulièrement touchant qui se prolonge dans la mélodie d’un clavier enroué, que l’on retrouvera sur « Walking into the Sun » ou « California Finally », teintant ces morceaux d’une planante mélancolie.

La Luz nous emmènera parfois sur des sentiers beaucoup plus joyeux, et intensément plus rythmés. Le premier avertissement en est donné sur « Loose Teeth », une composition qui exprime tout le savoir-faire des californiennes dès lors qu’elles souhaitent nous administrer une généreuse dose d’énergie. Difficile de résister à une nouvelle décharge de féminité dans ce rock à guitares, lorsque la dextérité de Shana Cleveland s’illustrera en nous tirant vers les limbes d’un doo-wap solaire, avec « Lonely Dozer ». L’album se conclut par « Don’t leave me on the Earth », dans une ambiance extatique, soutenue par la frénésie d’une section rythmique qui pousse les élans vocaux inspirés de Shana Cleveland vers une stratosphère vers laquelle on ne peut que vouloir la rejoindre

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18 février 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Her’s: « nvitation To Her’s »

Her’s est un duo originaire de Liverpool, composé de Stephen Fitzpatrick et d’Audun Laading et semble s’être imergé dans les disques de Mac Demarco et autresopusde surf-pop tant cela transpire fortement à chaque sillon de leur premier album officiel, Invitation To Her’s.

Révélés par leur single « Dorothy », Her’s continue donc sur sa lancée avec des titres acidulés et doucement nostalgiques comme « Harvey » qui ouvre le bal de façon funky mais également « If You Know What’s Right », « Low Beam » et « Breathing Easy »

Le duo parvient également à incorporer d’autres influences musicales eu travers de leur surf-pop avec, par exemple, les climats innocents de ces rythmes bossa nova sur « Carry The Doubt » sans que cela ne sonne incongru.

Les riffs mélodiques ainsi que la voix en falsetto de Stephen Fitzpatrick n’en finissent pas de faire des malheurs notamment avec « Blue Lips », « Love On The Line (Call Now) » et autres « Don’t Think It Was Over » qui sont soutenus par des synthés groovy et éthérés. Il ne manque plus qu’un final définitivement harmonieux du nom de « Under Wraps » pour réaliser que Her’s a fait une entrée plutôt remarquable sur la scène dream-pop/surf-pop actuelle et leur premier album protéiforme.

***1/2

29 octobre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Shy Boys: « Bell House

Le premier album des américains de Shy Boys était passé inaperçu; ils il ne faudrait donc pas regretter de négliger Bell House car, avec ses mélodies entraînantes, ses refrains légers et son côté 60’s très coloré, ce disque est une vraie régalade pour tous lieux et toutes saisons.

Si vous êtes amateur de surf pop et de riffs jangly vous pourrez vous repaître de ces harmonies vocales à la mode californienne d’autant plus délicieuses que Shy Boy est originaire du Kansas . En bref, House jouit de cette production simple mais parfaite qui en fait un disque incontournable en matière d’indie pop.

***1/2

14 octobre 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Club Sport: « This Is Our Vice »

Il aura fallu un certain temps pour que ce quintet de Brisbane sorte un nouvel album mais This Is Our Vice est preuve que ce hiatus n’a pas été inutile.

Nos Australiens n’ont toujours pas abandonné leur surf pop tropicale mais leur son est devenu plus mature et intéressante . Les vocaux de Tim Nelson ont cette humeur maussade qui intervient à contrepoint de leur tonalité habituelle.

De ce point de vue « Only Friend » l’illustre à merveille, et « Cant Save You » déploie des synthés hypnotique comme pour étoffer l’ensemble.

Les chorus de « It Kills Me » sont, eux, de la plus belle veine en terme d’accroche ce qui tend à prouver que le combo a su très bien distiller un poil de mélancolie dans un environnement sonique jusqu’alors moins teinté d’intempérance.

**1/2

1 juillet 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Coastgaard: « Devil on the Balcony »

Coastgaard sont de Brooklyn mais leur musique semble plutôt verser du côté Ouest des USA nimbée qu’elle est de psychedelia pop rock et de tonalités qui nous rappellent les années 0 ou 60.

La musique y était, à l’époque, si ce n’est paisible, tranquille et peu vindicative ; axée sur des mélodies ensoleillées (« Old Casino’) et des refrains où l’on croirait entendre les étraves de surf chevauchant les vagues du Pacifique.

« Something Misty » mêlera Beach Boys et Everly Brothers et les textes, fluides, prendront le relais pour véhiculer cette ambiance où les questions ne vont pas plus loin que le thème des relations que chacun a pu avoir lors de son âge tendre.

« Ruminator » ira vers un registre plus musclé à forte connotation « indie » apportant à Devil on the Balcony la tuche dont il avait besoin pour que l’on séloigne du « mainstream ».

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19 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Best Coast: « Calfornia Nights »

Le « debut album » de Best Coast en 2010 était une merveilleuse incursion dans l’indie-pop ensoleillé et éraillé de la Californie. Pour leur second opus ; le duo a engagé le producteur Jon Brian pour le charger d’arrondir les angles ce qui s’est opéré à leur détriment.

Calfornia Nights tient à mi-chemin entre les deux précédents. On y touve surf pop lo-fi et un son plus éraflé et confiant. « Feeling OK » nous proposera des riffs grunge façon Weezer et le « single » « Heaven Sent » affichera une pop-punk arrogante à la Bangles.

Les vocaux de Bethany Cosetino sont toujours influencés par les girl groups des 60’s comme le montre « Wasted Time » mais sa voix parvient aussi à se déformer sur une ballade vertigineuse comme la chanson titre.

Les harmonies et la reverb l’épauleront et lui donneront une certaine assise y compris sur les morceaux mélancoliques de type « Fading Last » ou « Sleepo Won’t Ever Come ».

Bien sûr le style est un peu monocorde mais Cosetino a cessé de se lamenter et semble chercher désormais des réponses ; signe que le duo a grandi en 5 ans.

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1 mai 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

The Mowgli’s: « Waiting for the Dawn »

Le « debut album » des Mowgli’s sonne comme si il avait été fait pour les jours chauds de l’état. Il n’est pas besoin d’aller plus loin que le « single » « San Francisco » avec ses tonalités ensoleillées de guitar pop façon 60’s et des textes parlant d’amour et d’harmonie pour s’en convaincre.

Cette mentalité crypto-hippie se fraye d’ailleurs son chemin au travers des 13 plages de Waiting for the Dawn.

Comme Edward Sharpe And The Magnetic Zeros avant eux, le groupe interprète le genre de chansons qui vont à la rencontre de nos oreilles avec grâce et qui pourraient illustrer nombre de publicités estivales à la télé.

On pense par exemple à « Just Say It » ou « Clean Light » qui, écoutées les yeux fermées, nous feraient sans peine imaginer une voiture cabriolet pour teenagers ou un nouveau lecteur MP3.

C’est cela qui fait de l’album quelque chose de quelconque. On a déjà entendu et on entendra encore des disques de ce type ; on ne retiendra que « Slowly Slowly » pour rompre avec cette homogénéité ce qui est signe de soirée festive peu mémorable le lendemain.

**1/2

25 avril 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Triptides: « Predictions »

Un album de surf pop peut paraître hors saison mais Predictions de Triptides permet d’offrir des réminiscences agréables d’autant, qu’à l’écoute, il permet une visite au sein de trois périodes de la musique pop-rock qui demeurent liées.

Il y a d’abord un son rappelant Love et The Leaves, les sixties donc, les années 80 représentées ici par ce qui s’apparente au Paisley Underground d’ensembles comme The Rain Parade ou Plasticland et une affinité actuelle avec des groupes comme Tame Impala. Ce deuxième album est la suite parfaite de Sun Pavilion avec ses guitares qui crépitent et carillonnent, simplement le son psychédélique s’expose ici d’une manière plus grandiose et aboutie.

Sans surprise celui-ci sera comme perçu au travers d’un nuage, emprunt d’une douce euphorie où le soft-pop se combine au garage et où le tout est percuté par des six cordes glorieuses où réverb et échos font force de loi.

Tout ceci s’encadre par des vocaux mélancoliques et doucereux aptes à nous procurer cette sensation d’évasion face au quotidien si nécessaire parfois.

On ne trouvera ici, bien sûr, rien de fondamentalement original mais, pour ce qui, au départ était un projet conçu dans une chambre de manière informelle, on ne pourra pas reprocher à Predictions d’être prévisible. Le répertoire l’est en effet, la manière l’est également mais avec une verve digne de considération et s’il est une dernière critique à émettre c’est que justement la dernière partie du disque est un peu faiblarde. Reste un album réjouissant à écouter pour s’imprégner de saisons passées mais aussi à venir.

★★★☆☆

6 janvier 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Young Dreams: « Different Places »

Young Dreams un groupe qui porte bien son nom de par sa musique est juvénile et fraîche et le titre de son premier album est tout aussi judicieux car Different Places évoque des influences qui partent dans beaucoup de sens. Ce groupe de pop symphonique norvégien a compris jusqu’à 12 membres et, malgré cette pléthore, le disque, loin de sonner chaotique, est une bien bel exercice en tant que vecteur d’intimité.

Que ce soit par sa maîtrise à faire naître des mouvements spacieux et élaborés ou par ses harmonies doucement tissées, Between Places est un album de dream pop luxuriante qui se révèle tout sauf vide et donne une coloration vivante au climat onirique qu’il nous propose. Les orchestration sont majestueuses, un peu comme si Young Dreams avait remplacé des arrangements de type Beach Boys par des claviers. « The Girl That Taught Me To Drink And Fight », par exemple, se déroule sur plus de 10 minutes et les couches d’arrangements qui se superposent en arrière fond ne peuvent que rappeler Pet Sounds. Même les vocaux ont ce côté éventé qui fait penser à Brian Wilson mais, loin d’être un avatar des Garçons de la Plage, Young Dreams se révèle avant tout comme une groupe plus expérimental dans l’éthéré.

Les passages orchestraux, l’exotisme de certains arrangements ou l’usage de l’électronique montrent, en effet, qu’ils se situent dans un monde bien à eux. Les cordes de « Fog Of War » sont de véritables fléchettes, les percussions de « Footprints » des marches en avant et les synthés de « Wounded Hearts Forever » lustrés à souhait.

Different Places est tout simplement confondant dans cette versatilité étalée sur chaque plage. Il justifie en quoi un un album de chamber-pop ne peut pas être pétrifié et, si on devait risquer une dernière analogie, on pourrait tout bonnement dire qu’il fait penser aux délicieux Zombies qui seraient passés sous les pattes de Trevor Horn à la production.

★★★★☆

27 mars 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire