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Connie Constance: English Rose »

Connie Constance est une jeune auteure-interprète britannique dont l’univers mêle une voix influencée par la Soul aussi bien vintage que moderne, et une instrumentation Pop/Rock qui évoque parfois la génération 90’s. C’est sans surprise que l’on  découvre qu’elle écoutait dans son adolescence The Smiths, The Stone Roses, Arctic Monkeys, Blur, et the Verve.

Si sa musique se caractérise d’abord et avant tout par un style Pop/Soul pas si lointain de celui de Nilüfer Yanya, la variété de ses influences font d’elle bien plus qu’une nouvelle égérie pop. Un disque habité par la détermination de son auteure dont le ton politique ne déplairait pas à Damon Albarn, et dont la réputation ne devrait pas tarder à dépasser les frontières du Royaume-Uni.

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9 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

James Blake: « Assume Form »

Assume Form… mais laquelle, au juste ? À ses débuts, le compositeur James Blake tissait de complexes toiles électroniques avant-gardistes, parfois ornementées de son falsetto caractéristique. Dix ans, quatre albums et plusieurs rencontres en studio (Beyoncé, Frank Ocean, Kendrick Lamar) plus tard, l’expérimentaliste a mué en auteur-compositeur au goût juste et à l’âme plus légère que sur ses précédents disques. Les structures soul-pop classiques comme celles des superbes ritournelles « Into the Red », « Can’t Believe the Way We Flow » et « I’ll Come Too », le duo avec Rosalía et le titre, presque house, avec André 3000, font la preuve par cinq de l’expérience acquise depuis les grooves abstraits de son premier album.

Blake privilégie désormais la mélodie, le texte et l’interprétation vocale, épurant au passage les orchestrations, dont les effets de studio pouvaient parfois barrer la route à un bon refrain. Tout n’est pas parfait ici (« Power On » par exemple ou quelques incursions hip-hop pour le moins simplettes), mais sa forme de crooner pop inspiré est pleinement assumée.

***1/2

20 janvier 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Jessie Ware: « Tough Love »

À travers une longue série de collaborations avec des groupes indie dans le milieu des années 90 (Jack Penate et SBTRKT) et un incroyable étalage de musiciens qui se sont également avérés des aficionados (Florence Welch, Katy B ou The Maccabees,) Jessaie Ware, toute fan de Sade et de Prince qu’elle se réclame, a toujours été liée à une scène un peu plus alternative que sa soul pop sophistiquée pourrait le suggérer.

Elle est soutenue par Radio 4 (une référence culturelle de bon aloi) et le NME (autre appui qui a sa valeur même si elle est plus discutable) ; il est par conséquent difficile de trouver où se niche réellement le répertoire de la chanteuse. Sa musique est lustrée et apaisante ; elle appartient à ce registre qui flottera harmonieusement en arrière fond de n’importe quel Starbucks et elle aura le don de vous facilité votre journée.

Pourtant Ware est une personne beaucoup plus expansive, charismatique et drôle que sa musique le suggère. Le tout forme une image constamment en décalage avec elle-même mais, avec ce second album, il semblerait que Ware ait décidé de prendre à bras le corps le potentiel commercial qui est le sien.

« Say You Love Me » est un des titres phares de Tough Love, sa collaboration avec l’omniprésent (du moins dans les « charts ») Ed Sheeran : c’est une ballade pleine de sentiments faciles à digérer et un chorus éthéré dans lequel on pourrait très bien imaginer un troubadour se racontant ce ses erreurs passées et ses désirs toujours présents.

Ce morceau est un des plus évidents du disque dans la mesure où il catalyse tout ce que la chanteuse cherche aujourd’hui. On pourra edonc prendre ça comme on le voudra, une critique oou non, toujours est-il qu’elle réalise ici ce qu’elle s’était promis de faire sans que, musicalement, on trouve faute à lui reprocher.

**1/2

26 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Jess McCartney: « In Technicolor »

McCartney est un nom lourd à porter mais pour Jesse, le « singer-songwriter » en costume auteur du « hit » pop de Leona Lewis « Bleeding Love » ainsi que du « blockbuster » de 2008 « Leaving », le stress ne semble jamais habiter le chanteur alors que sort son 5° album, In Technicolor.

La chanson titre , (augmentée d’un « Part 1 ») ouvre un disque qui porte assez bien son nom puisque les dix autres plages qui vont suivre le verront explorer ses racines urbaines de façon variée, à l’instar d’un Justin Timberlake ou Bruno Mars.

Les vocaux de McCartney ont toujours infusé dans un registre smooth jazz, ici pourtant sa pop soul semble vouloir prendre un virage plus énergique, propre à la « dance ». In Technicolor voit le chanteur se lâcher un peu plus et donner à sa voix veloutée d’autres textures et nuances à la fois soyeuses mais dans lequel l’élégance et le chic semblent vouloir disparaître derrière un beat plus explosif comme sur « All About Us » ou « Punch Drunk Celebration ».

S’il a choisi de parcourir un autre chemin, McCartney ne s’aventure pas pour autant vers un registre plus risqué. Son phrasé n’a rien d’agressif et demeure suffisamment sucré pour que le public « teen pop » auquel il s’adresse n’en soit pas perturbé.

Reste un chanteur capable de performances saisissantes:à cet égard «  Goodie Bag » ou « Tie The Knot » tentent à prouver qu’il peut être considéré comme un musicien à part entière ; peut-être est-ce cette aisance cumulée à un manque de complexes assumé (la façon dont il délaisse une production R&B qui aurait été évidente chez n’importe quel autre chanteur sur « Checkmate » et « The Other Guy ») qui mériterait une attention plus soutenue si il se décidait à s’orienter vers une audience plus adulte.

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22 août 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Vacationer: « Relief »

Relief le deuxième album de ce groupe de Philadelphie annonce d’emblée la couleur de par son tiotre et son intention. Il se veut un disque plaisant, propre à l’évasion un peu comme leur premier opus, un Gone electro-pop ensoleillé où il était déjà question de voyage, de photographie et de béatitude sonique.

Relief y ajoute une touche plus ample, cinématographique mais toujours suintant la positivité pop. Vacationer résulte d’une collaboration entre Kenny Vasolik, Matthew Young de Body Language et Grant Wheeler avec un son plus serré et puissant comme si il s’agissait de signifier que les vacances étaient terminées. Le fait d’avoir beaucoup tourné avec plusieurs autres ensembles en est la cause avec un des avancées kaléidoscopiques gorgées de samples mais avec une orchestration plus musclée et expansive.

Le « single » « Wild LIfe » mélange ainsi Beach Boys et LCD Soundsystem, « Heavenly » Animal Collective et musique de l’âge d’or hollywoodien alors que « Paradise Waiting » nous catapulte entre De La Soul et musique de club sur laquelle passer l’été.

Relief s’avère ainsi être presque de la « background music », plein de facéties excentriques et de luxuriants arrangements tropicaux mais il sonne beaucoup trop fabriqué et trivial pour susciter notre adhésion. Là encore c’est un disque emblématique de ce que le scène musicale représente aujourd’hui : profusion de disques, belle fabrication et compétence musicale assurée. Mais, quelque part, il ne provoque aucune vibration si ce n’est de surface, en fait c’est un disque bouche-trou un peu comme ces « hits » estivaux qui n’ont pour vocation que de durer quelques semaines avant de s’évanouir de nos souvenirs. Il est vraisemblable que, même étendu tout au long d’un album, ce savoir-faire ne s’avère aussi stérile qu’une plage une fois qu’elle a été abandonnée.

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26 juin 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Luke Temple: « Good Mood Fool »

Après la sortie du dernier opus de Here We Go Magic, A Different Ship, produit par Nigel Godrich, son leader Luke Temple est très vite retourné en studio pour s’orienter vers une activité musicale différente et plus ludique que celle de ses précédents albums solos et de sa discographie avec Here We Go Magic.

Good Mood Fool a été enregistré avec simplement une basse, une boîte à rythmes, un synthé et sa voix qui à elle seule sert d’étai au disque, c’est donc un disque réduit à sa plus simple expression. Alors qu’avec son groupe ses vocaux apportaient une couche supplémentaire à un son aux riches textures, ici elle s’empare du centre de la scène et sert d’étai à un album parcouru par un joyeaux pastiche des eighties.

L’entrain plus que funky de la basse sur « Katie » fait de cette composition une ode « dance » à une jeune femme garnie de samples séducteurs et de claviers dramatiques qui sonne encapsulée en 1982. Le second « single », « Florida », ressemble à du Mayer Hawthorne porvoyant à la voix de Temple la possibilité au plus haut son accent « crooner » délicat. Enfin, sur « Those Kids », le chanteur s’empare d’une intro à la « Billie Jean » accentuant encore ses motifs dérivés des années 80 au point-même de faire référence à MTV.

Même si Good Mood Fool est plein d’une soul légère, « Jessica Brown Findley » et sa basse saturée voit l’artiste s’aventurer dans des territoires plus expérimentaux avec un Temple émulant le Thom Yorke qui sommeille en lui sur fond de percussions spasmodiques et de synthés erratiques.

Autre atout de Good Mood Fool, sa brièveté. Avec simplement 9 titres, l’album est varié, vibrant et coloré. Les références eighties peuvent parfois être lassante et ses tentatives expérimentales pas toujours abouties (les harmonies théâtrales et à la Styx ouvrant « Love Won’t Receive ») mais Temle est un excellent chanteur soul avec un penchant pour des accroches luxuriantes et une enthousiasme débridé qui permet à l’album d’éviter tous les clichés qui affèrent au genre.

★★★☆☆

14 novembre 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire