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Kodaline: « Coming Up for Air »

Kodaline ne fait pas mystère d’être un groupe à la recherche d’un gros son. Ils écrivent des hymnes, la plupart du temps pour des âmes en émoi, des appels aux armes pour quiconque est dans la peine avec un tropisme pour ceux dont le coeur est brisé. Dès qu’il y a une cause à défendre, ils sont là pourrait-on dire comme si, depuis leur premier disque In a Perfect World, ils s’étaient fixé une mission façon leur compatriotes de U2 : celle de verser dans l’héroïsme.

Deux ans après ce premier opus, ils sont de retour avec une implication toujours aussi entière sur Coming Up for Air. Leur approche de ce qui pourraient être des « hits » n’a pas varié ; ils doivent avoir ampleur qui ne supporte aucune retenue, bref, même si parfois une ouverture peut sembler timide, un chorus viendra invariablement remédier à la chose et nous gratifier de ce type de choeurs qu’on entend sur les stades de football.

Sur « Unclear », ils maîtrisent avec élégance l’équilibre entre songwriting habile et ambition sonique gigantesque qui n’a pas peur de se manifester. Rien, sur leur premier album, ne pouvait nous faire supposer qu’ils s’essaieraient à pratiquer cette pondération et on se prend à regretter que ce ne soit que furtivement.

En effet, pour le reste, c’est un retour au mode par défaut auquel le groupe s’exerce. « Ready » est, dès son entame, une incantation vibrante et essoufflée à laquelle il ne manquera qu’un solo de guitare façon Brian May et, si « Autopilot » ou « Better », ne sont pas loin de la bonne formule, ils se désagrègent en cours de route et ne nous amènent nulle part.

Il est indéniable qu’il ne sont pas loin d’atteindre le statut auquel ils aspirent ; celui de groupe de « stadium rock ». Il y a des moments dans Coming Up for Air où ils rappellent ce qui a pu générer enthousiasme pour le Coldplay des débuts. Ne leur reste plus qu’à s’approprier leur propre territoire ; pour cela il faudra se montrer plus créatif et inspiré.

**1/2

10 février 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Placebo: « Loud Like Love »

Du temps où, voilà plus de 20 ans, Placebo était, aux côtés de Suede, le porte parole de la face androgyne de la Brit-Pop, chaque manifestation de Brian Molko était suivie avec avidité par la presse et les fans. Tout comme Brett Anderson, ils avaient par leur sophistication , donné de nouvelles couleurs à la débauche sexuelle et, avaient très bien capté l’attitude nécessaire (arrogance, morgue et pose) pour apporter du désir malgré une musique « pop glam » assez accrocheuse mais qui avait pourtant déjà été bien souvent parcourue et avait su évoluer vers d’autres horizons ne serait-ce que pour prendre pour modèle Bowie ou Roxy Music.

Aujourd’hui l’enjeu, par exemple celui de la bisexualité, est passé de mode, ne serait-ce que parce que les voix en falsetto (Coldplay) ont été parfaitement intégrées dans l’univers de la pop. Le pari pour Placebo se situe par conséquent à un niveau qui dépasse celui de l’audience de niche, chose qu’il avait tenté de mettre en place avec un succès relatif sur Battle For The Sun en 2009.

« Loud Like Love » ouvre pourtant l’album comme si de rien n’était et « Scene of the Crime » tente par ses battements de mains à véhiculer un sentiment d’urgence. Ce côté répétitif est d’ailleurs déjà présent sur le morceau-titre où Molko s’évertue à répéter le mot « love » un nombre maximum de fois.

De ce point de vue, on peut considérer que les vieilles habitudes ont du mal à s’effacer et que, supplantées elles semblent l’être, c’est pour verser dans un registre déjà prégnant sur les tous premiers albums du groupe, une volonté d’outrance sonore.

Un titre comme « Too Many Friends » sera emblématique de tout ce qui ne va pas sur Loud Like Love : l’intention est bonne (aborder l’influence des médias et d’internet sur notre comportement et notre approche relationnelle) mais celle-ci est véhiculée de manière si maladroite et laborieuse que le résultat est perdu dans des sonorités qui ont perdu toute subtilité. « A Million Little Pieces » en est un autre exemple, il démarra comme du Placebo « classique » puis va s’égarer dans un rendu épique qui, au mieux rappelle U2 et Unforgettable Fire, au pire débouche sur qui est l’eeance même du disque, une sorte de « stadium rock indie » mal dégrossi. « Exit Wounds oscillera entre Lou Reed et Marilyn Manson, et le disque se terminera sur une longue ballade, « Bosco », qui semble vouloir, de par sa thématique, vouloir apporter une conclusion finale à l’hédonisme.

Au total, Loud Like Love, est un disque bancal voire même claudiquant. Il pointe vers une direction taillée pour la scène américaine et ses immenses salle de concerts, Placebo ne fait juste qu’ajoputer une pierre supplémentaire au concept de « mainstream indie ». Et si Molko, prétend avoir, à quarante ans, trouver la maturité nécessaire pour parler d’amour de manière articulée, il serait peut-être nécessaire que les arrangements gagnent en subtilité et en délicatesse.

23 septembre 2013 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Un commentaire